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15/07/2011

Tatiana de Rosnay : Elle s'appelait Sarah.

Editions Héloïse d'Ormesson : 2006, (2007 pour la traduction française.)

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Quand le film est sorti, j'ai refusé de l'aller voir sous prétexte que j'étais saturée par cet envahissant " devoir de mémoire " dont nos écrans sont envahis depuis quelques décennies.

Entendons nous bien. Je réprouve sans l'ombre d'une hésitation tout ce qui fut commis et la lâche complicité de ceux qui ont feint alors de ne rien voir. Beaucoup de français ont été complices, c'est certain, de même que lorsqu'on parle de la responsabilité des nazis, n'oublions pas que tout le peuple allemand (à de rares exceptions près) était derrière ce fou qui gouverna leur pays après, il est vrai, des années de misère et que leur adhésion fut unanime. 

Ici, la police française s'est faite complice des pires vilenies et peut, même, être accusée de zèle ... Mais de même que je pense qu'une contrition n'efface pas la faute, ce n'est pas en évoquant sans cesse ces monstruosités qu'on leur fera barrage à l'avenir. Hélas, quand on se penche sur l'actualité, les exemples ne manquent pas. Les khmers rouges ont agi de façon identique et d'autres purifications ethniques ont continué de s'exercer ici ou là. 

Oh ! certes, on réprouve, mais que fait-on pour empêcher qu'elles puissent avoir lieu ? C'est toujours en amont qu'il faut agir. Ensuite, on ne peut que déplorer ce qui ne fait revenir personne et n'empêche rien !

Maintenant, ce livre empreint de bons sentiments me laisse perplexe sur un point.

Julia, cette journaliste américaine a t'elle ou non eu raison de révéler ce qui s'était passé à ce William Rainsferd  alors qu'il était de la volonté de la défunte (Sarah) de se taire sur ce drame ? La famille sera divisée sur ce point et on peut le comprendre. De quel droit vient on bouleverser l'ordre d'une vie établie sous le fallacieux prétexte de dire une vérité qui n'appartient pas à celui (ou celle, en la circonstance) qui la révèle ? En agissant ainsi, elle se déchargeait partiellement de ce poids trop lourd à supporter. Sarah hantait son existence et cette démarche lui permettait de ne plus en porter le fardeau seule. Par conséquent, je n'approuve pas son initiative, même si sans cela le livre ne se fut pas justifié mais vous êtes bien entendu, libres de penser différemment ...

L' Histoire est un boulet que nous traînons tous, bien que n'en ayant pas été les auteurs (et pour cause) faut-il alors endosser la responsabilité des erreurs commises par ceux qui nous ont précédés en faisant nôtre une culpabilité fictive ? (Ah ! l'éternelle culpabilité judéo-chrétienne ! ...)

Ce n'est il est vrai, qu'un retour de manivelle, puisque durant presque deux millénaires, les chrétiens ont accusé les juifs d'avoir crucifié l'un des leurs dont ils se sont accaparés pour en faire un dieu. Or précisément, ces confusions doivent elles durer éternellement ? Je ne saurais pour ma part me considérer coupable dans l'un ou l'autre cas, me sachant parfaitement incapable de commettre l'un ou l'autre de ces actes. Par conséquent, pour moi le problème est clair. Il faut tirer l'échelle quand on ne veut pas assister à une nouvelle montée au créneau.(d'autant que les évocations peuvent donner des idées à certains) 

Ou bien, poussant la logique jusqu'au bout, nous devrions alors remonter jusqu'à Tamerlan (au moins) en rappelant ses effroyables exactions mais risquerions fort de manquer d'air ! 

 

S.@

10:06 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

14/07/2011

L'attentat de Yasmina Khadra.

POCKET n° 12972 - Editions Julliard, 2005 -

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Thème d'actualité (hélas) et de ce fait, porteur, une femme jouant au kamikaze se fait exploser dans un restaurant de Tel-Aviv. Conséquence :  une dizaine de victimes !  

Or il s'avère que la terroriste est l'épouse d'un médecin israélien d'origine arabe. Quand la police commencera à le questionner, il restera incrédule et pourtant il a bien reconnu le corps de son épouse ... Comment admettre l'inimaginable ? 

Ils vivaient l'un et l'autre dans un quartier huppé, s'entendaient parfaitement et aucun indice ne pouvait permettre à Amine d'imaginer ce qui se préparait ...

Après l'avoir mis sur le gril, la police le relâchera ce qui ne lui épargnera nullement  la vindicte de ses voisins qui ne voient en lui que l' islamiste qu'il est censé être.

Au milieu de tout ce bouleversement, deux amis lui resteront fidèles et en dépit de leurs conseils de prudence, il cherchera à connaître la vérité en menant sa propre enquête à ses risques et périls. L'écriture n'est pas extraordinaire, en revanche le récit est bien mené et le lecteur restera accroché jusqu'à la fin, d'autant que cette lecture permet une réflexion en direction des choix que l'on est censé faire dans la vie. Le problème de l'engagement politique se pose en priorité et peut-on oublier d'où l'on vient sous couvert de réussite sociale ? D'autres titres du même auteur figurent chez Pocket, " L'imposture des mots " ainsi que " Cousine K " - mais je n'ai pas encore décidé si je me les procurerai ou non car j'attends de la littérature un peu plus qu'un récit si habile soit-il. 

 

S. @

22:52 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

06/07/2011

Yasmina Khadra : Les hirondelles de Kaboul

Editions Julliard Paris, 2002
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J'ai lu à diverses reprises que ce n'était pas le meilleur livre de Yasmina Khadra. Tant mieux étant donné que c'est le premier que j'aborde ... ma découverte ira donc crescendo puisque fidèle à ma technique d'autodidacte, je ne me contente jamais d'un seul ouvrage quand je décide de faire la connaissance d'un auteur.

Kaboul, ville dévastée, enfer sur terre ! Après le Liban, c'est désormais l'Afghanistan puisqu'il semble qu'il faille toujours qu'un pays paie une dette imaginaire. Il en est toujours ainsi lorsque les hommes se prennent pour des dieux.
Mais laissons la parole à l'auteur,

" Les terres afghanes ne sont que champs de bataille, arènes et cimetières.
Les prières s'émiettent dans la furie des mitrailles, les loups hurlent chaque soir à mort, et le vent, lorsqu'il se lève, livre la complainte des mendiants aux croassement des corbeaux. "
(extrait de la première page)

On peut comprendre évidemment, que certains n'aient pas eu envie d'aller plus loin. Car en réalité quand un pays est ravagé par la guerre et depuis si longtemps, nous sommes tous coupables d'avoir laissé faire.

Un peu plus loin, l'auteur confirmera,

" Les hommes sont devenus fous; ils ont tourné le dos au jour pour faire face à la nuit."

(fin de citations) 


Je suis arrivée à ce texte par le biais d'une adaptation théâtrale dont je n'ai pas parlé pour des raisons qui me sont personnelles. Par le biais de deux histoires d'amour ayant pour axe Zunaira, cette femme merveilleusement belle, cultivée et intelligente, le destin de deux hommes va irrémédiablement sombrer sur fond d'apocalypse. Ces deux épisodes prennent le relais avant que ce personnage qui n'a pourtant rien d'une femme fatale dans le sens diabolique du terme, ne disparaisse à tout jamais, comme un beau rêve s'envole.

Fidèle à mon habituelle éthique, je ne vous narrerai pas cette histoire par le détail. Que vous resterait-il à découvrir alors ? ... Ce livre (collection Pocket) est exactement celui que j'emporterais sur une plage afin de ne pas bronzer idiote et peut-être aussi avoir une pensée compatissante pour ceux qui restent pris dans la fournaise d'un pays qui n'a certes pas en dépit de tout ce que l'on raconte, mérité pareil sort.

Je pense prochainement lire puis commenter " L'attentat " du même auteur.

Par conséquent, à suivre ...

00:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

27/05/2011

Dans la peau d'un maton de Arthur Frayer, chez Fayard.


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L’auteur est un jeune journaliste qui cherchant à rédiger un article de fond sur le monde carcéral français n’a rien trouvé de plus efficace pour atteindre à l’objectivité maximum que de se faire recruter par l’administration en qualité de gardien de prison.

Rien de nouveau ni de remarquable au procédé, initié par Günther Walraff dans les années 80 avec son livre « Dans la peau d’un Turc » ou récemment Florence Aubenas avec « Les quais de Ouistreham »

L’ennui avec ces ouvrages de journaliste, c’est que c’est écrit rapidement, comme des articles de presse, plus ou moins bien, avec une préférence pour le moins,  cherchant le trait, la nervosité, tentant de donner l’illusion de l’action et de la vie qui défile sans possibilité vraie de retenir quoi que ce soit..

C’est rapidement ennuyeux, et cela ramène en fait à une compilation d’anecdotes accompagnée d’une jérémiade autoadmirative sur le sens du sacrifice, relatif, qu’il faut avoir pour se mettre ainsi dans une situation paradoxale : espion de l’intérieur.

A la différence du livre de F. Aubenas, il n’y  a nulle empathie dans l’ouvrage de M. Frayer, parfois un peu de compassion, mais pas de véritable approche humaine tant des détenus que du personnel pénitentiaire.

Tout est vu par le petit côté de l’œilleton. Nous faisons du surf sur des généralités, nous flottons sur la surface.

Il y a certes quelque chose de méritoire à s’inscrire dans le process des concours administratifs, et M. Frayer est bien fier de sa formation initiale, qui n’a rien d’ébouriffant, qui lui permet néanmoins de « pipeauter » son travail pour ne réussir que le concours qu’il vise. Il accepte de s’inscrire dans toute la démarche d’intégration du jeune gardien de prison, mais il ne nous dit rien de ses buts profonds, hormis son projet d’article. Nulle part on ne ressent l’envie d’aller plus loin, de découvrir pour dénoncer certes, on n’est pas journaliste pour rien , mais aussi peut être pour avancer des propositions, des idées, suggérer…L’ensemble reste un peu court, car accepter de mettre entre parenthèse sa vie professionnelle, et personnelle d’une certaine manière, pour un article, c’est surprenant et pour tout dire peu crédible. Il n’y a pas là motif à sanctification, ni même à béatification. Laissons à l’auteur la joie d’être satisfait de son ouvrage.

Au demeurant, la fin est plus que bâclée, qui nous révèle que la situation étant intenable, l’auteur laisse tout en plan et retourne sans plus de formalités à sa vie propre. Mais quid réellement de cet abandon de poste, de ses conséquences pratiques, tant pour ses collègues que l’Administration ou lui même ? C’est une image à la Lucky Lucke de ‘poor lonesome cowboy ‘assez misérable qui est produite.

Le livre, sorti il y a quelques semaines, a valu à son auteur les invitations de certains médias, plutôt orientés « actualité mode », je veux dire ces émissions relativement consensuelles de Canal + ou de France 2, qui sous couvert d’impertinence permettent à leurs animateurs pléthoriques de dire, au fond, n’importe quoi, la ligne directrice de leur humour étant une forme de puritanisme bon teint, maquillé de formules emballantes qui dissimulent mal une philosophie de concierge sur le retour, le livre donc est une compilation de choses vues, mais en aucun cas une réflexion sur le monde carcéral. Rien sur l’influence et le rôle des syndicats, rien sur les revendications tant du personnel pénitentiaires que des détenus, rien sur les problèmes médicaux, en fait rien sur pas mal de points qui eussent pu constituer un ouvrage intéressant.

Si on veut vraiment avoir un regard analytique et critique sur le monde carcéral, lire l’ouvrage de Véronique Vasseur «  Médecin-Chef à la Santé » publié en 2000 au Cherche Midi.

Frédéric Arnoux ©

12:07 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)