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19/04/2013

Source : THEATRE ET BALAGAN

Bandeau rue89 deux filles se marient.jpg

chroniqueur
Publié le 17/04/2013 à 11h57

Scène de la nuit de noces dans « Iphis et Iante » (Raphaël Arnaud)

Mesdames Frigide Barjot, Christine Boutin, messieurs Jean-François Copé, Laurent Wauquiez et autres agitateurs de chiffons rouges, anonymes pourchasseurs de citoyens isolés, vous êtes cordialement invités à venir séquestrer le directeur du Théâtre Gérard-Philipe (TGP), à saucissonner le metteur en scène Jean-Pierre Vincent, à donner des cours de catéchisme aux jeunes acteurs égarés du spectacle actuellement visible sur la grande scène de ce théâtre subventionné par l’argent public.

Le « mariage pour tous » en 1634

Sous couvert d’une pièce exhumée, on y prône sans vergogne le « mariage pour tous ». Et même le plaisir sexuel entre gens d’un même sexe. Mesdames et messieurs, allez au bout de votre courageux ridicule (car ridicule il y a, comme l’histoire du monde le prouvera) : demandez la fermeture immédiate de ce théâtre, qui comme tout théâtre depuis les anciens Grecs et Chinois s’enorgueillit d’être un temple de la subversion, du transgenre, du travestissement, du trouble des sexes.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit dans « Iphis et Iante », pièce qui emprunte la voie royale de la comédie. Des universitaires fouineurs ont sorti de l’oubli cette pièce et son auteur Isaac de Benserade, jusqu’ici connu par un quarteron de spécialistes du théâtre du XVIIesiècle. Isaac de Benserade, un protégé de Richelieu, de Mazarin et de Louis XIV (duquel, desquels a-t-il été l’amant ?) qui allait devenir membre de l’Académie française (faut-il envisager une exclusion posthume ?) a donc écrit « Iphis et Iante » (traduisez Jordan et Jennifer) il y a presque quatre siècles en partant des« Métamorphoses » d’Ovide. Et (éloignez les enfants) on y entend ces vers dans la bouche d’Iphis, jeune fille aux cheveux courts que la mère habille en garçon et qui est amoureuse de Iante, belle et grande jeune fille :

« Etrange effet d’amour ! Je meurs pour cette belle ;

Et cependant, hélas ! Je suis fille comme elle ;

J’adore ses beautés… »

Stop, on en a déjà trop dit. Avant de repousser les hordes envoyées par Civitas déjà agenouillées devant le théâtre, notons au passage que cet « hélas » (emprunté à Racine) est assurément de convenance.

Le secret de la nuit de noces

Quelques scènes plus loin, le mariage se tient en coulisses mais, dans un lit dressé au centre de la scène, on a droit à la nuit de noces. Moment terrible et torride où Iphis ne peut faire autrement, en déboutonnant sa chemise après moult circonvolutions, que de dévoiler son véritable sexe lequel n’est pas viril. Comment va réagir l’innocente Iante ? S’effraie-t-elle à la vue d’un être de son sexe ? Que nenni, sa flamme redouble d’intensité, les voici bouche-à-bouche et stop ! Jean-Pierre Vincent fait baisser le rideau.

Aux lendemains de la nuit de noces, c’est à Iante elle-même, qui en sait désormais autant que son amant devenu amante, de jouer le couplet des délices de l’amour entre êtres du même sexe :

« Ce mariage est doux, j’y trouve assez d’appâts ;

Et si l’on n’en riait, je ne m’en plaindrais pas ;

Si la fille épousait une fille comme elle ;

Sans offenser le ciel et la loi naturelle ;

Mon cœur assurément n’en serait point fâché. »

Vincent et son complice de toujours Bernard Chartreux (non, ils ne sont pas mariés pour tous) ont avec raison nettoyé cette pièce de ses trop longues tirades, de son verbiage, pour mieux en activer l’intrigue et ses ramifications secondaires comme celle d’Ergaste, frère de la confidente de Télétuze, la mère d’Iphis.

Devant l’intransigeance de son mari qui voulait un garçon sinon rien, ayant eu une fille et n’ayant pas voulu la jeter aux orties, Télétuze a élevé Iphis en garçon. Elle a bien dû mettre sa confidente dans la confidence laquelle en a touché deux mots à son frère qui, comme de juste, est tombé amoureux d’Iphis (sachant qu’il-elle était fille) tandis que Mérinte, sœur d’un ami d’Ergaste tombait amoureuse de ce dernier.

Le doute de l’étonnement

La pièce s’amuse de tous ces méandres entremêlés, Vincent et les acteurs lui emboîtent le pas. Et comme le spectateur est dans la confidence depuis le début (prologue), il jouit sans attendre de la confusion de la mère qui doit argumenter auprès de son mari pour annuler ou différer le mariage déjà acté avec un bon parti (entre riches, on s’arrange toujours). S’adressant à son mari :

« Ils n’ont pas ce qu’il faut pour faire un bon ménage. »

Ou à sa fille habillée en fils :

« Tu chéris la beauté de celle qu’on te donne ;

Ton cœur brûle pour elle, et c’est ce qui m’étonne. »

Ce que répète Ergaste un peu plus loin :

« Qui ne s’étonnerait d’une amour de la sorte ? »

Ce qui est délicieux dans cette pièce, c’est que, dès la première scène (« Iante a sur mon âme une entière puissance ») et jusqu’à la dernière, Iphis fait preuve d’un amour infini et irréversible pour un être de son sexe. D’où son trouble au moment fatidique de la nuit de noces :

« Quoi ? Ce trésor charmant serait entre mes bras,

Je la possèderais, et n’en jouirait pas ? »

Puisse la vision de ce spectacle consoler quelque peu Caroline Fourestd’avoir été pourchassée.

La pompière Isis éteint le feu

Bien sûr, à la fin, seule une déesse, la dénommée Isis au nom double, peut sortir l’intrigue de son bain subversif en jetant dessus une poudre d’escampette : d’un coup de baguette magique, Iphis devient un homme.

Alors Vincent en ajoute une couche. Avec la complicité des acteurs (tous excellents, des vieux routiers fidèles comme Charles Nelson, aux jeunes pousses sorties de l’école du Théâtre national de Strasbourg (TNS) comme Suzanne Aubert et Chloé Chaudoye, interprètes des deux rôles titres), il signe une fin atrocement gaguesque : en deux gestes trois mouvements, on devine l’affreux macho que va devenir Iphis, l’infortuné destin de femme bafouée et trompée promis à Iante, tout cela sous le regard fuyant et hypocrite des parents, soulagés d’avoir sauvé les apparences. Lesquelles on le sait, sont toujours trompeuses.

INFOS PRATIQUES
"Iphis et Iante" d'Isaac de Benserade
Mise en scène de Jean-Pierre Vincent

Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis les lun., mar., jeu., ven. 20h, sam. 18h30, dim. 16h30, jusqu »au 6 mai. Rens. : 01-48-13-70-00.THE

Ah ! les égarements du coeur et de l'esprit, comme aurait dit Crébillon ... mais en littérature, tout est permis. 

10:24 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

18/04/2013

Jusqu'à quel stade d'indigence allons-nous dériver ? ...

VIDÉO. Audrey Pulvar et Roselyne Bachelot font une dédicace sexy à Christine Boutin

 

VIDÉO - Décidément, Christine Boutin et son rejet du mariage gay continuent de faire parler. Il faut dire que tous les jours ou presque, la président du parti démocrate chrétien remet de l'huile sur le feu. Le 4 avril dernier, elle faisait un lien plus que douteux entre mariage gay et... évasion fiscale, faisant hurler les membres de twitter.

Et, fin mars, les photos de Christine Boutin gisant à terre, terrassée par une bombe lacrymo lors de la manif anti-mariage gay avaient fait le tour du web.

Même Fleur Pellerin s'était amusée à parodier son évanouissement à la Marion Cotillard:


Et Fleur Pellerin parodia Christine Boutin par LeHuffPost

Cette fois, Christine Boutin en a marre, comme elle l'a expliqué devant les caméras deRue89. Manque de chance, Audrey Pulvar et Roselyne Bachelot se sont amusées à lui envoyer une petite carte postale à leur façon dans la "Boîte à questions" du Grand Journal de Canal Plus (voir vidéo en tête d'article).


Pulvar et Bachelot envoient une carte poste à... par LeHuffPost

Une provocation qui n'est pas sans rappeler le "Baiser de Marseille", une photo prise en pleine manifestation anti-mariage gay.

Mercredi 10 avril, Christine Boutin a réagi à cette séquence sur son compte Twitter. Et de manière plutôt directe, pour ne pas dire cinglante.


Existe t il plus homophobe qu'un ancien ministre et une journaliste singer des lesbiennes pour m'offenser?Moi je m'en fous de leur niaiserie

Cela devient carrément ridicule ! ...

Triste aussi et je ne suis pas suspecte ayant toujours pris la défense des gays quand ils étaient attaqués. Seulement voilà, complètement impuissant, le Gouvernement a pensé qu'il fallait faire diversion en mettant en avant ce fait de société (avant l'heure selon toute évidence et maladroitement) Conséquence : nous voilà repartis 40 ans en arrière. C'est cela le progrès ? …

Au lieu d'imposer le mariage et les conséquences qui en découlent en ce qui concerne l'adoption, il aurait suffi de mettre au point un contrat civil protégeant les droits des gays et personne n'aurait rien trouvé à redire. Du reste qu'est devenu ce fameux droit à la différence, tant prôné jadis ? … Et quelle est la proportion de gays qui désirent réellement adopter un, voire plusieurs enfants ? Puisque nous avons la manie des statistiques, a t-on enquêté en ce sens ? …

Il ne faut pas vouloir aller plus vite que la musique et une fois de plus, c'est en amont qu'il faudrait cesser d'endoctriner les gens. Quand une éducation religieuse évoque les foudres divines déclenchées par Sodome & Gomorrhe, comment voulez-vous que le fait soit accepté par tous ? Alors oui, Raffarin a raison : c'est la chienlit !

Quant à Fleur Pèlerin a t-elle oublié que le délit d'insulte existe ? Si nos politiques ne sont même plus responsables de leurs dires, effectivement nous dérivons dangereusement. 

S. @

14:55 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

13/04/2013

Florange, la non-urgence, contrairement au mariage gay !

Télérama Florange.jpg

REPORTAGE | La projection de “La Promesse de Florange”, le film d'Anne Gintzburger et Franck Vrignon, a scellé la fin du combat des salariés. Découvrez le film en avant-première ce vendredi à 19h sur Télérama.fr.

Le 12/04/2013 à 10h09 - Mis à jour le 12/04/2013 à 19h09 
Marie Cailletet

 Image extraite de La Promesse de Florange. © Chasseur d'Etoiles

Image extraite de La Promesse de Florange. © Chasseur d'Etoiles

10 avril 2013. En cette fin d’après midi, le ciel gris acier s’est finalement troué d’une brèche lumineuse au-dessus de la Passerelle. La projection en avant-première du documentaire d'Anne Gintzburger et Franck VrignonLa Promesse de Florange, a beau n’être annoncée que pour 19h30 dans la salle de spectacle de Florange, ils arrivent déjà par petites grappes. Soucieux pour certains de ne pas rater l’histoire du « combat de leur vie », celle de leur résistance pied à pied, nuit après nuit, au dessein du groupe indien Arcelor-Mittal d’en finir avec les derniers hauts fourneaux lorrains. Désireux pour d’autres de manifester, une fois encore, leur solidarité avec les irréductibles de la vallée de la Fensch.

>> Florange : deux documentaires sur la lutte des salariés d'Arcelor-Mittal à voir sur Télérama.fr

Deux ans durant, à coup de marche ralliant la Moselle à Paris, de blocage de trains, de protestations devant le Parlement européen, les métallos ont été sur tous les fronts. Popularisant leur lutte, médiatisant leur insoumission. De syndicale, au détour de la campagne présidentielle de 2012, leur lutte est devenue l’emblème de la possible inversion du rapport de force entre le capitalisme financier et les ouvriers, de la prééminence retrouvée du politique.

Alors, ce film qui retrace leur histoire, leurs douleurs et leurs liesses, de l’élection deFrançois Hollande à la « trahison » de sa promesse, ils veulent le voir. Savoir s’ils s’y reconnaissent, si le film prend bien le pouls de leur région sinistrée, de la rudesse de leur combat, mais aussi de leur attachement viscéral à cette fonte en fusion qui noircit les corps et fonde les fraternités. Peu à peu, en silence, ils investissent les travées de l’amphithéâtre, oublieux des papiers « réservé »scotchés sur quelques sièges.

<p>Edouard Martin, des salariés d'Arcellor Mittal et leurs femmes figurant dans le film, lors de projection du documentaire <em>"La promesse de Florange"</em> devant les sidérurgistes. Salle La Passerelle. Florange, le 10 avril 2013. © Pascal Bastien pour Télérama</p>

Edouard Martin, des salariés d'Arcellor Mittal et leurs femmes figurant dans le film, lors de projection du documentaire "La promesse de Florange" devant les sidérurgistes. Salle La Passerelle. Florange, le 10 avril 2013. © Pascal Bastien pour Télérama

Il y a là les Florange, Lionel, Antoine, Greg, Jérôme, Ali et leur porte-voix Edouard Martin. Mais aussi les compagnes, les proches… Une partie de la vallée des Anges, quelque quatre cents personnes. Tous sagement assis, comme recueillis. Un calme bientôt troublé par le crépitement des flashs et le déplacement virevoltant d’une nuée de journalistes. Bernard Lavilliers, ancien sidérurgiste, fils de sidérurgiste, compagnon de route des métallos depuis trente ans, est venu sans guitare. « Je préfère le voir ici. Ce film sur la vie, la difficulté de perdre son boulot, n’aura pas la même couleur qu’à Paris. »

<p>La réalisatrice Anne Gintzburger et Bernard Lavilliers pendant la projection du documentaire <em>"La promesse de Florange"</em> devant les sidérurgistes à Florange, le10 avril 2013. © Pascal Bastien pour Télérama</p>

La réalisatrice Anne Gintzburger et Bernard Lavilliers pendant la projection du documentaire "La promesse de Florange" devant les sidérurgistes à Florange, le10 avril 2013. © Pascal Bastien pour Télérama

Doucement, Anne Gintzburger, l’auteure de La Promesse de Florange, s’avance dans le halo des projecteurs en contrebas de l’amphithéâtre. « Je suis heureuse de vous revoir. Je vais avoir besoin de m’accrocher à quelques visages bien connus pour être un peu moins intimidée par cette salle. » Elle s’arrime donc à celui de Jean-Louis, rencontré il y a vingt-et-un ans à l’occasion du tournage d’un sujet d’Envoyé spécial sur la fermeture du site voisin d’Uckange, et dont elle est devenue l’amie.

<p>Anne Gintzburger, réalisatrice du documentaire <em>"La promesse de Florange"</em>. © Pascal Bastien pour Télérama</p>

Anne Gintzburger, réalisatrice du documentaire "La promesse de Florange". © Pascal Bastien pour Télérama

Elle poursuit : « Je ne suis pas d’ici, je ne suis pas des vôtres, je n’ai pas traversé ce que vous avez traversé depuis vingt-et-un ans mais j’ai senti vos espoirs, vos désillusions, vos déceptions. J’ai eu envie de confronter vos visages, vos mots à cette promesse politique. » Ce fameux engagement pris par le candidat François Hollande, du haut d’une camionnette syndicale : « Quand une grande firme ne veut plus d’une unité de production mais ne veut pas non plus la céder, nous ferons obligation que des repreneurs interviennent. »

Alors, la réalisatrice est revenue filmer en Lorraine, pour porter témoignage des effets de cette promesse dans « la vie des hommes et des femmes d’ici. » Et son documentaire, sa façon à elle d’incarner les valeurs « qui ont du sens dans nos vies », elle est sur le point de leur livrer. Emue et tendue.

<p>Projection du documentaire <em>"La promesse de Florange"</em> devant les sidérurgistes à Florange le 10 avril 2013. © Pascal Bastien pour Télérama</p>

Projection du documentaire "La promesse de Florange" devant les sidérurgistes à Florange le 10 avril 2013. © Pascal Bastien pour Télérama

L’obscurité faite, les images déferlent sur l’écran. Nul bruit, la concentration est palpable, rompue seulement par quelques éclats de rires, saluant les saynètes cocasses. Telle cette séquence dans la cour de l’Elysée. Les Florange viennent d’être reçus par le président, sur le perron, la photo de famille inédite entend symboliser le nouveau quinquennat. Pour immortaliser l’instant, Antoine se penche, ramassant quelques cailloux : « Je vais les prendre avec moi, je vais les mettre dans la poche. C’est un petit souvenir, faut pas le dire, après ils vont me traiter de voleur… »

Ou ce moment surréaliste. Depuis des semaines, le climat est explosif avec le directeur du site d’Arcelor-Mittal. Les Florange entendent lui demander des comptes et se renseignent au téléphone sur la présence de vigiles, susceptibles de leur barrer l’accès : « Ils sont en train de passer leur visite médicale ? C’est incroyable ça ! Pour savoir s’ils sont aptes à nous fighter la gueule ? » Et le cri du cœur rigolard d’Edouard Martin : « On veut même pas le séquestrer, faudrait le nourrir après. »

Puis, le silence reprend ses droits. Aucun sifflet, aucun juron ne viendra saluer les images de Hollande ou d’Ayrault. Comme si tous, dans la salle, avaient définitivement intériorisé les renoncements cyniques des politiques. Seuls les propos des compagnes, verrouillés par la pudeur, rapprochent les visages dans la pénombre. L’occasion d’échanges furtifs sur la difficulté à vivre dans la durée l’absence de l’autre rivé au piquet de grève, à survivre financièrement depuis quatorze mois.

<p>Les hauts fourneaux, dans le film <em>Les Promesses de Florange.</em> © Chasseur d'Etoiles</p>

Les hauts fourneaux, dans le film Les Promesses de Florange. © Chasseur d'Etoiles

Les derniers plans défilent et Anne Gintzburger peut être soulagée tant les applaudissement enflent. L’ovation debout se poursuit un moment tandis qu’elle invite « tous ceux du film » à venir la rejoindre. Comme si souvent avant, ils forment un demi-cercle, se tenant par les épaules. Sans esbroufe, chacun glisse un mot, saluant le film, remerciant du soutien dont ils ont bénéficié dans l’opinion publique. Plus disert, Lionel commente : « L’exécutif a négligé la dimension humaine. Ce film retrace un collectif, la lutte de l’intersyndicale avec parfois des stratégies, des opinions différentes mais avec un objectif commun contre la mort d’un métier, d’un outil, d’un travail. » Car Edouard Martin a beau conclure : « La fonte coulera encore en Lorraine », l’ambiance est plutôt à l’avis de décès.

 Le lendemain, à Paris, le Comité central d’entreprise entérinera l’arrêt définitif des hauts fourneaux. Tous dans la salle le savent. Au fil des travées qui se vident, les accolades fraternelles se succèdent. D’un « Tu vas toi ? », on se soutient, on s’entoure parce qu’on sent bien que c’est fini. Le plan social va se mettre en branle. Il y aura des départs, des reclassements mais il va falloir faire le deuil de ce combat collectif, des mois passés ensemble. Avec pudeur, jamais pour eux, certains s’alarment de l’épreuve du lendemain solitaire pour untel, appréhendent la déflagration d’un retour au quotidien millimétré pour l’autre.

Reste, malgré l’échec, la fierté d’avoir résisté, d’avoir inoculé l’idée que, pour peu qu’il le veuille, le politique pouvait avoir encore la main. D’ailleurs, en guise de paraphe, Edouard Martin jette : « On a été trahis une fois. Je n’ose imaginer que le président puisse nous trahir une deuxième fois. On attend sa visite à Florange, il nous doit ça. »

" Compte dessus et bois de l'eau, bonhomme ! "  ... 

10:29 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

12/04/2013

" couleur " un mot à radier du vocabulaire ? ...

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  • )

Illustration du climat tendu qui règne lors de l'examen du projet de loi sur le mariage pour tous, cette sortie du sénateur UMP Bruno Retailleau à l'encontre de l'écologiste Esther Benbassa : "Nous n'avons pas la même couleur politique. D'ailleurs d'autres couleurs non plus". Après une interruption de séance, le sénateur a tenu à lever toute ambiguïté.

Esther Benbassa a été prise à partie par l'UMP Bruno Retailleau au Sénat © Maxppp

Les débats durent, au Sénat. Les sénateurs examinent actuellement l'article 4 du projet de loi sur le mariage pour tous, qui en comporte 22. Normalement, l'examen doit se terminer vendredi. Comme la gauche se retrouve souvent minoritaire en nombre dans l'hémicyle, chaque amendement, ou presque, est voté selon la procédure.

Les débats s'éternisent donc. Et les esprits s'échauffent... Illustration, avec cet incident de séance jeudi après-midi. "Nous n'avons pas la même couleur politique. D'ailleurs d'autres couleurs non plus", a lancé Bruno Retailleau, sénateur UMP - et président du conseil général de Vendée - à l'encontre de sa collègue écologiste Esther Benbassa. "C'est scandaleux, je vous demande des excuses !", s'est exclamé Jean-Vincent Placé, le président du groupe écologiste.

Après une suspension de séance, Bruno Retailleau a fait cette mise au point : "Je voudrais dire solennellement, en m'adressant à ma collègue qui n'arrêtait pas de m'interrompre, que j'ai visé la différence de couleur politique et vestimentaire. S'il y a une ambiguïté, je la lève". Fin de la polémique ? Pas si sûr...

"Je suis blanche et j'ai un accent qui est ma négritude" (Esther Benbassa)

Peu après, les deux sénateurs se sont à nouveau affrontés. Sur le plateau télévisé de Public Sénat. Esther Benbassa : "J'aimerais qu'on arrête ce genre de propos. Je suis blanche et j'ai un accent qui est ma négritude. Ni la religion, ni la couleur des gens ne devraient entrer en considération dans cet hémicycle qui est l'espace de la République".
Et Bruno Retailleau de se défendre : "Il ne faut pas jeter l'anathème sur les gens, prendre des propos et les déplacer pour leur donner un autre sens, ça ce n'est pas acceptable."

Source : France Info

Pourtant, le moins que l'on puisse dire est que la dame est " haute en couleurs "  Elle l'a prouvé maintes et maintes fois sur les plateaux de télévision. Bientôt nous ne pourrons plus rien dire, la suspicion règne en permanence sur le langage ... Bel exemple de procès d'intention : ce climat devient de jour en jour plus infect. Même si je ne partage pas un point de vue, je me battrai toujours pour la liberté de parole car si nous abandonnons cela, nous sommes irrémédiablement fichus. " Liberté, liberté chérie ! " ... où es-tu passée ? Cette algarade est purement et simplement ridicule. Un prétexte à affrontement, c'est tout et le sénateur en question n'est pas de mes copains pourtant. Or si l'habit ne fait pas le moine, se déguiser en clown équivaut à prendre le risque d'être considéré comme tel. 

S. @

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 < Les iconoclasteries des mickeys (en couleurs ?)>

Et pendant ce temps-là, on élude les vraies questions. Par exemple : les boutons du Sénat sont-ils de la même couleur que ceux de l’Assemblée ?

- sans doute pour éviter que cela se reproduise ? ... ils ont voté à main levée. Il faut dire qu'ils n'étaient pas nombreux ! ...

07:44 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)