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30/12/2012

Pas de tournant, pas de ligne droite : " quand c'est flou, y' a un loup " ...

L'Humanité.fr radicalisation.jpg

3363217458.jpg« Tournant » ou pas « tournant » ? Depuis six mois, le gouvernement semble engager une « révolution copernicienne » qui tourne le dos à une réelle politique de gauche. Un cap social-libéral qui s’aggrave avec le temps, trouvant son origine dans les contradictions du programme de François Hollande. Pour le politologue Rémi Lefebvre : "La radicalisation à gauche du pouvoir se fera par réalisme, pas par idéologie".

 

Huit mois après son accession au pouvoir, y a-t-il chez François Hollande un hollandisme qui 
lui serait propre, ou la définition de sa politique doit-elle emprunter d’autres références ?

Rémi Lefebvre. S’il y a un hollandisme, c’est un pragmatisme, il n’est pas un idéologue – il n’a d’ailleurs pas de texte fondateur, alors qu’il a été à la tête du PS durant plus de dix ans. Il y a chez lui une forme de syncrétisme, 
de synthèse d’éléments disparates qui empruntent tout autant 
à Chevènement qu’à la deuxième gauche, voire à la première, doublé d’un côté radical-socialiste, 
et incontestablement social-libéral sur le plan économique. Son obsession du point d’équilibre choque beaucoup à gauche car, 
en huit mois, il n’y a eu aucune réelle rupture, seulement 
des inflexions sur le plan économique de prime abord. 
Or la tradition d’un gouvernement de gauche au pouvoir, c’est 
de marquer des ruptures.

Même sur le sociétal, le mariage 
pour tous n’est pas sa conviction selon vous ?

Rémi Lefebvre. Je crois qu’il n’a pas 
d’idées très arrêtées sur un certain nombre de sujets, mais qu’il cherche à apaiser la société, 
en vraie rupture, là, avec le mandat d’hystérisation de la société 
qui fut celui de Sarkozy. Il a 
une approche non idéologique 
des questions, veut passer des réformes dans une espèce d’harmonie. Avec le risque 
de déplaire à tout le monde ; 
on le voit quand il entend rester 
au milieu du gué concernant 
la procréation médicalement assistée (PMA). Hollande incarne en somme une gauche complexée, on l’a vu à propos de Depardieu par exemple, face à une droite décomplexée. Il est pris entre des injonctions contradictoires, alors que, sur ces thèmes, il n’a aucune excuse pour ne pas agir, contrairement aux questions sociales où la crise, le critère 
des 3 % de déficit, permet 
une rhétorique des contraintes.

Comparé au programme sur lequel il a été élu, assiste-t-on à différents reculs ?

Rémi Lefebvre. Sans doute le pacte de compétitivité et la thématique du coût du travail, absolument pas inscrits à son programme, marqueront-ils un vrai tournant 
du mandat. Tournant qui correspond à ses aspirations profondes : dès la fin des années 1980, quand il enseignait à Sciences-Po avec Pierre Moscovici, c’était un social-libéral assumé. Il ne croit globalement pas à l’économie administrée, il est pour une politique de l’offre. Ce fut subtilement 
mis en suspens durant la campagne, où il insista au contraire sur 
des marqueurs de gauche, comme la tranche de l’impôt sur le revenu à 75 % qui a joué un rôle très important dans sa victoire, 
en donnant l’illusion qu’il pouvait incarner une forme de volontarisme.

Est-il alors social-démocrate ?

Rémi Lefebvre. Je ne crois pas. Dans le modèle allemand ou scandinave, les forces sociales sont très organisées, les forces syndicales capables de peser sur le patronat. Or aujourd’hui, on le voit avec la négociation sur le marché du travail, nous ne sommes pas dans le donnant-donnant social-démocrate qui aurait été de conditionner 
le crédit d’impôt (Cice) du pacte 
de compétitivité à des embauches.

Le centre de gravité ne s’est-il pas déplacé avec des parlementaires 
qui prennent, sur l’amendement 
dit des pigeons ou la PMA, 
le contre-pied de l’Élysée ?

Rémi Lefebvre. C’est encore timide, il y a eu l’appel de la Gauche populaire, des députés qui voulaient conditionner l’octroi du Cice. De jeunes députés, élus de justesse en juin, se sentent concrètement sur un siège éjectable, ceux-là voient bien les risques électoraux de la politique économique menée et tâchent 
de construire un rapport de forces. Le groupe à l’Assemblée est bien tenu 
par Bruno Le Roux, et je suis surpris 
en fait de la domination encore 
très forte de François Hollande 
sur sa majorité, tandis qu’Harlem Désir n’a pas encore construit un leadership critique, dans un rapport dialectique avec l’Élysée. L’horizon du hollandisme est une baisse 
du chômage fin 2013. Si elle n’arrive pas, je n’exclus pas une inflexion 
de Hollande, rappelé par le principe de réalité qui le contraindrait notamment à un rapport de forces différent avec l’Allemagne. 
Sa radicalisation à gauche se fera par réalisme, pas par idéologie.

Entretien réalisé par Lionel Venturini

Noel.jpg

... descend plus facilement dans les cheminées de droite que dans celles de gauche, lesquelles sont fatalement plus étroites. Question d'embonpoint sans doute ? ... Mais face à Depardieu, il n'a pas fait le poids. Exit les 75 % ! Comme d'habitude, c'est nous " les petits, les obscurs, les sans grade " qui paierons. 

 

depardieu.jpg

hollande-rire.jpg

- Euh, eueueu ! ...

10:07 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

25/12/2012

La foire aux apocalypses (en attendant la résurrection de Pâques !)

Apocalypse_modifié-1.jpg« Mais pourquoi donc le 21 décembre 2012 ? Le choix de cette échéance prétendue être celle de la fin du monde par de nombreux gourous est-elle vraiment celle du « calendrier maya » ?

 

À l’origine, il y a les civilisations aztèques et mayas et leurs « prédictions » calendaires retrouvées sur des roches et autres vestiges scripturaux d’antan. Aucune prédiction supposée ne délivre de message strictement apocalyptique, mais certains calendriers divisent l’histoire terrestre en cycles. Interprétés et déformés de nos jours par des courants ésotériques New Age, ces derniers assènent que l’imminence de la fin du monde se profile pour demain et que tout a déjà été écrit... hier. Pourtant, c’est surtout parce que des mayanistes farfelus sont venus contredire des mayanistes de renom qu’est née la date du 21 décembre 2012 comme échéance finale. D’autant que la graphique de la date, exclusivement composée de chiffres « 1 » et « 2 », offre un subtil fumet de numérologie : « 21/12/12 ».
Une invention moderne

« Il n’y a rien dans les prophéties mayas, aztèques ou mésoaméricaines, qui suggère qu’ils prophétisaient un changement soudain ou massif quelconque en 2012 » certifie le mayaniste Mark Van Stone, professeur d’histoire à l’université de Southwestern College (Californie) avant de siffler la fin de la récréation : « La notion d’un « Grand Cycle » arrivant à son terme est une invention purement moderne. » Qu’importe, avec le film 2012 réalisé par Roland Emmerich, un long-métrage inspiré des romans de l’écrivain de science fiction Steve Alten où la fin du monde est prophétisée par les Mayas, la date de la fin du monde a été mondialement popularisée. Ce block-buster américain sorti en salle en 2009 a généré, en 14 semaines d’exploitation planétaire – à l’exception de la Corée du Nord l’ayant interdit – pas moins de 770 millions de dollars d’entrées. En France, il a réalisé l’incroyable score de 4,6 millions d’entrées, auxquelles s’ajoutent un demi-million de copies dvd et blu-ray vendues depuis 2010. Des chiffres qui ne tiennent pas compte du nombre, pléthorique, de téléchargements illégaux mais qui laissent présager de l’incroyable audience de cette fiction et du fort potentiel lucratif de la thématique apocalyptique. « C’est cette fiction qui a popularisé l’idée que la date farfelue du 21 décembre 2012 correspondrait à celle du calendrier maya » explique un associatif anti-sectes depuis le colloque européen de la Fécris (Fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme) à Perpignan.
Combattre la peur

Le plus incroyable dans l’épopée du « 21 décembre 2012 », c’est peut-être la récente découverte archéologique faite au 
Guatemala dont les conclusions ont été publiées en mai dernier dans les revues Science et National Geographic. Ayant découvert le plus ancien calendrier astronomique maya datant du IXe siècle gravé sur une roche du site maya de Xultun – qui compte 56 bâtisses sur une superficie de 31 km2 – l’échéancier cérémonial maya découvert est constitué de comparaisons avec d’autres cycles calendaires. On peut y apercevoir, à condition d’en déchiffrer les glyphes, les uns à côtés des autres, le calendrier solaire de 365 jours, mais aussi le cycle de Vénus de 584 jours et celui de 780 jours de la planète Mars. D’autres calendriers gravés sur la roche étant le fruit de l’observation des cycles lunaires. Ces inscriptions, selon les spécialistes, seraient le travail d’un scribe. « Les anciens Mayas considéraient que le monde continuerait et que dans soixante-dix siècles les choses seraient exactement comme elles l’étaient alors » explique William Saturno, l’un des archéologues ayant participé aux fouilles. « Les Mayas ne recherchaient pas une date de la fin du monde, mais au contraire l’assurance que rien ne changerait » ajoute le chercheur. Un paradigme radicalement différent de celui, apocalyptique, que les déclinologues et autres prophètes de la décadence ne cessent d’asséner tels des mantras. Les Mayas, par leurs observations rationnelles qu’ils conjuguaient à leur cosmogonie, tentaient de combattre la peur, intrinsèque à chaque être humain, de la finitude du monde.

Découvrez l’intégralité de notre dossier dans Golias Magazine n°147

Jean-Baptiste Male

Source : Goli@s-news.fr

 

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- En fait, l'Apocalypse, ce n'est pas ça, mais ça ...

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( Bon ! sur ce, je vais me recoucher, des fois que je rêverais du Paradis ?)


05:45 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

14/12/2012

Sortir de l'Otan (De Gaulle le fit, Hollande nous y maintient)

Mais tant que l’Otan existera, l’Europe restera une vassale des Etats Unis.

Bandeau le Grand Soir dissoudre l'OTAN.jpg

François Jourdier


L’Alliance Atlantique et son bras armé l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, l’Otan, datent de la fin de la deuxième guerre mondiale. Elles avaient été créées pour assurer la sécurité de l’Occident devant la menace que constituait l’Union Soviétique. Depuis l’Union Soviétique a disparu, la Russie ne constitue pas une menace et devrait intégrer à terme l’Europe, même si elle ne fait pas partie de l’Union Européenne et pourtant l’Otan existe toujours. 
’Europe et la France ont elles intérêt à son maintien ? N’empêche-t-il pas la constitution d’une défense européenne digne de ce nom, et n’entraine-t-il pas l’Europe et la France dans des interventions extérieures où elles n’ont pas d’intérêt ?

L’Alliance Atlantique

Alliance défensive, l’Alliance Atlantique a été fondée par le traité de l’Atlantique Nord à Washington, le 4 avril 1949. Créée pour développer la capacité de résister à toute attaque armée, elle s’est également fixée une mission complémentaire de prévention et de gestion des crises qui peuvent porter atteinte à la sécurité européenne. Elle a théoriquement pour objectif de sauvegarder la liberté, l’héritage commun et une civilisation qui déclare se fonder sur les principes de la démocratie, de la liberté individuelle et de l’état de droit comme le stipule son préambule repris de la Charte des Nations-unies.

L’article 5 du traité sur la solidarité entre ses membres en cas d’agression, en est le point primordial. Le traité va finalement être l’élément qui soudera réellement le bloc occidental derrière les États-Unis, installant peu à peu une hégémonie américaine et une vassalisation de l’Europe. L’Alliance Atlantique rassemble vingt-huit nations raccordant l’Europe de l’Ouest à l’Europe de l’Est. Elle dispose d’une organisation militaire intégrée sous commandement américain.

Le Sommet du Cinquantenaire de l’Organisation qui s’est tenu à Washington du 23 au 25 avril 1999 a débattu, entre autres, de la transformation de l’Otan dans le nouveau contexte géopolitique de l’après guerre froide, un débat centré en Europe sur la nature des relations entre l’Union et l’Alliance atlantique. La guerre du Kosovo menée alors, au même moment, a symbolisé le triomphe de la conception anglo-américaine : d’alliance défensive, l’Organisation tend à devenir l’instrument d’interventions offensives et l’Union européenne s’est placée sous sa tutelle.

L’organisation militaire intégrée

L’alliance ayant pour but de protéger l’Europe d’une attaque du bloc soviétique, les européens furent heureux de bénéficier du parapluie américain. Ils l’ont instamment réclamé à l’origine. L’organisation militaire fut donc dominée par l’Amérique qui en exerça les principaux commandements.

Voulant secouer la tutelle américaine et garder l’indépendance de décision, le général de Gaulle décida de constituer une force nucléaire autonome et de quitter le commandement militaire intégré de l’Otan. Le siège de l’Otan quitta Paris pour Bruxelles en 1966 et toutes les infrastructures étrangères quittèrent la France. Celle-ci ne quitta pas pour autant l’Alliance Atlantique et des accords prévoyaient la réintégration des forces armées françaises en cas de conflit ouvert entre les deux blocs. Elle maintint des forces en République fédérale d’Allemagne (RFA). Déjà en 1962, au moment de la crise de Cuba, la France avait montré sa solidarité avec l’Alliance. De fait les forces françaises continuèrent à s’entrainer avec les forces de l’Otan et à s’aligner sur leurs normes, c’est à dire les normes américaines.

Après la chute du mur et la disparition de la menace soviétique, la France participa pour la première fois à une opération de l’Otan dans les Balkans. C’était le début d’une réorientation de l’Otan qui avait perdu son ennemi naturel. Les attentats du 11 septembre lui ont offert un nouveau rôle, la lutte contre le terrorisme. L’islamisme remplace ainsi le communisme comme principale menace du monde libre. En 2009, la France réintègre l’Otan.

Interventions de l’Otan

La chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989, est la date symbolique de la fin de la guerre froide et marque la victoire sans combat de l’Alliance Atlantique sur l’Union Soviétique. La menace ayant disparu on aurait pu penser que l’Alliance, défensive, ou au moins son organisation militaire, allait disparaître. Il n’en a rien été, l’Europe n’ayant pas voulu ou pas pu constituer une défense crédible préféra rester sous le parapluie américain. Certains pays de l’Europe de l’Est, la Hongrie, la Pologne et la République Tchèque choisirent même de la rejoindre, voulant se protéger d’un éventuel retour de la menace russe.

D’une alliance défensive contre un ennemi défini, elle devint une alliance politique dont les objectifs furent peu à peu définis par les Etats-Unis qui assuraient, il est vrai, la plus grande part de la charge. Néanmoins, quand on récapitule les interventions militaires auxquelles l’Otan et ses alliés participèrent on peut se demander si elles servaient vraiment les intérêts de l’Europe et singulièrement de la France.

  • En 1990, si l’intervention était bien cautionnée par l’ONU, ce sont les Etats-Unis qui entrainèrent une coalition de 34 états dans la guerre contre l’Irak de Saddam Hussein pour la défense du Koweit. Le principal mobile de cette guerre était la défense des intérêts pétroliers et économiques des Etats-Unis. En 2003 la France refusera de suivre les Etats-Unis dans la guerre qui éliminera Saddam Hussein. Cette guerre durera jusqu’en décembre 2011 jusqu’au retrait du dernier soldat américain, laissant l’Irak dans le désordre et la violence.
  • Dans les Balkans cela commencera avec l’éclatement de la Yougoslavie. D’abord en Bosnie où en 1995, l’Otan intervient contre les milices Serbes au profit des Bosniaques et des Croates. En 1999, avec l’accord implicite des Nations unies, l’Otan attaque la Serbie pour la contraindre à évacuer la Kosovo où la majorité albanaise est en rébellion, les bombardements durent 70 jours et obligent les forces Serbes à quitter le Kosovo. Le Kosovo est maintenant indépendant, mais la situation n’est toujours pas stabilisée et l’Otan y maintient encore des troupes (KFOR).
  • La guerre d’Afghanistan débute en 2001 à la suite des attentats du 11 septembre, dans le but de capturer Oussama Ben Laden, elle est menée par une coalition réunie par l’Otan et à laquelle le France prend part, sous commandement américain. Peu à peu les buts de la guerre changent : on veut établir un gouvernement démocratique et chasser les taliban. La mort de Ben Laden en mai 2011 n’arrête donc pas les combats. Les Américains transfèrent peu à peu la responsabilité du conflit à l’armée afghane en annonçant leur retrait pour 2014. Il est peu probable que l’Afghanistan y gagne le calme et la démocratie.
  • L’intervention en Libye en 2011, se fit apparemment à l’initiative de la France et de la Grande Bretagne mais fut en fait une intervention de l’Otan : les Etats-Unis assurèrent le succès de l’opération par des frappes initiales détruisant la défense anti aérienne de la Libye et fournissant un soutien en renseignements, en transports aériens, en ravitaillement en vol. Sans les Etats-Unis, quoiqu’on pense par ailleurs du bien-fondé de cette intervention, elle n’aurait pas abouti dans les mêmes conditions.

La question que l’on peut d’abord se poser, c’est de savoir si ces interventions voulues par les Américains et motivées par la défense de leurs intérêts surtout en Irak et en Afghanistan, ont été d’un quelconque bénéfice pour la France et même pour l’Europe. Elles ont en général abouti à la déstabilisation des zones de conflit et à la propagation d’un l’Islam radical.

L’intérêt des Etats-Unis se porte de plus en plus vers l’océan Indien et le Pacifique, faut-il les suivre ? En réalité la défense de l’Europe ne passe pas par-là, nous n’allons pas nous battre pour les Spratleys et les Paracels.

Remarquons de plus que là où il s’agit de défendre les intérêts de la France, actuellement au Mali, l’Otan ne nous est d’aucune aide. Dans l’océan Indien pour lutter contre la piraterie, l’Europe s’est organisée et a mis sur pied l’opérationAtalante à laquelle participe neuf nations européennes, ce qui prouve que, quand on veut on peut.

L’OTAN nous impose les choix d’équipements

L’Otan fonctionne aux normes américaines, ce qui revient à dire qu’elle s’aligne sur les méthodes de combat américaines ce qui est toujours couteux et pas forcément efficace.

On est étonné quand on a connu les méthodes de combat du temps de Bigeard de voir crapahuter des hommes chargés de quarante kilos d’équipement, ce qui oblige à les véhiculer sur des itinéraires obligés et accroit leur vulnérabilité. Mais surtout la conception et les performances de nos matériels sont peu ou prou alignées sur les matériels américains.

Prenons un exemple évident, le Rafale, un avion dit polyvalent supposé bon pour toutes missions. Il s’agit en fait d’un intercepteur bi-sonique adapté à l’assaut et à l’appui au sol. C’est un excellent avion mais fort cher. Pour quelles missions avons-nous besoin d’un intercepteur bi-sonique ? Sommes-nous menacés par des avions de son niveau ? Il ne semble pas et pour faire la police de l’espace aérien français ou même européen, le Mirage 2000 n’était-il pas bien suffisant. D’ailleurs les Suisses sont sur le point de lui préférer le Gripen suédois, mono-réacteur moins performant mais moins cher.

Le Rafale est adapté à l’assaut et à l’appui au sol mais pour ces missions, il n’est nul besoin, bien au contraire, d’un avion bi-sonique si cher qu’on n’ose pas le risquer à basse altitude. Il aurait fallu développer un avion rustique, d’une grande autonomie et capable de grande capacité d’emport en armes, en quelque sorte un successeur de l’A-10 Thunderboldt II américain. Le Rafale de Dassault se trouve de plus confronté à l’Eurofighter Typhoon construit par un consortium européen. Les deux avions européens sont en concurrence, à ce jour Dassault n’a vendu aucun appareil hors de France, le Typhoon étant retenu par l’Autriche et l’Arabie Saoudite.

On constate de plus que la tendance mondiale, y compris en Europe, est d’acheter, pour des raisons souvent politiques, le matériel américain, en l’occurrence le F-35 encore en développement et dont le prix ne cesse d’augmenter. Parmi les acheteurs du F-35 on trouve même des pays européens développant le Typhoon.

Il est donc inutile de vouloir concurrencer un matériel américain fabriqué à des milliers d’exemplaires et qui devient la norme. Mieux vaudrait concevoir à l’échelle de l’Europe des matériels correspondant à nos besoins réels sans chercher à s’aligner sur les Etats Unis. Ajoutons que le Rafale, excellent avion qu’on n’arrive pas à vendre, est une lourde charge dans le budget des armées.

Organiser la défense européenne

Tant qu’il n’y aura pas d’union politique, totale ou partielle, l’organisation d’une défense européenne intégrée n’est pas envisageable. Si l’Otan est dissous il faudra cependant organiser au moindre coût la défense des différentes nations et faire ensemble ce qui peut l’être, en ne comptant plus sur le soutien américain.

Certaines tâches communes peuvent être assumées dès maintenant par l ‘ensemble de l’Union si elles ne dépendent pas de choix politiques, pensons en particulier à la police de l’espace aérien européen qui devrait être organisée globalement sans tenir compte des frontières en regroupant les moyens actuellement dispersés. Cette défense serait centralisée aussi bien pour la surveillance et la police du ciel européen que la gestion des moyens qui lui sont affectés, installations de détection, avions. Déjà la police du ciel des Etats Baltes est assurée par les autres pays.

Il pourrait en être de même pour la surveillance des frontières maritimes où les marines de l’Union seraient compétentes dans l’ensemble des eaux territoriales. Cela nécessiterait évidemment une unification des procédures et une compatibilité des moyens de détection et de transmissions. L’opération Atalante qui regroupe un certain nombre de bateaux de l’Union pour la lutte contre la piraterie montre que, nécessité faisant loi, les moyens de plusieurs pays européens peuvent être mis en commun efficacement.

L’Europe constitue un marché important pour l’industrie de l’armement. Des exemples comme la concurrence actuelle sur le marché de l’avion multi-rôle qui finalement profite à l’industrie américaine ne devraient pas être. Cela nécessiterait la constitution d’une véritable Agence Européenne de l’Armement capable de définir les spécifications des matériels adaptés aux besoins des armées européennes, de faire des appels d’offre et de passer des marchés. Bien entendu il faudrait qu’elle se dégage de l’influence américaine et choisisse les matériels les mieux adaptés à nos besoins dans une perspective d’efficacité mais aussi d’économie. L’échec de la fusion EADS-BAE, ne va pas dans ce sens.

La mise en commun pourrait s’étendre à de nombreux domaines : le transport aérien avec des appareils standardisés, gérés et entretenus en commun même si chacun reste la propriété d’un seul Etat, avec les procédures de location ou de compensations nécessaires, le ravitaillement en vol, les avions de patrouille maritime ou de guet aérien, la guerre des mines.

Les satellites de transmission et de surveillance seraient bien entendu mutualisés, chacun ayant accès à leurs moyens selon des procédures à définir. Mais la mise en commun pourrait être étendue à d’autres domaines : achat de munitions et de combustibles et gestion des stocks, formation, entrainement, y compris pour l’utilisation des camps d’entrainement, des simulateurs, des champs de tir et des centres d’essais.

Cela nécessiterait bien entendu la mise en place de structures qu’il faudrait définir les plus légères possibles et l’existence d’un état-major opérationnel commun permanent capable de gérer des interventions impliquant plusieurs pays. La dissolution de l’Otan et de ses structures surabondantes permettrait de récupérer, et au-delà, le personnel nécessaire. Ainsi, petit à petit, les militaires des différents pays de l’Union apprendraient à travailler ensemble sans la tutelle américaine.

Les Etats-Unis se désengagent de l’Europe

Comme le dit le général Jean Cot dans le numéro de mai de la RDN "Il est scandaleux que les gouvernements des vingt-sept pays européens et les plus grands dont le nôtre, puissent s’en remettre pour leur défense, au travers de l’Otan, à une puissance extérieure", d’autant que les Etats-Unis sont en train de réorienter leur défense vers l’Asie et le Pacifique, l’Europe n’étant absolument plus prioritaire.

L’Otan nous a déjà entrainés dans des interventions où nous n’avions rien à gagner comme la Serbie, l’Irak et encore l’Afghanistan. Quand nous avons jugé bon d’intervenir en Libye nous n’avons pu le faire qu’avec l’aide des Etats Unis. Pour la Syrie même avec l’Otan, nous serions bien incapables d’y agir. Quant au Mali, où nous avons des intérêts à défendre contre la conquête du Nord-Mali par des islamistes radicaux, nous en sommes à rechercher le soutien de pays européens, d’ailleurs pas intéressés, les Américains et l’Otan ne nous suivront pas.

Nous avons donc perdu toute indépendance de décision.

Pourquoi donc rester dans l’Otan, nous risquons d’être entrainés dans des conflits, où nous et les Européens n’avons rien à gagner notamment en Iran et peut être plus tard en Asie. Irons-nous nous battre pour les archipels de la mer de Chine sous lesquels il y a peut-être du pétrole alors que nous sommes incapables d’assurer la garde de nos Zones économiques exclusives ? Veut-on vraiment financer le bouclier antimissile américain, alors que nous finançons déjà notre dissuasion ?

La dissolution de l’Otan mettrait l’Europe devant ses responsabilités, la nécessité de constituer une défense crédible, avec un niveau plus ou moins grand d’intégration.

Il faut commencer par mettre en commun tout ce que l’on peut sans perdre son autonomie de décision puis, peut-être, aller vers des regroupements industriels ou nationaux. Mais tant que l’Otan existera, rien ne se passera et l’Europe restera une vassale des Etats Unis.

Dernier argument géopolitique, la Russie considère l’Otan comme une menace, sa dissolution permettrait un rapprochement avec ce pays dont la place est maintenant dans le concert européen tant nous avons d’intérêts, économiques et politiques communs.

François Jourdier, contre-amiral, membre des "Sentinelles de l’Agora"

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09/12/2012

politique des faux semblants et des faux espoirs.

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Au moins 5.000 personnes selon les organisateurs, 2.300 selon les forces de l'ordre, ont défilé samedi après-midi à Nantes pour protester contre le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, au nord de l'agglomération. Valérie Trierweiler, de passage à Angers, a reçu trois représentants du collectif de citoyens angevins.

Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est destiné à remplacer en 2017 l'actuel aéroport de Nantes Atlantique. © Reuters Stephane Mahe

A 15h30, en plein centre-ville de Nantes, les manifestants se sont massés en scandant des slogans comme "non, non, non à l'aéroport", "Vinci dégage, résistance et sabotage", "ni Etat, ni avion, autogestion" ou encore "Ayrault démission".

"Non au béton, oui aux champignons"

En tête de cortège, une banderole. On y lit : "aéroport = capitalisme, arrêt immédiat". Ailleurs, elles mentionnent également "non au béton, oui aux champignons", "les vols Vinci sont annulés", "Vinci dégage", "On ne lâchera pas".

Le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est destiné à remplacer en 2017 l'actuel aéroport de Nantes Atlantique et sa concession a été confiée par l'Etat au groupe Vinci. Jean-Marc Ayrault, qui s'est beaucoup impliqué dans la défense de ce projet comme maire de Nantes et qui continue à le faire comme Premier ministre, est fréquemment mis en cause par les anti-aéroport.

Un kilomètre de cortège

Ce samedi, ils étaient au moins 2.300, selon la police, au moins 5.000 selon les organisateurs : "Le cortège est impressionnant, il fait à peu près un kilomètre et demi de long", indique Dominique Fresneau, coprésident de l'Acipa, la principale association d'opposants à l'aéroport. Ailleurs, à Brest, quelque 400 personnes se sont rassemblées derrière cinq tracteurs de la Confédération paysanne pour manifester contre le projet. Symboliquement, les anti-aéroports ont érigé une cabane près d'un monument aux morts, pour rappeler celles que les forces de l'ordre avaient détruites sur le site du futur aéroport.

Valérie Trierweiler reçoit des opposants à Angers

La compagne du chef de l'Etat a reçu samedi à Angers, où elle était de passage, trois représentants du collectif de citoyens angevins opposés au projet. Les trois délégués du collectif devaient à l'origine rencontrer le directeur de cabinet de Valérie Trierweiler mais "c'est elle qui nous a reçus" dans un salon où elle inaugurait des manifestations culturelles, explique Nicolas Cocuaud, coordinateur du groupe local de Greenpeace à Angers. "On n'a pas fait la demande", a-t-il ajouté.

Dans l'entourage de Valérie Trierweiler, on souligne "qu'il ne s'agit pas d'un geste politique". "Ils ont demandé s'ils pouvaient remettre une lettre, Valérie Trierweiler n'était pas loin, elle les a reçus, c'est tout", ajoute-t-on, en précisant qu'elle devrait remettre la lettre au président de la République.

Source : France-Info

" De passage à Angers " ... ben, voyons ! ... C'était par pur hasard, nous en sommes convaincus.

Je croyais que la dame en question ne devait pas se mêler de politique ? Certains le savent, je n'ai jamais cru à cette histoire de tweet envoyé dans le dos de son compagnon. C'était une finasserie de plus pour évincer Ségolène. Souvenez vous de la façon dont elle fut écartée physiquement de scène lors du résultat de l'élection. Pourtant elle était allée au charbon la Ségo, en petit soldat loyal afin que son ex passe ! Une fois de plus la preuve est faite, la politique c'est faux-culs et compagnie et moi, j'avais dit que je jettais l'éponge, que ça ne valait décidément pas la peine de commenter mais parfois l'indignation me submerge. Après avoir ridiculisé Montebourg par Ayrault interposé, ce dernier finira par être renié à son tour. Hollande ne fait pas de différence entre " intelligence " politique et trahison. 

S. @

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