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05/02/2013

" par petits bouts " (fou-rire) : complètement débile !

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Christiane Taubira a les nerfs qui lâchent (Capture d'écran LCP Via NouvelObs)

Il y a les tensions et les moments plus légers. Ce mardi, la garde des Sceaux, Christiane Taubira, a été prise d'un fou rire pendant le débat sur le mariage homosexuel à l'Assemblée nationale.

"Monsieur (Philippe) Gosselin, puisque c'est par petits bouts que vous êtes amené..." a-t-elle commencé en pouffant de rire, sans parvenir à terminer sa phrase. "Je vais essayer de vous répondre par pe... par petits bouts", a-t-elle poursuivi difficilement. Nouveau fou rire. "J'ai un élan à votre égard, j'ai un élan..." est-elle parvenue à ajouter en s'adressant au député UMP avant de se rasseoir sans pouvoir terminer son intervention.

Ce fou rire irrépressible de la ministre a suscité les applaudissements des députés de la majorité, l'hilarité de ceux de l'opposition et des éclats de rire du président PS de l'Assemblée, Claude Bartolone.



La politique, une histoire de " petits bouts " ... l'expression se suffit à elle-même. "Taubira-la-honte"

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Non ! elle voit juste les choses par " le petit bout " de la lorgnette. La dame ne garde pas les sceaux mais les pots de Chambre (avec champagne à l'intérieur ?) comme pour les noces de ploucs à la campagne, ce qui la rend très gaie.

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31/01/2013

Risque d'enlisement

DÉCRYPTAGE27/01/2013 à 12h39

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Pierre Haski | Cofondateur Rue89
 

Des soldats maliens en patrouille à Diabaly samedi (Eric Feferberg/AFP)

" La guerre du Mali n’aura pas lieu, pourrait-on dire, en paraphrasant Jean Baudrillard, (*) qui publiait en 1991 une tribune dans Libération titrée « la Guerre du Golfe n’a pas eu lieu ».

La chute de Gao entre les mains des forces françaises, et celle, lundi, de Tombouctou, montre que ce conflit ne ressemble à aucun autre, et s’inscrit dans un espace temporel et géographique plus complexe.

Les combattants jihadistes ont bien lu « Sun Tzu pour les nuls », et ils savent, avec ce stratège chinois du VIe siècle avant J.-C., qu’il ne sert à rien de mener une bataille perdue d’avance. Inutile de « mourir pour Gao », face à une armée française supérieure en armement et en moyens : contrairement à ceux d’In Amenas, la semaine dernière, ces combattants-là ne sont pas des kamikazes.

Ils se sont évaporés dans un désert grand comme la France (si l’on considère sa seule partie malienne), sans doute en partie vers les montagnes situées plus au nord. La région de Kidal, bombardée dimanche par les jets français, leur offre pléthore de refuges imprenables. Et ils n’ont assurément pas dit leur dernier mot.

Toutefois, cette entrée en douceur des troupes françaises à Gao, aussitôt suivies de soldats maliens aéroportés pour faire de cette opération un succès « franco-malien », scénario répété le lendemain à Tombouctou, montre que la deuxième phase du conflit est en phase d’achèvement.

Mais ce n’est pas la fin de la guerre.

1

Un tour de force militaire... et un coup de bluff

 

L’issue militaire qui se dessine sera intervenue bien plus vite que quiconque l’avait prévu.

Reste Kidal, dans le nord-est, la ville natale du chef d’Ansar Dine Iyad Ag Ghali, dont la maison a été détruite dimanche par un raid aérien français. Si les troupes au sol poussent jusque là, dans la foulée de leur succès actuel, elles risquent de s’exposer la zone étant moins facile à contrôler.

Quoi qu’il en soit, l’état-major français a su inverser rapidement le rapport de force : en stoppant le premier jour, par des moyens aériens, les colonnes jihadistes en route vers le Sud, et en acheminant au Mali des moyens matériels et humains considérables, il a montré qu’il ne comptait pas s’arrêter à l’ancienne ligne de démarcation Nord-Sud.

Les jihadistes en ont tiré la conclusion logique, et, malgré quelques escarmouches, n’ont jamais opposé de résistance à l’avancée des Français. Ce n’est ainsi qu’ils font la guerre.

En deux semaines, les troupes françaises ont donc quasiment réduit à néant près d’un an d’avancées des jihadistes, avec un retour à la case départ sur le plan militaire – à condition que l’armée malienne parvienne à se réinstaller dans les zones urbaines du nord.

C’est un tour de force militaire qui n’était pas acquis d’avance, mais qui a su combiner la dimension psychologique des frappes aériennes initiales avec une détermination à avancer sans attendre que l’aide du reste du monde. Il y avait une part de bluff, et il a marché.

Pour autant, aucun des problèmes qui ont créé cette crise n’a été réglé.

2

Deux pièges politiques pour la France

 

Le succès des troupes françaises dans la reconquête du nord pose au moins deux problèmes majeurs :

  • Le risque de représailles et d’exactions vis-à-vis des populations touaregs soupçonnées d’avoir participé au côté des jihadistes à l’élimination de l’armée et de l’administration maliennes du nord l’an dernier.

    Dès la semaine dernière, les premières informations faisant état d’exactions contre des Touaregs ont circulé à Sévaré, une ville du centre au cœur des combats.

    Comment assurer que le retour des soldats maliens à Gao et Tombouctou ne sera pas marqué par de nouvelles exactions contre les Touaregs et les autres ethnies du Nord soupçonnées de complicité jihadiste ?

    Les organisations de défense des droits de l’homme alertent sur ce sujetdepuis le début de l’intervention française, sans réponse satisfaisante jusqu’ici.

  • Le retour au « statu quo ante “ se fait à une telle vitesse qu’aucune solution politique n’a encore été esquissée, ni à Bamako où le flou institutionnel règne entre les militaires putschistes et le gouvernement par interim, ni dans le Nord, où les revendications des populations locales sont à l’origine de trois décennies d’instabilité.

    Si la victoire militaire n’est pas doublée d’une solution politique, elle ne sera qu’une parenthèse dans un conflit éternellement renouvelé.

Face à ces deux défis, les intentions françaises ne sont pas des plus claires.

  • D’une part, si des massacres étaient commis contre les Touaregs, la responsabilité française serait clairement engagée. De l’autre, bonne nouvelle, la poussée française a fissuré le front jihadiste : les rebelles historiques du MNLA avaient déjà pris leurs distances et fait une offre de service aux Français, voici désormais une nouvelle scission au sein d’Ansar Dine.

    C’est le plus local des trois principaux mouvements jihadistes qui se dit prêt à négocier. Il y a une opportunité à la fois d’affaiblir le front jihadiste qui n’a jamais été monolithique, et d’engager la discussion politique sur l’avenir des Touaregs.

  • Quant à la confusion politique à Bamako, la France a sans doute manqué de temps pour y remédier, décidant de répondre en urgence à l’appel à l’aide du président malien par interim Dioncounda Traoré. Mais Paris devra un jour ou l’autre s’exprimer plus clairement qu’il ne l’a fait jusqu’ici.

    Le retour à un cadre institutionnel démocratique à Bamako, brutalement interrompu par les hommes du capitaine Amadou Haya Sanogo le 21 mars, peut-il être un objectif de guerre explicite ? La France ne l’a jamais dit clairement.

    Mais si la victoire militaire se traduisait par la perpétuation du flou institutionnel actuel, ou pire par le renforcement d’une armée putschiste, cela serait un échec politique pour la France.

3

Hollande doit expliquer les objectifs de cette guerre

 

Et voilà reposée la question des buts de guerre, flous depuis l’entrée en guerre.

  • S’agissait-il de stopper l’avancée jihadiste vers le sud ? Cet objectif a été atteint... et dépassé.
  • S’agissait-il de reconquérir le Nord, comme cela a été publiquement énoncé ? Assurément, et c’est en cours de réalisation.
  • S’agit-il de ‘lutter contre le terrorisme’ ? Large et flou, cet objectif-là ne peut pas être atteint par la seule éviction des groupes armés islamistes des grandes agglomérations du Nord. Pire, il risque d’entraîner la France dans une guerre sans fin, qu’elle ne pourra espérer mener seule.

II est temps que François Hollande revienne devant les Français pour préciser ses objectifs. C’est le seul moyen de conserver le consensus relatif qui s’est manifesté dans le pays autour de cette intervention d’un type nouveau." 

(*) lequel paraphrasait Jean Giraudoux : " la guerre de Troie n'aura pas lieu " ...

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Il faut se demander pour quelles raisons les chefs d'Etat en difficulté se lancent dans des guerres qui bien loin de résoudre les problèmes, les aggravent, au contraire. Toutes les guerres sont coûteuses et " la dette " fait boule de neige ... Est-ce vraiment cela, que nous étions en droit d'attendre ?

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27/01/2013

Avec Cassez, ils nous les cassent ! ...

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EDITO
26/01/2013 à 14h55
 
Blandine Grosjean | Redchef adj Rue89

Florence Cassez, Valérie Trierweiler, François Hollande et Laurent Fabius à l’’Elysée vendredi (Hamilton/Pool/Sipa)

" Ce n’est pas absurde ni déprimant que la France ait déroulé le tapis rouge pour Florence Cassez. C’est écœurant.

Florence Cassez est télégénique. Florence Cassez est LA cause du moment d’un microcosme parisien qui l’utilise politiquement. Elle incarne depuis des années pour de nombreux (ses) journalistes l’héroïne « so frenchy », tombée par amour pour un voyou. Certes, elle a été victime d’une manipulation médiatique – la mise en scène reconstituée de son arrestation –, mais celle-ci a occulté tout le reste du dossier.

Florence Cassez n’est cependant pas une otage, ni une militante des droits de l’homme ou des femmes, ni une volontaire d’ONG. Elle n’est surtout pas une femme qui aurait souffert en ayant défendu une cause que l’on estime juste.

Coupable ou innocente – aucun journaliste français ne s’est encore coltiné, que je sache, les 14 000 pages du dossier –, si elle s’est retrouvée en prison, c’est parce qu’elle avait choisi de partager la vie d’une crapule, Israel Vallarta Cisneros, un des chefs du gang des Zodiacos, spécialisé dans la séquestrations contre rançons. Des otages dont la famille avait payé la rançon sont morts entre leurs mains. On n’est pas dans une telenovela.

« Une détenue, pas une otage »

Nous avons échappé à un accueil sur le tarmac par le chef de l’Etat, qui a attendu le lendemain pour la recevoir. « Il s’agit d’une détenue, pas d’une otage » se sont défendus des conseillers de Hollande, face à des journalistes au bord de leur reprocher une faute politique.

La nuance a échappé aux rédacteurs ou rédactrices en chef qui ont dépêché leurs journalistes à l’aéroport. Sans oublier ceux envoyés à Mexico pour suivre le procès et sa diffusion à la prison de Florence – en direct, on disait « Florence » –, ceux qui ont rendu compte des larmes de sa mère à Paris et de la joie des people du comité de soutien. Si vous n’avez pas tout suivi, le site officiel de ce dernier tient une revue de presse quasiment en direct.

C’est donc Laurent Fabius qui s’est montré aux JT de 20 heures et sur les télés d’infos en continu, avec tant de bonne volonté qu’on aurait pu croire qu’il était le héros, et Cassez la ministre des Affaires étrangères. En France, donc, cela fait partie des attributions d’un ministre des Affaires étrangères (en guerre) de recevoir les détenus de droit commun libérés à l’étranger.

Certains ont pu croire que c’est par décence que François Hollande n’a pas souhaité apparaître immédiatement sur les écrans. Ses conseillers, ai-je pensé, ont envisagé que la séquence ne supporterait pas la comparaison avec celles orchestrées par ses prédécesseur.

Les images sont encore fraîches : en 2008, Nicolas Sarkozy serrant dans ses bras Ingrid Betancourt, notre dernière otage madone télégénique ; avant elle, notre consœur Florence Aubenas serrée dans ses bras par Jacques Chirac.

La différence, elle a dû échapper à de nombreux téléspectateurs-lecteurs-auditeurs mal informés, c’est que ces deux femmes avaient été enlevées en faisant leur boulot, politicienne pour l’une, journaliste pour l’autre.

Si elle est coupable, elle a payé

Qu’on s’entende bien : je me réjouis que cette jeune femme soit en liberté. Si elle est innocente, c’est une grande victoire contre l’erreur judiciaire, la plus violente des injustices. Si elle est coupable de quelque chose, elle a payé : sept ans de détention, un tarif bienveillant en France pour complicité de crime crapuleux.

Quoi qu’elle en dise et répète, sans qu’aucun journaliste n’ait l’envie de gâcher la fête en la contredisant, Florence Cassez a été libérée pour des fautes de procédure, elle n’a pas – encore – été innocentée. "

Source : Rue89

Complètement écoeurée, j'avais dit que je ne commenterais pas mais il y a quand même certaines choses qui méritent d'être dites, voire soulignées (on fait du buzz avec n'importe quoi) et il semble que nous ayons perdu depuis longremps tous nos repères moraux. S. @

07:50 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

24/01/2013

Une analyse dont on peut difficilement se dispenser.

Alors que de façon providentielle, la libération de Florence Cassez vient de s'effectuer avec la mobilisation quasi unanime des médias qui vont nous en rebattre les oreilles jusqu'à la fin de la semaine (au moins !) ce qui permet également aux manifestations des sidérurgistes d'Arcelor-Mittal de passer au second plan, ne nous laissons pas distraire en oubliant ce qui se passe toujours actuellement ...

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" Le monde observe, et la classe politique française semble unanime sur le principe d’une intervention militaire au Nord du Mali contre les « islamistes », « jihadistes », « extrémistes ». D’aucuns reprochent certes au gouvernement de s’être engagé seul mais ils estiment « juste » la décision de mener une action militaire.

Le Président français, François Hollande, qui semblait perdu au cœur d’un gouvernement confus, redore son blason et se refait une image d’homme d’Etat, de chef de guerre, qui veut « détruire l’ennemi », « l’empêcher de nuire ». C’est donc au Nord du Mali que la France voit se refléter, enfin, l’image d’un Président fort, déterminé, installé à Paris. Il faut commencer par le commencement et prendre une position claire. L’idéologie et les pratiques des réseaux et groupuscules salafi jihadistes et extrémistes sont à condamner de la façon la plus ferme. Leur compréhension de l’islam, leur façon d’instrumentaliser la religion et de l’appliquer en imposant des peines physiques et des châtiments corporels de façon odieuse est inacceptable. Encore une fois la conscience musulmane contemporaine, et internationale, doit s’exprimer haut et fort, le dire et le répéter, cette compréhension et cette application de l’islam sont une trahison, une horreur, une honte et les premiers à devoir s’y opposer devraient être les musulmans eux-mêmes et les Etats des sociétés majoritairement musulmanes. Politiquement, intellectuellement et avec toute la force de leur conscience et de leur cœur. Cette position ne doit souffrir aucune compromission. A cette ferme position de principe, il faut ajouter l’analyse géostratégique et éviter de confondre la clarté de la position morale avec la naïveté d’une position politique binaire simpliste : être contre les extrémistes jihadistes reviendrait-il donc forcément à être en accord avec la politique française dans la région ? L’expression « Etre avec nous ou contre nous » de George W. Bush est fondamentalement fausse et dangereuse dans sa substance autant que dans ses conséquences.

Derrière l’engagement « noble » de la France aux côtés des peuples africains en danger, il demeure certaines questions qu’il faut poser explicitement. L’Occident en général, et la France en particulier, a oublié les peuples pendant des décennies sous les dictatures tunisiennes, égyptiennes et libyennes avant de chanter les louanges des « révolutions », du « printemps arabe » et de la liberté. En Lybie, l’intervention humanitaire avait des aspects troubles, des parfums d’intérêts pétroliers et économiques peu dissimulés, voire assumés. Quelques mois plus tard, la France interviendrait au Nord du Mali pour le bien du peuple, avec cette seule intention de protéger ce pays « ami » du danger des extrémistes désormais alliés des rebelles touaregs. Voire. L’absence de données économiques et géostratégiques dans la présentation politique et médiatique des faits est troublante.

On ne dit rien, en sus, de l’histoire longue, et plus récente, des alliances de la France avec les gouvernements maliens successifs. Tout se passe comme si la France exprimait soudain sa solidarité politique de façon gratuite, généreuse et sans calcul.

Or dans les coulisses des bouleversements politiques récents, la France n’a eu de cesse d’interférer, de faire pression, d’écarter les acteurs maliens gênants (politiques ou militaires) et de créer des alliances utiles, aux sommets de l’Etat comme sur les terrains tribal, civil et militaire.

Amadou Toumani Touré, renversé par un coup d’Etat le 22 mars 2012, a été grandement fragilisé et isolé après la chute du colonel Kadhafi. Il semble avoir payé le prix de sa politique vis-à-vis du Nord et de ses vues quant à l’attribution des futurs marchés d’exploitation pétrolière. Les liens (parfois difficiles) de la France avec l’organisation sécessionniste, « Le Mouvement National de Libération d’Azawad » (MNLA), ne sont un secret pour personne et permettaient d’établir une zone de fracture entre le Sud et le Nord du Mali bien utile à la lumière des visées d’exploitation de richesses minières très prometteuses.

La présence de l’Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et son alliance avec les tribus touaregs dans le Nord a été, depuis 3 ans (et davantage encore dans les faits), un autre facteur justificatif de la présence militaire française dans la région (et qui s’est proprement officialisée depuis le lancement de « la guerre » il y a quelques jours).

Le gouvernement français et les responsables des multinationales du gaz et du pétrole ont toujours, officiellement, relativisé ou minimisé les découvertes en matière de ressources minières dans la région sahélienne entre la Mauritanie, le Mali, le Niger et l’Algérie (on a même parlé de « mirage malien »). Pourtant les données sont bien plus connues et certifiées qu’on ne le laisse entendre et Jean François Arrighi de Casanova, le directeur Afrique du Nord de Total, n’a pas hésité à parler « d’un nouvel Eldorado » avec d’immenses découvertes gazières et pétrolifères. La région n’a pas moins de cinq bassins des plus prometteurs. Le bassin de Touadenni, à la frontière mauritanienne, a déjà révélé l’importance de ses ressources. Il faut y ajouter les bassins du Tamesna et des Iullemeden (frontaliers avec le Niger), le bassin de Nara (proche de Mopti) et le graben de Gao. L’Autorité pour la Recherche Pétrolière (AUREP) confirme le potentiel du sous-sol du nord Mali en matière de ressources minières (essentiellement gaz et pétrole). Le Mali, la Mauritanie, l’Algérie et le Niger sont les premiers concernés et – avec la chute du colonel Kadhafi – les perspectives d’exploitation se sont ouvertes pour les compagnies françaises (au premier chef Total), italiennes (ENI) et algérienne (Sipex, filiale de Sonatrach) qui ont déjà investi plus de 100 millions de dollars (selon les estimations) en études et forages malgré les difficultés dues à l’aridité et à l’insécurité. Le peuple ami malien vaut bien que l’on défende son sang, sa liberté et sa dignité quand on sait, accessoirement, ce que peut recéler son désert de gaz et de pétrole. Ce ne sont pas les ressources minières du nord du Mali qui sont un mirage mais bien la réalité de la décolonisation. Certaines questions ne sont-elles pas légitimes au demeurant ?

Nul ne peut nier l’existence de groupes violents extrémistes et radicalisés qui ont une compréhension coupable et inacceptable de l’islam. Nous l’avons dit, il faut les condamner. Il faut constater que ces groupes ont des stratégies politiques contradictoires et ont une fâcheuse tendance à s’installer aux lieux exacts où les ressources minières sont un enjeu capital. On le savait en Afghanistan (dans une région immensément riche de pétrole, gaz, or, lithium, etc.) et voilà – on ne comprend pas bien pourquoi – que les « fous » extrémistes s’installent dans le Sahel malien pour y appliquer leur « shari’a » inhumaine et si peu islamique. Dans le Sahel désertique ! Que l’on nous entende bien, il n’y a pas doute sur l’existence de ces groupuscules extrémistes mais il y a des questions légitimes sur leur infiltration possible (les services de renseignements américains, comme européens, ont admis faire usage de l’infiltration en s’appuyant sur des agents instigateurs). Leurs lieux d’installation et leurs méthodes d’opération pourraient bien être encouragés et orientés : on le savait avec George W.Bush, on le voit au Mali, on peut faire un usage utile « des terroristes ». Un chef militaire malien nous disait son trouble lors de notre dernière visite : « On a ordre de les exterminer, de les ‘détruire’ (sic), même quand ils sont désarmés. Pas de prisonniers ! On fait tout pour les rendre fous et les radicaliser ». Etonnante stratégie de guerre en effet.

Plus largement, le Canard Enchaîné révèle que l’allié de la France, le Qatar, aurait signé un accord avec Total – quant aux exploitations du Sahel – et, paradoxalement, soutiendrait financièrement et logistiquement des groupes radicalisés tels que « les insurgés du MNLA (indépendantistes et laïcs), les mouvements Ansar Dine, Aqmi et Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ». Si les faits sont avérés, s’agirait-il d’une contradiction ? Ou alors d’une façon d’encourager et de pousser les pyromanes (extrémistes) afin de rendre utile, nécessaire et impérative l’action des pompiers (français) ? Une répartition des rôles entendue, particulièrement efficace, et tellement cynique. Le monde observe et la récente prise d’otages en Algérie va davantage encore mobiliser les sentiments nationaux en soutien de l’opération militaire. Des otages américains, anglais, norvégiens, etc. et ce sur le sol algérien : les enjeux dépassent désormais la France.

Le peuple malien se réjouit en majorité mais beaucoup ne sont pas naïfs : la France amie est surtout amie de ses intérêts et sa façon d’intervenir sélectivement (en Lybie ou au Mali et non en Syrie ou en Palestine) n’est pas nouvelle. La politique biaisée de la « France-Afrique » est terminée nous disait-on, les colonisations politique et/ou économique ont fait long feu, l’heure de la liberté des peuples, de la dignité des nations et de la démocratie a sonné ! Il faudrait donc que l’on adhère béatement à cette hypocrisie générale. Il faut dénoncer les extrémistes, il faut condamner leurs actions et l’instrumentalisation de la religion et des cultures mais vient un jour où il faut aussi regarder les responsabilités en face.

Aux Etats africains et arabes qui oublient les principes élémentaires de l’autonomie et de la responsabilité politiques (et ceux du respect de la dignité de leur peuple) ; aux élites africaines et arabes, et à nous tous, qui sommes si peu capables de proposer une vision claire de l’indépendance politique, économique et culturelle ; aux peuples qui se laissent emporter par les émotions populaires et les mirages « des puissance amies »... à nous tous, politiques, intellectuels et citoyens préoccupés par la dignité et la justice dans les pays du Sud, il faut renvoyer le miroir de notre responsabilité ultime quant à ce qui advient sous nos yeux. La « destruction » des extrémistes jihadistes du Nord du Mali n’est pas une promesse de liberté du peuple malien mais, à long terme, une forme sophistiquée d’aliénation nouvelle. Pourtant, jamais comme aujourd’hui les forces de résistance des pays du « Global South » (avec les mouvements politiques et intellectuels engagés au Nord), jamais ces forces, disions-nous, n’ont eu autant d’opportunités d’ouvrir d’autres horizons et une marche nouvelle vers leur liberté. On ne voit rien aujourd’hui que cette euphorie, cette célébration ou ce silence, face à l’action libératrice de la France et de la « communauté internationale » qui unanimement la soutient. Comme si le Moyen Orient et l’Afrique avaient accepté d’être soumis encore devant les dernières cartouches tirées par cet Occident meurtri et mourant de ses doutes et des crises économiques, politiques et identitaires qui le traversent. Le meilleur service que l’Afrique peut se rendre à elle-même, et à l’Occident, ce n’est pas de plier face à la nostalgie et aux délires de puissance de ce dernier, mais de lui résister avec dignité et cohérence au nom des valeurs même que l’Occident et la France défendent et qu’ils trahissent pourtant quotidiennement au gré de leurs politiques mensongères et hypocrites en Amérique du Sud, en Afrique comme en Asie.

Le Nord du Mali est un révélateur qui donne la chair de poule : voilà un peuple qui chante sa libération politique laquelle est associée à son nouvel enchainement et étouffement économiques ; voilà des politiques et des intellectuels africains ou arabes qui sourient et applaudissent (conscients ou inconscients, naïfs, arrivistes ou compromis). L’hypocrisie et la lâcheté de ces derniers n’est somme toute que le miroir de l’hypocrisie et de la manipulation des grandes puissances occidentales. Rien de nouveau sous le ciel des colonies. "

Tariq Ramadan.

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