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23/05/2013

Disparitions

Le Monde Culture Henri Dutilleux.jpg

Par Pierre Gervasoni

Le compositeur français Henri Dutilleux à Paris, le 3 mai 2007.


Henri Dutilleux, un des compositeurs contemporains les plus joués au monde, est mort à Paris, mercredi 22 mai, à l'âge de 97 ans, a annoncé safamille. Avec lui disparaît un maître qui aura fait l'unanimité tant sur ses œuvres que sur sa personne.

Rares sont les compositeurs à avoir eu des créations immédiatement bissées après leur première exécution. Dans son cas, une telle marque d'enthousiasme du public était presque devenue systématique depuis la présentation, en 1970, au Festival d'Aix-en-Provence, du concerto pour violoncelle Tout un monde lointain. Rien qu'à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées, Sur le même accord et Le Temps l'horloge ont connu ce type d'accueil, respectivement en 2003 et en 2009. Par ailleurs, nombreux furent les jeunes compositeurs de toutes tendances à se rendre dans l'île Saint-Louis afin de soumettre leurs partitions à l'œil érudit et à l'oreille infaillible de celui qui minimisa toute sa vie l'influence qu'il put avoir sur ses pairs pour au contraire souligner ce dont il fut redevable en toute occasion.

Lire : " Un artiste soucieux d'autrui"

Né le 22 janvier 1916 à Angers, où sa mère a trouvé refuge pendant que son père est mobilisé sur le front de Verdun, Henri Dutilleux ne se fondra corps et âme dans la contemplation du cœur de la France que bien plus tard, après l'acquisition en 1980 d'une maison en Touraine au confluent de la Vienne et de la Loire. Son enfance est celle d'un "p'tit gars" du Nord, à la fois discret et chaleureux, qui sent monter en lui la force inspiratrice de la nature (les marais, les oiseaux, l'horizon marin) tout en recevant une éducation marquée par le goût du travail bien fait.

Travail artisanal dans le cadre de l'imprimerie dont ses parents, à Douai, entretiennent la réputation de qualité. Travail artistique dans un environnement familial où peinture et musique semblent tracer une voie royale à l'intention du jeune Henri avec, d'une part, un arrière-grand-père paternel, Constant Dutilleux, qui avait eu tant l'estime de Delacroix que l'amitié de Corot, et, d'autre part, un grand-père maternel, Julien Koszul, qui avait été l'intime de Fauré et le révélateur de Roussel...

Encore fallait-il avoir des dons. Henri Dutilleux en a. Dans une bonne moyenne de musicien pour le piano, qu'il étudie très jeune avec sa mère et dans des proportions exceptionnelles pour l'écriture, en particulier sur le plan harmonique. A Douai, le directeur du conservatoire le prend sous son aile et va jusqu'à créer une classe spéciale pour lui alors qu'il n'a que quinze ans. A Paris, ses professeurs (les frères Gallon pour l'harmonie et la fugue, Henri Busser pour la composition) le considèrent comme "l'élu" de la génération montante.

(Quatrième mouvement, Miroirs, de Tout un monde lointain, avec Xavier Phillips, violoncelle,
et Marek Janowski à la tête de l'Orchestre de la Suisse romande)

En 1938, Henri Dutilleux remporte le Premier Grand Prix de Rome. A 22 ans, comme Debussy. Jusque-là, tout s'est passé comme prévu. Le séjour à laVilla Medicis, à Rome, commence à la fin de janvier 1939. Le nouveau pensionnaire s'attend à y passer près de quatre ans. Il n'y restera guère plus de quatre mois... La guerre va changer la donne.

Mobilisé en septembre 1939, Henri Dutilleux ne combattra jamais. Sous-officier à la musique de l'Air, il reçoit une formation de brancardier et attend ses instructions. Le temps de réflexion sur son devenir artistique, qu'il comptait effectuer ans la "Ville éternelle", il le trouve pendant la "drôle de guerre" dans l'attente d'ordre de missions qui consisteront surtout à traverserla France de part en part. Démobilisé en 1940, il fait un bref séjour à Nice, fin 1941, où le régime du maréchal Pétain pense avoir déniché un substitut à la Villa Médicis.

Lire aussi : C'est donc ainsi qu'Henri Dutilleux vit et compose

De retour à Paris en 1942, Henri Dutilleux apprend le métier de compositeur sous l'Occupation. Il fournit des morceaux pour les concours du Conservatoire et honore son statut de Prix de Rome par des essais symphoniques. Mais l'essentiel de son activité se déroule en sous-mains. Considérant que sa formation ne saurait avoir pris fin avec l'épuisement du parcours académique, le nouveau fonctionnaire de la Radio (service des Illustrations musicales) affine son langage en autodidacte à partir de 1943.

Des mélodies créées par le légendaire Charles Panzera le propulsent d'emblée au firmament de la vie musicale. Des partitions pour le théâtre (amorcées en 1945 par Les Hauts de Hurlevent), le cinéma (conclues en 1953 par L'Amour d'une femme de Jean Grémillon) et le ballet (couronnées en 1953 par Le Loup, en collaboration avec Roland Petit) voient le jour pendant une décennie surtout marquée par la recherche d'un style personnel dans le domaine de la "musique pure". La Sonate pour piano, créée en 1948 par Geneviève Joy (épouse du compositeur depuis 1946) et la Première Symphonie, créée en 1951 par l'Orchestre national de France sous la direction de Roger Désormière valent à Henri Dutilleux un statut d'"indépendant", entre tradition et modernité. Sa Seconde Symphonie (1959) et, surtout, ses Métaboles (1965) montrent que le musicien n'ignore rien des orientations contemporaines (appréhension de l'espace, méthode dodécaphonique).

Lire : Dutilleux vient à point à qui sait l'attendre

Assimilées au bénéfice d'une expression en quête de mystère et d'envoûtement, ces particularités d'écriture s'effacent derrière la capacité de Dutilleux à tirer un parti unique des mythiques interprètes qui lui passent commande d'une œuvre. Après la période des chefs d'orchestre (Roger Désormière, Charles MunchGeorge Szell) s'ouvre l'ère des grands solistes. Mstislav Rostropovitch donne en 1970 la première audition de Tout un monde lointain, concerto pour violoncelle qui deviendra l'œuvre la plus jouée du compositeur, nettement devant son équivalent pour violon, L'Arbre des songes, destiné en 1985 à Isaac Stern.

Balançant entre nature (tendance au panthéisme) et culture (prédilection pour la poésie et la peinture), les antennes secrètes de Dutilleux captent des ondes que chaque nouvel opus restitue sous un titre énigmatique. A l'orchestre (Mystère de l'instant, Timbres, Espace, Mouvement) ou pour des formations de chambre (Ainsi la nuit, pour quatuor à cordes, Figures de résonance, pour deux pianos) les partitions des années 1970-1980 fontentendre la voix intime du compositeur. Le retour progressif à l'expression chantée en constitue la suite logique. D'abord fugitivement (trio d'enfants) au sein de The Shadows of Time (1998) puis en pleine lumière avec deux cycles de mélodies pour soprano et orchestre. Correspondances (2003) s'attache à des lettres au goût mystique. Le Temps l'horloge (2009) réunit des poèmes dans une manière de credo humaniste. Le dernier d'entre eux, Enivrez-vous(Baudelaire), invite à un parallèle avec Maurice Ravel. Celui qui fut le grand modèle de Dutilleux au temps du Conservatoire puisa également dans la griserie l'inspiration de sa dernière page. C'est sur un vers bacchique "Je bois à la joie" que se referment Les Chansons de Don Quichotte à Dulcinée, de Ravel. Henri Dutilleux avait assisté à leur création en 1934, depuis le "poulailler" du Théâtre du Châtelet.

Pierre Gervasoni

Dates clés

 

1916 Naissance à Angers

1948 Sonate pour piano créée par Geneviève Joy, son épouse

1965 Création de Métaboles par George Szell et l'Orchestre de Cleveland

1970 Création de Tout un monde lointain avec Mstislav Rostropovitch en soliste

2009 Création de Le temps l'horloge, cycle vocal dédié à Renée Fleming et à Seiji Ozawa

2013 Mort à Paris

 

Source : Le Monde


A la télé, rien vu, rien entendu en revanche, on nous rebat les oreilles avec la disparition de Georges Moustaki qui lui vole la vedette, preuve que l'élitisme n'aura jamais le dernier mot mais on ne compare pas l'incomparable, bien sûr !


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Eliminer au lieu de proposer ...

Mercredi 22 mai 2013

Bandeau agoravox la fin du mot race.jpg

Faire disparaître le mot race des tablettes de la République pour combattre le racisme, c'est faire disparaître le mot beurre des recettes de cuisine pour remédier à l'obésité. La manipulation de l'opinion à si peu de frais relève de la mauvaise cuisine politicienne ; elle a au moins le mérite de donner un aperçu sur le ridicule de nos dirigeants et de convaincre les sceptiques sur les raisons qui nous enfoncent dans le marasme économique.

 

*****

La proposition de loi tendant à la suppression du mot race de la législation a été adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 16 mai 2013. Elle avait été déposée à l’Assemblée nationale le 27 septembre 2012 par MM. André Chassaigne (Parti communiste) et Marc Dolez (Front de gauche) et plusieurs de leurs collègues. Le texte supprime le mot race des neuf codes et des treize lois dans lesquels il apparaît.

 

Frapper le mot race d'infamie, c'est criminaliser un mot. Doit-on pour autant ajouter à la sottise du geste en croyant qu'il est juste ? Croit-on sincèrement que la suppression d'un mot supprimera le racisme ou rendra notre monde meilleur ?

 

Albert Memmi écrivait en 1982 dans Le Racisme : "C'est le racisme qui est naturel et l'antiracisme qui ne l'est pas : ce dernier ne peut être qu'une conquête longue et difficile, toujours menacée, comme l'est tout acquis culturel." De l'effort et du temps.

 

C'est l'effort de ne pas être raciste qu'on veut rendre facile alors qu'il ne l'est pas. Revel l'expliquait en ces termes : "La défiance, la peur ou le mépris vis-à-vis de l'individu différent, qui vient d'une communauté différente, parle d'une langue différente, pratique une religion différente, a une apparence physique différente, sont des sentiments anciens et universels. Ils donnent lieu à des conduites d'exclusion. Au mieux de distinction, au pis, de ségrégation, qui sont les conduites spontanées, populaires hélas! des hommes entre eux. Ce n'est pas un choix raisonné, c'est une donnée anthropologique. Pour surmonter ces sentiments et corriger ces conduites, il faut à chacun de nous une éducation, une philosophie politique, fruit d'une longue participation à la civilisation démocratique, d'une longue imprégnation des mentalités par une morale humaniste et universaliste."

 

Quand il faudrait l'élaboration d'une philosophie politique, la patiente et difficile construction d'une éducation, les hôtes des palais nationaux soignent le monde par des symboles, comme d'autres font des vœux en remplissant les fontaines de pièces de monnaie. De l'effort et du temps.

 

Supprimer un mot en dit long non seulement sur la compétence des gens qui nous gouvernent, mais elle en dit encore plus long sur leur volonté réelle de faire société. Que la proposition provienne de représentants de partis qui puisent leurs racines dans le totalitarisme ajoute au pitoyable de la décision. Renzo de Felice, le grand historien du fascisme, et lui-même socialiste, parlait de l'hitlérisme et du communisme en ces termes : "La vérité, en conclusion, est qu'il s'agit de phénomènes identiques. Le totalitarisme  caractérise et définit le nazisme comme le stalinisme, sans aucune différence réelle. Peut-être me suis-je exprimé en extrémiste ; peut-être l'ai-je dit avec brutalité ; mais j'estime que le moment est venu de s'en tenir aux faits et de briser les mythes faux et inutiles." (Actes du colloque Le stalinisme dans la gauche italienne, mars 1988).

 

*****

On supprime donc les mots. A défaut de construire, on détruit. On prétend soigner, mais on ampute, on pratique la saignée de la pensée en s'attaquant au vocabulaire, comme un médecin de Molière. Le mot Mademoiselle a lui aussi succombé à la passion, féministe celle-là, qui agite notre époque. Croire que la suppression d'un mot améliorera le sort des femmes est affligeant, déplorable, consternant, mais nullement surprenant de la part de nos élus. Pourtant, en aparté, faut-il s'en prendre aux élus ? Quand Berlusconi est annoncé largement en tête des sondages en cas d'élections anticipées (Le Canard enchaîné du 15 mai 2013) et quand Gaston Flosse est réélu président de la Polynésie française (Le Mondedu 18 mai 2013), ne devrait-on pas s'interroger sur la santé des électeurs qui donnent les clés de leur Cité aux plus mauvais d'entre eux ?

 

De tous les textes légaux, la Constitution est le plus connu, la pierre de voûte de notre Etat de droit. Qui l'a vraiment lue ? En quatre articles, elle proclame l'égalité entre les hommes et les femmes :

  

L'article premier de la Déclaration des droits de l'homme déclare que "les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit." Son article 6 ajoute : "La Loi est l'expression de la volonté générale. (...) Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents."

 

Le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 affirme en son article 3 : "La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme."

 

Enfin, l'article Premier de la Constitution du 4 octobre 1958 stipule que "La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales."


La Constitution est-elle devenue inutile ou le législateur incapable de la faire respecter pour qu'on ressente la nécessité de supprimer le mot Mademoiselle pour la seconder ?

 

*****

La suppression de ces mots n'est que la continuité du politiquement correct, terrorisme moral et intellectuel qui a pris racine à la fin des années quatre-vingt, aux Etats-Unis. On peut lire dans Le voleur dans la Maison vide qu'en "1988, le cours d’initiation à Stanford élimine donc Platon, Aristote, Cicéron, Dante, Montaigne, Cervantès, Kant, Dickens ou Tolstoï, pour les remplacer par une culture « plus afrocentrique et plus féminine ». Les inquisiteurs relèguent par exemple dans les poubelles de la littérature un chef-d’œuvre du roman américain, le Moby Dick d’Herman Melville, au motif qu’on n’y trouve pas une seule femme. Les équipages de baleiniers comptaient en effet assez peu d’emplois féminins, au temps de la marine à voile… Autres chefs d’accusation : Melville est coupable d’inciter à la cruauté envers les animaux, critique à laquelle donne indéniablement prise la pêche à la baleine. Et les personnages afro-américains tombent à la mer et se noient pour la plupart dès le chapitre 29. A la porte, Melville ! (…) L’histoire des programmes d’éducation dirigistes (…) se fondent tous sur la mise à l’index de grands auteurs, auxquels les censeurs substituent des auteurs bien-pensants, selon leur point de vue : des serviteurs de la servitude." On ne s'étonnera pas que les élus proposant la suppression du mot race défendent les idées totalitaires du communisme, "Serviteurs de la servitude".

 

Certains mêmes appellent ce mouvement la marche pour la liberté et l'instauration de l'égalité.

 

Au contraire, on renonce ainsi à l'éducation et à l'effort. Pire, c'est sous-entendre que l'individu est incapable de comprendre, incapable de cet effort, bête à bouffer du foin plutôt qu'à user du libre arbitre éclairé qui lui permettrait d'exercer un vote en conscience. C'est lui refuser le droit de construire l'avenir, de faire société. Les totalitarismes ne se sont jamais construits autrement.

 

Le politiquement correct s'est répandu comme l'herbe mauvaise. Dans Le Figarodu 6 janvier 2003, Maurice Druon écrivit un article qu'il intitulât "Un brevet de lâcheté". Il s'indignait que la Bibliothèque de la Pléiade, naguère référence des grands textes littéraires, avait décidé un changement du texte original de La Légende des siècles de Victor Hugo. Ainsi, Druon, alors secrétaire de l'Académie française, expliquait l'altération : "Tous les lecteurs de La Légende des sièclesconnaissent « Aymerillot ». Et tous les lecteurs d’ « Aymerillot » connaissent la fameuse tirade du comte de Gand :

 

(…) Et puis votre soleil d’Espagne m’a hâlé

Tellement, que je suis tout noir et tout brûlé ;

Et, quand je reviendrai de ce ciel insalubre,

Dans ma ville de Gand, avec ce front lugubre,

Ma femme, qui déjà peut-être a quelque amant,

Me prendra pour un Maure et

Non pour un Flamand.

 

Tel est le texte publié par Hugo en 1859, reproduit dans toute les éditions parues de son vivant et après lui. Tel il figure dans ma vieille édition populaire sur deux colonnes, qui date de la fin du XIX°, et tel encore tout récemment dans les Classiques du Livre de poche.

Or, dans le volume de la Pléiade, que lit-on ?

 

Ma femme, qui déjà peut-être a quelque amant,

Me prendra pour un autre et

Non pour un Flamand.

 

Qu’est-il arrivé à l’éminent universitaire – il ne peut être qu’universitaire et éminent – chargé d’établir et d’annoter l’édition de la Pléiade ? (...) Je décèle une même attitude de couardise et de stupidité, lesquelles d’ailleurs forment volontiers attelage."

 

*****

La capacité de la démocratie à s'accomplir malgré les vecteurs de haine qui tentent ses citoyens comme un diable ne doit pas être mise en doute. Alberto Toscano, journaliste italien correspondant en France, racontait une histoire italienne sur l'antenne de RTL le mercredi 25 avril 2012.

 

Dans les années 1980, un parti ouvertement déclaré néo-fasciste rappelait l’Italie aux heures les plus sombres de son passé. Le rapprochement de cette droite extrême avec la droite modérée a, comme de bien entendu, été combattu, pourfendu, inlassablement critiqué. Jusqu’en France où des appels indignés ont réclamé le boycott du retour des idées de la peste brune. Aujourd’hui, l’absorption de l’extrême droite a non seulement permis qu’elle soit effacée du devant de la scène politique italienne, mais également qu’elle soit pliée au jeu démocratique. Au point que le chef de cette ancienne extrême-droite, Gianfranco Fini, est dorénavant un homme du centre et l’un des plus proches alliés de la gauche italienne. Tout le monde est content. La même chose peut-elle se passer en France ?

 

Prétendre accomplir la démocratie en censurant le vocabulaire devrait conduire les plus courageux de nos parlementaires à renoncer à leur mandat. Mais s'ils étaient courageux, ils n'auraient pas choisi de détruire les mots. Doit-on s'inquiéter qu'après les mots, ils s'attachent à détruire plus qu'eux, certains livres par exemple ?

 

*****

L'Europe a été construite comme un rempart contre la guerre, contre la haine, pour la liberté, contre l'atrocité de deux Guerres mondiales, pour le besoin de paix et la volonté de faire société... La démocratie a fait son office. L'attitude de nos parlementaires pour continuer cette œuvre ne peut que susciter l'inquiétude, le doute et alimenter le scepticisme. Effacer le mot race de nos textes, ce n'est que balayer sous le tapis, à l'abri des regards, des idées qui devraient être expliquées, décortiquées, discutées sur la place publique. De l'effort, de l'éducation et du temps.

lavendeeautrement

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22/05/2013

Suicide à Notre Dame

Bandeau Libération Le dernier coup.jpg

suicide-ND.jpg

" Historien et essayiste de l’extrême droite, Dominique Venner, 78 ans, s’est suicidé, hier après midi, d’une balle dans la bouche devant l’autel de la cathédrale Notre-Dame de Paris. «Un geste de désespoir autant qu’un geste politique, explique un proche. Dominique Venner se savait condamné par une longue et douloureuse maladie, mais il a voulu donner un sens à sa sortie.» La présidente du Front national, Marine Le Pen, a aussitôt rendu hommage à un «geste éminemment politique pour tenter de réveiller le peuple de France».

Sur son blog, il écrivait le jour de sa mort que le combat du «printemps français» ne pouvait se cantonner à la lutte contre la loi Taubira mais devait aussi livrer bataille «au grand remplacement» dénoncé par l’écrivain Renaud Camus, proche du FN. Une expression pour signifier, selon les deux auteurs, la fin du «peuple français»,submergé par une immigration massive. «Il faut bien voir qu’une France tombée au pouvoir des islamistes fait partie des probabilités», poursuivait-il.

Moine soldat. Ce n’est pas un hasard si ce païen revendiqué, admirateur de Rome et d’Athènes, pourfendeur du christianisme comme «religion universaliste», a choisi malgré tout de se donner la mort en un lieu emblématique de la civilisation occidentale et chrétienne. «Il faut être soi-même jusqu’au dernier instant. C’est en décidant soi-même, en voulant vraiment son destin, que l’on est vainqueur du néant. Et il n’y a pas d’échappatoire à cette exigence puisque nous n’avons que cette vie dans laquelle il nous appartientd’être entièrement nous-mêmes ou de n’être rien», écrivait-il hier sur son blog. Qualifié de moine soldat, de personnage souvent austère par ceux qui l’ont côtoyé au sein de cette mouvance politique, Dominique Venner a cherché à inscrire sa fin dans la continuité d’un combat politique radical entamé dans les années 50. Ce fils d’un architecte membre du PPF collaborationniste de Jacques Doriot, fait alors partie des fondateurs de Jeune Nation. Engagé volontaire en Algérie au sein d’une unité parachutiste, il participera ensuite à la structuration de l’OAS. Ce qui lui vaudra dix-huit mois de prison à la Santé.

A sa sortie, il rédige un petit opuscule Pour une critique positive,inspiré du Que faire ? de Lénine, et qui pose les bases des combats modernes de l’extrême droite, rebaptisée plus tard «Nouvelle droite». Il fonde alors le journal Europe Action, et apparaît dans les cercles dirigeants de la Fédération des étudiants nationalistes. Il se rapproche plus tard du Grece et abandonne toute activité politique dans les années 70 pour se consacrer à ses écrits. Passionné de chasse, il était l’auteur d’une encyclopédie en 12 volumes sur les armes à feu.

Militants. Hier soir, une trentaine de militants d’extrême droite lui rendaient hommage sur le parvis de Notre-Dame. Parmi eux se trouvaient le député-maire d’Orange, Jacques Bompard, Julien Rochedy, responsable du Front national de la jeunesse et Frédéric Chatillon, ancien patron du GUD et proche de Marine Le Pen."

Christophe Forcari (Libé)

Je n'ai pas voulu commenter cette information " à chaud " me disant qu'il était inutile d'ajouter une somme supplémentaire de bêtises à toutes celles qui allaient immanquablement être proférées, un acte suicidaire quelque soit celui qui le commet, méritant le respect.

Les circonstances quant à elles sont plus contestables …

Qu'un écrivain veuille partir par la grande porte ne surprendra personne. Ici, le geste irréparable est plus que théâtral ! Choisir Notre Dame de Paris comme scène du crime que l'on commet sur soi, entache quelque peu l'image que l'on veut brosser, car aux yeux des croyants, il y a violation (profanation) évidente d'un lieu saint, peu fait pour abriter ce genre de dérapage, la religion condamnant le suicide qui est une remise en cause de la " volonté divine. "   

Que le Front National et Radio Courtoisie se ruent immédiatement sur l'événement pour en faire l'apologie ne surprendra personne. Ils tiennent leur héros, leur Mishima occidental !

A contrario, qu'une presse dite de gauche (mais qui s'en souvient rarement) veuille minimiser l'information en affirmant qu'il s'agit de l'acte désespéré de quelqu'un qui se savait condamné n'est pas fait non plus pour nous surprendre … 

La référence à Heidegger est selon moi plus parlante quand on sait quelles options furent celles de ce dernier. Tout cela s'inscrit dans la ligne droite d'une monomanie voulant qu'une vie particulière (puisque la sienne) ait une quelconque signification, en un monde qui perd un peu plus, de jour en jour, ses repères idéologiques.

Ite missa est.

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20/05/2013

C'est la lutte ... posthume (sur un air bien connu)

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Nathalie Arthaud était lundi matin l'invitée de France Info. La porte-parole de Lutte ouvrière affirme que la politique menée par François Hollande sert les intérêts des grands patrons et du Medef. Pour elle, seule une interdiction des licenciements pourrait contrer la hausse du chômage.

Contre le chômage, Nathalie Arthaud veut " interdire les licenciements " © FranceInfo

Alors que les syndicats ont rendez-vous dès mercredi pour la deuxième conférence sociale du quinquennat de François Hollande, la déception est déjà grande pour Nathalie Arthaud. En effet, la porte-parole de Lutte ouvrière, et candidate à la dernière élection présidentielle, affirme que le chef de l'État fait "l'exact contraire" de ce qu'il avait promis en matière économique. Plutôt que d'accorder vingt milliards d'euros en crédit d'impôt aux entreprises, elle aurait préféré taxer ces entreprises, car elle estime que "ces vingt milliards vont se retrouver directement sur les comptes en banque des grands patrons".

"On ne peut pas accepter tous ces reculs, ces sacrifices [...] Tout cela pour quoi, pour que l'économie redémarre ? Ce n'est même pas le cas"

Pour vaincre la hausse incessante du chômage, Nathalie Arthaud n'a qu'une solution : "interdire les licenciements". Car pour elle, François Hollande ne fait rien contre les grands groupes, et "aujourd'hui licencier c'est un crime social", "on laisse les jeunes crever au chômage".


Tu fais une découverte, Mimine ? ... Peut-être que si les syndicats avaient été un plus efficaces en France depuis des décennies, on n'en serait pas là aujourd'hui. La Crise a bon dos ! 

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