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07/01/2013

Gardons nous de censurer ce qui ne vient pas de notre camp !

Pardonnez l'expression mais peut-être que si nous n'avancions pas " avec le nez dans le trou du cul des américains " nous n'assisterions pas aujourd'hui à cette mascarade Depardienne ! Poutine a voulu nous infliger ce camouflet, inutile de s'en étonner.

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06/01/2013

La Russie, nouveau cimetière des éléphants ? ...

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L'ancienne actrice persiste et signe : dans "une rage folle", Brigitte Bardot "programme un voyage" en Russie pour aller rencontrer Vladimir Poutine, fait-elle savoir samedi dans un entretien à Nice-Matin. "BB", qui veut sauver deux éléphantes malades du zoo de Lyon, exprime son "ras-le-bol" envers la France, et vante "l'humanité" du président russe.

La raison de sa colère s'appelle Baby et Népal, deux éléphantes malades du zoo de Lyon menacées d'euthanasie. Si elles ne sont pas sauvées, Brigitte Bardot quittera la France. "Je suis très sérieuse. J'en ai plein le c... Ras-le-bol!", déclare-t-elle dans un entretien publié samedi dans les quotidiens du groupe Nice-Matin. L'ex-icône de 78 ans y revient sur sa menace de prendre la nationalité russe, évoquée dans un communiqué de presse publié la veille

Mais le "ras-le-bol" de l'ancienne actrice et chanteuse pour la France semble plus profond. "Je ne supporte plus ce pays. Depuis Sarkozy et ses promesses non tenues, personne ne répond à mes requêtes. Ça me met dans une douleur et une rage folle de voir cette impuissance", déclare-t-elle. "Je ne demande rien d'extraordinaire : une RE-PON-SE pour sauver ces animaux!", dit-elle encore, évoquant l’absence de réponse de la part de François Hollande, à qui elle a écrit mercredi. Avant d'ajouter : "L'éléphant est intelligent, courageux... C'est mon animal préféré au monde. Si on euthanasie Baby et Népal, il va y avoir un drame. Je suis capable de tout!"

"Et puis là-bas, ils n'ont pas l'Aïd-el-Kébir..."

Si les deux mammifères ne sont pas épargnés, Brigitte Bardot fera donc ses valises pour la Russie. Un choix identique à celui de Gérard Depardieu, qui vient d'y obtenir la citoyenneté. "BB" a choisi ce pays "par rapport à Poutine". Elle fait d'ailleurs savoir qu'elle "programme un voyage" pour aller rencontrer prochainement le dirigeant russe qui était il y a encore un an son "Premier ministre préféré" - il n'avait pas encore repris la présidence. Ce dernier met régulièrement en avant son engagement pour des espèces protégées.

"Je lui trouve beaucoup d'humanité. A chaque fois que je lui demande quelque chose, en principe il me l'accorde. Il a fait plus pour la protection animale que tous nos présidents successifs", souligne la résidente de Saint-Tropez. "Et puis là-bas, ils n'ont pas l'Aïd-el-Kébir...", ajoute-t-elle, en évoquant la fête musulmane qui nécessite le sacrifice d'un animal, principalement un mouton. Brigitte Bardot a été plusieurs fois condamnée pour des propos contre l'islam et cette fête.

"S'ils ont envie de dormir tous avec Poutine..."

En France, l'annonce de Brigitte Bardot a suscité quelques réactions ironiques au sein du gouvernement. "Elle pourra demander Gérard Depardieu en mariage, ce sera formidable!", a lancé vendredi le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon. "J'ai une longue liste de personnes que je voudrais voir en Russie", a déclaré pour sa part Michèle Delaunay, ajoutant aussitôt : "Je ne la connais pas personnellement. Non, je ne l'avais pas mise en haut de la liste". L'eurodéputé écologiste Daniel Cohn-Bendit y a été encore plus fort, en traitant Gérard Depardieu et Brigitte Bardot de "crétins finis". "S'ils ont envie de dormir tous avec Poutine, qu'ils se mettent dans son lit et puis l'affaire est réglée", a-t-il déclaré à BFMTV.

Le coup d'éclat de l'ancienne actrice a en revanche suscité l'admiration du propriétaire des animaux, Gilbert Edelstein. "Bravo et chapeau Madame Bardot", a expliqué à l'AFP le directeur du cirque Pinder qui a confié les deux éléphantes au zoo de Lyon. Avant de conclure : "C'est elle qui va les sauver."

A.F. - leJDD.fr

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Petit rappel pour ces " éléphants français " qui ont la mémoire courte !

07:32 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

02/01/2013

Emmanuel Todd, dixit.

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Chaque mot de cette interview est intéressant, alors je mets tout....

Article propulsé par "REPORTERRE Le site de l'écologie"

"Les plus riches ont pris le pouvoir à l’échelle mondiale"

"La crise de la zone euro n’a pas été fondamentalement créée par la nonchalance des débiteurs, mais par l’agressivité des prêteurs"

"La vérité de cette période n’est pas que l’État est impuissant, mais qu’il est au service de l’oligarchie"

Emmanuel Todd - 15 août 2012

 


Le Point : Les États sont-ils en guerre contre "les marchés" ?

Emmanuel Todd : Ne soyons pas dupes de ces concepts mystificateurs, Bruxelles, les marchés, les banques, les agences de notation américaines : ces faux nez camouflent la prise du pouvoir politique, à l’échelle mondiale, par les plus riches. Sous couvert de protéger l’argent des petits épargnants, les marchés, ce sont tout simplement les plus riches jouant avec les États. Les riches ne se battent pas contre les États, ils se battent pour les contrôler encore mieux (voir L’État prédateur, de James Galbraith). Il suffit d’observer les parcours de certains individus entre la haute administration, les firmes américaines, Bruxelles et, désormais, les gouvernements pour comprendre qu’ils y parviennent. Si une même caste contrôle les marchés et les États, l’opposition entre les uns et les autres n’a plus aucun sens.

Vous êtes bien léger avec l’argent des petits épargnants  !

Je refuse de céder au chantage. Lorsqu’ils partaient à la conquête de villes, les Mongols utilisaient des otages comme boucliers humains. Le groupe des plus riches fait exactement la même chose : ses otages, ce sont les petits épargnants.

"La faute aux riches !" : n’est-ce pas sommaire ?

Que cela vous plaise ou non, l’accumulation excessive d’argent dans les strates supérieures de la société est l’une des caractéristiques de la période. La baisse, ou la stagnation, des revenus des gens ordinaires est allée de pair avec la hausse des revenus des 1 % les plus riches et, à l’intérieur de ce petit groupe, des 0,01 % les plus riches. Quant à l’État, il faut reconnaître son ambivalence et s’appuyer sur la partie raisonnable du marxisme pour comprendre ce qui se passe. L’État est à la fois l’incarnation de l’intérêt général et l’expression de la classe dominante. L’État social d’après-guerre, l’État gaulliste, et quoi qu’en ait dit le Parti communiste, agissait surtout au nom de l’intérêt général, il gérait une croissance pour tous. Aujourd’hui, l’État est prioritairement un État de classe. Le capitalisme financier contrôle à nouveau les États.

La situation serait-elle meilleure si les riches étaient moins riches ? Autrement dit, le problème est-il moral ou économique ?

Mon analyse n’a aucune visée morale. Depuis 1990, l’ouverture des échanges et la libéralisation des flux financiers ont effectivement provoqué un fantastique accroissement des inégalités. À ce sujet, je rends hommage à l’école Piketty, dont il semble que les travaux comparatifs à l’échelle mondiale aient été décisifs dans l’émergence actuelle de la thématique des 1 % aux États-Unis et au Royaume-Uni. Aussi opaque que puisse paraître le système, on peut approcher sa réalité en analysant la façon dont un groupe social contrôle une partie importante des ressources. Dans ces conditions, la question essentielle n’est pas celle des marchés en tant que tels, mais celle de l’oligarchie et de son rapport à l’État. Il faut donc identifier cette oligarchie et analyser sa structure, son mode de vie, sa composition.

S’agit-il d’un groupe hors sol, d’"élites mondialisées", expression qui faisait bondir tout le monde il y a dix ans ?

Encore une fantasmagorie de l’époque ! On croit que le libre-échange globalisé a engendré une oligarchie transnationale. Parce qu’on fait abstraction des facteurs culturels, on ne voit pas qu’il existe plusieurs oligarchies dont les relations sont structurées par d’implacables rapports de forces. La spécificité de l’oligarchie française, c’est sa proximité avec la haute administration. Ses membres ont souvent étudié dans de grandes écoles - sans forcément être des héritiers -, parlent en général très mal l’anglais, sont incroyablement français dans leurs moeurs et n’en finissent pas de se faire rouler par les vrais patrons, l’oligarchie américaine. La soumission à Standard & Poor’s et Moody’s est une soumission à l’oligarchie américaine. Quant à l’oligarchie allemande, nouvelle venue dans le système de domination, elle s’habitue ces jours-ci à traiter les Français comme de simples vassaux. Le charme singulier de l’oligarchie chinoise est son étroite intrication avec le Parti communiste. La plupart des analystes passent à côté de cette hétérogénéité. La gauche nourrit l’illusion d’une égalité au sommet, alors que l’inégalité caractérise autant le haut que le bas de la structure sociale mondiale.

Si les États ne s’endettaient pas, ils ne s’appauvriraient pas et n’enrichiraient personne en remboursant leur dette.

Cette idée est complètement à côté de la plaque parce qu’elle méconnaît le mécanisme réel de l’endettement. On analyse la dette publique à partir du point de vue d’un emprunteur qui serait coupable d’avoir dépensé sans compter. Les peuples doivent payer parce qu’ils ont vécu à crédit. Or ce ne sont pas les emprunteurs qui sont, fondamentalement, à l’origine de la dette, mais les prêteurs, qui veulent placer leurs excédents financiers. Marx l’avait très bien vu dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, les riches adorent la dette publique ! Un État qui s’endette est un État qui, grâce au monopole de la contrainte légale, permet aux riches d’obtenir une sécurité maximale pour leur argent.

Donc, ce n’est pas la faute des gouvernements, puisqu’on les a poussés à emprunter ?

Sauf que ce sont leurs choix fiscaux qui les ont conduits à se mettre dans la main des plus riches. Dans Les dettes illégitimes, François Chesnais montre bien comment, en France, les ultrariches ont bénéficié d’une baisse de leurs impôts qui leur permet de prêter à l’État les ressources dont il s’est lui-même privé. Sans oublier l’auto-interdiction pour l’État de fabriquer de la monnaie, établie par la loi Pompidou dès 1973, mais rendue idéologiquement formidable par le mythe supplémentaire d’une Banque centrale européenne à Francfort, supposée être hors de portée de l’État français. Chaque année, les Français se voient ainsi ponctionner, à travers la TVA et les impôts directs, 250 milliards d’euros, dont près de 50 milliards d’intérêts, qui vont à des gens qui ont déjà trop d’argent. Les deux tiers sont d’ailleurs étrangers, parce que la fête est mondiale, les riches Français pouvant en contrepartie se gaver de la soumission des États et des peuples. Voilà ce que cache le discours alarmiste et moralisateur sur l’endettement abyssal, la faillite du pays et la nécessité de sauver le triple A. Derrière l’apparente logique libérale du système, l’État devient une machine à rançonner les populations au bénéfice des plus riches.

L’impôt est aussi le fondement de la démocratie. Quand ils rechignent à s’en acquitter, comme en Grèce, les citoyens sont-ils des victimes ?

Je ne peux que me répéter : on a poussé les Grecs à s’endetter afin de pouvoir mieux les étrangler. Regardez votre téléviseur : sans cesse des publicités nous incitent à emprunter. Les banques, pardon, les riches, aiment prêter. Et les usuriers aiment saisir les biens si l’on ne peut rembourser. Privatiser les biens de l’État grec, par exemple.

Ne seriez-vous pas un peu complotiste ? Même si "on" les a poussés, le dealer est-il le seul coupable de la dépendance du drogué ?

Le monde de l’oligarchie est un monde de pouvoir et de complots. En aidant l’État grec à trafiquer ses comptes, Goldman Sachs s’est comporté en usurier. Maintenant, ce qu’on appelle "aider" les Grecs, c’est les maintenir en état d’être rançonnés. La crise de la zone euro n’a pas été fondamentalement créée par la nonchalance des débiteurs, mais par l’agressivité des prêteurs.

Cette oligarchie, la définiriez-vous comme une classe sociale et, en ce cas, est-elle dotée d’une conscience de classe ?

L’oligarchie se comporte comme une classe sociale, mais en même temps on sent en elle de l’irrationalité et même un vent de folie collective. Du coup, je me demande s’il faut recourir à l’analyse marxiste de l’idéologie ou à la psychiatrie. Pourtant, un groupe social privilégié n’est pas nécessairement décadent et irresponsable. À la différence des nobles français du XVIIIe siècle, attachés à l’exemption fiscale, les classes supérieures anglaises acceptaient une pression fiscale élevée. Elles ont conquis le monde. L’oligarchie actuelle est à mille lieues de cet exemple. Il serait préférable, si ce terme ne renvoyait aux slogans antisémites, de parler de ploutocratie. Gardons en tout cas à l’esprit que l’oligarchie, pouvoir d’un petit nombre, diffère de l’aristocratie, qui est celui des meilleurs.

Ces oligarques ont plus à perdre que les autres catégories. L’irrationalité explique-t-elle tout ?

La conduite des acteurs hésite entre rationnel et irrationnel. Le point de départ de la crise de 2008, c’est l’accaparement par la Chine et d’autres, grâce à leurs bas salaires, d’une part croissante de la production mondiale, qui entraîne, dans les pays riches, une compression des revenus, donc une insuffisance de la demande. Le résultat, c’est que les salaires évoluent à la baisse, alors que le volume de la production mondiale augmente. C’est dans ce contexte que les États-Unis, puissance monétairement dominante, découvrent le mécanisme fou du crédit hypothécaire. Les ménages américains ne s’endettent pas seulement pour acheter une plus grande maison, mais pour continuer à consommer des produits chinois. Et à la veille de la crise de 2008, le déficit commercial américain s’élève à 800 milliards de dollars. Le système est étonnant : les États-Unis, forts de leur statut impérial, font de ce déficit un régulateur keynésien à l’échelle mondiale. Ainsi, l’endettement est appelé à compenser l’insuffisance de la demande. Bien entendu, le mécanisme du crédit finit par imploser et les revenus comme les importations par s’effondrer. Dans ce contexte, les plans de relance concoctés par le G7, le G8 et le G20 sont une réaction rationnelle. On célèbre le triomphe de Keynes et le retour de l’État.

Voilà qui n’aurait pas dû vous déplaire !

Le problème, c’est qu’il s’agit d’un keynésianisme des riches. La relance n’est pas financée par la création monétaire - la planche à billets -, qui ne coûterait rien à l’État, mais par l’endettement, qui permet de sécuriser l’argent des nantis sans apporter la moindre réponse de fond à l’insuffisance de la demande. Ce pseudo-keynésianisme encourage la croissance chinoise, booste le CAC 40 et accélère les délocalisations en Europe. À l’arrivée, le fameux "retour de l’État" n’est rien d’autre que l’instauration d’un socialisme des riches. L’État doit sauver les riches, nom de code : "les banques", parce que les banques, qui contrôlent aussi les moyens de paiement des citoyens, comme l’a très bien dit Frédéric Lordon, ont pris l’État en otage pour le compte de leurs riches actionnaires. Si on avait opté pour leur nationalisation, on aurait pu garantir les économies des gens ordinaires, indemniser les petits actionnaires et sanctionner les coupables. La vérité de cette période n’est pas que l’État est impuissant, mais qu’il est au service de l’oligarchie.

Si la relance profite aux riches - les prêteurs -, l’austérité bénéficiera-t-elle aux pauvres  ?

Ce qui est certain, c’est que le discours antirigueur, incarné par exemple par Martine Aubry, est complètement archaïque. Les gouvernements ont fini par comprendre que les politiques de relance ne relançaient que l’économie de la Chine et des pays émergents. Mais ils refusent toujours la moindre mesure de protectionnisme national, sectoriel ou européen. Dans ces conditions, la rigueur peut apparaître comme un refus passif de contribuer à la croissance de la Chine, une troisième voie que je qualifierai de "protectionnisme des imbéciles". Voilà la triste vérité, nous sommes gouvernés par des imbéciles. Les gens qui sont aux commandes doivent être tenus pour responsables de leurs actes. Cela dit, je ne suis pas mélenchoniste : je crois qu’il faut des élites pour gouverner. Il ne s’agit pas de les pendre, mais de les ramener à la raison. Baroin et Pécresse, l’incompétence au sommet, sont sans doute sincèrement convaincus que le retour à l’équilibre budgétaire donne la solution de tous nos problèmes. Toutefois, il n’est pas exclu que les gouvernements aient inconsciemment fait un autre choix : si la relance est impossible et le protectionnisme impensable, la réduction des dépenses budgétaires dans les pays déficitaires est le seul moyen de mettre à genoux les pays exportateurs excédentaires, en gros l’Allemagne et la Chine, pour les obliger à entrer dans un processus de négociation.

La fascination française pour le modèle allemand va de pair avec la montée de la germanophobie..

De même que l’antisémitisme et le philosémitisme constituent deux versions d’un excès d’intérêt, pathologique, pour la question juive, la germanophobie et la germanolâtrie sont deux façons de prendre l’Allemagne trop au sérieux, ce qui contribue à aggraver le problème. Au début de son quinquennat, Nicolas Sarkozy avait une position assez antiallemande et faisait preuve d’une certaine souplesse doctrinale en économie. Le maintien de François Fillon à Matignon et la nomination d’Alain Juppé au Quai d’Orsay ont consacré le retour de la droite orthodoxe et de ses vieilles lunes économiques et moralisatrices. C’est alors que le gouvernement et une bonne partie des élites françaises ont adopté un discours germanolâtre, dangereux pour les Allemands eux-mêmes. Privés d’un partenaire sympathique mais critique, ils se sont enfermés dans l’admiration de leur propre modèle. L’urgence aujourd’hui n’est pas de les flatter, mais de les arrêter.

Vous n’allez pas entonner l’air de la bête immonde ? Cela fait cinquante ans que la puissance allemande va de pair avec une démocratie solide.

Je ne qualifierai pas forcément de démocratique un pays qui pratique l’union nationale plus volontiers que l’alternance et où, grâce à une prédisposition anthropologique à la discipline, les sociaux-démocrates ont pu mener une politique de compression acceptée des salaires. L’Allemagne a mené une stratégie parfaitement égoïste d’adaptation au libre-échange, en délocalisant hors de la zone euro une partie de la fabrication de ses composants industriels, en pratiquant contre la France, l’Italie et l’Espagne la désinflation compétitive, puis en utilisant la zone euro comme un marché captif où elle a pu dégager ses excédents commerciaux. Cette stratégie commerciale est la poursuite d’une tradition autoritaire et inégalitaire par d’autres moyens.

Vous jouez à nous faire peur ?

Je ne joue pas, mais vous devriez avoir peur. Les pays passés sous le contrôle des technocrates ou menacés sont la Grèce, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, pays de démocratie récente. D’ailleurs, c’est pour les sécuriser dans un espace démocratique qu’on les a intégrés à l’Europe et à la zone euro. Or, aujourd’hui, loin de stabiliser ces démocraties fragiles, les mécanismes bureaucratico-monétaires les renvoient en accéléré aux pires moments de leur instabilité passée. Oui, l’heure est grave. Le risque de voir resurgir l’Italie du fascisme, la Grèce des colonels, l’Espagne de Franco, le Portugal de Salazar est bien réel. Vous voulez que je vous fasse peur ? En démographe, je vois réapparaître l’opposition des années 1930 entre l’Europe nord-occidentale des démocraties libérales, où la fécondité tend vers 1,9 ou 2 enfants par femme, et l’Europe autoritaire, fasciste ou communiste continentale, où la fécondité est ultrabasse, avec 1,3 à 1,5 enfant. Mais que faire si les Allemands sont réfractaires à toute négociation sur la capacité d’intervention de la BCE ? Devrons-nous mourir pour l’euro ? N’exagérons pas ! S’il est angoissant de voir l’Allemagne mettre à genoux ses partenaires tout en s’enivrant de l’admiration que lui vouent les droites européennes, il ne s’agit pas de tomber dans la psychose. Souvenez-vous que les Allemands ne voulaient pas entendre parler de l’euro et qu’ils n’ont cessé, après sa création, de menacer de sortir de la zone euro. Aujourd’hui, le gouvernement et le patronat ont compris que la fin de l’euro mettrait l’Allemagne au tapis, puisqu’elle seule serait dans l’impossibilité de dévaluer. En réalité, les Allemands sont plus souples qu’on ne l’imagine. Mais ils ne comprennent que la négociation franche et brutale.

Au fait, pourquoi tenez-vous tant à l’euro ?

Je ne tiens pas particulièrement à l’euro. Je dis qu’en régime de libre-échange l’euro est condamné. Je ne prédis pas l’avenir ici, je décris le présent. De toute façon, l’enjeu immédiat n’est pas l’euro, mais la crise de la dette. Soyons clair : les dettes souveraines ne seront jamais remboursées. Même les emprunts allemands commencent à être suspects. Nous avons deux possibilités : la planche à billets et le défaut sur la dette, qui serait selon moi préférable, ayant la netteté d’une opération chirurgicale. Le défaut sur la dette marquera le début de la reconquête de l’État par l’idéal démocratique, un État aujourd’hui pillé et rançonné par l’oligarchie financière.

Oui, mais, pour les "otages", petits épargnants français, retraités américains, ce défaut négocié ressemblerait fort à une spoliation assumée.

Mais ce sont les prêteurs qui nous spolient ! Pourquoi laisserait-on les prédateurs engloutir ce qui reste du patrimoine national ? Quant aux otages, les petits épargnants, en France, c’est pour les protéger que la nationalisation des banques est indispensable. Et cessons de pleurnicher sur le petit retraité américain, l’Amérique vit à crédit sur le dos du monde depuis des années. Et ce ne sont pas de petits retraités qui détiennent les deux tiers de la dette publique française. De plus, un défaut sur la dette de la France entraînerait des défauts en cascade des autres nations. Dans cette redistribution générale, les défauts s’annuleraient pour l’essentiel les uns les autres. Quelques nations seraient perdantes. À l’arrivée, je vous garantis que les plus coupables - nations ou individus - seront le plus sévèrement punis.

On peut comprendre que nos dirigeants aient la trouille, non ?

Plus le naufrage idéologique et intellectuel de la société est évident, plus les gens d’en haut s’enivrent de leur discours de domination, plus ils exigent la mise en vente des biens publics et la baisse des salaires. Et le pouvoir se réfugie dans une sorte de déni munichois : non contents d’avoir mis en place un système stupide, des gens supposés être modérés et compétents nous laissent en état d’impréparation pour gérer son effondrement. Ne nous laissons pas intimider, une société développée, dotée d’un haut niveau éducatif et technologique, est parfaitement capable de s’adapter après un effondrement systémique de cet ordre. Nous traverserons une année très difficile, mais très vite la libération des énergies et des ressources permettra un nouvel avenir. La délégitimation d’élites médiocres et corrompues sera une nouvelle jeunesse pour notre pays, un coup de balai moins douloureux que celui de 1940, un coup de balai sans la Wehrmacht !

Propos recueillis par Elisabeth Lévy

Parution dans Le Point en décembre 2011.

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31/12/2012

Lucidité nocturne ...

Il paraît que ce soir, nous aurons droit aux voeux présidentiels. Bon courage ! ...

Situés dans le contexte actuel, ces derniers seront creux n'en doutons pas et les français les recueilleront sans illusion aucune. 

Quelques cautères vont ainsi être posés sur des jambes de bois.

On aime s'illusionner en période de fêtes mais ne risque-t-on pas de le regretter amèrement ensuite ? Aussi, vous proposerai-je de lire plutôt ceci, le texte fut écrit le 22 décembre (au lendemain de la fin du monde ...) mais reste cependant d'actualité,

 

Aujourd’hui en cette veille de Noël, j’aimerais tant évoquer d’autres sujets que l’économie. Les Français ont envie de penser à autre chose, de préparer les fêtes pour s’évader de la grisaille quotidienne et pourtant, je veux encore une fois insister.

On nous faire croire pour mieux nous endormir que la crise serait une fatalité, une sorte de tempête qui s’abattrait sur le pays, contre laquelle on ne pourra rien. Il suffirait d’attendre l’accalmie puis l’éclaircie.

Les gouvernements ne seraient là finalement que pour adoucir à la marge les effets de l’orage.

Bien évidemment tout cela est faux. Cela ne sert qu’à empêcher le peuple de se réveiller, qu’à permettre aux décideurs de continuer la même politique sans avoir à rendre de comptes et surtout sans remettre en cause les avantages financiers qu’en retirent certains.

Les gouvernements passent et le cap est malheureusement tenu, même si de plus en plus d’experts reconnaissent que nous nous dirigeons collectivement vers une impasse. Les évènements de cette dernière semaine le prouvent.

On apprend ainsi que les régimes de retraite ne seront pas équilibrés dans quelques années, comme pourtant on nous l’avait promis lors de la grande réforme de 2010. La raison en est simple : l’effondrement de l’emploi dans notre pays lié aux délocalisations massives et aux politiques d’austérité budgétaire totalement contre-productives.

Lors de la discussion au Parlement du traité de stabilité, j’avais très clairement mis en garde le gouvernement sur l’hérésie économique qui consiste à brutalement appuyer sur le frein quand la voiture France roule sur une plaque de verglas.

Je me souviens du mépris affiché de Pierre Moscovici et du regard naïf des députés socialistes qui croyaient en cette fable de la réduction à 3% du déficit budgétaire. Ce qui devait arriver est arrivé.

La politique fiscale socialiste et les mesures prises dans tous les pays européens sous l’influence du dogmatisme inadapté de Mme Merkel ont cassé la croissance et donc réduit les recettes fiscales et sociales.

L’INSEE vient d’annoncer que la croissance française sera au mieux de 0,1% en 2013 contre les 0,8% prévus et encore ce chiffre reste très optimiste. Cela veut dire 50 000 chômeurs de plus par mois dans notre pays, soit l’équivalent de la population active de Grenoble et environ 600 000 chômeurs de plus pour 2013.

Notre société déjà très fragilisée pourra difficilement subir un tel choc d’autant que la fuite des activités s’accélère sous la pression d’un nivellement fiscal, social et environnemental par le bas à l’échelle du monde. Ce libre-échange déloyal, cette mondialisation sauvage remettent en cause notre modèle de société et notre civilisation.

Le choix est aujourd’hui très simple : soit nous nous résignons à devenir un parc de loisirs à vocation historique composé de sous-emplois tertiaires bas de gamme avec une petite élite mondialisée qui, elle survivra et « tiendra » de manière autoritaire le pays, soit nous réagissons en menant une vraie politique de redressement national.

J’ai détaillé 100 fois cette autre politique qui, contrairement à ce que répètent en boucle sur les antennes les chiens de garde du système, est tout à fait possible à mettre en œuvre :

Rétablir la loyauté de l’échange par le protectionnisme intelligent qui inspire toutes les puissances qui gagnent dans la mondialisation (Chine, Corée du Sud, Brésil…).

Baisser les charges des PME qui investissent sur notre territoire (ma proposition de la présidentielle qui consistait à diviser par 2 l’impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis sur le sol français serait infiniment plus efficace que le crédit d’impôt du gouvernement socialiste).

Mettre en œuvre à l’échelle européenne par des coopérations à la carte des grands programmes de recherche scientifique (voiture verte, panneaux solaires d’avenir, lutte contre le cancer…).

Et enfin retrouver la maîtrise de la création monétaire pour pouvoir emprunter à 0% auprès de la Banque de France et éviter de payer des intérêts aux banques privées qui essorent nos Nations. A cet égard, je me suis réjouis ce matin d’entendre Mr Rocard dire ce que je répète depuis des années, si la France depuis 1973 avait continué comme avant à emprunter à la Banque de France, sa dette aujourd’hui ne serait que de 17% du Produit Intérieur Brut et nos budgets seraient beaucoup moins déficitaires.

Espérons que pendant cette période des fêtes, même si les Français veulent oublier à tout prix la dureté des temps, qu’une prise de conscience collective se fera. Car c’est le préalable à tout.

Dans l’Histoire la vérité triomphe toujours à un moment. Espérons que pour la France cela ne sera pas trop tardif. Alors continuons ensemble inlassablement le combat.

NDA

(vous savez ? ... ce monsieur qui n'emporte chaque fois qu'un faible taux de suffrages car il dit la Vérité)

Bandeau le blog de NDA Pour une vraie politique de redressement national.jpg

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02:20 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)