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05/11/2011

The last temptation of Christ. USA, 1988

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Un livre : " La dernière tentation " de Nikos Kazantzaki

Un film : " La dernière tentation du Christ " de Martin Scorsese

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Parlons en de cette DERNIERE TENTATION DU CHRIST puisque je me suis repassé le film l'autre soir, considérant que le programme télévisuel était particulièrement indigent. Une chose est certaine, on ne peut pas se glisser dans la peau d'un intégriste et encore moins adopter son point de vue si on ne l'est pas soi-même ... Il existe des modes de raisonnement que l'on ne peut emprunter encore moins accepter.

En ma qualité d'agnostique, je m'efforce de respecter les croyances des uns et des autres, même si parfois la tentation de dérision n'est pas loin mais je m'en garde le plus possible. On accepte ou pas cette histoire de " fils de Dieu " qui se serait délibérément laissé crucifier pour racheter les péchés du monde ! 

Or les romains crucifiaient aussi facilement à l'époque que certains Etats américains pratiquent actuellement l'exécution par injection létale. Dans l'un et l'autre cas, un homme est attaché sur un support et attend que la mort vienne. Par conséquent, nul progrès à plus de 2000 ans d'intervalle.

Vous m'objecterez que ceux qui subissent ce sort sont des assassins ou considérés comme tels. Jésus n'était qu'un chef de bande (armée) puisque nous connaissons tous l'épisode du glaive mais c'est surtout sa parole qui était assassine pour le régime en place et ça ... aucune dictature ne saurait l'accepter. En outre, le nazaréen remettait en cause la loi juive et faisait figure de rebelle aux yeux de l'occupant, à savoir : Rome.

Une légende pouvant en inspirer une autre et rien ne s'opposant (théoriquement) à une nouvelle approche ... Nikos Kazantzaki a réécrit l'histoire à sa façon. Gageons que s'il avait transposé cette action à l'époque de l'occupation allemande, personne n'aurait rien trouvé à redire puisqu'alors, le mythe originel restait entier. 

Au lieu de cela, il nous montre Jésus du fait de son métier de charpentier, fabriquant puis livrant des croix à l'occupant. Judas l'accusera alors de collaboration déclenchant ainsi un problème de conscience, chez celui qui deviendra le Christ lequel va se rendre dans le désert pour y méditer. 

L' homme est aimé de Marie-Madeleine mais sa chasteté l'en éloigne et par dépit celle-ci s'est livrée à la prostitution. ( C'est un peu gros mais bon ! passons ...) Viendra l'épisode de la lapidation dont il la sauvera bien entendu. Puis seul dans le désert, le jeûne déclenchera des hallucinations qui le conforteront dans la voie qu'il s'est choisie. On connaît la suite à un petit détail près qui a peut-être finalement inspiré Dan Brown, si vous voyez ce que je veux dire ? ... 

Ce film qui s'écartait de la vision officielle a déclenché les foudres des intégristes au moment de sa sortie et si le livre n'avait pas fait l'objet d'un autodafé, la salle de l' Espace St-Michel a été livrée " au feu purificateur " car les méthodes restent inchangées pour certains. Mêmes causes, mêmes effets C.Q.F.D.  

S. @

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20:05 Publié dans Film, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

27/10/2011

Gogol / Coggio : Le journal d'un fou - (1987)

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La nouvelle écrite par Gogol,  je l'ai en bas, (à la cave) dans un carton mais ignore lequel. Pas lue depuis longtemps ... le film lui, était la résultante de feue ma cassetomania ... Je l'avais regardé à nouveau au lendemain de la disparition de Roger Coggio, c'est à dire le 23 octobre 2001. (Que le temps passe vite et quel comédien nous avons perdu là !) C'est un petit bijou de film. Il n'y a pas d'autre expression. De surcroît, indémodable puisque les images collent parfaitement à l'époque évoquée.

 

Nous sommes à St-Pétersbourg en octobre 1883 et la neige est présente au rendez-vous. On frissonne en compagnie de ce anti-héros qui vit dans son entresol puisqu'un jour il a décidé de déserter le bureau. Sa solitude est telle désormais qu'il croit entendre parler les chiens qui le regardent au travers du soupirail. Il est vrai que l'on est parfois plus proche des animaux que des " humains " ! ...

Or Poprichtchine est amoureux de la maîtresse de l'une des chiennes en question laquelle est la fille de son directeur (pas la chienne mais la dame qui se nomme Sophie) et notre homme perdu en cette condition peu enviable, rêve, fantasme à n'en plus finir ... Il s'invente des histoires et finira carrément par se prendre pour le roi d'Espagne et sombrer peu à peu dans... disons :  l'irrationnel.

Ce n'est pourtant qu'un inoffensif doux-dingue mais " les autres " vont lui mettre le grappin dessus et l'enfermer. Pourtant il ne dérangeait personne en dehors de ceux qui veulent que tous et chacun se ressemblent.

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 Quelques notes prises en cours de diffusion,

 - " Ah ! je sais ... je sais tout " 

(Effectivement, pour être persuadé que l'on sait tout, il faut fatalement être un peu dérangé ...)  

- " Aujourd'hui 3 Octobre, aventure extraordinaire "

(Il a 43 ans et tout le monde se moque de lui au Ministère.) 

Tiens, il boit son thé dans une soucoupe et non dans la tasse  ? ... 

Dans son délire, non seulement les chiens parlent mais écrivent dans un style ... un peu bâclé ! Notre homme se voit dansant avec la dame de ses voeux, lui tout de blanc vêtu, la poitrine barrée du grand cordon bleu, décoration suprême et pas seulement chez les cuisiniers ... Puis, revenu à une réalité un peu plus terre-à-terre, il n'hésitera pas à se mettre à quatre pattes pour dialoguer avec la chienne de ladite Sophie vers qui toutes ses pensées s'envolent. Lui, ce simple Conseiller honoraire alors que le trône d'Espagne est vacant  ...

43ème jour d'avril de l'An 2000 !

Il est roi d' Espagne et signe désormais : Ferdinand VIII. 

Pourtant notre homme ne dit pas que des idioties, en voici un exemple,


" La femme est amoureuse du diable; les hommes - ces ambitieux - vendraient Dieu lui-même, pour de l'argent.  " 
(Vous voyez bien qu'il n'est pas complètement fou.)

En revanche, une fois en prison, il confondra l'Espagne avec la Chine et redoutera que la Terre ne s'assoie sur la Lune ! 

 

Autre phrase non dénuée d'une certaine logique, 

- " Quand l'Angleterre prise, la France éternue. "  

Hé ! hé ! on s'en est parfois rendu compte, effectivement.

 

( Petite réflexion personnelle et complètement hors sujet :  hier, il nous a fait un bel orage ! ... à croire que Zeus et Eole se querellaient. Aujourd'hui : soleil. )

__________________

< Les iconoclasteries de Mickey >

(aujourd'hui : de son chien)

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« Couché, Pluto ! » Signé Mickey (évidemment).

- Mouarf !... un témoignage émanant d'un(e) "oculaire-témoin", ma siamoise parle bien ! En revanche, quelqu'un aurait un dictionnaire humano-félin ?... J'ai parfois des problèmes de traduction.

08:28 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

22/10/2011

Le bûcher des vanités ...

Nous dirons qu'il y a un tyran en moins sur la terre mais j'eusse préféré qu'au lieu de l'exécuter sommairement d'une balle dans la tête, on l'ait capturé afin de le juger. Seulement voilà ! l'homme aurait continué à se défendre et risquait d'en " mouiller " plus d'un ... Alors, aurait-on voulu passer au travers de certaines révélations ? ... Bien possible mais la haine accumulée peut également expliquer le geste. Ces scènes horribles que les télés passent et repassent m'ont remis en mémoire l'exécution du couple Ceaucescu. La justice des peuples est le plus souvent expéditive et ce n'est certes pas glorieux. Pas plus que ne sont glorieuses les déclarations de Rama Yadé qui peaufine désespérément son retour en grâce en félicitant cette fois the little number one pour son revirement concernant l'ex leader libyen. (vous avez bien lu) Hier elle dénonçait, aujourd'hui elle encense ! Décidément, certaines vestes font double usage et ce n'est pas par mesure d'économie. Même réaction de la part d'Arnaud Klarsfeld dont les interventions n'ont rien à lui envier sur le plan de l'opportunisme ! Quant à BHL, inutile d'en parler ...

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 Entendu lors de la dernière émission de " C. dans l'Air " - l'intervention en Libye a coûté 300 millions d'euros à La France. Il est vrai que de nombreux projets de recontruction sont dans l'air précisément. Classique : on détruit pour reconstruire. Ainsi va la vie, ainsi va la mort...

Ambassadeur Christian Graeff : « Quand l’OTAN a-t-elle déjà tué un chef d’État ? »

Mais laissons là ce chapitre ...  Je viens de terminer la lecture d'un solide pavé de 920 pages dont le thème n'est pas sans rappeler une situation vécue par un certain politique dont je tairai le nom si je ne veux pas qu'un widget localisateur désigne la ville de Lille ... 

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J'ai eu envie de lire " Le Bûcher des vanités " de Tom Wolfe après que le film ait été programmé à la télé courant septembre (si mes souvenirs sont exacts). Je l'avais déjà vu bien sûr mais de façon bizarre (?) certains événements récents lui conférent un impact qu'il n'avait sans doute pas connu au moment de sa sortie.

 

En résumant succinctement, un magnat de la finance marié et père d'une petite fille s'offre de temps à autre (comment nomme t-on cela ? ...) des extras que d'aucuns désignent par : " repos du guerrier. "

 

Or alors que l'homme en question était allé récupérer sa maîtresse à l'aéroport, le couple va se perdre en chemin et traverser malencontreusement le Bronx. A la suite de péripéties dont je vous laisse découvrir le détail par vous-même, leur voiture heurtera un jeune noir et panique aidant, dans l'ignorance de ce qui s'est réellement passé, ils prendront la fuite. 

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Enquête - levée de bouclier de la communauté à laquelle appartenait le garçon, procès et déchaînement des médias. Ca ne vous rappelle rien ? ... Le racisme ne s'exerce jamais à sens unique.  Je crains même qu'il soit profondément ancré dans la nature humaine et que le politiquement correct qui nous est imposé serve plus de catalyseur que de remède à certaines petites plaisanteries à valeur d'exutoire.

 

Alors si le nombre de pages à lire ne vous rebute pas trop, procurez vous ce livre qui en vaut la peine sinon contentez vous du film mais je crains que la fantaisie de ce dernier si agréable soit-elle vous prive du principal sujet de réflexion. 

 

But ... as you like it !  

13:05 Publié dans Film, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

20/10/2011

Reflets dans un oeil d'or (le livre de Carson McCullers, le film de John Huston)

book-reflets.jpg1941 : Lula Carson Smith alias Carson McCullers alors âgée de 24 ans, publie après " Le coeur est un chasseur solitaire ", ce second roman qu'elle dédiera à Annemarie Clarac-Schwarzenbach dont elle fut - nous dit-on - follement amoureuse. Ceci explique sans doute le comportement de ce jeune soldat qui s'introduit de nuit, dans la maison, puis dans la chambre de celle qu'il aime afin de l'admirer silencieusement durant son sommeil ? ... Trouvez moi un homme capable de faire cela ! ( Il ne risque pas de se nommer Strauss-Kahn ! )

Beauté de l'écriture, élégance du style, délicatesse des sentiments, pourtant le milieu dans lequel vivent les personnages fait irrémédiablement penser à " La Danse de Mort " de Strindberg. Dès la première phrase le climat s'installe (je cite) " Une garnison en temps de paix est un lieu monotone." Pour seules distractions, des promenades à cheval où des dîners que l'on donne en compagnie de gens que l'on n'apprécie pas particulièrement mais qui permettent de passer quelques heures en buvant encore plus que de coutume. Ici, les femmes ne sont pas très intelligentes et les hommes non plus. Chacun suit son instinct sans trop analyser ce qui lui arrive ... Des drames surviennent irrémédiablement quand les sentiments refoulés déclenchent des pulsions auxquelles on ne s'attendait pas. Rêves inassouvis, passions inavouées, tous les ingrédients sont là pour que se déclenche le pire.  

aff.film.jpgPar le biais de son film  (1967) John Huston fut fidèle au roman à un ou deux détails près mais la psychologie des personnages est parfaitement restituée. Psychologie ou caractères ? Je pencherai plutôt pour la seconde expression. Aucun d'eux n'est satisfait de son sort et la vie de chacun est un fiasco. La confrontation d'Elisabeth Taylor et de Marlon Brando est certes moins mythique que celle qui eut lieu entre Burton et elle dans La Mégère Apprivoisée mais en dépit de leur maturité les personnages ici sont inaboutis puisque loin de s'analyser, ils subissent chacun une situation qui les dépasse. 

N'importe ce fut successivement une belle page littéraire et un grand moment cinématographique.

S. @

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11:27 Publié dans Film, Livre | Lien permanent | Commentaires (0)