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16/05/2011

Franz Olivier Giesbert, Monsieur le président ...

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La littérature prétendument politique ne se vend jamais si bien que lorsque nous sommes proches d’échéances électorales, et les élections présidentielles sont fixées au 22 avril et  6 mai 2012.

Faut-il pour autant jeter un œil sur tout ce qui paraît à propos des principaux candidats potentiels ? rien n’est moins certain, mais sur le fondement de ses ouvrages précédents sur les présidents Mitterrand et Chirac, j’ai lu «  monsieur le président, scènes de la vie politique, 2005-2011 » de Franz Olivier GIESBERT paru chez Flammarion ( 19,90 €).

Je ne me joindrai pas au concert de louanges relayé par la presse, qui n’est constituée que de confrères de l’auteur, ce qui rend douteuse la flatterie et suspect l’éloge, à moins que ceux-ci n’émanent d’auteurs susceptibles d’être reçus par le même FOG à la télévision…

S’il regorge bien d’anecdotes sur le Président, qui montrent son caractère parfois enfantin, souvent versatile et colérique, relatés en chapitres courts, voire très courts, ce qui tend à donner de l’ensemble une apparence de multiples croquis pris sur le vif, crayonnés dans l’instant, cela ne constitue en aucune manière un portrait d’ensemble.

Tout au plus, ces anecdotes, dont le Canard enchaîné relate souvent la teneur chaque mercredi, sont –elles affectées d’un postulat de véracité, puisque l’auteur nous les présente comme autant de verbatim.

Cela ne donne aucun fond au personnage, qui apparaît bien falot, et cette accumulation de défauts le rendrait presque sympathique, l’excessif étant insignifiant .

L’auteur souhaite néanmoins ne pas faire un portait par trop négatif, sait-on jamais ?, et brosse au final une scène surréaliste, qui tranche très nettement avec le reste de l’ouvrage, où il tente de nous présenter son héros sous un jour tout à fait inconnu.

Ce n’est néanmoins pas cette scène, assez digne d’un mauvais scénariste, qui reste présente à l’esprit tant le reste du texte la rend difficilement crédible.

Livre écrit par un journaliste, c'est-à-dire très vite et dans un français parfois approximatif, imprimé rapidement et plein de coquilles, on peut en toute légitimité et amour de la parodie, lui préférer les mémoires apocryphes que Patrick RAMBAUD publie chaque année depuis 2008, sur Nicolas Ier.

Le livre de Giesbert est une lecture de plage assez peu sympathique et qui, dans l’actuel climat verdâtre de la vie politique ne rehausse pas un niveau assez bas.

Frédéric Arnoux ©

11:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

26/12/2010

Le libraire de Kaboul de Asne Seierstad

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Editeur : Jean-Claude LATTES

Le livre de poche n° 30078

 

Le traitement que les talibans faisaient subir aux femmes a servi de prétexte à l'engagement des français en Afghanistan; cette fausse raison fut un temps, mise en avant et en priorité avant même de mettre l'accent sur le terrorisme et les trafics de drogue. Je n'ai jamais fait mystère d'être depuis toujours et farouchement contre l'ingérence, persuadée que je suis, qu'il faut laisser aux peuples le soin de trouver leur rythme. La mondialisation veut tous nous contraindre à vivre de même sorte, décider de notre expansion ou même nous obliger à régresser. Là, je pense plus précisément au nivellement des cultures et des salaires  ...
Asne Seierstad est scandinave et à ce titre ne se permet pas de juger une ethnie dont les moeurs diffèrent radicalement de la sienne, elle se contente donc de témoigner et il convient de lui rendre hommage pour cela.
N'importe, pouvons nous comprendre ce qui se passe dans la tête d'une femme afghane, victime à nos yeux de l'éducation reçue et de l'esprit de clan qui règne en ces familles ? Une seule règle en vigueur là-bas, le patriarcat duquel - il faut bien le reconnaître - nos sociétés occidentales ne sont pas complètement libérées ! Qui peut avoir le front d'affirmer qu'homme et femme sont égaux en droits ce, même au pays des droits de l'homme. Enfin, ... ce qui fut avant que la régression ait lieu !
Une femme n'est libre que lorsqu'elle subvient seule à ses besoins. Peut-on déclarer que ce soit exactement le cas en ce qui concerne les femmes mariées ?
J'en doute tellement que je suis restée célibataire jusqu'à ce jour et n'entend pas que les choses changent en ce domaine.
Evidemment, la religion a en la matière une lourde responsabilité. Ici nous sommes monogames (du moins officiellement) et là-bas un homme peut avoir légalement plusieurs femmes. Cela dit, il est également censé pourvoir à leurs besoins matériels. Ici, nous divorçons et là-bas des familles aux multiples ramifications se créent. Autre lieux, autres moeurs.
Ce livre véhicule beaucoup de personnages et parfois on a tendance à s'y perdre un peu ... la fin est abrupte parce que précisément il n'y a pas de fin puisque cette forme de société perdure. Il y eut (à nos yeux) pour les afghans  un âge d'or dans les années 60-70 période durant laquelle les femmes circulaient librement à visage découvert et puis la guerre lancée par les soviétiques eut d'évidence pour conséquence le repliement sur les valeurs ancestrales. Il ne faut jamais parier sur l'évolution des peuples car ce qui est acquis un jour peut se défaire le lendemain. Gardons nous de juger à l'aune de notre comportement occidental puisque les valeurs varient d'un pays à l'autre et le nivellement s'effectue presque toujours par la base. Et puis de quel droit imposerions nous notre culture à un peuple qui a la sienne et ce, depuis longtemps ? Une évolution n'est valable que du dedans car lorsqu'elle vient de l'extérieur, c'est une contrainte mal vécue par ceux à qui elle est imposée et de ce fait, non pérenne.

11:08 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

24/11/2010

Génitrix de François Mauriac de l'Académie Française.

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Le livre de poche n° 1283

Bernard Grasset : 1923 -

 

Dieu du Ciel et surtout de la terre ... gardez nous des mères abusives !

Et quand on sait qu'en 1973 GENETRIX fut l'objet d'une dramatique télévisuelle avec Maria Mériko dans le rôle de Félicité ... ce pauvre Fernand joué par Michel Auclair devait se faire dévorer tout cru.

Comme toujours chez Mauriac on se marre chaque fois que l'on se brûle ... c'est d'une noirceur incroyable, les phrases sont courtes et font mouche tandis que les descriptions parviennent à réussir l'exploit de ne pas être ennuyeuses.

Face à un tel texte, le lecteur transformé en voyeur pénètre dans l'univers clos d'une famille répondant à des codes aujourd'hui périmés et on finit par reconnaître que, - " et bien oui, cela se passait parfois, (souvent même) comme cela ! "

Alors on cherche dans ses souvenirs pour retrouver l'image d'un grand garçon d'une pâleur maladive, flanqué d'une mère omniprésente qui confisquait la parole en société, interdisant à son rejeton toute initiative. Preuve que de telles situations ont bien existé. Inutile de remonter aux années 20 pour cela puisque le fait était encore en pratique 30 ou 40 ans plus tard ... L'enfant aux oreilles ouvertes comme des écoutilles enregistrait alors les commentaires adultes subodorant un possible inceste. Jamais François Mauriac ne serait allé jusque là évidemment, le voile pudique de la religion lui interdisant ce genre de commentaire.

La façon violente avec laquelle il rejettera le jeune garçon qui aurait pu prendre la place de la mère défunte a valeur de quasi aveu ... Car nous ne lisons plus les ouvrages de la même façon maintenant. La psychanalyse envahit les esprits et il faudrait que les auteurs soient lisses comme des galets pour passer au travers, ce qui ne saurait être garant d'un quelconque intérêt.
Une fois de plus, l'ambiance est éprouvante mais a valeur de catharsis.

16:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

21/11/2010

Le baiser au lépreux de François Mauriac.

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Envie de relire Mauriac ... allez savoir pourquoi ?


En réalité je sais : il a suffi pour cela d'une plaisanterie formulée par un ami à qui j'avouais avoir contracté un rhume en déjeunant avec une de nos connaissances, lequel commenta le fait par une phrase du style,

- " ça t'apprendra à donner un baiser aux lépreux ! " 

(dans son esprit le terme était au singulier mais je l'ai transcrit au pluriel car c'était vraiment trop vache !) 
On n'a pas d'esprit sans être un peu méchant. C'est même une vieille coutume française hélas tombée en désuétude.


Oh ! miracle, je trouvai le livre presque immédiatement. Ma première lecture remontant à plusieurs dizaines d'années, je ne risquais pas d'être dérangée par le souvenir que j'en avais conservé. En revanche, le nom : Jean Péloueyre me fut immédiatement familier.


Quelle est la part d'implication personnelle de l'auteur au moment de l'écriture de ce livre ? Il est évident qu'elle fut grande, d'autant qu'une première version utilisait le " je " -

De là à conclure que Mauriac a vécu personnellement certains épisodes, la tentation est grande bien sûr mais contrairement à son piètre héros, lui a survécu et eut des enfants.

Il y a quelques années, une biographie dénonça son homosexualité. La formule n'est certes pas très élégante ... Il eut été possible d'écrire la même chose sans le nommer. " paix à ses cendres " comme on dit. S'il s'est donné autant de mal sa vie durant à cacher ce qui aurait été sa véritable nature, le révéler après sa mort constitue à mes yeux une trahison.


Ce livre écrit au début des années 20 décrit une société provinciale où le catholicisme pèse lourdement sur les moeurs bourgeoises. Pour tout dire, l'église régit tout et tous. (sauf les anticléricaux, bien sûr ! ...)


Or, Jean et Noémi, cette épouse choisie par le curé seront les deux victimes expiatoires de la religion. On se mariait encore - une fois pour toutes - à l'époque ! Non seulement le divorce n'était pas envisageable mais le remariage non plus. La veuve finira donc ses jours parmi les voiles noirs ...


François Mauriac maîtrisait parfaitement son art et l'ouvrage se lit d'une traite, composé de chapitres courts et de descriptions aussi impitoyables qu'imagées.
Car on peut ne pas partager les convictions de l'auteur et apprécier son style bien sûr.

Je crois même que puisque j'y ai repris goût, je vais poursuivre avec GENITRIX ...

le livre de poche n° 1062 -

© Bernard Grasset, 1922

21:04 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)