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19/05/2012

Perfide Albion

"Le Rotweiller a atterri": cette gentillesse du Daily Mail donne le ton. On s'attendait à ce que le président américain doive jouer les médiateurs entre François Hollande et Angela Merkel. C'est en fait face au torpillage en règle du Premier ministre britannique David Cameron contre la France que Barack Obama doit se situer.

Quelques heures avant l'arrivée de François Hollande à Washington, le responsable de la BBC pour l'Amérique du nord n'a pas manqué de manifester l'état de très mauvaise humeur dans lequel se trouve actuellement le Royaume-Uni contre la France. Il a donc expliqué : « Les Français, le président Barack Obama aime à le rappeler, sont les plus anciens alliés de l'Amérique. Le nouveau président socialiste, François Hollande, peut se révéler ainsi un nouvel ami précieux. Il sera accueilli à la Maison Blanche avant que la Conférence du G8 ne débute. Il ne fait aucun doute que ce sommet sera dominé par le dernier épisode effroyable et passionnant de la tragédie grecque. M. Obama n'est pas le seul à vouloir plus d'action en urgence pour arrêter la crise avant qu'elle ne soit encore plus hors de contrôle, écrase l'économie européenne et envoie ses ondes de choc à travers l'Atlantique. M. Hollande est quantité négligeable à Washington, bien que la Maison-Blanche a envoyé une équipe à Paris la semaine dernière pour apprendre à connaître ses plus proches conseillers. J'ai l'impression qu'ils ont aimé ce qu'ils ont entendu. Comment les deux hommes s'entendront personnellement aura beaucoup d'importance. Mais M. Obama aime les idées plus que le bavardage et ils sont, au moins en surface, alliés idéologiques. »

Malheureusement pour nos amis Anglais, la toute premère rencontre qui s'est déroulée ce vendredi, à la Maison Blanche, entre Barack Obama et François Hollande, a balayé d'emblée les interrogations qui planaient de part et d'autre. Le Washington Post, une heure après cet entretien, rapportait sans émoi la déclaration du nouveau Président français : « J'ai rappelé au président Obama que j'ai fait une promesse au peuple français, à savoir que nos troupes de combat seraient retirées d'Afghanistan d'ici la fin de 2012 (...) Cela étant dit, nous allons continuer à soutenir l'Afghanistan d'une manière différente. Nous allons rechercher un format différent. Et tout cela sera fait en bonne compréhension avec nos alliés. » Le quotidien constatait que les deux hommes étaient tombés d'accord pour « maintenir (leur) engagement à aider les Afghans à renforcer la sécurité et poursuivre sur la voie du développement. » et soulignait également la convergence de vue des deux hommes sur le dossier iranien et sur le maintien de la Grèce dans la Zone Euro.  

Mais Londres ne l'a pas entendu de cette oreille.

"LE ROTWEILLER A ATTERRI..."

Business Week à titré dans la foulée de la conférence de presse donnée par François Hollande à sa sortie de son entretien avec Barack Obama, sur la déclaration du président concernant l'Espagne : « Le président français François Hollande a déclaré que les banques espagnoles devraient être recapitalisées avec l'aide de l'Europe, contredisant ainsi le Comissaire de l'Union économique et monétaire, Olli Rehn, qui avait déclaré que le pays pouvait le faire de lui-même. » Simultanément, le quotidien britannique The Guardian a immédiatement allumé un contrefeu en annonçant l'opposition frontale du Premier ministre David Cameron à l'autre proposition énoncée par le président français durant son entretien à la Maison Blanche : « Barack Obama a été pris entre deux visions concurrentes de l'Europe sur la façon de résoudre la crise financière au sommet du G8 quand David Cameron a rejeté d'emblée une proposition française visant à lever 57 milliards d'Euros (46 milliards de Livres) par une taxe sur les transactions financières. » Et David Cameron d'adresser un nouvel "avertissement" à François Hollande après le précédent sur le volet afgan la veille. 

De son côté, et c'est suffisamment rare pour le souligner, le New York Times, qui aime à rappeler le souvenir du prédécesseur de François Hollande, fait preuve, pour une fois, d'ouverture : « L'administration Obama avait généralement des relations chaleureuses avec le prédécesseur de M. Hollande, Nicolas Sarkozy, pour coopérer étroitement sur la Libye, la Syrie et l'Iran, et (sur) la réponse européenne à la récession économique mondiale. Mais il n'y a aucune raison de s'attendre à des tensions avec le gouvernement Hollande ; sur le front économique, la Maison-Blanche n'est pas hostile à la relance économique, et les différences sur la façon de se retirer d'Afghanistan ne sont pas profondes. Dans une brève allocution à la presse après la réunion, M. Hollande a dit qu'il s'était engagé à fournir une assistance à la sécurité en Afghanistan, et que ce serait discuté lors de la réunion au sommet de l'OTAN. M. Hollande a dit pendant sa campagne électorale qu'il préférait que les forces françaises quittent l'Afghanistan avant le calendrier convenu par l'OTAN. Il a déclaré que les dirigeants des deux pays avait des "points de vue partagés" sur l'Iran et qu'ils allaient "démarrer la conversation." M. Obama et M. Sarkozy avaient "une relation incroyablement productif et constructif", avait déclaré Tom Donilon, le Conseiller à la sécurité nationale, à la Maison Blanche jeudi. "Nous allons construire le même genre de relation avec le président Hollande." » A bon entendeur... 

Face à tant de satisfaction, la coupe était pleine côté londonien. Dans la soirée, l'autre quotidien britannique le Daily Mail n'a pas hésité à sortir l'artillerie sur un autre front : « Le Rottweiler a atterri : Obama accueille le nouveau président français pour sa première visite officielle aux Etats-Unis ... mais que fera Michelle de sa petite amie formidable ? »

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- Et puisqu'en France, tout finit par des chansons ...


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13/05/2012

Le blog de Gérard Floche ...


 

12 MAI 2012 – 23:15

On ne le dira jamais assez, mais une victoire de la gauche a un scrutin présidentiel, c’est forcément exceptionnel. Car tout est fait dans ce genre d’élection personnalisée, pour que ce soit la droite, son argent et ses médias qui gagnent.

 

Le présidentialisme est archaïque

Il faudra qu’un jour, notre peuple se réveille et découvre la honte de procéder ainsi au nom d’une prétendue démocratie : comment, peut-on imaginer un vrai débat d’idées en élisant une sorte de roi sélectionné sur sa bonne mine ?  Un « choix » schématisé à l’absurde.

La propagande « économique » basée sur des mensonges installés de longue date, joue en faveur du système en place : « un état c’est comme un ménage, ça ne doit pas dépenser plus que ce que ça gagne », « il faut dépenser moins »,  « Il faut payer la dette pour ne pas la laisser à nos petits-enfants », « on est en faillite », « il n’y a plus d’argent dans les caisses », etc.  Les petites gens, ainsi matraqués, finissent par croire que leur sort est irréversible.

Dans ces conditions, l’individualisation de la vie politique, exprimée par un vote de caractère « totémique », 40 millions d’électeurs désignant un seul homme, relève d’un archaïsme simplificateur, déformant, dépolitisant.

Sarkozy a essayé d’en jouer à plein. Pour détourner l’attention des responsables de la crise, banquiers, rentiers, actionnaires, spéculateurs, patrons de combat, il n’a pas hésité à appeler aux sentiments les plus frustres « contre l’autre » : contre l’immigré, contre l’étranger, contre le chômeur, contre l’assisté, contre le petit délinquant, contre le musulman, contre le faux travail, contre le dépensier, contre le gaspilleur, etc. Bien que n’ayant hésité à utiliser aucun de ces clichés réactionnaires, il a été chassé, rejeté.

La France est de gauche

Notre peuple est de gauche, la majorité sociologique est de gauche, en 2002 et 2007, déjà nous avions tout pour gagner. Ce sont les accidents de la personnalisation du scrutin qui ont fait défaut : en 2002, Chirac avait limité les candidats de droite alors qu’il y avait pléthore de candidats de gauche. En chiffres absolus, la gauche était majoritaire, mais 192 000 voix ont manqué pour que Lionel Jospin accède au 2e tour.  En 2007, la gauche n’avait cessé de monter, mais sur le fil, au forcing, face à une candidate qui ne mettait pas suffisamment le social au cœur, Sarkozy réussit à emballer avec un million de voix de plus l’illusion de « travailler plus pour gagner plus ».

C’est vraiment parce que Sarkozy, pendant cinq ans, s’est fait détester sans nuance, par sa politique antisociale, thatchérienne, néolibérale intégriste, qu’il a été battu le 6 mai 2012. François Hollande a dû habilement se présenter comme un « candidat normal » pour passer la ligne de crête qui lui a permis d’atteindre 51,63 % des voix. Il lui a fallu gérer un discours passant entre les gouttes, insensibilisant les médias, renvoyant Sarkozy à ses frasques, ses mensonges et volte-face, son cynisme, sa corruption. Hollande a réussi à présenter une personnalité positive, lisse, pour rassembler la gauche en s’appuyant sur la solide implantation du PS.

Tout cela n’aurait pas été possible si le PS ne dirigeait pas 2 villes sur 3, 61 départements sur 100, 20 régions sur 22, le Sénat et 200 députés sur 577. Sa force est venue de là pour capter en premier les aspirations du salariat, principale force sociale active de ce pays. Depuis 1981 « la majorité sociologique et la majorité politique se recoupent »… même si la gauche ne l’emporte que dans les circonstances exceptionnelles où elle sait se montrer à la hauteur.

Pas d’insurrection civique

Il ne peut pas y avoir « d’insurrection civique » : cette théorie inventée par Jean Luc Mélenchon a un côté sympathique et séduisant, mais elle ne peut exister. L’organisation sociale en place ne peut être remise en cause que par une insurrection sociale, pas par une « insurrection » électorale. Il faut pour transformer en profondeur une société, à la fois un soulèvement social collectif et des élections victorieuses lui correspondant – avec un scrutin sincère et démocratique. Sinon, la pesanteur de l’organisation sociale l’emporte : c’est pourquoi, nous savions d’avance que le PS n’avait pas de concurrent sérieux à gauche en 2012. Ce n’étaient pas les sondages qui nous donnaient cette certitude mais l’analyse des rapports de force politiques et sociaux.

 

Le salariat majoritaire à gauche

De même nous savions et cela a été vérifié que la force de la gauche, c’était sa majorité sociologique, le salariat, c’est-à-dire 93 % des actifs de ce pays. Tout le talent de François Hollande pour apprivoiser les difficultés du scrutin n’auraient pas suffi s’il n’avait pas rencontré les aspirations de ceux qui produisent les richesses de ce pays et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. 60 % du salariat a voté pour lui, c’est une majorité sans appel. C’est même 70 % des ouvriers et 57 % des employés. Parmi les jeunes, Hollande a obtenu aussi 60 % des voix. Mais il reste des réserves car 32 % des ouvriers et  34 % des 18-24 ans se sont abstenus. Les scores dans les grandes villes (55 % à Paris) et les banlieues ont atteint aussi des sommets jusqu’à 90 % à St Denis.
On peut dire sans effet de manche que le vote Hollande c’est l’expression de la majorité écrasante du peuple. Même si on doit tempérer en précisant que l’importance de l’abstention et des votes nuls démontre qu’il y a encore beaucoup à faire pour le mobiliser entièrement.

À l’exception des artisans, commerçants et chefs d’entreprise, où il obtient néanmoins 21 % des intentions de vote (39 % pour Nicolas Sarkozy, nettement en tête dans cette catégorie), François Hollande est entre 27% et 34 % dans toutes les catégories professionnelles.
Le candidat PS est aussi premier chez les chômeurs (28 %, contre 21 % à Nicolas Sarkozy et 20% à Marine Le Pen). Il rencontre le succès chez ceux qui n’ont aucun diplôme (39 %), tout en obtenant 32 % chez les bacs+2 et bacs+3 où plus.
Il obtient des scores très voisins selon les tranches de revenus, culminant à 30 % chez ceux qui gagnent moins de 1.200 euros.  Par niveau de revenu, Nicolas Sarkozy fait son meilleur score (28 %) chez ceux qui gagnent au moins 3000 euros.
Hollande séduit davantage les femmes (30 %) que les hommes (27 %), contrairement à Nicolas Sarkozy (27 % et 24 % respectivement).
Il a les faveurs surtout de ceux qui vivent dans des villes petites et moyennes (entre 20.000 et 100.000 habitants, où il obtient 33 %), et obtient 24 %, son score le plus bas, en milieu rural. Le même d’ailleurs que M. Sarkozy dans les campagnes.
Si l’on regarde les préférences politiques, 34 % des sondés se situant « très à gauche » déclaraient vouloir faire confiance au candidat PS, huit points de moins seulement que Jean-Luc Mélenchon.

Le vote chez les retraités des catégories populaires est plus équilibré puisque François Hollande ne dépasse Nicolas Sarkozy que d’une courte tête.

Les catégories qui avaient voté Marine Le Pen le 22 avril ont d’abord choisi (à 38 %) l’abstention ou le vote blanc ou nul, conformément au choix de la candidate FN, 35 % votant Sarkozy et 27 % Hollande.
L’électorat de Jean-Luc Mélenchon a largement apporté ses voix à François Hollande (71 %) contre 2 % à Nicolas Sarkozy, avec une forte proportion (27 %) ne choisissant ni l’un ni l’autre.
Enfin, les ouvriers et employés actifs ou retraités qui ont apporté leurs suffrages à François Bayrou ont d’abord choisi l’abstention, Le vote blanc ou nul (46 %), un tiers (33 %) se reportant sur Nicolas Sarkozy et 21 % sur François Hollande.

Hollande, Mélenchon, même électorat :

Au plan politique, heureusement qu’un socle de 44 % s’était consolidé à gauche dès le premier tour. Les 28,63 % de Hollande sont une prouesse qui a assuré l’élan pour le 2e tour : sans l’avance prise, sans la dynamique du 22 avril, qui sait ce qu’il serait advenu ?  C’est ce que voulait Sarkozy à tout prix, pour « emballer » les médias en sa faveur. Le réflexe « de classe » de masse et matérialiste, c’était de voter Hollande, pour tous ceux qui avaient priorité de battre Sarkozy. Le vote pour Mélenchon était un choix plus idéologique et plus risqué.

C’est pourquoi des millions d’électeurs qui auraient aussi bien pu voter Mélenchon ont voté Hollande. Pas par « modération », ni par ignorance, ni par aveuglement, ni par suivisme. Ce réflexe n’a rien eu d’un banal « vote utile » sans âme ni sens, comme certains le disent à tort au Parti de gauche. Au contraire c’est un vote de classe mesuré et réfléchi. « Maudire » les votes utiles qui auraient « privé » le FdG de 30 % de ses électeurs, c’est insulter l’intelligence de ceux qui ont choisi cette stratégie. Ils ont appuyé celui qui était le mieux placé, c’était prévisible, sain et logique.

Mélenchon s’est abusé lorsque, en fin de campagne, exalté par le succès de ses grands meetings de Paris, de Marseille, de Toulouse, il fit croire lui-même à ses sympathisants qu’il pourrait être au 2e tour. Ce triomphalisme n’avait aucune chance, aucune base sérieuse, et il a d’ailleurs provoqué une grosse déception le soir du 22 avril sur les militants qui en ont rêvé. En vérité, le FdG a bénéficié, lui aussi, d’un concours de circonstances exceptionnel : il n’y avait ni Arlette Laguillier, ni Olivier Besancenot, et pour la première fois, la plus grande partie de la gauche hors Parti socialiste, présentait un front partiel uni. Avec le talent de Jean-Luc Mélenchon, ils ont obtenu un résultat à deux chiffres ce qui est un magnifique score pour ce type de scrutin binaire, biaisé. On peut, certes, comparer avec les 19 % de voix de gauche non socialistes de 2002 (les trois groupes trotskistes LCR, LO, POI avaient obtenu 11,5%). On peut aussi comparer avec le même type de voix de 2007, qui était de l’ordre de 12 %. Mais JL Mélenchon a su fédérer sur un seul nom ce qui était auparavant éparpillé et cela a créé une dynamique dont le PCF a pleinement raison de se féliciter.

 

Hollande Mélenchon programmes compatibles

Et cela n’enlève rien à ce qu’ils pensaient, car ces millions d’électeurs de Hollande du 22 avril sont politiquement tout à fait pour « 35 h, 1700 euros, 60 ans et pas de salaire > à 20 Smic ». Dire que c’est un vote sur le seul fond des idées, ce serait aussi réduire aux 11 % obtenus par Mélenchon, la gauche de ce pays. Ce qui, non seulement n’est pas vrai, mais aboutit à minoriser de façon stupide les aspirations essentielles du peuple de gauche.

Car il y a largement 80 % de la gauche et des syndiqués qui sont favorables à 35 60 1700 et 20, pas 11%.  Hollande s’est d’ailleurs déclaré le 19 avril sur RMC et BFM « d’accord avec Mélenchon sur le refus du traité Européen sur les disciplines budgétaires, il a proposé « un gouvernement de gauche avec participation du FdG et d’EELV » affirmant qu’il n’y « aurait pas d’ouverture ». Il a été on ne peut plus clair :  « je suis socialiste, je suis de gauche et je gouvernerai avec la gauche, il n’y aura pas d’ouverture.

Il suffit d’étudier les cartes des votes en France le 22 avril : les votes du PS et du FdG se superposent totalement. C’est spectaculaire, là où Hollande est fort, Mélenchon est fort, là où  Hollande est faible, Mélenchon est faible. La poussée des deux partis est concomitante et non pas opposée : le PS pousse vers 29 % le FdG pousse vers 11%.  C’est le même électorat. La  même dynamique. Il reste 4 % pour les Verts, le NPA, LO. Le total de 44 % est un des plus élevés de l’histoire de ce genre de scrutin. On le comprend encore mieux si on le met en relation avec la force institutionnelle du PS et son puissant réseau d’élus des villes, départements, régions.

Pour comprendre comment les électorats du PS et du FdG sont mélangés, sans rivages de l’un à l’autre, on tiendra que seulement 20 %  des votants du « non » au TCE ont voté Mélenchon. Or le non de gauche était largement majoritaire par mi les 55 % d’électeurs du 29 mai 2005. 59 % des électeurs socialistes avaient voté « non ». Accordons 10 %, voire peut-être 15 % aux « non » de droite de cette époque, il restait au moins 40 % au « non » de gauche. Seulement la moitié, à la louche a été re captée par le FdG en 2012. Une majorité de « non » socialistes sont allés sur Hollande. Ce qui témoigne encore de la proximité non seulement sociologique mais idéologique des électorats. Lorsque Eric Cocquerel affirme « les programmes du PS et du FdG sont incompatibles »,   il prononce à la fois une bourde sectaire au plan politique et à la fois au plan sociologique. Il est impossible de séparer « deux gauches », deux orientations incompatibles. Et les millions d’électeurs qui se sont partagés entre Hollande et Mélenchon ne l’ont pas vécu ni voulu ainsi. Cela relève d’un petit discours d’appareil que de tenter d’installer un pareil clivage artificiel.

Si l’on a encore un doute sur les connections entre les deux électorats, il suffit de regarder les études traditionnelles sur les votes sortis des urnes auprès des syndiqués : 40 % des inscrits ayant exprimé un choix et syndiqués sont proches de Hollande, 18 % de Mélenchon, 17 % de Sarkozy et 12 % de Le Pen. (Cf. tableau ci-joint).

61 % de la FSU, 56 % de la CFDT, 49 % de l’UNSA,  44 % de la CFDT, 28 % de FO,  35 % de SUD votent Hollande dés le 22 avril.

39 % de la CGT, 39 % de SUD, 31 % de la FSU, 14 % de l’UNSA, 13 % de FO, 6 % de la CFDT votent Mélenchon au premier tour.

Il n’y a pas plus « deux syndicalismes » qu’il n’y a « deux gauches ». De même qu’il fallut un accord des 8 syndicats en 2010 pour mobiliser 8 millions de manifestants de façon unitaire en défense de la retraite à 60 ans, chaque syndicat ayant ses débats internes.

Une victoire venue des profondeurs

Il convient de défaire tous les pessimismes qui radotent sur la « droitisation de la société »,  sur la division et l’hétérogénéité du salariat, sur les reculs idéologiques introduits par la sarkozysme,  etc… ON aurait dû gagner en 2002 et en 2007. On a gagné en 2012, ne boudons pas notre plaisir ni la force nouvelle qui en résulte pour nous tous.

Certes les inégalités sociales accrues, les 5 millions de chômeurs, les 3 millions de précaires, les 3 millions de  temps partiels, les 8 millions de pauvres, cela sape grandement la résistance du salariat. Mais Sarkozy n’a pu réussir qu’à appliquer une partie du programme thatchérien en France, il a été vite haï puis sanctionné. Et nous qui voulons « 35 60 1700 20 » et une VIe République sociale, on a fait un pas décisif en avant.

Ce qui vient de se passer, au-delà de la victoire politique et sociale autour de François Hollande, c’est un coup d’arrêt de la société qui a manifesté sa résistance à 10 ans de destruction complète des droits sociaux voulus par le libéralisme.

Ne diffusez pas de doute ni de pessimisme, n’atténuez pas les espoirs qui sont nés au sein de notre peuple salarié, au contraire cultivez-les, encouragez-les.

On ne gagne qu’avec de l’audace, en fortifiant les avancées une à une.  Or le 6 mai n’est pas seulement une avancée « belle et rebelle », c’est une énorme victoire historique de notre camp, c’est une vilaine page tournée, la gauche est maintenant de retour, les salariés ont à nouveau les cartes en main,, allons de l’avant tous ensemble.C’est par les luttes que le reste s’acquerrera !

 

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09/05/2012

C'est presque (déjà) du passé ...

Sarkozy viré par les Français !

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Ça y est, on est enfin débarrassés du personnage, et avec lui de sa politique. François Hollande, dont le « Moi Président de la République » au cours du débat restera dans les annales, avait bien résumé les griefs opposables au Président sortant. Sans que la liste soit exhaustive elle avait laissé Sarkozy sans voix au cours du débat et, si j’osais ce jeu de mots, lui avait coûté des voix lors de l’élection.

Il voulait être chef de tout et se mêler de tout sans qu’au bout du compte il se sente responsable de quoi que ce soit. Il pensait que la crise lui fournirait l’excuse suprême de son échec mais la majorité des électeurs ne s’est pas laissé abuser. Tellement imbus de sa fonction et de lui-même, il considérait que son Premier Ministre n’était qu’un collaborateur, et poussait le mépris jusqu’à le dire sans vergogne. Bien que Président de la République, il participait à la collecte de fonds pour son parti et s’impliquait dans ses réunions. Coutumier du « fait du prince », il ne laissait pas la Justice fonctionner de façon indépendante et nommait lui-même les membres du Parquet contre l’avis du Conseil Supérieur de la Magistrature. Il nommait les directeurs de chaînes de télévision publique, pour s’assurer que les médias lui soient dévoués. Sarkozy a protégé le statut pénal du Chef de l’État, et beaucoup d’électeurs l’ont interprété comme un désir d’être au-dessus des lois. N’imposant pas un code strict de déontologie à ses ministres, il leur laissait cumuler leurs fonctions avec des mandats locaux. Il avait tendance à sous-estimer les avis des partenaires sociaux et des syndicats.

À court d’arguments au terme de sa campagne Sarkozy prétendait que sans lui et avec Hollande la France deviendrait l’Espagne ou la Grèce. Lui et certains membres de son gouvernement mettaient en avant leur expérience du pouvoir contre l’inexpérience d’un « imperator sans glaive ». Sarkozy sauveur de l’Europe alors qu’elle menaçait d’éclater, Sarkozy seul à pouvoir dompter les marchés, et dialoguer avec l’Allemagne de Merkel.

Comme les cimetières sont peuplés de gens irremplaçables, Sarkozy est maintenant remplacé et, si on note la différence, on constatera très vite qu’elle est largement positive et que les catastrophes annoncées par le sortant déchu ne se produisent pas. On peut vraiment parler d’une ère nouvelle qui s’annonce pour la France. On verra bien sûr le changement radical de style à la tête de l’État. Le bling-bling ostentatoire qui a tant agacé les Français disparaîtra au profit d’un comportement modéré et contenu. On n’entendra sûrement pas des « casse toi pauvre con » et autres amabilités lors des sorties présidentielles, et la dignité de la fonction sera rétablie.

Avec un gouvernement de Gauche, la justice sociale reprendra ses droits, les négociations avec les partenaires sociaux et les syndicats seront actives et constructives. La régression des années Sarkozy cèdera la place à un progrès. Le pouvoir d’achat reviendra au centre des préoccupations de gouvernement, ainsi que l’industrialisation et l’emploi.

On déplorera peut-être que les changements soient insuffisants par rapport à ce qui est juste et nécessaire. On attendra que le Front de Gauche et Jean Luc Mélenchon conservent les acquis de la campagne et consolident leurs positions pour se présenter aux législatives et à la présidentielle de 2017.

Dans l’intervalle, François Hollande devra faire face à une menace d’explosion de l’Europe. Il n’est pas exclu que le système financier mondial s’écroule ou doive se battre pour sa survie et que le monde subisse un choc similaire à la crise de 1929. Les sacrifices démesurés qui sont imposés à la Grèce, l’Espagne, l’Italie et aussi bientôt à la France et à d’autres rendent possible un ras le bol des électorats qui exigeront de ne pas rembourser leur dette ou de n’en rembourser qu’une fraction. Il est vraisemblable que l’oligarchie financière et les dirigeants politiques à sa botte doivent adoucir l’austérité en mettant en place d’importants moyens de relance de la croissance. La France pourrait en profiter et Hollande et la Gauche au pouvoir en tirer gloriole. Plus Hollande demandera de renégocier les accords européens, plus il obtiendra des concessions au niveau des aides à la relance.

Sarkozy a contribué à faire accepter l’austérité, bien qu’il s’en défende. Il a joué l’Europe contre la France, les riches contre les pauvres, les forts contre les faibles. Sa défaite nous épargne la fusion entre le libéralisme et le nationalisme, promis avec son rapprochement du Front National. Hollande nous sauve d’un libéralisme débridé et d’un nationalisme à la Le Pen. On oublie que Sarkozy, avec sa complice Merkel, ont forcé l’austérité dans toute l’Europe, et que cet excès dans un sens reviendra dans l’autre par un effet boomerang. Attendons nous à ce que plusieurs pays européens refusent l’austérité et remettent en cause les accords ficelés à la va vite par l’axe franco-allemand. En cassant de facto le pacte Merkel-Sarkozy, l’élection de François Hollande donne aux pays européens écrasés par l’austérité une raison d’espérer. Si Hollande réussit à contrer les Allemands, le rôle nocif de Sarkozy deviendra l’évidence pour plus de Français, comme il l’est déjà pour beaucoup d’Européens.

Des forces considérables et contradictoires vont s’opposer dans les cinq ans à venir. Le FN revigoré, avec des dents très longues et un style déguisé pour éviter la mise au ban, la Droite qui va éclater et muter au risque d’être avalée, et le Front de Gauche qui va devoir acquérir une taille électorale et une influence significative au-delà des 25%. Il sera intéressant, bien qu’anecdotique, d’observer le rôle que jouera Sarkozy dans tout ça !

Algarath

Source : oulala.net

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28/04/2012

De la pollution mondiale à la pollution politique

Bandeau notre-planete.info un gigantesque continent.jpg

Bandeau le figaro.fr affaire du sofitel.jpg

Bandeau EP Le Monde Tariq Ramadan.jpg

En désignant ces thèmes sous la rubrique " A ma guise " j'ironise à peine … (une fois de plus) et puis, mieux vaut dénoncer en conservant un minimum d'humour.

Car enfin, qui est le plus coupable ? …

- ces utilisateurs inconséquents de matières plastiques mises à leur disposition ou les fabricants ? 

Quant à l'affaire Strauss-Kahn, ce que nous lisons n'est pas un scoop.

Le traquenard était tellement évident que l'on peut se demander comment DSK a bien pu tomber dans le piège ? Mais peut-être que finalement, il n'avait aucune envie d'accéder au poste pour lequel tout le monde l'annonçait gagnant. C'est une hypothèse qui n'est pas à négliger. Il était mieux placé que quiconque pour savoir que la situation serait ingérable et qu'ensuite on lui reprocherait un échec par trop prévisible. 

Quant à Tariq Ramadan dont beaucoup disent pis que pendre, l'intelligence du personnage fait mes délices depuis longtemps. Ceux qui me connaissent n'en seront nullement étonnés puisque je ne hurle jamais avec les loups. louve-solitaire.jpg



podcast






   Juliette - Les Loups Sont Entrés Dans Paris .mp3  
   
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