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19/05/2013

Le français, une langue bientôt morte ...

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Philippe ARNAUD

En nommant Nicole Fioraso ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Hollande savait très bien qu’en confiant cette responsabilité à une femme d’affaires, il poursuivait et amplifiait la démarche de Pécresse, elle-même fille d’un universitaire homme d’affaires. Hollande n’a beau avoir la finance que pour « seul ennemie », la financiariasation de l’université va se poursuivre de plus belle avec les Solfériniens. Pour ce faire, il convient, entre autre, de mettre au rancart la seule arme dont disposent les gens de culture, chez nous comme ailleurs : la langue. Remiser le français, l’italien, l’espagnol, l’allemand etc. au profit du globish, de la langue de Wall Street. Fioraso a prévenu : s’ils ne basculent pas partout et tout le temps vers l’anglo-américain globish, les universitaires français se retrouveront « à cinq à discuter de Proust ». On sent bien que le mépris que voue cette personne aux enseignants du supérieur n’a d’égal que celui qu’affichait Sarkozy qui, lui au moins, avait l’excuse d’avoir raté ses études, de la 6ème au DEA.

Ci-dessous une remarquable analyse de Philippe Arnaud sur quelques minutes consacrées par le Journal Télévisé de France 2 à un basculement qui va contribuer à faire de la France une colonie, non pas des États-Unis, mais du monde de la finance.

LGS

* * *

Je m’arrête ici sur un sujet du journal de 20 h du mercredi 15 mai, par David Pujadas. Ce sujet (traité un peu après 20 h 23, comme l’annonce Pujadas) avait pour sujet : "Cours en anglais, la polémique à l’université".

On a, d’abord, une présentation générale de plusieurs sujets, parmi lesquels celui-ci, dont voici le chapeau : "A suivre : renoncement ou pragmatisme ? Faut-il développer les cours en anglais pour attirer les étudiants chinois ou indiens ? Le projet de loi enflamme les défenseurs de la langue française". Puis, après la présentation d’un autre sujet, Pujadas passe à celui qui nous occupe :

David Pujadas : "Dans l’actualité également, cette polémique, très vive, qui a trait à la défense du français et à l’évolution de l’Université. Le gouvernement souhaite, vous le savez, rendre notre enseignement supérieur plus attractif auprès des étudiants étrangers, et une nouvelle loi va élargir, même si c’est à la marge, les cours en anglais. Alors, faut-il parler d’opportunité, ou de sabordage de la langue ? Le projet, en tout cas, met en émoi une partie de la sphère intellectuelle : certains crient au scandale, d’autres estiment que c’est une chance pour la France. Enquête : Anne Ponsinet avec notre bureau à Toulouse".

[Dans une salle, d’une soixantaine de personnes, on voit un jeune professeur dire : "Good afternoon, everybody".] Anne Ponsinet : "Les étudiants sont français, le prof est néerlandophone. Mais, en mastère, depuis cinq ans, dans cette école de commerce, les cours se font en anglais même quand l’enseignant est français, c’est comme une évidence.

Un étudiant : "Il y a un vocabulaire spécifique à apprendre, qu’on n’a pas l’habitude de maîtriser dans la vie de tous les jours, mais... on se forme... à force d’entendre, on finit par ne plus faire vraiment la différence".

Le professeur [traduction du propos qu’il tient en anglais] : "Ils veulent faire une carrière dans le commerce, alors il faut parler la langue du commerce et c’est l’anglais. Ce n’est ni le néerlandais, ni l’espagnol, ni l’allemand, c’est l’anglais."

Anne Ponsinet : "Dans le sillon des écoles privées, l’université aussi s’est mise au cursus en anglais. Comme la très prestigieuse école d’économie de Toulouse. Ici aussi, on veut les meilleurs profs, quitte à faire des infidélités à la francophonie."

[Ici, intervention de Bruno Sire, président de l’université de Toulouse I : "Dans mon université, on a à peu près 10 % de notre corps enseignant qui est étranger et qui ne maîtrise pas suffisamment la langue française pour enseigner correctement en français. Donc, ces gens-là, j’ai besoin de leur permettre d’enseigner en anglais ou dans leur langue d’origine, et donc, si on m’interdit de le faire, ces gens ne viendront plus en France et ça sera une perte sèche pour nos équipes de recherche.]

Anne Ponsinet : "Pour ces universitaires, c’est une évidence, la loi doit autoriser ces cours en langues étrangères, aujourd’hui seulement tolérés. [Ici, changement d’écran, on passe d’une salle de classe à l’Assemblée nationale.] Idée combattue au contraire cet après-midi par l’UMP Jacques Myard, au nom de la défense du français"].

Jacques Myard [qui, ironiquement, s’adresse au Premier ministre en anglais] : "Mr Prime minister, I wish to ask you a question".

Anne Ponsinet : "Interpellé sur son renoncement à défendre sa langue, la ministre répond au nom de l’attractivité des universités françaises".

Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : "Pour accueillir les étudiants des pays émergents, la Corée, l’Inde, le Brésil, dans les matières scientifiques, économiques, techniques, qui, aujourd’hui, ne viennent pas en France, ils nous le disent, à cause de l’obstacle du langage."

Anne Ponsinet : "Loin de l’hémicycle, le philosophe Michel Serres s’inquiète de son côté de voir sa [accentué sur "sa"] langue française déserter certains domaines scientifiques ou techniques à l’université".

Michel Serres : "Dès lors qu’une langue ne peut plus tout dire, elle est virtuellement morte. C’est-à-dire, une langue n’est vivante que quand elle peut tout dire. Et par conséquent d’enseigner certains types de techniques, certains types de sciences, certains types de spécialités dans une autre langue, enlève à la langue les corpus correspondants. Et par conséquent, elle ne peut plus tout dire, elle est donc virtuellement morte".

Anne Ponsinet [Ici, vue d’un laboratoire, avec deux jeunes gens]. "Le bruit de la polémique est parvenu jusque dans ces labos de génétique de l’université Paris-Diderot. Mais cela n’ébranle pas ces étudiants, venus de partout. Ils communiquent en anglais mais chacun a derrière lui de longues années de formation dans sa langue maternelle. La loi elle-même prévoit de réserver l’enseignement en langues étrangères à un nombre

David Pujadas : "Bonsoir Claude Hagège, vous êtes un linguiste renommé, professeur au Collège de France, et vous êtes opposé à ce projet de loi. Trois questions : est-ce que ça ne fait pas partie, tout de même, du rayonnement de la France que d’accueillir davantage d’étudiants de ces puissances émergentes, qui seront, de toutes façons, immergés dans la culture et la langue françaises ?"

Claude Hagège : "Cet argument ne serait convaincant que s’il était certain que c’était la raison principale pour laquelle les étudiants étrangers viennent en France. Or la raison qui amène des étudiants étrangers dans un pays, c’est non pas la langue dans laquelle l’enseignement y est dispensé, mais la qualité de cet enseignement. Jusqu’ici, que je sache, dans un grand nombre de disciplines de pointe, la qualité de l’enseignement en France est excellente et reconnue mondialement, premièrement. Deuxièmement, le français est une langue à vocation internationale depuis le XIIe siècle, et par conséquent la France est bien le dernier pays qui peut l’admettre pour d’autres pays dont la langue ne rayonne pas dans le monde entier – qui peut vouloir ouvrir ses portes à l’anglais alors que le français est lui-même une langue à vocation mondiale. Pourquoi diable irait-on se faire hara-kiri et pourquoi est-ce qu’on donne cet argument, qui n’est fondé sur rien de sérieux, selon lequel les Indiens et les Chinois... - les Chinois, parlons-en ! Il existe en ce moment, 1400 instituts Confucius [Hagège prononce le mot en chinois et le répète à la française], la Chine, par conséquent, développe des efforts considérables, financés par des moyens énormes, pour répandre sa langue. Et nous, nous devrions, sous prétexte d’accueillir des étudiants chinois, saborder la nôtre : qu’est-ce que c’est que cette plaisanterie ?

David Pujadas : "Mais, est-ce qu’on ne risque pas, tout de même, d’avoir une université 100 % française mais un peu marginalisée ? Vous citez des étudiants chinois par exemple qui parlent français, mais ça n’est pas le cas de tous ces étudiants. Est-ce qu’il ne vaut mieux pas les avoir en France même si leurs cours, et seulement leurs cours, sont parfois en anglais ?

Claude Hagège : "Les étudiants qui viennent en France savent que la langue nationale, et officielle, de ce pays, est le français. Et, par conséquent, si ce qui les attire, c’est la vraie, et bonne et seule raison, à savoir la qualité de l’enseignement, ils apprennent le français, un point c’est tout ! Je ne vois pas pourquoi on devrait aller au-devant de cette nécessité, à supposer que, véritablement, ça attire les étudiants. D’autre part, si on veut vraiment s’assouplir en essayant de s’ouvrir à ces suggestions, il faudrait voir ce qui se passera, de manière prospective, dans les trois ou quatre ans à venir, c’est-à-dire tirer les conclusions de ce que cette loi, si elle était votée, par le Parlement - ce qu’à Dieu ne plaise - aurait permis d’attirer comme nombre d’étudiants étrangers. Tant qu’on n’en sait rien, c’est un pur pari sur l’avenir. Pour le moment, si on se fonde sur le présent, la France a 13 000 étudiants étrangers et elle se place, sur ce plan, très très bien. Le ministère prétend que on pourrait passer à un rang encore plus avancé, plus près du premier, en donnant grâce à cette loi, audience à l’anglais. En fait, on n’ose pas l’appeler l’anglais, on l’appelle langue étrangère. Jamais, sous langue étrangère, il s’agit, comme ça devrait être le cas, de l’italien, de l’allemand, du russe, de l’arabe, des [accentué sur "des"] langues étrangères. Il s’agit, sous le nom de langue étrangère, de manière hypocrite, de l’anglais seul..."

David Pujadas [impatient et un un peu narquois] : "Merci..."

Claude Hagège : "Mais, par conséquent, pourquoi voulez-vous qu’on soit... allo..."

David Pujadas : "Terminez votre phrase..."

Claude Hagège : "Pourquoi voulez-vous que l’on soit ouvert à une langue qui a pour vocation un impérialisme absolu ? Ce pourquoi je lutte moi-même, cher monsieur Pujadas, ce n’est pas le français seul, c’est la di-ver-si-té ! L’anglais est une menace mortelle pour la diversité ! Nous luttons, ceux qui sont contre cette loi, non pas pour le français seulement, mais pour la diversité des langues, c’est-à-dire pour quelque chose qui permette à notre univers d’être autre chose qu’un univers absolument effroyable...

David Pujadas [dont l’impatience est montée d’un cran] : "On a compris..."

Claude Hagège : "...Une menace redoutable, sur ce plan..."

David Pujadas : "On a compris votre point de vue... ! Merci, Claude Hagège, d’avoir répondu à notre invitation !"

Remarque 1. Cette remarque porte sur le vocabulaire et l’utilisation de certains mots.

- D’abord, celui de "pragmatisme" : le pragmatisme, dans le jargon de droite (ou néo-libéral), c’est ce qui est opposé à l’idéologie (synonyme de gauche). Le pragmatique, c’est celui qui recherche l’utilité et l’efficacité et, par glissement de sens, celui qui prend les choses telles qu’elles sont et ne cherche pas, au nom des "idéologies", à les changer. Par exemple une usine qui pollue exige d’énormes investissements pour être propre, mais si l’Etat exige ces investissements, les actionnaires délocaliseront l’usine sous des cieux moins intolérants. Alors on est "pragmatique", on n’exige rien : les ouvriers auront toujours le SMIC en salaire et le cancer en prime.

- Puis le "100 % français". Le "100 % français" est une variante, une déclinaison du "franco-français" qui, dans le langage des "élites" (mondialisées, anglophones et néo-libérales) signifie conservation de coutumes bizarres, ringardes, et, surtout, inconnues partout ailleurs, comme le smic, la Sécu, le syndicalisme politisé, le statut de la fonction publique ou la fidélité à l’ordonnance de Villers-Cotterêts (promulguée en 1539 par François Ier et qui imposait l’usage exclusif du français dans l’administration et le gouvernement en lieu et place du latin).

- Ensuite, les mots qui composent le membre de phrase "émoi [dans] une partie de la sphère intellectuelle". Il faut voir quel effet - et, surtout, quel effet négatif - est donné à cette accumulation de mots, en commençant par le dernier :

- 1. Intellectuel, est un terme qui, dans une large partie de l’opinion (générale à droite, bien représentée à gauche) a une connotation négative. L’intellectuel, c’est celui qui est "éloigné des réalités", celui qui "pédale dans la semoule", celui qui "se masturbe l’esprit", celui qui est payé - généreusement - par des contribuables travaillant dur, et qui, en échange, fournit des élucubrations, voire crache sur ces contribuables.

- 2. La sphère évoque une forme parfaite, idéale [conforme aux idées éthérées, irréalistes, des "intellectuels"] et une idée d’éloignement (les hautes sphères), ou d’isolement (on est dans sa sphère comme on est dans sa bulle, la bulle ayant, bien entendu, une forme sphérique). Si un intellectuel est déjà à une distance interplanétaire de la population, une "sphère intellectuelle", elle, en est à une distance interstellaire...

- 3. Au cas où on n’aurait pas compris la quantité négligeable qu’est cette "sphère intellectuelle" opposée à la loi, on précise qu’il ne s’agit que "d’une partie" d’entre elle. Autrement dit, pour filer la métaphore astronomique, cette sphère, ce n’est même pas Jupiter, c’est juste l’astéroïde Phobos, qui gravite autour de Mars.

- 4. Enfin, l’émoi. L’émoi, ce n’est pas l’émotion. L’émotion est forte et est suscitée par un évènement traumatisant. Les enfants qui ont vu un adulte se suicider ont eu une émotion. La grenouille de bénitier qui a vu le sexe de monsieur le curé a eu un émoi. L’émoi – par rapport à l’émotion – a une connotation d’affecté, d’exagéré, de ridicule. L’émotion, c’est ce que ressentent les Marseillais qui en sont à leur troisième meurtre depuis le début de l’année, l’émoi, c’est le lot des personnages de "La cage aux folles"...

Remarque 2. La minimisation de la chose.

- Au cours de la présentation, tout est fait pour minimiser l’ampleur (et surtout, les conséquences) de la loi : "c’est à la marge", "l’enseignement en langues étrangères sera réservé à un nombre limité de formations". [Décryptage : puisque c’est marginal, pourquoi tous ces intellos viennent-ils nous "gaver" avec leurs lubies ?].

Remarque 3. La force majeure devant laquelle on doit s’incliner.

- De même qu’Alain Madelin, jadis, ou Laurence Parisot, récemment, pour nous faire avaler le brouet néo-libéral, le comparent à des réalités physiques (la pluie, l’orage) ou humaines (la mort, la maladie, la fin de l’amour), aussi naturelles qu’inéluctables [sous-entendu, même si ça ne vous plaît pas, il faudra bien que vous l’acceptiez - ce qui constitue, d’ailleurs, un aveu de faiblesse idéologique], de même tout est-il fait, ici, pour imposer le sentiment de l’inéluctable :

- "Les cours se font en anglais, c’est comme une évidence..."

- "La langue du commerce, ce n’est que l’anglais..."

- "Si on n’autorise pas l’anglais, les Brésiliens, Indiens, Coréens, ne viendront pas..."

- "C’est tout de même le rayonnement de la France...", "de toutes façons, ils seront immergés". [On notera que ce dernier "argument" est une application de "l’argument dit du pire" : oui, nous sommes immondes, mais, de toutes façons, si nous ne l’étions pas, d’autres le seraient à notre place. Oui, c’est mal d’exploiter les ouvrières bengalies, mais si ce n’était pas nous, ce seraient les Japonais, Alors, pourquoi se gêner ?].

Remarque 4. La présentation des intervenants des deux parties.

- Tout est fait pour donner, dans cette présentation, une image valorisante de la loi et dévalorisante de ses opposants.

1. Les images présentent des étudiants jeunes, des professeurs jeunes (ils sont l’avenir, le dynamisme), alors que les opposants sont des "vieux". Jacques Myard, le plus jeune (66 ans) est filmé dans un cadre (l’Assemblée nationale) et une tenue (costume-cravate) qui, psychologiquement, ajoutent à son âge. Michel Serres (83 ans) et Claude Hagège (77 ans) même s’ils sont toujours très vifs, très incisifs, ne peuvent dissimuler leurs années.

2. Certes, à l’inverse, Bruno Sire, le président de Toulouse 1, n’est plus tout jeune (62 ans), mais il est filmé dans son bureau de l’université [décryptage : il fait partie des actifs, "lui", il intervient dans le cadre de sa fonction, lui, il répond aux "vrais" besoins des étudiants, il est "pragmatique"], alors que Michel Serres, par exemple, est manifestement filmé chez lui.

[Décryptage : intervenant de chez lui, il ne peut intervenir que pour une raison privée, personnelle, pour une lubie de vieux, une lubie qui voudrait qu’on appelle les mails des courriels ou qu’on dise "en direct" au lieu de "en live". Ce qui est bien souligné par l’insistance sur le possessif "sa" (de "sa" langue) : la langue de Serres, ce n’est pas la langue des jeunes, c’est la langue du passé]. Même chose pour Claude Hagège : il intervient à l’extérieur, dans un lieu qui a l’air d’être une cour intérieure (arbres, pelouses) entre deux immeubles modernes. [Décryptage : quand on travaille, on est à l’intérieur. Quand on est dehors, c’est qu’on se balade, qu’on baguenaude, qu’on est hors du coup...].

3. De même, pendant que Claude Hagège répond à David Pujadas, on voit l’écran se partager et Hagège ne plus occuper qu’un quart de la surface de l’écran, pendant que, sur les trois autres quarts, en juxtaposition, apparaissent les étudiants, manière de souligner la différence d’âge, et, surtout, l’importance psychologique accordée aux deux parties : le discours, l’argumentation d’Hagège sont, en quelque sorte, minimisés, contrebalancés, niés par l’importance spatiale accordée à son image.

Remarque 5.

Claude Hagège ne parle pas comme on parle à la télévision. Il fait des phrases longues, avec des incises, des subordonnées. On s’en aperçoit lorsqu’on transcrit ses propos : ce n’est pas de l’oral, avec des hésitations, des fautes d’accord, c’est de l’écrit, c’est du français lu. [Auquel s’applique l’expression, moins usitée de nos jours de "parler comme un livre"]. La respiration, le rythme, le tempo de Claude Hagège ne sont pas ceux, hachés, syncopés, de la plupart des journalistes - et, plus encore, des animateurs - de télévision.

On peut même se demander si, au-delà du /fond/ du discours de Claude Hagège (notamment de sa perspicace remarque sur l’hypocrisie de l’emploi "langues étrangères" pour camoufler le seul anglais), ce n’est pas cette /forme/ lente, désaccordée au ton du média, qui, au moment de la deuxième intervention de Claude Hagège a amené Pujadas à arborer un sourire mi-protecteur, mi-narquois.

[Claude Hagège avait-il un retour d’image et, s’il voyait sourire Pujadas ou (s’il ne le voyait pas), ce dernier a-t-il été assez inconscient, assez léger pour ne pas imaginer que des spectateurs le verraient et rapporteraient son attitude à Hagège, ou que celui-ci - comme je l’ai fait - le verrait a posteriori et y contemplerait tout le mépris s’exprimant à son égard ? Toujours est-il que, s’il est vrai que le sourire /s’entend /(à la radio ou au téléphone), Hagège a dû le pressentir car, à un moment, il a exprimé son irritation par un "cher monsieur Pujadas" - et l’on sait que, lorsqu’on donne à un interlocuteur du "cher monsieur" ou de la "chère madame", c’est qu’il - ou qu’elle - commence à nous chauffer les oreilles !].

Remarque 6.

- David Pujadas (tout comme ceux qui plaident en faveur de la loi Fioraso) se rendent-ils compte de l’imprudence que représente cette loi Fioraso ? Car, passés les quelques avantages temporaires liés à l’accueil d’une poignée supplémentaire d’étudiants, discernent-ils la dégradation qui s’ensuivra pour la culture - et donc pour les intérêts de la France ? Ne voient-ils pas que leur complaisance, au lieu de les servir, les asservit ?

- Que ne méditent-ils ces fortes paroles de René Char, dans Jacquemard et Julia :

- "...Jadis, l’herbe l’herbe avait établi que la nuit vaut moins que son pouvoir, que les sources ne compliquent pas à plaisir leur parcours, que la graine qui s’agenouille est déjà à demi dans le bec de l’oiseau..."

- "Que la graine qui s’agenouille est déjà à demi dans le bec de l’oiseau..."

Philippe Arnaud

P.S. Mon refus de l’anglais dans l’université (ou dans l’entreprise, dans le sport, dans les médias), n’est pas tant le refus de cette langue particulière que de ce qu’elle véhicule le plus souvent avec elle : le culte du fric, de la compétition (et non pas du sport), des affaires, le fétichisme de la technologie.

Je lis volontiers l’anglais qui me parle d’amour, et, plus encore, m’en parle poétiquement, ou [comme je le fais maintenant] qui me relate la guerre de 1870 (eh oui, même des anglophones se sont intéressés à cette guerre à laquelle leur pays – Royaume-Uni ou États-Unis – n’a pas participé). Je précise que mon attitude serait la même à l’égard de toute autre langue qui idolâtrerait les mêmes dieux.

Source : Le Grand Soir

On veut faire disparaître les départements, ensuite on fera de même, peu à peu, pour les pays visés de façon à simplifier la tâche du gouvernement mondial. Tout cela sous couvert de modernité bien sûr et pour parvenir à ce résultat, il convient d'épuiser les ressources tant matérielles que culturelles des lieux concernés. D'autres civilisations ont disparu au cours des siècles, alors pourquoi se gêner ? Il est évident que nous ne sommes qu'en sursis.

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- Ca vous la coupe, hein ? ... Pourtant, c'est comme ça !

08:27 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

16/05/2013

Des " grands " patrons qui ont désindustrialisé la France ...

Chez Jean Matouk.jpg

marteau.jpgLa désindustrialisation de notre pays a été largement commentée et chiffrée. Mais une part de cette désindustrialisation, surtout dans les grands groupes, est due aussi à de tragiques erreurs de management, moins souvent explicitées.

J’en prendrai deux exemples : Alcatel et Technicolor. Pour ceux qui l’ignorent, le premier est l’appendice décharné de la belle Compagnie générale d’électricité, qui avait finalement pris le nom d’Alcatel, le second de Thomson Houston.

1

Alcatel et les erreurs « Tchuruk »

 

Alcatel a encore perdu, au premier trimestre 2013, 173 millions d’euro, et « brûlé » 553 millions de trésorerie, ce qui est le véritable indicateur de sa situation.

La CGE a été nationalisée en 1982 et privatisée en 1987. Jusqu’à cette privatisation, le « monopoly » industriel n’a pas été vraiment critiquable. Alsthom, dont la CGE a acquis la majorité en 1969, a plutôt eu un beau parcours, notamment avec le TGV et, à travers CIT Alcatel et autres opérations, le groupe s’est assez bien mis en posture pour le marché des télécommunications qui allait exploser. L’entrée au capital de Framatome (futur Areva), en 1986, était judicieuse face au développement mondial du nucléaire.

Mais les erreurs vont ensuite se multiplier sous la direction de Serge Tchuruk, qui annonçait d’ailleurs la couleur en proposant une « France sans usines » !

Il va vendre 76% d’Alsthom (les autres 24% seront vendus en 2001), puis Cegelec (1998), puis 38% sur 40% , et la totalité en 2001, de Framatome.

Ces ventes, comme celles du câbleur Nexans, ont été des erreurs pour l’entreprise, mais pas trop pour l’économie nationale. L’entreprise de câbles Nexans, par exemple, vendue par mise en Bourse en 2001, est une entreprise française qui figure dans les leaders mondiaux de son secteur.

Par contre l’erreur majeure, pour Alcatel comme pour l’économie française, fut la fusion avec Lucent technologies, entreprise américaine déjà en grosses difficultés, qui entraîna le couple vers l’abîme. L’espoir d’ouvrir par cette fusion, le marché américain des télécoms de l’avenir s’effondra très vite. Enfin, maintenant la spécialisation dans les équipements de téléphonie fixe, Alcatel puis Alcatel-Lucent, passèrent complètement à côté de la téléphonie mobile, secteur qui devait exploser ces dernières années avec les smartphones.

Bref, le dernier appendice de la CGE est mourant, et sa mort ne sera due qu’à une série d’erreurs de gestion depuis 10 ans. Car Alsthom délesté des Chantiers va plutôt bien et Areva ne se porte pas si mal !

Tant qu’à fusionner, Siemens eut été un partenaire plus logique. Sans doute l’opération aurait elle eu l’aspect d’une absorption par Siemens. Mais peut être des sites français eussent été sauvés.

2

Thomson et l’abandon d’un secteur très porteur

 

Au départ, Thomson Brandt (1966) est issue elle-même de la fusion entre la vieille compagnie française Thomson Houston (1893) et Hotchkiss-Brandt (1956). Thomson CSF apparaît en 1968, à la suite de la fusion des activités électroniques de Thomson Brandt et de la Compagnie générale de télégraphie sans fil, tandis que Thomson Brandt reste concentrée sur l’électro-ménager, qui, après moult péripétie échouera, pour les petits appareils à SEB, et pour le gros électroménager à l’espagnol Fagor.

Thomson CSF a été nationalisée en 1982, et sera subdivisée en un pôle électronique grand public (Thomson multimédia en 1995) et Thomson CSF elle-même qui se spécialisera dans l’électronique professionnelle, surtout militaire.

C’est durant la gestion Gomez qu’a été abandonnée l’électronique médicale, par cession, en 1987, de la Compagnie générale de radiologie à General Electric en échange de l’activité téléviseurs RCA Music,

Très vite, les résultats montrent que cette dernière entité ne fait pas le poids dans le marché mondial. Pour faire bref, en 1997, Alain Juppé, Premier ministre, était même prêt à la revendre à Daewoo pour un franc… après une recapitalisation de 11 milliards de francs.

Mais finalement, c’est autour de Thomson CSF que l’on créé un pôle électronique de défense et espace avec ce qui reste d’électronique d’Alcatel, les activités électronique de défense de Dassault et les activités satellitaires d’Aerospatiale. Privatisé ensuite, Thomson CSF devient Thales.

Le regroupement était judicieux. La réussite de Thales le prouve. Toutefois, une baisse tendancielle depuis 1990 des dépenses d’armement, que ne peut qu’amplifier la crise budgétaire européenne, grisaille un peu l’avenir.

Par contre l’abandon de CGR fut une erreur majeure pour l’entreprise et pour l’économie nationale. La France dépend entièrement des américains et des allemands pour les appareils médicaux de toutes sortes, particulièrement dans l’imagerie médicale, mais aussi dans la dialyse, les appareils de dentisterie… alors que, du fait du vieillissement, ces marchés s’élargissent sans cesse. Quelques start-up se sont lancées récemment avec succès dans ce secteur, notamment pour les robots médicaux, mais que de chiffre d’affaires et d’emplois perdus !

Ce qui reste de Thosmson Multimedaa, qui deviendra Technicolor en 2010, va alors vivre de 2003 à 2012, une faillite larvée, parce que centrée sur les téléviseurs. Elle a dû vendre une à une toutes ses activités de production matérielle, tant en France qu’aux Etats-Unis (Grass Valey). La dernière usine, d’Angers, reconvertie finalement aux seuls décodeurs, sera fermée en 2012, avec 350 licenciements.

Technicolor est maintenant spécialisée dans la fourniture de solutions et services de production audio-visuelle. En raison de son portefeuille de brevets, le FSI vient de prendre 7,5% du capital, mais ce descendant de Thomson CSF n’a plus aucune activité industrielle.

Notre désindustrialisation n’est donc pas seulement un problème de compétitivité pour les PME ou de gamme pour les grandes entreprises, et de relations sociales pour toutes. Elle trouve aussi sa source dans des choix stratégiques de dirigeants qui n’ont été propulsés à la tête de certains groupes, qu’en raison de leurs études à l’X ou de l’ENA.

Recrutés « sur titre », dans cette nouvelle noblesse d’Etat, ils n’ont pas la connaissance interne des entreprises et ignorent souvent tout de leurs techniques et marchés. Contrairement, d’ailleurs, aux grandes firmes allemandes, hollandaises scandinaves, où les dirigeants sont très souvent issus de l’entreprise.

Et je ne suis pas sûr qu’une autre stratégie menée après Jean Gandois (1988-1994) pour Pechiney n’aurait pas permis de conserver en France plus que les 5000 emplois de Castelium.

Certains de nos dirigeants « sur titre“ont brillamment réussi. Il en va ainsi de Louis Gallois successivement à la SNCF et à EADS ( Airbus), ou encore Jean Louis Beffa à Saint Gobain. Mais les erreurs des autres nous ont coûté cher en emplois.

Source : en passant par ... (non pas la Lorraine, désindustrialisée depuis longtemps mais) ... rue 89 " chez Jean Matouk (économiste) "

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Et quand on ne pourra plus payer,  faute de fonds ? ... Un jour ou l'autre, le citron finit par ne plus avoir de jus ... Il est vrai qu'on le jette alors  ! Mais la solution inverse serait de loin préférable d'autant qu'il existe des jus susceptibles de rendre malade ceux qui s'en goinfrent, l'aurait-on oublié ? 

09:59 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

13/05/2013

Une épée de Damoclès au-dessus des retraites ...

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Convaincue par Hollande et Ayrault, la Commission Européenne aurait donné un sursis à la France et renoncé à l’austérité! Trois bobards dans une seule phrase.

Dégonflons l’anarque de la semaine. Convaincue par Hollande et Ayrault, la Commission Européenne aurait donné un sursis à la France et renoncé à l’austérité. Trois bobards dans une seule phrase. Mais d’abord un vocabulaire insupportable ! La France est-elle une délinquante pour que l’on lui accorde ainsi un « sursis » ? Cet abaissement de notre pays est ressenti par des millions de citoyens. Hollande en avait autrefois conscience. Vous vous souvenez peut-être qu’il s’était distingué dans la primaire socialiste en promettant d’aller plus vite dans la réduction des déficits que ne le prévoyait le programme du PS. Il avait alors juré ses grands dieux que cette politique ne lui était pas imposée de l’extérieur mais simplement conforme à l’intérêt national. Alors pourquoi se réjouit-il d’échapper aux objectifs de baisse des déficits s’il les a lui-même fixés ! La satisfaction qu’il affiche est l’aveu qu’il avait renoncé à notre souveraineté budgétaire en ratifiant le traité européen qui donne à la Commission non élue le droit de distribuer peines et sursis.

De plus, la Commission n’a pas renoncé à sa funeste politique austéritaire. Non seulement aucune des coupes budgétaires annoncées par le pouvoir PS n’a été annulée. Le projet de budget pour l’an prochain prévoit encore de généraliser les baisses de crédits, qui frapperaient des secteurs jusqu’ici épargnés. Ensuite, la Commission assortit son délai d’une condition : l’accélération des « réformes structurelles ». Il s’agit notamment de l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites. Le gouvernement en accélère docilement le calendrier ! Le sommet social chargé de l’endosser est avancé au 20 juin. Ayrault reçoit cette semaine les organisations syndicales. Il faut dire que la CFDT, favorable à une « réforme systémique » des retraites, n’est pas très chaude pour ouvrir à nouveau la voie aux projets du gouvernement. La signature de l’accord Made in MEDEF a fait de gros dégâts en interne et la direction de la confédération aimerait que Hollande assume davantage ses choix. Or ceux-ci sont économiquement, socialement et politiquement désastreux. L’allongement de la durée de cotisations fait déjà exploser le chômage des plus de 50 ans. La baisse recherchée du pouvoir d’achat des retraités percuterait l’économie (et creuserait les déficits). Et Hollande donne une fois de plus raison à Sarkozy et au MEDEF.

La fable d’un François Hollande faisant évoluer la Commission européenne relève donc de l’humour noir. Non seulement la Commission ne renonce en rien à ses lubies néolibérales. Mais de plus, Hollande court devant ce qui justifie ses surenchères. Navrant spectacle que de voir ce président qui se définit comme « le bon élève de l’Europe » allant devant la Commission comme à un oral de l’ENA chercher sa bonne note. Nous devons en fait ce repli tactique à la résistance des peuples qui rejette les politiques austéritaires et ceux qui les incarnent. La Commission a été tétanisée par la défaite cuisante de Mario Monti en Italie, un homme qu’elle avait quasiment installé à son poste. Puis elle a été prise à revers par la décision du premier ministre libéral des Pays-Bas qui a renoncé à ses objectifs de réduction des déficits sous la pression des syndicats, tout comme à ses projets de gel des salaires dans la fonction publique ou d’assouplissement de la procédure de licenciement1. Deux mesures qui trônent en bonne place dans la « boîte à outils » de François Hollande ! En Europe comme en France, une seule chose paie face à l’austérité : la résistance.

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Ah oui ! et comment ? ... On peut toujours descendre dans la rue, ils s'en fichent et l'ont déjà prouvé à droite comme à " gôche " - complètement aux ordres de Bruxelles. Nous sommes gouvernés par des liquidateurs.

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12/05/2013

Notre Dame des (Lan ...) lendemains sans pollution politique et autres

SOCIÉTÉ

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11 mai 2013 à 21:30 (Mis à jour: 21:39)
Notre Dame des Landes le 11 mai 2013. Mobilisation pour une chaîne humaine autour de la ZAD (zone à défendre).
Notre Dame des Landes le 11 mai 2013. Mobilisation pour une chaîne humaine autour de la ZAD (zone à défendre). (photo Franck Tomps pour Libération)



REPORTAGE Les opposants au projet d'aéroport ont formé une chaîne humaine de 25 kilomètres autour du site samedi. Propos recueillis parmi les manifestants, connus ou anonymes.

Par JUSTINE RIGHO envoyée spéciale à Notre-Dame-des-Landes

La chaîne humaine encerclant les 25 km du site de Notre-Dame-des-Landes a rassemblé 40.000 personnes samedi selon les organisateurs (13.500 selon la préfecture). Ce rassemblement citoyen, dont l’objectif est l’abandon du projet d'aéroport qui doit être construit ici, a été suivi par des manifestants venus des quatre coins de la France mais également au-delà des frontières. Bretons pour la plupart mais également Vendéens, Suisses, Basques, Bourguignons, Belges. Ils se sont tous tenus la main… en présence des eurodéputés EELV et d’Eva Joly. Paroles recueillies au cours de la manifestation.

Eva Joly, ancienne candidate à la présidentielle d’EELV, venue soutenir les manifestants, a pris part à la chaîne humaine. « Cette manifestation est différente des précédentes car nous avons déjà obtenu quelques victoires. Il y a de l’espoir et je suis là pour dire : "Jean-Marc (Ayrault), il faut abandonner ce projet pharaonique" et "Vinci, nous ne lâcherons rien"». Pour Eva Joly « continuer le projet est contraire au bon sens et au respect de l’écologie. Ce projet est absurde écologiquement et économiquement ». « Cet aéroport ne créera pas d’emplois, il ne fait que les déplacer. Alors que la reconversion écologique, elle, crée des emplois. Il faut utiliser cet argent pour la reconversion écologique ».

Françoise Verchère, conseillère générale PG de Loire-Atlantique et membre de la Cedpa (comité d’élu(e)s doutant de la pertinence de l’aéroport) : « Je ne vois pas sauf opération militaire comment ils pourront faire des travaux. Nous ne bougerons pas ! Il y a de plus en plus de cabanes et de plus en plus de personnes à expulser. Le seul risque c’est l’usure ! » « Le fait que les personnes viennent de toute la France est symbolique du ras-le-bol des Français face à la manière dont les politiques se comportent ». Selon l'élue, « la crise joue un rôle positif pour la mobilisation contre le projet d’aéroport ».

 


Les « naturalistes en lutte » François de Beaulieu et Guy Bouriès : «Après ces six mois passés sur le terrain, nous croyons encore plus à la fin du projet de l’aéroport. On l’avait dit et on le redit, le projet ne fonctionne pas. Maintenant, nous sommes plus confiants car les experts mandatés par l’Etat ainsi que les scientifiques disent la même chose que nous, à savoir qu’il y a de nombreuses défaillances sur le volet environnemental. Les agriculteurs locaux nous accompagnent désormais dans la recherche d’informations ». «Il faut savoir que si les travaux ont été repoussés à fin 2013 c’est en raison de la préservation des espèces protégées comme les libellules et les tritons. Les chauves-souris ont quant à elle été totalement oubliées», souligne Guy Bourlès.

Regula, 40 ans, bénévole à Greenpeace, venue de Zurich : « Je souhaite marquer le coup et dire que c’est pas normal de détruire la nature. Je suis venue à Notre-Dame-des-Landes pour faire passer le message en Suisse où nous en parlons très peu. Je ne connais pas très bien les enjeux politiques du projet » mais ce dernier « est tragique pour les générations futures. » « J’ai pris de nombreuses photos que je partagerai ensuite sur les réseaux sociaux et sur le site du groupe Greenpeace de Zurich ».

Régine, 49 ans, venue du Pays Basque participer à la chaîne humaine : « Dans le pays Basque, nous avons l’habitude de batailler. Cette chaîne humaine était l’occasion de venir soutenir les anti-aéroport. Il faut continuer à avancer dans le mouvement contre les grands projets inutiles ».

Jérôme (prénom modifié), habitant de la ZAD (Zone d'aménagement différé, ou «zone à défendre» pour les opposants), portant un tee-shirt « La Zad partout » : « L’objectif populaire est que le projet n’aboutisse pas. Mais ce qui fait la richesse de cette lutte c’est la diversité des actions, des techniques. Nous ne sommes pas en manque d’idées. 200 comités régionaux sont prêts à agir et à réagir à toute nouvelle tentative d’intrusion sur la ZAD. Nous avons encore beaucoup de boulot! Ce n’est pas le moment de se relâcher».

Solvey, 21 ans, de Landaul (Morbihan), étudiante en architecture du paysage. « Jean-Marc Ayrault s’est décrédibilisé dans cette affaire et revient sans cesse sur ses positions. Ce qui prouve que le projet n’est pas viable. C’est la première fois que je viens sur la Zad et je trouve important de se mobiliser.»

Fils d’agriculteur et urbaniste à Poitiers, Gaëtan ne comprend comment ce projet ne puisse aboutir. « Il faut changer de modèle. Les zones commerciales sont dépassées ainsi que les grands aéroports qui remplacent des terres agricoles. Il faudrait recréer un système ».

Pierre, un Vendéen de 27 ans : « Ce projet symbolise l’ensemble des méfaits de nos institutions. La chaîne humaine est une manifestation très politique mais citoyenne. Toutes les décisions sont prises pour des intérêts particuliers. C’est un modèle contre lequel je me bats et Notre-Dame-des-Landes est selon moi, un projet fondamentalement destructeur. Pour eux, l’important c’est qu’ils rapportent des bénéfices à des actionnaires.»

Pascale, 48 ans, vient de Dijon et porte un drapeau arc-en-ciel, symbole de paix. « La Zad n’est qu’un départ. Il y en a marre de cette robotisation. Je crois profondément à la fin du projet. C’est l’objectif final mais il reste encore beaucoup de boulot.»

Source : LIBERATION.

Grâce (ou à cause) de cette société de consommation qui était destinée à tous nous endormir ... Apparemment, " les veaux " se réveillent à la porte de l'abattoir. Un peu tard, il est vrai, (en règle générale) mais tout n'est peut-être pas perdu ? -

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- Veni, vidi : VINCI ! -

08:59 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)