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07/07/2013

bande annonce : Pour une femme

08:50 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

06/07/2013

Frances HA de Noah Baumbach - 2012 - Durée : 1h.26

Etats Unis - Noir et blanc. avec Greta Gerwig (Frances) - Mickey Summer (Sophie) + Adam Driver, Michael Zegen, Patrick Heusinger, ...

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Voici un film pas tout à fait comme les autres … 

Enfant naturel de Woody Allen et de la Nouvelle Vague française diront certains. C'est sans doute vrai mais je ne m'attarderai pas sur les comparaisons car il me semble que Noah Baumbach se suffit à lui-même. 

Film en noir et blanc à une époque où ce mode d'expression est presque tombé en désuétude. Comment parler des rapports humains en notre siècle déshumanisé où par exemple, il est devenu si difficile (voire impossible) de trouver un logement dans une grande ville, quand on est jeune et sans revenus stables ?

Frances a 27 ans et n'est pas adulte, pas encore ... Elle vit une amitié amoureuse mais dépourvue de toute équivoque avec sa colocataire, Sophie à laquelle elle dira fréquemment " I love you " ce qui paraît surréaliste à notre esprit hexagonal. Les américains n'ont visiblement pas les mêmes rapports avec les mots que nous. 

Cette phrase banale chez eux est presque tabou en France, nous ne la réservons qu'à des circonstances exceptionnelles et avec parcimonie comme si nous avions peur d'en éroder l'impact. J'insiste sur le fait qu'elles sont l'une et l'autre hétéro mais dorment ensemble en se ménageant des calins dont  elles ont besoin pour se rassurer, pour se persuader que l'autre est là et qu'elles peuvent compter l'une sur l'autre et réciproquement. Un peu à la façon de deux soeurs siamoises ... 

Alors quand Sophie va déclarer qu'elle part vivre ailleurs, l'univers de Frances va brusquement s'écrouler.

Il faut avoir cicatrisé beaucoup de blessures pour devenir adulte, pour rester droit quand le chemin est sinueux. Ce film qui est à découvrir est un petit joyau d'intelligence et de subtilité. Emaillé de bout en bout par des incidents burlesques  mais sans que ces derniers soient appuyés comme c'est trop souvent le cas ; ils nous rappellent bien au contraire, que la vie se moque parfois (souvent même) un peu de nous et qu'il faut le savoir pour ne pas en être perturbés plus qu'il ne convient. Je n'en dirai pas plus, allez voir ce film et laissez vous porter par lui, personnellement il m'a permis de planer agréablement ce qui - avouons-le, est devenu un exploit à l'époque actuelle !

S. @

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10:45 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

03/07/2013

bande annonce de FRANCES HA


20:01 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

13/06/2013

L'inconnu du lac d'Alain Guiraudie 2012 - Durée : 1h.40

inconnu-lac-3.jpgFilm français avec Pierre Deladonchamps, Christophe Paou, Patrick D'assumçao

 

Si ce film qui vient d’obtenir  le prix de la mise en scène dans le cadre de la sélection « Un certain regard » à Cannes, ainsi que la plus confidentielle « Queer palm » n’avait pas eu les élus très « droitisants » de Versailles et St Cloud pour faire sa promotion, sans doute n’eut-il pas trouvé un public aussi attentif. Les critiques sont plutôt favorables, mais on peut craindre l’effet moutonnier de la vague portant sur le mariage pour tous qui jette un éclairage nouveau sur la vie et les mœurs des homosexuels.

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Disons-le tout net, ce film (coproduit par Arte, ce qui peut expliquer son format très télévisuel) m’a mis mal à l’aise, car à trop montrer on ne démontre rien. 

 

Un homme jeune, Franck, qui n’est plus un jeune homme vient chaque jour sur une plage naturiste au bord d’un lac, fréquentée uniquement par d’autres hommes, pour s’y baigner et plus si affinités. Il y rencontre Henri, célibataire, qui vient de se poster à l’écart et regarde sans fin le lac, ne cherchant le contact avec personne, et qui sera le seul axe aimant de tout le film, le seul qui dira  des mots profonds, engageants, affectueux. C’est Patrick D’Assumçao qui est Henri, un homme plein de rondeur et d’humanité, d’humour triste et de dignité bienveillante. Il marque le film en profondeur. Il est observateur et pour finir acteur au centre du drame qui vient achever le film, dont la fin reste bâclée, insatisfaisante, et pour tout dire assez prévisible.

 

Franck (Pierre Deladonchamps) est une sorte de risque tout de l’aventure furtive liant des contacts assez simplement et directement, pratiquant le SAR (sexe avec risque) de façon décomplexée, ce qui est une manière de nous faire comprendre que soit il est assez crédule pour faire confiance à tout le monde  et n’importe qui, soit qu’il se moque de tout et de tous, une sorte de sociopathie qui l’amène à ne surtout penser qu’à l’assouvissement de ses foucades. 

 

Il finit par rencontrer Michel (Christophe Paou dont le genre évoque les mecs sexy des années 80), croire qu’il en est amoureux, en dépit du fait qu’il l’a vu noyer son amant du moment. Il sera son nouvel amant, mais pour des après-midi de plage simplement, tout autre espace de vie étant refusé par Michel, dont on ne sait rien. A la vérité, on ne cherche pas tellement à en savoir davantage, pas plus que des autres personnages, qui sont assez minces, tournés vers l’immédiateté de la satisfaction de leurs désirs charnels.

 

C’est cru, c’est direct, c’est inutilement voyeur, et le champ assez fermé de l’action contribue à renforcer ce malaise. Disons que c’est un faux polar vaguement porno, avec un scénario inabouti. 

 

Si on voulait rechercher dans la volonté d’amour de Franck à l’égard de Michel (car c’est davantage la satisfaction de l’envie d’être amoureux que le ressenti d’une véritable passion qui l’anime) quelque chose qui aurait été soufflé par un Jean Genêt fatigué, je crois que l’on pourrait, mais l’esthétique du voyou reste un peu plate chez Guiraudie et la violence des rapports sexuels, leur fulgurance, n’est pas maîtrisée comme le ferait un texte de Pierre Guyotat (« Tombeau pour cinq cent mille soldats ») et le Querelle de Brest.

  

Au fond, l’image qui est renvoyée est assez sordide , comme issue de ces vers de Mallarmé « La chair est triste hélas » sans que je sois certain que les protagonistes aient fort envie de lire…même « Brise marine », justement.

 

Je ne suis pas certain que ce film soit très bon, il dit certainement des choses, je ne les ai pas toutes entendues. Et je redoute que le bruit fait autour de l’affiche ne desserve le droit à l’indifférence dans lequel nombre d’individus souhaitent vivre.

 

C’est interdit aux moins de 16 ans, ce qui est le signe que le sexe fait encore peur, davantage que les effets techniques guerriers et les morts à chaque seconde des productions hollywoodiennes.

 

Nous y verrons un signe que du chemin reste à faire… 

 

 

Frédéric Arnoux ©

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15:48 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)