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12/06/2012

FOG en plein brouillard ...

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« Et si l’on rendait la Grèce à la Turquie… » se demande Giesbert en parfait savant fou de la pensée libérale.

Une nouvelle fois, FOG franchit la ligne rouge… il devrait peut-être se contenter de sniffer la blanche. Dans sa dernière chronique du journal Le Point [1], Franz-Olivier Giesbert, de plus en plus incontrôlable, propose carrément de rendre la Grèce à la Turquie : « Si l'Europe refuse de continuer à subventionner la Grèce à perte, Syriza entend, paraît-il, organiser un rapprochement entre son pays et la Russie. Mais pourquoi pas avec la Chine, le Venezuela ou le Qatar, pendant qu'on y est ? À moins que la Turquie, héritière de l'Empire ottoman, ne se " dévoue ", une fois de plus. »

Le scribouillard, certainement sous l’emprise de psychotropes ultra violents, écrit plus loin : « Jusqu'à son indépendance, en 1832, la Grèce a vécu pendant quatre siècles sous domination ottomane. Quitte à être saugrenu, les incroyables performances économiques de la Turquie, avec une croissance de 8% et une hausse des exportations de 18%, ne lui donnent-elles pas la légimité (sic) nécessaire pour assurer le redressement de la Grèce ? »

Passons sur le fait que FOG est à présent incapable d’écrire correctement le mot « légitimité » (qu’il essaye donc avec « Synaspismos » !). Il semblerait qu’une forme aiguë d’annexionnisme dégénérescent vient de frapper l’une des principales vedettes du Point. Quelle sera la prochaine victime de son délire merkelien ? Va-t-il bientôt proposer de rendre l’Alsace et la Lorraine à l’Allemagne ? Cuba à l’Espagne ? L’Irak à Sumer ? Et comment pouvons-nous assurer le redressement mental de Franz-Olivier Giesbert ? Doit-on l’annexer à Saint-Anne ou à Maison Blanche ? Dilemme !

L’énormité de la (maladie) chronique de FOG va de pair avec le racisme ambiant qui se déverse en un torrent d’injures à l’égard des Grecs — nous ne sommes plus seulement dans le mépris de classe quand celui-ci vise tout un peuple. C’est bien un racisme anti-grecs que les médias dominants véhiculent toute honte bue avec force haussements d’épaules et regards consternés pour cette bande de voleurs de chevaux mauvais payeurs du bassin méditerranéen.

Dans sa chronique, FOG va même jusqu’à assimiler le peuple grec à une bête sauvage (la Grèce « mord la main qui la nourrit »). Mais il ne faut pas s’étonner qu’un peuple ait la rage quand on le traite comme un chien.

Quant à Yves Calvi, après avoir vanté l’utilité sociale du parti néo-nazi grec Aube Dorée lors de son émission C dans l’air [2], il déclare en instituteur dont la patience a tout de même des limites : « certains téléspectateurs pensent que la farce a assez duré » ; la farce étant l’impossibilité pour la Grèce de sortir la tête de l’eau et de rembourser sa dette publique aux taux d’intérêts usuraires, une farce hilarante qui inflige une baisse de 22% du salaire minimum et de 10% pour les salaires des fonctionnaires qui bénéficient de régimes spéciaux, une farce enfin qui va réduire de 1,076 milliard d’euros les frais de dépense des médicaments (médicaments dont aurait bien besoin Yves Calvi avant d’ouvrir la bouche).

Après l’Asiatique fourbe, l’Arabe voleur, le Roumain pickpocket, Messieurs Giesbert & Calvi vous présentent la toute nouvelle tête de turc : le Grec ! Fraudeur et fainéant, il vole les banques françaises et allemandes ! Le petit combinard méditerranéen préfère les vacances au travail ! (À ce sujet, lire ou relire les déclarations d’Angela Merkel sur les vacances des pays du Sud [3]). Rappelons que la durée annuelle moyenne d’un travailleur allemand est de 1 390 heures quand celle d’un travailleur grec est de 2 119 heures [4].

Dans son précédent billet [5], FOG (qui porte bien ses initiales tant ses idées sont fumeuses), volait à la rescousse de la présidente du FMI, Christine Lagarde, après sa déclaration fracassante sur les Grecs, qui devraient, selon elle, « commencer à s’entraider collectivement en payant tous leurs impôts » Par ailleurs, Christine l’Humaniste se disait moins préoccupée par le sort des Grecs que celui des petits enfants du Biafrogalistan… euh… du Niger.

Oui, FOG est peut-être le seul citoyen de France à avoir défendu de tels propos ! C’est tout à son déshonneur. Il est même allé plus loin en comparant la Grèce à une femme dépensière : « Un humoriste a dit qu'il n'y a qu'une chose à faire quand on a une femme qui adore dépenser de l'argent : il faut adorer en gagner. L'Europe est prévenue. L'Allemagne en tête, il va lui falloir travailler plus dur encore pour payer les folies de la Grèce, qui a fait de la fraude fiscale l'un de ses sports nationaux. »

Quelle splendeur quand le paternalisme néo-colonial se pare d’une telle misogynie ! Il sait parler aux femmes, le FOG ! Vous êtes un peu comme la Grèce, Mesdames : paresseuses, voleuses, vénales… mais c’est pour ça qu’on vous aime !

Pour toutes ces raisons, j’en appelle à l’humanité du maire de Wilmington, Delaware, USA, où est né le petit Franz il y a de cela soixante-trois ans. Au nom de la salubrité publique et de l’honneur de la Nation, le peuple français vous le rend bien volontiers.

Nikos Maurice

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BHL d'un côté, FOG de l'autre : AU SECOURS !

Mais il est vrai que l'on n'a que l'intelligentsia que l'on mérite ...

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04/06/2012

A l'abordage !

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En Allemagne, le Parti pirate vient de remporter 7,6 % des suffrages dans la région de Rhénanie du Nord-Westphalie. Un score de bon augure en prévision des législatives nationales qui auront lieu dans dix-huit mois.

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Outre-Rhin, le Parti pirate (Piraten Partei) semble s'imposer comme une force politique sur laquelle il faudrait désormais compter. Comme dans les régions de la Sarre, de Berlin et du Schleswig-Holstein, où les « pirates » ont déjà obtenu respectivement 4, 15 et 6 sièges de députés locaux, le Parti pirate (PP), lors des élections régionales de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, vient de remporter 7,6 % des suffrages. Pour rappel, le Parti pirate allemand s'inspire de son homologue suédois, premier parti pirate au monde, dont la politique vise essentiellement à protéger les droits et les libertés fondamentales, notamment dans le domaine du numérique. 

Soit pas moins de vingt sièges à l'assemblée régionale ! Ce résultat a son importance, car cette région frontalière de la France est la plus peuplée du pays avec 18 millions d'habitants, soit 23 % environ de la population allemande.

Toutefois, ces résultats sont à nuancer, car l'alliance des verts (12 %) et des sociaux-démocrates du SPD (39 %) pourrait permettre à ces deux partis « majoritaires » par rapport à la droite de se passer d'un accord avec le Parti pirate. Ces résultats placent tout de même cette formation au cinquième rang de l'échiquier politique de la région. De par son nombre d'habitants, la région de Rhénanie du Nord-Westphalie fait par ailleurs office de lieu de répétition pour les élections nationales qui auront lieu dans dix-huit mois. Avec environ 11 % dans les sondages d'intention de vote, le Parti pirate se situe à la quatrième place, au coude à coude avec les écologistes.

C'est certainement en prévision de cette échéance que Bernd Schlömer a récemment été élu nouveau président du Parti pirate. Diplômé de criminologie et responsable de formation au ministère de la Défense, ce quadragénaire entré au Parti pirate en 2006 a peu de choses en commun avec la caricature du geek chevelu et barbu de la première heure. Son principal objectif est bien évidemment de renforcer la crédibilité du parti au niveau national.

En France, à quelques semaines des législatives, le Parti pirate hexagonal paraît quelque peu à la traîne par rapport à ses homologues européens. Il compte, par exemple, un peu plus de 200 membres alors le parti allemand en recense... 21 000 ! Autre chiffre marquant, d'après une étude réalisée par Mingle, seuls 12 % des Français seraient au courant de l'existence du Parti pirate français. Un manque de visibilité que sa constitution plus récente que son homologue allemand, l'absence d'un scrutin à la proportionnelle (comme outre-Rhin) ou encore le manque d'argent n'expliquent que partiellement. Maxime Rouquet, l'actuel coprésident du Parti pirate français, a récemment déclaré qu'une soixantaine de candidats pirates (dont une vingtaine en attente de confirmation) se présenteront au scrutin du mois de juin. Un nombre malheureusement encore inférieur aux 75 candidats requis pour pouvoir bénéficier d'un spot télévisé de trois minutes sur une chaîne publique.

01net.


20:26 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

03/06/2012

Manipulation et ... " comparaison n'est pas raison ? " ...

La fabrication du consentement pour attaquer la Syrie.

29 mai 2O12 —La BBC, radio d’état britannique, a été fortement critiquée pour avoir faussement utilisé une photo d’enfants irakiens morts dans le but de vendre une nouvelle invasion de l’OTAN, cette fois en Syrie.

En mai 2012, la BBC a publié une photo montrant plusieurs rangées d’enfants irakiens morts pour illustrer un récent massacre dans la ville syrienne de Houla.

En réponse aux critiques qui l’accusaient d’essayer de vendre une attaque de l’OTAN en Syrie, le porte parole de la BBC a déclaré qu’on ne pouvait pas leur reprocher de ne pas avoir vérifié l’authenticité de l’image car la publication de la photo avait été accompagnée "d’une claire mise en garde".

"Nous l’avons montrée avec la mention qu’elle n’avait pas pu être authentifiée indépendamment" a déclaré le porte parole.

"Quelqu’un utilise mes photos pour apporter des preuves au massacre et faire de la propagande contre le gouvernement syrien" a dit le photographe de Getty Images, Marco Di Lauro, dont la photo a été utilisée par la BBC.

Des médias indépendants accusent la radio britannique d’être devenue "un actif relais de propagande pour le compte de ’militants’ anonymes douteux", selon l’expression de prisonplanet.com, le site du journaliste américain Alex Jones.

En février dernier, le journal anglais, The Independent a aussi annoncé que "les forces de sécurité du président Assad ont tué sans distinction des douzaines de bébés à Homs".

Mais il s’est avéré à l’examen que la source de l’information était une organisation basée à Londres qui s’était autoproclamée "Observatoire syrien des droits humains."

Prisonplanet.com a accusé la radio britannique d’essayer "de vendre une attaque de l’OTAN en Syrie" et les analystes disent que la déclaration "cela n’a pas été authentifié indépendamment" est devenue l’estampille de la couverture médiatique des évènements de Syrie.

Oh la la, BBC : Une photo d’Irak pour illustrer le massacre de Houla ?

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29 mai 2012 - Alors que le monde résonne du choc de la tragédie de Houla, la BBC a publié un article illustré d’une photo qui montre des rangées et des rangées des cadavres d’enfants attendant d’être enterrés... Mais est-ce que ce ne se situe pas plutôt dans l’Irak d’après Saddam ?

Le photographe Marco di Lauro qui a pris la photo utilisée par la BBC a dit qu’il était presque "tombé de sa chaise" quand il a vu l’image sur le site de la radio avec la mention : "Photo d’un militant. Cette photo -qui n’a pas pu être authentifiée indépendamment - montrerait les corps des enfants de Houla attendant leurs funérailles".

La photo a en fait été prise le 27 mars 2003 ; elle montre un garçon irakien qui saute au dessus de douzaines de linceuls blancs contenant des squelettes trouvés dans un désert au sud de Bagdad. La photo qui se trouve sur le site web de Marco di Lauro appartient à l’histoire irakienne d’après Saddam.

Marco di Lauro travaille comme photographe pour la firme Getty Images et ses oeuvres ont été diffusées dans toute l’Europe et aux Etats-Unis. Mais le fait que la BBC ait pris cette photo sur Internet, et non dans son stock officiel, l’inquiète énormément.

"Ce qui m’étonne le plus c’est qu’un organisme comme la BBC ne vérifie pas ses sources et accepte de publier n’importe quelle photo que n’importe quel journaliste, citoyen ou militant leur envoie. C’est tout", a dit le photographe au Daily Telegraph.

"Quelqu’un utilise la photo de quelqu’un d’autre pour faire de la propagande" a-t-il ajouté.

Un porte parole de la BBC a dit que la photo qui illustrait l’article de dimanche "Le massacre syrien de Houla fait l’objet d’une condamnation grandissante" avait été enlevée "immédiatement" après que la source ait été identifiée.

"Nous nous sommes rendus compte que la photo avait beaucoup circulé sur Internet dans le premières heures de la matinée qui a suivi les récentes atrocités en Syrie. Nous l’avons utilisée avec une claire mise en garde qui disait qu’elle n’avait pas pu être authentifiée indépendamment" a-t-il ajouté

L’expression, "qui n’a pas pu être authentifiée indépendamment", est devenue l’estampille de la couverture médiatique des 14 mois de conflit en Syrie. Avant que l’envoyé spécial de l’ONU, Kofi Annan, ait apporté son plan de paix au pays arabe en difficulté, le gouvernement syrien renâclait à ouvrir ses frontières à la plupart des journalistes internationaux.

Mais aujourd’hui encore, la majeure partie de l’information provient de gens qui disent être des militants de l’opposition par le biais de vidéos amateurs mises sur Youtube ou de témoignages.

On a parfois l’impression que le mantra "ne peut pas être authentifié indépendamment" sert de prétexte à la publication d’informations qui n’auraient jamais aucune chance de pouvoir être authentifiée.

Pour consulter l’original :

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Traduction : Dominique Muselet pour LGS


Par ailleurs, ...

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La communauté internationale s’est naturellement émue du massacre de Houla, en Syrie, qui a couté la vie à 108 personnes dont des enfants. L’ancien Secrétaire général de l’ONU, Koffi Annan s’est rendu dans le pays pour exprimer « son horreur » et a rencontré le Président Bachar el-Assad. Au même moment, des massacres de plus grande ampleur se déroulaient dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Des civils achevés pour la plupart à l’arme blanche dans le silence assourdissant des capitales occidentales. La crise du Congo, qui dure depuis 16 ans, avec un terrible bilan de six millions de morts, est sûrement l’illustration la plus tragique de la politique internationale du « deux poids deux mesures ».

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L’Est du Congo est, en effet, actuellement en proie aux violences depuis la tentative ratée de capturer le criminel de guerre Bosco Ntaganda. Cet officier tutsi, né au Rwanda mais revendiquant la nationalité congolaise, croule sous plusieurs chefs d’accusation. Des crimes de guerre et crimes contre l’humanité qui lui vaut d’être sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par la Cour Pénale Internationale.

Soucieux de redorer son image assombrie par lesmagouilles électorales de novembre 2011, le Président Joseph Kabila a entrepris de le capturer alors qu’il jouissait depuis toujours d’une totale impunité. Il avait même été promu général et placé à la tête des unités de l’armée nationale engagées dans les opérations au Kivu. Mais les temps changent et lorsqu’on a les mains à ce point couvertes de sang, personne n’est en mesure de vous garantir l’impunité. Ce qui devait arriver est donc arrivé. Sauf que l’opération de capture a été tellement mal préparée que l’individu a eu le temps de fuir. Depuis, il parcourt les maquis pour réactiver les miliciens tutsis avec le soutien du Rwanda, provoquant la réaction d’autres groupes armés dont les tristement célèbres FDLR impliqués dans les récents massacres.

Ces rebelles hutus rwandais avaient longtemps bénéficié d’un regard bienveillant de la part des populations congolaises martyrisées par les agressions militaires menées au Congo par le régime rwandais de Paul Kagamé. Mais la mentalité « barbare », dont ils n’ont jamais réussi à se départir, et qu’ils ont « exportée » au Congo, a fini par lasser la population qui ne supporte plus leur présence sur le sol congolais.

Une force internationale est pourtant déployée au Congo sous l’égide de l’ONU. Des casques bleus malheureusement incapables de se faire respecter par les belligérants. Les groupes armés qui errent dans la région se livrent aux exactions contre des civils parfois en leur présence. En novembre 2008, lorsque la miliceCNDP, dirigée par les généraux Laurent Nkunda et, justement, Bosco Ntaganda, lance une attaque sur la route de Goma, elle détruit deux blindés estampillés « Nations Unis », blesse plusieurs casques bleus et massacre 140 civils dans la localité de Kiwanja à quelques dizaines de mètres d’un campement des casques bleus indiens. En juillet 2010, des miliciens hutus investissent la localité de Luvungi et violent pendant quatre jours de suite toutes les 303 femmes et filles que comptait le village.

Cette mission de l’ONU coûte chaque année plus d’un milliard de dollars aux contribuables des pays riches, qui, en ce temps de crise, devraient logiquement s’interroger sur son utilité. C’est la mission onusienne la plus coûteuse et probablement l’une des plus inefficaces. Comparée à d’autres missions internationales, en termes de coût et d’efficacité, on admet que la MONUSCO mérite largement les critiques qui lui sont régulièrement adressées.

En Libye, le contribuable français a payé « seulement » 300 millions d’euros pour mettre fin au régime de Mouammar Kadhafi. L’opération a duré à peine huit mois. En République Démocratique du Congo, la mission onusienne dure depuis onze ans en engloutissant des sommes faramineuses pour entretenir une force qui assiste quasiment les bras croisés au massacre. Une passivité, hélas, destinée à durer aussi longtemps que la communauté internationale ne se sera pas penchée sur les principaux facteurs de la crise du Congo que sont le Rwanda et l’exploitation anarchique des richesses minières.

Sur le Rwanda, en effet, depuis l’arrivée de Paul Kagamé au pouvoir en 1994 (d’abord comme vice-Président, puis comme Président), c’est un régime dur et intransigeant qui sévit dans ce pays, condamnant une partie de sa population à l’exil. Il n’y a pas véritablement d’opposition et la presse se trouve dans un tél état de soumission au pouvoir qu’un débat libre sur un possible règlement pacifique de la rébellion hutue est inenvisageable. On estime qu’en concédant quelques assouplissements, le régime de Kigali pourrait contribuer de manière décisive au règlement de la crise du Congo. Seulement voilà ! Les grandes puissances, coupables d’inaction pendant le génocide de 1994, n’osent rien exiger au dirigeant rwandais.

L’autre démarche pouvant contribuer à régler durablement la crise du Congo serait la mise sous contrôle internationale de ses gisements miniers, en particulier ceux des zones de conflit. Ce pays regorge d’immenses richesses minières (cassitérite, coltan, diamants, or, cuivre, cobalt, zinc, manganèse,…) dont les réserves sont estimées à plus de 24 mille milliards de dollars. Ces richesses, qui auraient dû procurer un bonheur incomparable aux Congolais, sont paradoxalement, la source de tous leurs malheurs. Leur exploitation anarchique ou sous des contrats opaques s’opère au prix d’exactions contre les habitants à qui ne restent que des miettes.

Des groupes armés, soutenus par les pays de la région, s’emparent de secteurs miniers qu’ils exploitent en infligeant des souffrances inouïes aux habitants (massacres, assassinats, viol, travaux forcés, enrôlement d’enfants,…). Penser seulement que les auteurs de récents massacres sévissent sur une région considérée comme étant la plus grande réserve mondiale de coltan (80 % des réserves mondiales). Un métal extrêmement précieux dans la fabrication des téléphones portables et autres appareils électroniques. Penser aussi à l’immense réserve de pétrole récemment découverte dans la même région et dont l’exploitation annoncée fait craindre de nouveaux conflits.

En plaçant ces gisements sous le contrôle d’un organisme international, au besoin par la force, on priverait ces groupes armés des moyens qu’ils se procurent grâce au trafic des minerais du sang.

Mais rien de tout cela n’est entrepris, et le massacre continue.

En tout cas, sans une mobilisation internationale de grande ampleur, comme cela est le cas autour de la crise syrienne, l’issue à la tragédie du Congo n’est pas pour demain.  

Boniface MUSAVULI


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31/05/2012

Rue 89 (entendez le Nouvel Obs') s'attaque à Oulala ...

" Législatives : une tache rouge-brune dans la campagne du Front de Gauche " (sic)

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Ornella Guyet | Journaliste

René Balme, investi dans le Rhône par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, anime le site Oulala.net, à la ligne complotiste et aux contenus nauséabonds.

motus.jpg René Balme (Rene-Balme.org)

Dans la onzième circonscription du Rhône, le Front de Gauche présente aux législatives René Balme, maire de Grigny, très implanté localement. Pourtant, l’examen attentif d’un des sites web qu’il anime (et qui est très fréquenté) pose question quant à certaines de ses orientations politiques : on y trouve en effet des textes dont le contenu paraît pour le moins très éloigné des valeurs qu’entend défendre le Front de Jean-Luc Mélenchon.

Côté pile, René Balme est maire de Grigny dans le Rhône. Ancien militant CGT et PCF (qu’il a quitté en 1997), il a rallié le Parti de Gauche en 2009.

Côté face, René Balme est le fondateur et l’animateur depuis 2001 deOulala.net(à l’origine sous le pseudonyme de Gilles Lestrade), un site marqué par sa ligne éditoriale complotiste, sur lequel on retrouve nombre d’écrits dignes de l’extrême droite la plus crasse et pour lequel Balme revendique de 8 000 à 10 000 visiteurs par jour.

Obsession antisioniste

On y trouve par exemple des textes comme « Dire aux juifs leurs quatre vérités » écrit par l’auteur britannique Paul Eisen qui s’est illustré par des propos à connotation négationniste.

Dans la même veine, on peut aussi y lire des interviews ou des renvois vers des textes d’autres auteurs antisionistes, comme Israel Shamir ou Gilad Atzmon, qui sont considérés par la plupart des défenseurs sincères de la cause palestinienne comme des imposteurs qui salissent cette cause avec leur obsession confinant à l’antisémitisme.

En France, l’Union juive française pour la paix (UJFP) a également condamné à plusieurs reprises les écrits de Atzmon, de même que récemment le journaliste du Monde diplomatique Dominique Vidal qui les a qualifiés de « prose digne du Völkischer Beobachter » (le journal officiel du parti nazi). Nombre de ces écrits sont traduits par Marcel Charbonnier, relais habituel de ces auteurs en langue française.

Homophobie et éloge de dictatures

On peut également y lire un texte à relents homophobes, « L’homosexualisme, cette idéologisation de l’intimité… », qui a pour auteur un certain Camille Loty de Malebranche, qui se présente comme un philosophe et est un habitué des colonnes de Oulala.net. Le terme « homosexualisme » n’apparaît ailleurs sur le Net que dans des publications relevant du traditionalisme chrétien et de l’extrême droite.

Mieux : un autre des habitués du site de René Balme, Serge Uleski, a publié le 12 février 2011 un article faisant la promotion d’un livre d’Alain Soral, puis le 28 avril 2012 du dernier film de Dieudonné, « L’Antisémite », réalisé avec des fonds iraniens. Rappelons que suite aux révélations du site Opération Poulpe, le Front de Gauche a désinvesti il y a quelques mois Philippe Marx, qui était candidat dans la région de Villerupt (Meurthe-et-Moselle), pour des faits similaires.

Les thèses conspirationnistes sont également à leurs aises sur Oulala.net. Les exemples sont légion. On y trouve :

Une ode à l’Iran

Les médias et télévisions de régimes dictatoriaux ou ayant des dérives autoritaires sont chez eux sur Oulala.net, qui relaie Russia Today, l’Irib (Iran), etc.

René Balme s’est inspiré de la télévision vénézuélienne Vive TV pour créer Vivé (pour « vidéo-vérité »), « école internationale de vidéo et de TV participative » après un voyage en 2006 au pays d’Hugo Chavez.

Parmi les défenseurs des dictatures, on trouve l’Algérien Chems Eddine Chitour, professeur à l’école polytechnique d’Alger et auteur notamment d’un article intitulé « Le développement technologique de l’Iran, un résistant contre le nouvel ordre mondial ». Ailleurs, le même dénonce « les puissants lobbies juifs dont le pouvoir repose sur l’argent, les médias et l’intelligence » sur le site « national-révolutionnaire » VoxNR de Christian Bouchet (FN).

Une longue interview de Thierry Meyssan

Une visite sur le blog personnel du maire de Grigny nous apprend en outre qu’en 2007 il a longuement interviewé Thierry Meyssan pour sa webTV Vivé, tandis que que le 30 mai 2011, sous couvert d’anti-impérialisme, il nous conseillait la lecture d’un « excellent article » de Thierry Meyssan paru sur le site du Réseau Voltaire expliquant que l’affaire du Sofitel de New York est un complot américain contre DSK.

Le même jour dans le même article, M. Balme invite à approfondir le sujet de la main-mise américaine sur l’économie mondiale au travers d’un article issu du site Mecanopolis, une officine suisse liée au Réseau Voltaire et classée à l’extrême droite du champ politique.

Bien entendu, Mecanopolis est également relayé sur Oulala.net, notamment au travers du « rapport sur le mondialisme » de Pierre Hillard, un catholique intégriste et théoricien français du « nouvel ordre mondial ».

Dans ces conditions, comment s’étonner de ce que René Balme ait invité, à la dernière édition du salon du livre alternatif qu’il a organisé dans sa commune, un des animateurs du site rouge-brun LeGrandSoir.info, Maxime Vivas ?

Les explications de René Balme

Interrogé, René Balme indique que Oulala.net est géré par « un collectif très ouvert » et que les gens qui le composent « peuvent donner leur sentiment, des conseils de lecture » sur le site, dont tous les articles sont relus.

« Tout peut être publié à condition que ça puisse être débattu, les forums sont là pour ça. » Avec une limite : « La règle, c’est pas de propos racistes, antisémites ni d’injures. »

A propos de la présence sur ce site d’articles invitant à la lecture du dernier Soral ou au visionnage du dernier Dieudonné, il esquive :

« Ce sont les contributeurs qui doivent assumer leurs écrits. C’est comme sur les blogs de Rue89 : tous les blogs de Rue89 ne respectent pas forcément la ligne éditoriale du site. Ça fait partie de la liberté d’expression, ça ne veut pas dire qu’on cautionne. On a pour politique de ne retirer aucun article publié. »

Et René Balme précise :

« Oulala.net est un site qui n’a rien à voir avec le candidat René Balme, je n’en suis que l’administrateur. »

Quid alors de la présence sur son blog personnel d’une interview de Thierry Meyssan et d’un texte citant complaisamment Mecanopolis ?

« Thierry Meyssan a le droit de s’exprimer. Ses analyses permettent de comprendre des choses et de comprendre le monde et il est le seul à les dire. Je vais chercher des infos chez lui, ça ne veut pas dire que je partage ses idées.

Je ne connais pas très bien Mecanopolis, mais ça, c’est le microcosme médiatique français qui a décidé de donner des étiquettes à tout le monde. Quand j’y trouve une analyse que je veux partager, ça ne veut pas dire que j’y souscris entièrement. Je ne veux pas rester dans une tour d’ivoire, je suis ouvert sur le monde. Je ne veux pas être enfermé dans telle ou telle catégorie. Parfois, il y a des choses très intéressantes qui doivent être mises sur le devant de la scène. »

Et de conclure :

« J’ai pour habitude d’assumer tout ce que j’ai écrit et fait et je suis un homme de gauche. »

La réponse du Front de Gauche

Sollicité de son côté par le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) pour expliciter son programme, le Front de Gauche déplore« la multiplication des sites internet négationnistes et racistes » et s’engage à poursuivre les « sites qui propagent la haine raciste, l’incitation à la violence contre les personnes et attaquent les militants antiracistes ».

Alexis Corbière, conseiller de Jean-Luc Mélenchon chargé de « la riposte contre l’extrême droite et le Front national » au sein du Front de Gauche nous a confirmé cette orientation : Alain Soral et Dieudonné sont considérés par son organisation comme des « ennemis politiques clairement identifiés » et des « antisémites » et « aucune complaisance » ne saurait être acceptée avec l’extrême droite et ses idées.

Ne connaissant ni René Balme ni son site, il promet que le Front de Gauche et le Parti de Gauche vont se pencher sur son cas dans les semaines à venir afin de déterminer quelles suites il conviendra de donner à cette affaire, après avoir entendu le principal intéressé.


Moi qui consulte et sélectionne très souvent des articles des 2 sites, me voilà le cul entre 2 chaises et qui sait on m'a peut-être déjà balancé un manteau rouge-brun sur les épaules ?

Quand donc la presse se débarrassera t-elle de cette fâcheuse habitude de diaboliser ceux qui  osent penser différemment ? Emettre la plus petite critique au sujet d'Israël et aussitôt, vous voià devenu antisémite ! C'est la politique du noir ou blanc, pas de choix intermédiaire et pourtant le gris existe bien. Vive la pensée unique !  Cela promet de beaux jours ...

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Comme disait Coluche, " avancez, y' en aura pour tout le monde ! " 

N.B. suite à la réaction d'un de mes lecteurs, je tiens à préciser que lorsque je mets un article en ligne, cela ne signifie nullement que je partage sans réserves l'opinion de son auteur mais que je trouve utile qu'il soit lu ne serait-ce que pour désapprouver. Il faut savoir ce que " les autres " disent pour se forger une opinion en toute liberté.

Ne vous trompez pas sur mes intentions ! 

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< Les iconoclasteries de Mickey >

Montage éléphant rose mickey.jpg

Oh non, alors : même avec une très mauvaise vue, qui s’y tromperait, hein ? Pour ma part, je tiens à préciser que lorsque je pêche à la ligne un article de Simone, cela ne signifie nullement que je partage sans réserve le poisson avec elle (surtout après qu’elle m’aie saturé de bouffe pour chats !) mais que je trouve agréable de dédramatiser ne serait-ce que pour dégobiller. D’où l’expression : « joindre l’utile à l’agréable ».


Qu'est-ce que Mickey a bu pour voir des éléphants roses ? ...

Il est vrai qu'il fallait faire passer cette bouffe-pour-chats !

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