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07/07/2013

Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier

demain-jarrete.jpg


Un chat siamois qui fait la gueule parce qu'on l'a coiffé d'un bonnet péruvien, avouez que ça valait le coup de s'arrêter, non ?

Les chats siamois, je connais et j'adore ! ... En revanche, Gilles Legardinier, je ne connaissais pas et sans la couverture du livre, sans doute continuerais-je à ignorer son existence. Enfin ... en principe, car le Hasard a plus d'un tour dans son sac. Habituée à rechercher des formes d'expression disons ... plus littéraires, j'ai commencé par être agacée par l'écriture qui empruntait un peu trop à mon goût au langage parlé, même si c'est la mode depuis quelques temps. Un sacré bail en réalité car depuis l'inimitable Céline, il est clair que l'on n'écrit plus comme avant. 

L'héroïne de cette histoire se nomme Julie et va " tomber en amour " comme disent nos cousins du Québec pour un mec qui se nomme Patatras. " Un nom à coucher dehors avec un billet de logement " aurait dit ma grand-mère ! 

Une belle gourdasse cette Julie, ai-je pensé - un peu précipitamment - à la lecture des premières péripéties et puis peu à peu, de fil en aiguille, constatant que cette collectionneuse de bêtises n'arrêtait pas de raisonner, j'ai fini par conclure qu'elle n'était pas aussi stupide qu'elle en avait l'air ... 

Un coeur " gros comme ça " des apartés complètement fol-dingues mais un raisonnement en béton ! 

L'auteur quant à lui, a le sens de la formule et m'a fait éclater de rire plus d'une fois. 

Bref, voici le roman idéal pour l'été et quand vous refermerez le livre que vous aurez dévoré (n'en doutons pas) en un temps record, bien loin de dire " Demain j'arrête "  vous ne manquerez pas d'ajouter, " Demain, je remets ça ! " en consultant la liste des autres écrits de ce même Gardinier. D'autant qu'une procession de matous émaille son récit ( tombant parfois un peu comme des poils de chat sur la soupe, il est vrai) mais comme depuis quelques mois je suis un peu en panne de ronrons, sans doute pour mes vacances, vais-je alterner la lecture de Lilian Jackson Braun avec celle de cet auteur que je viens de découvrir.

Un autre chat complètement effaré m'attend déjà : le cul dans la casserole et je ne voudrais pas risquer qu'il soit " Complètement cramé " avant récupération.

Miaou ! (traduction : à bientôt) 

 

S. @

16:58 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

01/07/2013

Laure Adler : Dans les pas de Hannah Arendt

L.Adler.jpgHannah, la courageuse,

Arendt, la rugueuse ... 

 

Pour avoir voulu dire la vérité - la sienne, évidemment - puisque la Vérité ne saurait être unique, (c'est bien dommage mais c'est ainsi) et tout philosophe devrait le savoir, c'est même là que réside sa plus grande erreur de jugement.

 

Le personnage était excessif et tout comme Heidegger, voulait avoir toujours raison. Ces deux là n'ont pas été attirés l'un vers l'autre, par hasard ! 

 

Suite à son reportage " Eichmann à Jérusalem " Hannah Arendt dut essuyer plusieurs volées de bois vert. Plus favorable à Eichmann qu'au peuple juif ? ... Allons donc ! Juste coupable de ne pas avoir voulu sacrifier au politiquement correct. Encore à l'heure actuelle, juifs et non juifs s'interrogent sur cette apathie qui conduisit la plupart des juifs européens à accepter le port de l'étoile jaune puis l'embarquement en direction des trains de la mort. Il est vrai, qu'ils ne savaient pas ce qui les attendait et qu'ils avaient confiance en leur Dieu ... enfin, peut-être ? N'importe, on ne comprend pas.  Du reste, forts de cette expérience, les actuels sionistes rendent coup pour coup et même plus ...

 

J'ai lu passionnément les 579 pages écrites par Laure Adler, laquelle mit ses pas dans ceux d'Hannah Arendt durant 7 longues années émaillées de rencontres,  d'entretiens avec ceux qui l'avaient connue, de recherches minutieuses mais le résultat est là, tangible, sensible, palpable presque et je ne saurais trop vous conseiller de lire ce livre.

Sans doute pourrais-je écrire des pages et des pages de commentaires suite à tout ce que cette lecture a déclenché comme impressions mais ce serait vouloir influer sur votre propre éventuel ressenti et je n'en ai pas le droit. Il est des parcours que l'on ne peut effectuer autrement que seul, directement d'auteur à lecteur.

Je reste persuadée que ceux qui racontent bien loin d'aider à construire font en réalité, oeuvre de destruction et je ne suis pas là, pour ça. Je le répète, lisez-le. Cela en vaut la peine et bien plus encore ... 

S.@

p.s. Il y a quelque temps, j'avais mis en ligne une vidéo d'Hannah Arendt qui semble avoir disparu du web, preuve que ses propos dérangent toujours autant ...

Quand donc les lobbies cesseront-ils d'entraver la liberté d'expression ?

Comme je suis têtue, en voici une autre ... (pas la même, hélas !)

Hannah Arendt (Interview à New York) par MrKaplan

16:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

21/02/2013

Syngué Sabour - Pierre de patience (le livre et le film)

Syngué-livre.jpg


-La chambre où va se dérouler l'action est petite, ornée seulement de deux rideaux, on y découvre un portrait d'homme moustachu, la trentaine, cheveux bouclés, visage carré encadré de deux favoris aussi noirs que ses yeux lesquels surmontent un nez en bec d'aigle. Au mur, accroché entre deux fenêtres, un petit kandjar ... La scénographie comme on dit au théâtre est précise, à la limite du fonctionnel. Dans cette pièce se trouvent un homme allongé et une femme assise, jambes repliées, visage encadré de longs cheveux noirs, tête penchée sur les genoux; elle égrène un chapelet. A portée de main, sur un oreiller de velours, le Coran, omniprésent. Venant de la chambre d'à côté s'élèvent des pleurs d'enfants. L'homme blessé est immobile, seule sa respiration indique qu'il vit encore. " Al-Quahhär," psalmodie la femme à chaque grain de chapelet;  ils sont exactement au nombre de quatre-vingt dix neuf comme les 99 noms d'Allah.

Au loin, fuse une série d' explosions de bombes suivies de répliques à la kalachnikov.  

Ce grand corps maigre à l'horizontale résume le destin de cette femme. Elle n'a jusqu'alors existé que par lui. Elle va se pencher vers lui pour murmurer, 

- " On m'avait dit qu'au bout de deux semaines tu pourrais bouger, faire des signes ... Mais nous voilà à la troisième semaine ... ou presque. Toujours rien. " ajoutant, " je n'en peux plus. "  

Régulièrement elle le lave, remplit la poche de perfusion et prie en espérant un miracle mais le liquide s'épuise et la pharmacie est inexorablement fermée. 

Avec soin alors, elle retirera le cathéter du bras, nettoiera scrupuleusement le tuyau avant de l'introduire profondément dans la gorge de l'homme pour qu'il puisse continuer à être nourri par un mélange d'eau sucrée-salée. Chaque souffle doit correspondre à une goutte. Dans ce but, elle vérifie le réglage.

Cet homme fut un guerrier et voilà où son courage l'a mené. Le temps s'écoule au rythme de la voix du mollah appelant les fidèles à la prière. 

Les enfants confiées à une parente, la femme reviendra régulièrement veiller son homme, qui ne fut pourtant pas tendre avec elle et peu à peu, elle racontera à ce corps immobile ce que fut sa vie avec lui. Le drame extérieur ne tardera pas à gagner la maison bien sûr et les principes régissant la vie d'une bonne épouse musulmane vont voler en éclats. L'histoire finit sur un coup de théâtre.

 

J'avoue avoir été très mal à l'aise tout au long de la lecture ... nos moeurs diffèrent tellement de celles en vigueur sous d'autres cieux  ... La façon de vivre d'une européenne doit constituer un réel scandale aux yeux de ceux ou celles qui viennent de là-bas. Confronter des civilisations aussi différentes, les amener à cohabiter équivaut à une sorte de folie qui ne peut être envisageable qu'au prix d'un maximum de tolérance réciproque, ce que compromet la religion. Je me demande parfois si nous ne voulons pas aller trop vite ? L'être humain a toujours tendance à vouloir imposer sa propre conception des choses et c'est là que se situe le risque ...

Tout le monde ne lit pas, surtout les ouvrages écrits par des auteurs venus de si loin mais en revanche, le cinéma nous aide à découvrir la façon de vivre et penser de ces autres peuples qui ne sont ni inférieurs ni supérieurs à d'autres mais tout simplement différents. Il faut laisser du temps au temps disait je ne sais plus qui. Ce livre ayant remporté le prix Goncourt 2008, il aura peut-être (ce n'est pas certain) touché un plus grand nombre de lecteurs ? C'est d'évidence, tout le mal que je lui souhaite. 

S. @ - " Eclats de Dire " Août 2010 -

 

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aff.syngué-sabour.jpg

 

C'est ce que j'écrivis immédiatement après avoir lu le livre. 

Le film vient de sortir, magnifique, sublimé par la beauté des interprètes.

Les mots sont presque impuissants à décrire cette auto-adaptation de Atiq Rahimi laquelle annule du même coup la distanciation de l'écriture. On oublie grâce à lui que cette civilisation n'est pas la nôtre car cette femme paraît en dépit des conditions de vie qui furent les siennes, incroyablement indépendante et donc, moderne. Ce film est à voir, absolument car c'est un pur joyau.

 

 

2012 - 1h.40 - Drame franco-germano-afghan en couleurs d'Atiq Rahimi avec Golshifteh Farahani, Hamidreza Javdan, Massi Mrovat

10:55 Publié dans Film, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

05/11/2012

Douglas Kennedy ...

Concernant Douglas Kennedy j'ai donc lu (dans l'ordre ...) " Une relation dangereuse " ou la rencontre de deux journalistes de guerre qui vont sympathiser au coeur de l'action pour ensuite (erreur impardonnable) vouloir faire comme tout le monde, se marier, avoir une maison et un enfant et c'est là que les choses vont se gâter. " La femme du V ème " (j'en ai parlé récemment) c'est une fois de plus l'histoire d'un divorce avec le passé, d'un exil et de beaucoup de complications.

Le meilleur, le plus fourni et le plus abouti bien que la fin en soit ouverte, reste à mes yeux " Quitter le monde " et même si l'auteur s'est glissé dans la peau d'une femme, on reconnaît ses obsessions au passage dont la principale est fuir quand plus rien ne va. Essayer de refaire peau neuve : ailleurs ! Là aussi, le thème de la machination est amplement développé. Un peu de paranoïa, Monsieur Kennedy ?

rienevaplus.jpgArrivons maintenant au dernier lu et terminé à 2 heures du mat' (c'est une habitude que je viens de prendre, lire tard la nuit). Le titre : " Rien ne va plus " (décidément !)  C'est un peu en quelque sorte le brouillon du précédent écrit 7 ans au préalable. Qu'un auteur soit fasciné par la réussite n'a rien de surprenant mais ici la Roche Tarpéienne succédera rapidement au Capitole :  ascension vertigineuse et ... patatras !  Encore un divorce, toujours le même sans doute que l'auteur n'a pas digéré et puis les relations qui disparaissent quand tout va mal. Ce David Armitage est d'une naïveté assez confondante et le lecteur prévoit toutes les tuiles qui lui dégringolent dessus. N'importe, l'écriture est fluide et oeuvre mineure ou pas, on ne repose le volume qu'à regret. L'idéal étant de pouvoir lire un livre d'une traite mais ça ... peu d'entre nous y parviennent.

Après ma cure estivale de Ken Follett, je me suis donc octroyé une cure automnale Douglas Kennedyenne ... On va peut-être arrêter là bien qu'un titre du même m'intrigue au plus haut point puisqu'il s'intitule " Au pays de Dieu " Qu'est-ce ? l'Amérique ou Israël ? (à vérifier si l'occasion se présente)

 

S. @

09:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)