Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

12/09/2012

L'austérité mène au désastre.

Bandeau Le Monde Economie Stiglitz.jpg

joseph-e-stiglitz.jpg


Joseph Stiglitz, 67 ans,
Prix Nobel d'économie en 2001, ex-conseiller économique du président Bill Clinton (1995-1997) et ex-chef économiste de la Banque mondiale (1997-2000), est connu pour ses positions critiques sur les grandes institutions financières internationales, la pensée unique sur la mondialisation et le monétarisme. Il livre au Monde son analyse de la crise de l'euro.

Vous avez récemment dit que l'euro n'avait pas d'avenir sans réforme majeure. Qu'entendez-vous par là ?

L'Europe va dans la mauvaise direction. En adoptant la monnaie unique, les pays membres de la zone euro ont renoncé à deux instruments de politiqueéconomique : le taux de change et les taux d'intérêt. Il fallait donc trouverautre chose qui leur permette de s'adapter à la conjoncture si nécessaire. D'autant que Bruxelles n'a pas été assez loin en matière de régulation des marchés, jugeant que ces derniers étaient omnipotents. Mais l'Union européenne (UE) n'a rien prévu dans ce sens.

Et aujourd'hui, elle veut un plan coordonné d'austérité. Si elle continue dans cette voie-là, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années 1930, que ce n'est pas ce qu'il faut faire.

Que devrait faire l'Europe ?

Il y a plusieurs possibilités. Elle pourrait par exemple créer un fonds de solidarité pour la stabilité, comme elle a créé un fonds de solidarité pour les nouveaux entrants. Ce fonds, qui serait alimenté dans des temps économiques plus cléments, permettrait d'aider les pays qui ont des problèmes quand ceux-ci surgissent.

L'Europe a besoin de solidarité, d'empathie. Pas d'une austérité qui va faire bondir le chômage et amener la dépression. Aux Etats-Unis, quand un Etat est en difficulté, tous les autres se sentent concernés. Nous sommes tous dans le même bateau. C'est d'abord et avant tout le manque de solidarité qui menace la viabilité du projet européen.

Vous prônez une sorte de fédéralisme ?

Oui. De cohésion. Le problème, c'est que les Etats membres de l'UE n'ont pas tous les mêmes croyances en termes de théorie économique. Nicolas Sarkozy a eu raison de faire pression sur (la chancelière allemande) Angela Merkel pour la forcer à payer pour la Grèce. Nombreux sont ceux qui, enAllemagne, s'en remettent totalement aux marchés. Dans leur logique, les pays qui vont mal sont responsables et doivent donc se débrouiller.

Ce n'est pas le cas ?

Non. Le déficit structurel grec est inférieur à 4 %. Bien sûr, le gouvernement précédent, aidé par Goldman Sachs, a sa part de responsabilité. Mais c'est d'abord et avant tout la crise mondiale, la conjoncture, qui a provoqué cette situation.

Quant à l'Espagne, elle était excédentaire avant la crise et ne peut être accusée d'avoir manqué de discipline. Bien sûr, l'Espagne aurait dû être plus prudente et empêcher la formation de la bulle immobilière. Mais, en quelque sorte, c'est l'euro qui a permis ça, en lui procurant des taux d'intérêt plus bas que ceux auxquels Madrid aurait eu accès sans la monnaie unique. Aujourd'hui, ces pays ne s'en sortiront que si la croissance européenne revient. C'est pour cela qu'il faut soutenir l'économie en investissant et non en la bridant par des plans de rigueur.

La baisse de l'euro serait donc une bonne chose ?

C'est la meilleure chose qui puisse arriver à l'Europe. C'est à la France, et plus encore à l'Allemagne qu'elle profitera le plus. Mais la Grèce et l'Espagne, pour qui le tourisme est une source de revenus importante, en seront également bénéficiaires.

Mme Merkel, pourtant, sait que la solidarité peut être importante. Sans cela, il n'y aurait pas eu de réunification allemande.

Oui. Mais, justement, il a fallu plus de dix ans à l'Allemagne pour absorber la réunification. Et d'une certaine manière, je pense que les ex-Allemands de l'Ouest estiment qu'ils ont déjà payé un prix élevé pour la solidarité européenne.

Pensez-vous que la viabilité de l'euro soit menacée ? 

J'espère que non. Il est tout à fait possible d'éviter que la monnaie unique ne périclite. Mais si on continue comme ça, rien n'est exclu. Même si je pense que le scénario le plus probable est celui du défaut de paiement. Le taux de chômage des jeunes en Grèce s'approche de 30 %. En Espagne, il dépasse 44 %. Imaginez les émeutes s'il monte à 50 % ou 60 %. Il y a un moment où Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s'il a intérêt à poursuivre le plan que lui ont imposé le Fonds monétaireinternational (FMI) et Bruxelles. Et s'il n'a pas intérêt à redevenir maître de sa politique monétaire.

Rappelez-vous ce qui s'est passé en Argentine. Le peso était attaché au dollar par un taux de change fixe. On pensait que Buenos Aires ne romprait pas le lien, que le coût en serait trop important. Les Argentins l'ont fait, ils ont dévalué, ça a été le chaos comme prévu. Mais, en fin de compte, ils en ont largement profité. Depuis six ans, l'Argentine croît à un rythme de 8,5 % par an. Et aujourd'hui, nombreux sont ceux qui pensent qu'elle a eu raison.

Propos recueillis par Virginie Malingre (Le Monde)

10:47 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

11/09/2012

Loup y es t'y ? ...

 

Bandeau le yéti hollande sur tf1.jpg

Socialisme antisocial

S’il a évoqué les fameux 30 milliards d’économies prévues sur 2013 pour revenir à un déficit budgétaire maxi de 3%, c’est pour en épargner les revenus du capital et pour limiter dans le temps (deux ans maxi) la fameuse fiscalisation des riches à 75 %.

Combien parie-t-on que ce déficit maxi de 3% ne sera même pas tenu ? Personne ne le tient malgré des engagements mains sur le cœur. Ni les Grecs, ni les Espagnols, ni les Portugais... Rincés qu’ils sont tous. Et que nous serons.

Voulez-vous savoir ce que vont devenir les quelques 30 milliards d’économies du sieur Hollande ? Ils vont aller servilement« monétiser » les créanciers et les banques en déroute. L’économie réelle, elle, attendra. Les déficits continueront à galoper allègrement. Et le social ne sera pas vraiment la priorité du socialiste Hollande.

Finalement, les propos de notre président « utilitaire » par défaut ne sont pas si sympathiques. Et le personnage qui les tient, beaucoup moins patelin et « normal » qu’il voudrait nous le faire croire.



Mélenchon redoute un "enlisement" par Europe1fr

07:28 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

06/09/2012

Fessenheim !!!

Bandeau rue89 nouvelobs incident fesseinheim.jpg

fessenheim.jpg

La centrale nucléaire de Fessenheim (Photo Wikimedia Commons / CC)

Alors qu’une délégation d’associations demandant la fermeture de la centrale de Fessenheim était à Paris, une fuite de vapeur a blessé mercredi après-midi au moins deux employés au cours d’une opération de maintenance. Un nouvel incident à ajouter sur la liste, déjà longue, des dysfonctionnements de cette centrale nucléaire, la plus vieille de France.

 

Jean-Marie Brom, physicien, Jean-Jacques Rettig de l’association pour la sauvegarde de la plaine du Rhin et André Hatz du collectif Stop Fessenheim étaient reçus ce mercredi à 15h par un conseiller technique de la ministre de l’écologie, Delphine Batho. Ils avaient été invités à la suite d’une lettre dans laquelle ils listaient les problèmes de sécurité qui pèsent selon eux sur la centrale nucléaire de Fessenheim.

Au même moment, les faits ont décidé de s’inviter dans la réunion. Lors d’une opération de maintenance sur le réacteur n°1 de la centrale, une fuite de vapeur d’eau oxygénée s’est produite, blessant aux mains deux employés d’EDF et plus légèrement six autres. Les pompiers ont dans un premier temps fait état de plusieurs blessés et d’un départ de feu mais EDF, dans un communiqué, assure qu’il n’y a pas eu d’incendie et qu’aucune des neuf personnes présentes n’est blessée. Pour l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), « cet incident est sans enjeu de sûreté ».

La centrale de Fessenheim a été inaugurée en 1977, elle est la plus ancienne de France. Elle doit être fermée d’ici 2017 selon un engagement de François Hollande lors de la campagne de l’élection présidentielle. Mais pour les écologistes et les militants locaux, pas question d’attendre cette date, comme l’explique André Hatz :

« Nous avons listé tous les risques qui pèsent sur cette centrale et ils sont trop nombreux ! Il y a les risques due à la production d’électricité nucléaire et les risques liées à sa situation, sur une faille sismique, en contrebas d’un canal, et ceux liés à sa vétusté. Ainsi l’acier de ses réacteurs s’est durci avec le temps, il est devenu beaucoup plus cassant qu’avant. Lors de notre réunion au ministère de l’écologie, nous avons précisé que nous avons fait le constat que cette centrale est hyper dangereuse, c’est elle qui a eu à déplorer le plus d’incidents jusqu’à encore aujourd’hui ! Il est impensable d’avoir à investir des millions dans cette centrale pour continuer jusqu’en 2017. »

20 millions d’euros, pour cinq ans

Installée au bord du Rhin, la centrale de Fessenheim comprend deux réacteurs de 900 mégawatts. EDF a confirmé vouloir investir 20 millions d’euros pour se conformer aux obligations de sécurité de l’ASN.

Pour Jean-Marie Brom, physicien et membre du réseau Halte au nucléaire, le problème est plus profond :

« Je suppose que les choses se sont passées ainsi : au moment du nettoyage d’un réservoir, avec du péroxyde d’hydrogène, il y a eu une réaction à l’eau. Cela semble malheureusement trop normal. Depuis le redémarrage du réacteur numéro le 8 mars, après l’arrêt de tranche décennal, il y a eu 23 incidents, ce qui traduit un défaut de culture de sûreté. Ce n’est pas seulement le matériel qui a vieilli mais les gens. »

Thierry Charles, directeur général adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), interrogé par Le Monde, a une explication :

« Au cours de l’opération de préparation des produits, une réaction chimique s’est produite dans le bidon, qui a entraîné de la vapeur et une projection de liquide. Il faut bien sûr comprendre pourquoi l’eau oxygénée, produit corrosif et oxydant puissant, a réagi comme cela dans le bidon de préparation. Mais il suffit d’une impureté, qu’un produit gras traîne dans le bidon pour que l’eau oxygénée se décompose et produise du gaz et de la chaleur. D’un point de vue nucléaire, c’est un non-événement ».

Alain Jund et Jacques Fernique, élus d’Europe-Ecologie Les Verts en Alsace, demandent qu’un « calendrier de fermeture rapide » soit établi :

« Nous attendons un programme ambitieux pour une politique nationale et régionale de transition énergétique qui nous permettent notamment de tenir nos engagements internationaux. »

De son côté, le député François de Rugy, co-président du groupe Europe Ecologie-Les Verts, a demandé qu’une « commission d’enquête parlementaire » soit établie car « c’est la garantie que tous les points de vue seront représentés ».

Avec Sophie Verney-Caillat (Rue89)

Ne pas remettre au lendemain ce que l'on peut faire le jour même ne semble pas être la règle d'or de François Hollande surnommé par certains " Monsieur Tergiversation " - Pourtant la catastrophe japonaise était lourde d'enseignement mais comme d'habitude, nous sommes plus malins que tout le monde ! Ca n'arrive qu'aux autres ... Encore et toujours les lobbies qui font en France la pluie et le beau temps. C'est exécrable ! GOUVERNER, C'EST PREVOIR. On n'apprend pas ça à l'ENA ?

07:35 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

23/08/2012

Ce qu'il en pense et les nouvelles mesures prises.

Bandeau le blog de NDA Roms.jpg

3138593841.jpgPar Nicolas Dupont-Aignan le mercredi, août 22 2012, 23:34 - Lien permanent

La polémique autour de l’évacuation de campements roms continue de focaliser tous les regards. Elle illustre surtout, jusqu’à la caricature, l’hypocrisie des uns, l’angélisme des autres et l’absurdité d’un système européen qui, une fois de plus, est le problème et non la solution.

Il y a deux ans, un président agité faisait semblant de sévir, organisant des expulsions justifiées mais vaines en l’absence du rétablissement des contrôles à nos frontières. Cette fausse fermeté n’en avait pas moins valu à notre pays une mise à l’index humiliante d’une Commissaire luxembourgeoise, Viviane Reding, s’indignant de ce que la France n’accueille pas à bras ouverts les centaines de milliers de Roms de Roumanie et de Bulgarie (il n'existe aucun chiffre officiel fiable !) – des populations déshéritées et marginalisées de longue date – au nom de la liberté de circulation. Bien sûr, le PS ne manquait pas alors d’hurler avec les loups…

Aujourd’hui, avec le retour de la gauche au pouvoir, on passe brutalement de la fausse fermeté au vrai laxisme, l’éternel laxisme d’une gauche irresponsable, caviardisée et moralisatrice. Car comment appeler autrement cette fausse générosité, qui conduit, en favorisant la venue et l’installation de populations roms, à accabler nos concitoyens de nouveaux problèmes au lieu de les en protéger ? Mendicité agressive, vols en tout genre (de métaux, à la tire, cambriolages,…), exploitation d’enfants, occupation sauvage de terrains et création de bidonvilles insalubres, constitution de réseaux mafieux, travail au noir massif… la liste - non-exhaustive - des désordres publics provoqués par une partie de cette immigration non-maîtrisée n’est sérieusement contestée par personne. Pauvre Manuel Valls, qui avait jusqu’à présent fait preuve d’une courageuse fermeté face aux bonnes âmes de la gauche !

Mais ce laxisme fera au moins une heureuse : aujourd’hui, Viviane Reding ne menace plus la France d’excommunication, elle applaudit au contraire des deux mains le bon élève socialiste qui s’apprête à mettre en œuvre ses « recommandations ». Et quelles recommandations ! Dans une tribune passée inaperçue au cœur de l’été (et que vous pouvez découvrir ci-dessous à la fin de ce billet de blog), la Commissaire politique bruxelloise se réjouit ainsi de ce que les autorités françaises seraient en passe de créer des « villages d’insertions », qui risquent fort de ressembler aux ghettos existants en Roumanie (lesquels n’ont permis, on s’en doute, aucune insertion des roms au reste de la population). Parions qu’elle ne désavouera pas non plus le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui a annoncé aujourd’hui son intention de lever les restrictions professionnelles pesant sur les ressortissants roumains et bulgares - et non sur les roms comme l’insinuent mensongèrement certains – afin de « faciliter leur insertion professionnelle ». Pas plus que la facilitation d’accès à l’Aide Médicale d’Etat, cette prise en charge sanitaire totale et gratuite des clandestins présents sur notre sol… Et, au cas où on en douterait, Madame Reding prévient qu’elle continuera malgré tout à surveiller la France, histoire bien sûr de lui faire la leçon et de l’envoyer au piquet !

Face aux dictats de Bruxelles, la ministre du Logement s’est empressée d’en rajouter des tonnes, exhortant les communes à faire bon accueil aux projets européens et associatifs favorisant cette « insertion ». Elue de Paris, où se concentre une part importante des Roms présents en France (faut-il le lui rappeler), Madame Duflot aura sans doute à cœur d’obtenir des édiles parisiens la création de structures adaptées dans sa circonscription, et de montrer ainsi l’exemple qu’elle réclame pour les autres élus de la République ?

De même, on pourra sans doute compter sur Madame Reding pour se mobiliser en faveur de l’installation, à Bruxelles, de populations roms déshéritées – avenue de la Loi par exemple ? Et pourquoi pas à Luxembourg, sa patrie cousue d’un or mal acquis grâce à la fraude fiscale chez ses voisins ? Enfin, on pourra aussi lui faire confiance pour que chaque pays de l’UE accueille son quota de Roms et que ses services publient annuellement, en toute transparence, un bilan de cette politique européenne d’accueil ?

Les élites françaises, droite et gauche confondues, ont tort de se coucher devant une soi-disant "Europe" qui crée des problèmes insolubles dans les pays membres et pousse à des prétendues solutions qui ne font en réalité qu’accroître son propre pouvoir au détriment des populations. On le voit déjà sur le dossier monétaire, où la prosternation devant un fétiche euro réclamant de plus en plus de sacrifices risque de précipiter les nations dans le chaos et la ruine. Il en va de même sur la question de la libre circulation : celle-ci ne peut exister qu’à la double condition d’une homogénéité interne suffisante et de frontières extérieures réellement maîtrisées. Ni l’une ni l’autre de ces conditions n’est aujourd’hui réunie, et on ne voit pas comment elles le pourraient à horizon prévisible…

Dans ces conditions, et particulièrement avec l’existence de millions de Roms en Europe de l’Est qui n’attendent qu’un signal pour se ruer massivement à l’ouest, au risque de désordres sans précédent, la seule solution de bon sens demeure le rétablissement des contrôles à nos frontières et… la mise au chômage de Madame Reding, qui saura se reconvertir n’ayons crainte !

!!!!Tribune dans Libération : L’intégration des Roms mise à l’épreuve Par VIVIANE REDING Vice-présidente de la Commission européenne, en charge de la Justice et des Droits fondamentaux

Il y a deux ans, l’éloignement d’un grand nombre de Roms du territoire français a donné un véritable signal d’alarme pour l’Europe. Ces événements avaient mis en lumière d’importants problèmes : les garanties matérielles et procédurales prévues par la directive européenne sur la libre circulation n’avaient pas été transposées dans le droit français. Par ailleurs, une circulaire ordonnait l’éloignement des Roms et ciblait spécifiquement cette minorité ethnique. La Commission européenne a donc dû intervenir avec détermination en 2010 pour s’assurer que le droit européen serait bien respecté et que les règles européennes seraient transposées en droit français. Pour moi, il faut tirer trois leçons de ces événements.

Premièrement, l’éloignement d’un citoyen d’un Etat membre de l’Union européenne ne peut être arbitraire et doit toujours être le résultat d’un traitement au cas par cas. Le droit à la libre circulation est un droit fondamental, garanti par les traités européens ainsi que la Charte des droits fondamentaux de l’UE. Il est accordé à tous les citoyens européens, quelle que soit leur nationalité ou leur origine. Tout citoyen européen a le droit de se déplacer librement et de résider dans n’importe quel Etat membre de l’Union, pourvu qu’il remplisse les critères définis par la législation européenne. Ce droit ne peut être limité que lorsque ces critères ne sont pas respectés. Bref, chaque citoyen européen doit respecter la loi - mais personne ne devrait être expulsé uniquement parce qu’il est Rom. C’est grâce à l’intervention de la Commission en 2010, en France et ensuite dans plusieurs autres Etats membres, que, en l’espace d’un an, plus de 90% des dossiers ouverts en matière de libre circulation ont pu être résolus. On compte parmi ceux-ci le cas de la France qui, afin d’éviter une procédure d’infraction, a introduit en 2011 dans sa législation nationale les garanties procédurales et matérielles mandatées par la législation européenne.

Selon la nouvelle législation française, toute décision d’éloignement doit donc être écrite et pleinement justifiée - et doit pouvoir faire l’objet d’un recours judiciaire. Concrètement, des expulsions collectives dirigées contre une minorité spécifique ne peuvent avoir lieu. Elles sont explicitement interdites par l’article 19 de la Charte des droits fondamentaux de l’UE.

Deuxièmement, l’intégration des Roms a une dimension européenne. Elle est autant la responsabilité du pays d’accueil que du pays d’origine et nécessite des incitations, de la surveillance ainsi que le soutien des institutions européennes. Les éloignements ressemblent peut-être à une solution facile mais ils ne font que déplacer le problème - ils sont inefficaces, coûteux et dépourvus d’effets durables. Tous les Etats membres doivent intégrer les populations roms, avec l’aide des fonds européens.

Pour encourager et renforcer l’intégration des Roms, la Commission a adopté, en 2011, un Cadre européen pour les stratégies nationales d’intégration des Roms et a fourni à chaque Etat membre des recommandations spécifiques quant à l’intégration des Roms, dans quatre domaines : l’accès à l’éducation, à l’emploi, aux soins de santé et au logement. Pour la Commission, qui a maintenant reçu et évalué les stratégies nationales, ces stratégies constituent une première étape importante et contiennent des projets innovants tels que les engagements pris par la France visant à créer des «villages d’insertions» afin de répondre aux besoins des personnes défavorisées et notamment des Roms, qui vivent dans des campements illégaux. Selon la stratégie française, ce type de projet sera reproduit dans plusieurs localités, y compris à Lille et à Lyon, avec le soutien des fonds européens. Reste à voir ces engagements se concrétiser.

Dernière leçon à tirer : il ne faut en aucun cas que l’intégration des Roms ne se réduise à une anecdote estivale. Il y a 12 millions de Roms en Europe, qui, comme nous, sont chez eux en Europe. Et c’est notre responsabilité de les aider à s’intégrer. Cela requiert des efforts des deux côtés.

Les nouveaux démantèlements des campements roms en France cet été ont servi, encore une fois, à focaliser le débat public sur l’enjeu de l’intégration des Roms en Europe. L’Europe ne dort pas, elle ne prend pas de vacances. Elle reste très vigilante.

Je salue le fait que les autorités françaises se montrent prêtes à coopérer avec la Commission et affirment qu’aucune politique publique ne prendra pour cible un groupe en particulier. Pour sa part, la Commission suivra très attentivement les développements en France, afin de s’assurer que les garanties procédurales et matérielles introduites en 2011 sont correctement appliquées.

En même temps, je tiens à ce que l’engagement des autorités françaises à promouvoir l’intégration des Roms, tel qu’inscrit dans leur stratégie de 2012, ait des répercussions réelles dans la vie quotidienne des Roms. L’établissement des «villages d’insertion» annoncés pour Lille et Lyon représenterait un bon exemple, mais ne doit pas être retardé trop longtemps.

Il nous faut bien plus que des stratégies sur le papier et de beaux discours. L’intégration des Roms doit devenir réalité dès aujourd’hui. Je compte sur les responsables politiques français pour contribuer fortement à la lutte contre ce défi historique.}}''

Roms.jpg

Bandeau Le Monde Politique gouvernement assouplit Roms.jpg

08:15 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)