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05/10/2012

Adel Abdessemed, " l'art par uppercut " au Centre Pompidou.


Adel Abdessemed, Je suis innocent - du 3 octobre... par centrepompidou


CENTRE POMPIDOU, Place Georges Pompidou 75004 PARIS

Tél. 01 44 78 12 33

horaires : tous les jours sauf le mardi, de 11h. à 21h.

jusqu'au : 7 Janvier 2013

11:23 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0)

11/04/2012

ARTEMISIA

Musée Maillol (Fondation Dina Vierny) 

61, Rue de Grenelle 75007 PARIS

Tél. 01 42 22 59 58

expo-artemisia.jpg 

Artemisia,

 

Ce fut le titre d’un film (disons moyen pour être aimable), il y a quelques années et nous avions alors pensé que la dame sortait de l’ombre. Elle y est retournée néanmoins et la fondation Diana Vierny Musée Maillol lui offre une nouvelle chance, souhaitons que ce soit la seconde, et que les choses soient désormais en place.

 

Donc et jusqu’ 15 juillet prochain, et chez Maillol si j’ose dire, nous pouvons regarder de très près un ensemble de tableaux peints par ou attribués à Artemisia Gentileschi, fille de peintre et aussi mère d’artiste ayant œuvré au tout début du XVII ème.

 

On pourra lui préférer son inspirateur le plus direct, Michel Angelo Merisi, dit Le Caravage, mais il faut reconnaître à Artemisia un vrai talent propre en dépit du style daté et il faut le dire académique, en plus d’avoir été une femme indépendante à l’heure où ce n’était pas la règle, vivant de son art et par son art.

 

Jeune femme ayant subi un viol vers 16 ou 17 ans, sa peinture s’en ressent aux femmes souvent douloureuses, aux maternités inspirées, au thème récurrent, violent, de la décapitation d’un Holopherne plusieurs fois figurée comme si cette action était la partie allégoriquement visible d’une émasculation, de la volonté d’affaiblir et d’envoyer à la mort l’homme, agressif et sombre.

 

Les thèmes sont nécessairement de l’époque, inspirés des Ecritures ou figurant des allégories, mais la patte est là, puissante et retenue, le dessin précis, la lumière essentielle, l’œuvre solide et fermement affichée, composée de manière à ne plus pouvoir faire l’objet d’un point de vue différent ; c’est tout un exercice de virtuosité, loin de la mièvrerie des peintures de dame que les siècles suivants répandront…

 

Quelques toiles de ses amis et contemporains de ci de là viennent éclairer l’approche d’Artemisia, également peintre de portraits ; on dira plus tard de cette peinture qu’elle est mondaine sous le pinceau de Jacques Emile Blanche, de Van Dongen, d’Antonio de La Gandara notamment, ce qui ne fait que renforcer l’idée que les styles pré existent et que seules les manières changent.

 

Et l’idée prend soudain de s’interroger sur la maternité de ces œuvres (comme on parle de paternité pour les peintres masculins), parce que l’on croit simplement savoir, sur nombre de toiles, que c’est Artemisia qui les a peintes. Aussi attiré-je votre attention sur un livre improprement sous titré « roman » paru en 2006 chez Actes Sud, qui le diffuse désormais dans sa collection de poche, intitulé «  La double vie de Vermeer », écrit par Luigi Guarnieri, qui relate l’aventure de Han Van Meegeren qui dupa le monde des critiques, des experts, des marchands et collectionneurs en mettant sur le marché, alors qu’il était un peintre méconnu voire rejeté, des faux somptueux, de Vermeer, notamment et surtout. Au long de ce texte, on croise Proust et la mort de Bergotte, Goering avant et pendant le procès de Nüremberg et Delft et Vermeer et le monde un peu triste et filou de l’art des années 1920 à 1940, en France, en Hollande, aux Etats-Unis… Lisez ce livre c’est passionnant et nous amène à nous interroger lors d’une exposition : que regarde–t-on le plus de l’œuvre ou de son auteur, ce que nous croyons pouvoir en déceler, et en apprendre, ce que nous en croyons savoir ?

 

Ne sortez pas de Maillol sans avoir fait le crochet au deuxième étage : l’éblouissement vous attend : Séraphine ( de Senlis) est là avec une huitaine de toiles éclatantes, merveilleuses, intemporelles, immenses, baroques et folles ! Si vous ne succombez pas à la lumière des « marguerites jaunes », c’est que la peinture n’est pas votre tasse de thé.

 

Au vrai, mais parce que les thèmes anciens ne sont que peu de mon goût, je conserverai de cette exposition le trait d’esprit habité de Madame Louis davantage que la souffrance clair-obscur de Mademoiselle Gentileschi.

 

Frédéric ARNOUX ©

 

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07:19 Publié dans Expos | Lien permanent | Commentaires (0)

04/07/2011

Un week-end.


Vendredi soir, « Otello » de Verdi à l’Opéra Bastille


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J’étais circonspect au moment de prendre une place, parce que je ne connaissais personne de cette distribution, fors la délicieuse, délicate et merveilleuse Renée Fleming (Desdémone bien sûr !) et que je restai sur une version admirable entendue l’an dernier à Berlin, à la fois pour Anja Harteros et pour José Cura . Ce fut une belle soirée alors, dans un opéra de Berlin ex-ouest fort laid et assez vieillissant. Passons, le spectacle fit oublier ce désagrément.

Certes Mademoiselle Harteros possède une voix plus jeune, plus forte, mais Renée Fleming est une Desdémone plus mûre, plus douce, plus amoureuse, pour tout dire plus émouvante.

Bref, j’y fus, et sans regret aucun car ce fut un grand moment d’opéra, dans un Bastille très plein et très enthousiaste, jeune aussi, ce qui me surprit car d’ordinaire, je trouve le public assez âgé, et il faut bien reconnaître que le prix des places n’a rien pour inciter le public peut être très amateur, mais peu fortuné à investir dans un fauteuil.

Le ténor qui chantait Otello était magnifique de puissance et de fragilité mêlées; il s’appelle Aleksandrs Antonenko, il est lituanien et possède une voix exceptionnelle que l’orchestre, malheureusement couvrait parfois, mais seulement parce que le chef, Marco Armiliato ne le retenait pas suffisamment.

Jago était aussi LE personnage, tout de félonie rentrée et de perversité. Lucio Gallo tenait le rôle à merveille.

Beau et bon spectacle, de qualité indiscutable, ce qui n’est pas le cas des décors, trop présents, trop nombreux, parfois inutiles, mais bon, passons, ce n’est que point mineur.

Otello reste une grande œuvre, 124 ans après sa création et Verdi est toujours aussi grand, sachant offrir un drame ramassé (l’oeuvre dure 2h20), dans une partition sans faille. Et Renée Fleming a répondu à mes attentes, émouvante, poignante, belle, moderne. Cette artiste est une merveille de sensibilité. Je l’avais entendue jadis dans Manon du regretté Massenet, et déjà elle rendait toute l’émotion de ces femmes fragilisées, pas dupes de leur sort ni de leur condition, lucides sur l’existence.



Certes Desdémone est différente, mais l’art de Madame Fleming la rend plus grande encore qu’elle n’est.

 

 



Je ne pouvais décemment rester sur une seule impression de musique et de drame, aussi ai-je décidé de me rendre hier à Giverny, pour voir les toiles et les dessins, dont je suis fort friand, de l’exposition « Bonnard en Normandie » présentées par le musée des impressionnismes.

Bon, d’accord Bonnard n’est pas un impressionniste, il est plutôt nabi, avant de rompre, et justement, je préfère les nabis et les fauves aux impressionnistes.

Grande idée donc que d’y aller hier car outre que ce musée est gratuit le premier dimanche du mois, ce que j’avais oublié, c’était le dernier jour de l’exposition !


J’eusse été fort marri de la rater, car c’était une belle, grande et forte présentation, intelligente et aérée, tout en couleurs, tout en tendresse pour Vernon, Giverny et Vernonnet.

Il m’a fort réjoui d’y rencontrer la foule des grands jours, parce que le lieu est plus souvent désert, en dépit des ses innombrables qualités.

On peut ne pas aimer chez Bonnard son sens des perspectives fausses, son dessin perdu parfois au profit de la couleur ; c’est néanmoins un artiste touchant, attachant, très attentif à la fois aux scènes d’intérieur, familiales, parfois très intimes et d’extérieur ( et sa manière d’encadrer ce qu’il voit par la fenêtre à travers laquelle il regarde, saisit le paysage, et par laquelle l’extérieur envahit les intérieurs est très significative). Cette exposition avait le mérite de présenter un lot d’oeuvres de toutes provenances ( surtout privées) que nous avons peu vues, hormis celles issues d’Orsay.

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J’ai eu le sentiment de parcourir un peu de ce coin de l’Eure en compagnie de la famille Bonnard et ses amis, embarqué sur la Seine, ou regardant l’orage sur Vernon, dans un jardin multicolore et agité.. Durant une heure, j’ai fait partie de ce cercle brillant et vif.

Après avoir vécu à Vernonnet, Bonnard est définitivement parti s’installer sur la côte d’azur, au Cannet ; cette dernière ville y organise actuellement une exposition de son peintre dont la publicité décore certains murs de Paris.

Je ne puis que conseiller d’y aller ; pour ce qui me concerne, je ne la pourrai point voir en me consolant de celle vue à Giverny.

Frédéric Arnoux ©

29/06/2011

Exposition : "Dans l'intimité des frères Caillebotte, Peintre et photographe"

 

 Musée Jacquemart-André jusqu’au 11 juillet.

 

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Depuis le 25 mars, je tente d’aller voir cette exposition qui fait courir peut être tout Paris, mais au vu des files d’attente, on peut penser que c’est de bien plus loin que la foule accourt.

 

M’y reprenant à plusieurs fois, j’ai fini, en désespoir de cause, car une attente supérieure à 15 minutes à quelque chose d’assassin à l’égard du désir, par réserver des billets pour une date et une heure fixe. C’est triste cette actuelle façon d’envisager ses loisirs, par la programmation totale  du moment auquel on pourra satisfaire quelque sens. Passons, soyons contemporain à défaut d’être moderne.

 

Malgré cela, ce fut un fort beau moment. Les travaux croisés des deux frères présentent un intérêt artistique et social. Je dois néanmoins reconnaître que j’ai moins suivi le parcours photographique de Martial que l’œuvre picturale de Gustave, que je connais mieux. La photographie au demeurant ne m’a jamais paru présenter un réel intérêt artistique, et la photographie dite artistique encore moins, qui est souvent prétexte à un grand n’importe quoi, voire au pire.

 

Ici, Martial saisit la vie quotidienne de sa  famille, de son périmètre de vie (depuis quelques années, je me refuse à employer le mot de « quartier », connoté, galvaudé, ridiculisé !). En une manière d’écho, Gustave poursuit les mêmes aspirations et peint, peint inlassablement de nombreuses toiles, et on se prend à déplorer qu’il meure à 46 ans, alors qu’il aurait encore pu longtemps nous éblouir.

 

Ce sont « Les raboteurs de parquet » qui m’ont fait découvrir Caillebotte, tableau alors au Louvre et depuis à Orsay, quand du temps que j’étais enfant, j’allais plusieurs dimanches par mois, seul et gratuitement errer dans les allées du palais. Cette représentation de la vie de travailleurs, peinture sociale s’il en est, m’avait bouleversé.

 

Elle continue de m’émouvoir, et l’exposition actuelle présente encore quelques scènes « sociales ». Ces intérieurs bourgeois, assez sombres, aux meubles lourds, à la tapisserie violemment chamarrée, une parente brodant au clair d’une fenêtre,  la table surchargée de verrerie et cristaux, j’ai connu cela, et le revoir ici m’a produit un effet de nostalgie assez incomparable.

 

M’ont fait rêver encore ces vues de bord de rivière, de mer, de périssoires et de rameurs, de jardins potagers ou d’agrément, toute cette vie bourgeoise que l’on dit passée, mais qui existe encore un peu, pour certains.

 

L’an dernier d’avril à juillet, le musée des Impressionismes de Giverny avait présenté une exposition intitulée «  l’Impressionnisme au fil de la Seine » qui avait eu le bon goût de produire des tableaux de Gustave Caillebotte, plus connus, disons plus « institutionnels » pour faire savant.

 

L’actuelle exposition offre l’avantage de proposer à nos regards des tableaux pour la majorité issus de collections privées. Cela permet de voir des œuvres que nous risquons de ne plus voir de longtemps.

 

Et si Martial Caillebotte est un agréable photographe (dont les travaux néanmoins n’égalent pas ceux d’Atget, Geniaux, ou Vert), il est néanmoins un témoin tout à fait intéressant d’un siècle finissant et d’un autre commençant.

 

Vous aurez donc compris qu’il reste peu de temps pour aller admirer plus que voir cette merveilleuse exposition, dans l’écrin que constitue le musée Jacquemart-André.

 

Si vous n’en sortez pas rêveur ou ébloui, c’est que votre humeur n’est pas à la nostalgie et au regret du temps passé.

 

Frédéric Arnoux ©