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27/10/2012

Douglas Kennedy : Quitter le monde.

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Partir, ficher le camp, disparaître ... c'est une envie que nous avons tous eue un jour ou l'autre et si cela ne s'est pas encore produit, croyez bien que ça viendra.

Quand on démarre dans la vie, on croit tenir son destin entre les mains, être seul (e) à pouvoir le diriger et puis au fil des ans, on s'aperçoit qu'il faut au contraire, tenir compte de l'imprévisible.

Cette fois, Douglas Kennedy a mis au centre de cette histoire une femme (peut-être par peur qu'on le reconnaisse, de temps à autre ? ...) mais beaucoup de monde gravite autour d'elle ce, à un tel point que l'on pourrait éclater le roman en plusieurs, lesquels indépendamment, tiendraient la route.

Il paraît qu'à l'origine cette oeuvre comptait 1067 pages qu'il a réduites à presque 700 ce qui est déjà considérable mais rassurez-vous, quand on a commencé la lecture, on ne pose le volume qu'à regret et quand c'est fini, on se sent un peu orphelins ... Alors pour compenser, on imagine ce que pourrait être la vie des personnages ensuite. 

Que vous dire, moi qui refuse de raconter par peur de vous priver du plaisir de la découverte ? Je me suis parfois reconnue dans Jane (les diplômes en moins) mais vous dire pourquoi équivaudrait à faire des confidences auxquelles je me refuse. 

Sachez cependant que ce livre est passionnant et puis si vous voulez en savoir plus avant de vous le procurer, les résumés ne manquent pas ça et là. Contrairement à beaucoup quand j'ouvre un livre, je ne veux rien savoir avant, il faut que le plaisir de la découverte soit entier. Certains tricheurs vont jusqu'à consulter les dernières pages sans se rendre compte qu'ils tuent par avance le plaisir qu'ils s'apprêtaient à vivre.

Voici les vacances de Toussaint, moment idéal pour se plonger dans un bon livre, celui ci l'est (bon) indéniablement. Espérons que ce n'est pas son meilleur car je piaffe déjà d'impatience à l'idée d'en découvrir un autre.

 

S. @

Belfond - collection Pocket n° 14281 : 8,40€

16:21 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

19/10/2012

La femme du Vème de Douglas Kennedy

En manque d'air, certains ouvrent la fenêtre, moi j'ouvre un livre.

 

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Trouverait-on encore des succubes au XXIème siècle ? ... Puisque c'est une figure légendaire, après tout, pourquoi pas ? Quelle meilleure victime alors qu'un écrivain immigré, victime d'un scandale en son pays puritain par excellence, venu se réfugier à Paris ? N'attendez surtout pas d'y trouver une description de la Ville Lumière, car ce serait plutôt le Paris merdique chanté par Dutronc. Presque tout est sordide en ce livre et pourtant il faut bien reconnaître que l'auteur connaît désormais assez bien la capitale.

Au fait, le serait-elle devenue ? (sordide) Parfois je me pose aussi la question.

Harry est donc un universitaire américain qui a dû s'enfuir après avoir eu une aventure avec une étudiante laquelle s'est finalement suicidée. Difficile de vivre hanté par une telle culpabilité !  Malade tant moralement que physiquement, il va se faire racketter par de louches individus puis travailler au noir pour une mystérieuse et redoutable, société,  être accusé de meurtres, bref toucher le fond. 

Mais un personnage irréel vient de faire apparition dans sa vie, lui imposant de curieux non pas 5 à 7 mais 5 à 8 et ce, deux fois par semaine. Malheur à lui s'il veut s'en échapper ! ... Ce livre est carrément incroyable et cependant - en dépit de tout ce qui nous dérange - parvient parfaitement à nous piéger. Sur le point de le terminer cette nuit vers 2 heures ... j'ai hésité et puis afin de faire durer le plaisir sans doute, l'ai reposé alors qu'il ne me restait plus à lire qu'une vingtaine de pages pour connaître la conclusion. Oui, je fais cela quand je ne veux pas qu'une histoire se termine alors que pourtant, tout a une fin, n'est-ce-pas ? ...

S. @ 


Belfond, Pocket n° 13573  - Prix : 7,20€

 

N.B. C'est le second livre de Douglas Kennedy que je viens de lire, le précédent étant " Une relation dangereuse " et d'évidence, l'auteur semble avoir été victime d'un piège conjugal car le thème est chez lui récurrent.

15:26 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

22/08/2012

Imperium de Robert Harris

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Ce n'est pas par hasard si l' Histoire est devenue la parente pauvre de l'éducation nationale. En effet, si l'on sait ce qui se passa jadis, on décrypte mieux les méandres de la politique actuelle. Or il faut non seulement des alliances mais de l'argent, beaucoup d'argent pour être élu. Certains scandales que l'on s'efforce vainement à maquiller le prouvent encore aujourd'hui. Cicéron était un ambitieux mais certes pas le pire ! Son intelligence et sa capacité de travail ne le mettaient pas à l'abri de certains revirements lorsqu'il voulait atteindre le but qu'il s'était fixé. Devenir consul alors qu'il n'appartenait pas à une longue lignée aristocratique n'était pas une mince affaire mais loin de le dérouter, les difficultés le stimulaient. Il en rencontra de nombreuses et ce, durant toute sa vie. Robert Harris nous conte ici l'ascension jonchée d'embûches de cet homme exceptionnel, avocat, philosophe, orateur hors pair et fin politique.

Pour cela il donnera la parole à celui qui fut son secrétaire : Tiron, inventeur génial de la sténographie que la plupart d'entre nous et même moi jusqu'à la lecture de ce livre, croyait être un moyen moderne périmé depuis peu.

Crassus, Pompée, Jules César et bien d'autres jalonneront cette périlleuse ascension, tantôt opposants, tantôt alliés éphémères ... ainsi va la politique.

Comme après bien des péripéties, l'histoire s'arrête au moment précis où Cicéron devient consul, nous supposons qu'une suite est en cours d'écriture et l'attendons déjà avec impatience. Ce n'est pas un thriller (terme galvaudé) comme certains l'ont dit mais un roman historique, plongeant ses racines dans la recherche de commentaires d'époque tels ceux de Plutarque pour ne citer que ce dernier.

Belle analyse-réflexion sur le Pouvoir et les moyens de l'obtenir. Passionnant ! 

S.@ 


p.s. La lecture des Catilinaires s'impose maintenant et ne me faites pas l'injure de supposer que je fais allusion à Amélie Nothomb qui n'aurait du reste, jamais dû utiliser ce titre. Il est vrai que l'auteur ne risque plus de lui faire un procès ! 

12:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

20/08/2012

Fatherland de Robert Harris

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Les polars historiques, ... vous avez dû comprendre que c'était ma tasse de thé pour traverser cette période de vacances allant de fin juin à (presque) fin août. Précisément, en voici un. Il conviendrait plutôt de parler d'uchronie car l'auteur a imaginé qu'Hitler n'était pas mort dans les circonstances qu'on nous a narrées mais que bien au contraire, après avoir gagné la guerre, il était plus que jamais au pouvoir en ces années 60 bien différentes de celles que nous avons connues.

De celui que les allemands nommèrent un temps le Führer, il sera bien entendu question tout au long du livre, mais de loin, de très loin, au point même qu'il fera ici figure d'Arlésienne.

Germania règne désormais sur l'Europe qui se trouve sous sa coupe et le peuple allemand s'apprête à recevoir Kennedy (lequel, au fait ?… mais pas de question, c'est une fiction) lors des cérémonies d'anniversaire du sieur Adolf. 

Quand le roman commence, un corps vient d'être retrouvé au bord de la Havel ce qui amènera l'inspecteur Xavier March de la Kripo (Kriminalpolizei de Berlin : claquement de talons !)  à mener une enquête qui va peu à peu prendre une direction pour le moins scabreuse. Arrivé à ce stade, le lecteur y croit ou pas, d'autant que les complications abondent. 

Comme Robert Harris qui aborde ici un sujet tabou ne veut pas prêter le dos à des réactions prévisibles, il brosse bien entendu un tableau noir au possible de la société de cette supposée époque, fantasmatique pour les uns, horrifique pour les autres.  Son héros n'est incroyablement pas d'accord avec l'uniforme qu'il porte. Il ne tardera pas à avoir maille à partir avec la Gestapo qui existe toujours, bien sûr ... preuve que l'imagination a ses limites. 

Ces écrits ne sont ils qu'un prétexte à évoquer une fois de plus ce que fut l'extermination de ceux qui eurent le malheur de ne pas naître aryens ou s'opposèrent (même mollement) au nazisme ? ... Il est permis de le penser mais il est cependant inutile d'ajouter de l'horreur a celle qui a existé, comme si l'auteur voulait convaincre encore les incrédules.

J'ai poussé un soupir de soulagement en reposant le livre. (425 pages) - 

S. @


p.s. Fidèle au principe : " plusieurs titres sinon rien " je lis actuellement IMPERIUM du même auteur (biographie de Cicéron écrite par Tiron, son secrétaire particulier, inventeur de la sténographie : ça vous la coupe, hein ? ... oh ! pardon.) A suivre ... 

09:39 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)