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17/08/2013

Hommage-témoignage.

Philippe Bilger quel diable d'avocat.jpg


Je n'étais pas de vos amis proches - en aviez-vous d'intimes ? - mais à chaque rencontre professionnelle ou festive, vous avez toujours fait preuve à mon égard d'une sympathie à la fois affectueuse et ironique comme si mon enthousiasme et mes questions vous amusaient mais que mon admiration non convenue vous touchait.

Hier, à 88 ans, vous nous avez quittés (Le Monde).

Est-il malséant d'imaginer votre sourire de vieux sage devant les démonstrations, hommages et tristesses, qui vont accompagner votre disparition, tant la finitude de notre condition humaine, sans le secours, pour vous, d'aucune consolation, vous était sensible mais ne vous désespérait pas ? Le courage était d'accepter l'inéluctable la tête haute et l'esprit lucide. Etre homme, c'était d'abord damer le pion au destin en feignant de choisir ce à quoi il nous soumettait.

Mes interrogations, parce que votre personnalité et ses mystères me passionnaient, vous les écoutiez avec beaucoup d'attention mais votre politesse exquise et votre intelligence exceptionnelle les éludaient de sorte que, loin de dissiper les ombres, les échanges avec vous les amplifiaient et que nous sortions heureux des moments où nous avions trouvé votre être clos comme on se heurte à une porte close.

Vous avez su si bien endosser tant de rôles et, au risque d'offenser votre mémoire, je suis persuadé, malgré les apparences, que votre préféré n'était pas celui de l'avocat. Ce n'est pas dire que vous n'avez pas somptueusement réussi dans l'exercice de cette mission de sauvegarde qui vous a contraint à affronter, il y a longtemps, l'angoisse et la peur face aux peines de mort requises et, par la suite, tant de douleurs, de tragédies et de causes équivoques. Vous êtes l'inventeur de la défense de rupture qui consiste à dénier à une juridiction le droit de vous juger et, plus banalement, à sombrer avec les honneurs.

Vous avez si bien représenté l'avocat dans son essence pour beaucoup de jeunes gens que, comme pour Libération plébiscité par les apprentis journalistes malgré ses défauts, vous étiez, et de loin, la figure la plus vantée et un modèle incontestable. Gare à qui aurait osé émettre le moindre bémol sur ce plan !

Je me souviens qu'au cours de votre période de gloire judiciaire, quand Jacques Vergès occupait toutes les têtes, celles qui le récusaient comme celles qui ne juraient que par lui, il suffisait que les médias annoncent que vous aviez été choisi par tel ou tel client pour qu'immédiatement naisse, comme par enchantement, le sentiment que le procès était gagné. Votre nom, et les portes de la vérité et de la justice s'ouvraient. Je ne suis pas sûr que vous n'ayez pas gardé, de cette époque éblouissante, la certitude réconfortante que vous étiez irremplaçable.

Vous avez, avec une intuition géniale, perçu aussi que les causes désespérées étaient évidemment les plus belles, non seulement parce qu'elles plaçaient l'avocat au centre d'un univers qui faisait de lui le seul recours, l'humain dont un autre humain accusé avait absolument besoin, mais surtout en raison du fait qu'ingagnables, elles n'apposaient jamais sur la défense le sceau d'un décret négatif. Désespérées, on ne pouvait que succomber à leur emprise. Grâce à elles et à leur caractère inéluctable, vous n'étiez jamais jugé. Votre présence à elle seule était déjà un exploit. En ce sens, et en bonne logique, pour ces joutes emblématiques où la peine n'attendait que d'être prononcée, vous avez plus promis que tenu. Vous ne pouviez faire autrement.

Surtout, en dépit de vos propos et de vos pages magnifiques sur le rituel et l'esthétique du procès, il m'est souvent apparu que l'essentiel consistait, en certaines circonstances, à faire l'impasse sur la séquence judiciaire pour exploiter - avec quel talent et quelle manipulation - les médias tout enivrés à l'idée de se voir proposer un faux procès à la place du vrai. Vous avez merveilleusement compris que le judiciaire d'aujourd'hui, le spectacle total dont vous rêviez, était indissociable de ses représentations et polémiques spectaculaires, des paradoxes, révélations prétendues, scandales et outrances qui reléguaient le débat de fond au profit d'une histoire de rechange imprégnée d'imaginaire mais contée par un maître.

On vous décrit comme un homme de passion. Pourquoi pas ? On vous qualifie de provocateur ? Sans doute. Même si, à la longue, votre souci de l'être aurait paradoxalement pu faire de vous une sorte de conformiste de la transgression et de l'audace. Rien, à l'évidence, ne vous aurait plus déplu que de n'être plus seul avec une aura sulfureuse mais de vous trouver englué dans une multitude d'atypiques. Il me semble qu'avec une infinie finesse vous vous êtes tenu sur ce fil séparant la bêtise univoque de la pensée intempestive et vulgaire. Vous étiez trop délicat pour ressembler à tous les Vergès du pauvre qui vous ont si médiocrement imité.

S'il fallait vous définir - quelle horreur que cet enfermement même causé par l'empathie pour la liberté faite homme ! -, je vous aurais qualifié à coup sûr d'esthète mais surtout de joueur.

Dans le jeu qui vous concerne, il y a tout, la vie, la justice, la sensualité de l'existence, la culture, les livres, les dialogues, l'amour, l'agilité et le choc des idées, le goût de l'affrontement et le culte des dissidents d'où qu'ils soient, d'où qu'ils viennent - vous étiez le meilleur ami de l'incomparable et anticonformiste avocat Bernard Prévost -, le tragique jamais trop pris au sérieux, l'apologie jamais lassée de la violence et du terrorisme, le futile sublimé, la gastronomie célébrée, le refus de la lourdeur, de la pesanteur, la haine de ceux qui se prenaient pour des institutions, les importants, les corsetés et les décorés, les maniaques de l'idéologie, les contempteurs du relativisme, les entêtés, les trop convaincus.

Le jeu, c'était la légèreté incomparable de celui qui n'a jamais rien à perdre. Et qui jour après jour décline le "dur métier de vivre" à sa manière souriante et pleine d'allure. Jacques Vergès, avec noblesse, vous ne teniez rien tant qu'à vous-même. Vous en avez profité. Et joué de toutes les palettes que vos dons et votre destinée avaient mis à votre disposition.

Jacques Vergès, vous êtes mort comme cela. Nettement. Dans un arrêt royal du coeur.

Vous avez été bien plus.

Bien plus qu'un avocat. Un mythe politique, judiciaire, médiatique. Un homme de théâtre. Une vedette. Beaucoup de lumière mais des mystères pour faire sens. Mettre de la dignité là où l'éclat aurait été trop vif.

Mon cher Jacques, quel diable d'avocat vous fûtes !

 

Personnellement, je m'étonne (? ...) que les médias n'aient pas éprouvé le besoin d'interviewer Roland Dumas suite à la disparition de Jacques Vergès. En revanche, nous avons eu droit aux commentaires mitigés de Georges Kiejman (pratiquement en boucle ! ) Si la justice est indépendante, il est plus qu'évident que la presse ne l'est pas.

06:08 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

16/08/2013

Disparition d'un héros très controversé.

Jacques Vergès en avril 2011 à Paris.
Jacques Vergès en avril 2011 à Paris. (Photo Jacky Naegelen. Reuters)
  • Il a été un des avocats les plus controversés du barreau de Paris. Il est mort hier à Paris à l'âge de 88 ans.
  • Par AFP
  • L’avocat Jacques Vergès est mort jeudi à Paris à l’âge de 88 ans de causes naturelles, a-t-on appris auprès du président du Conseil national des barreaux (CNB), Christian Charrière-Bournazel, confirmant une information de BFMTV.
  • Il a été un des avocats les plus controversés et redoutés du barreau de Paris, à la pointe des luttes anti-colonialistes. Prenant pour cibles l’Etat, la société ou la Justice, pour défendre une cause autant qu’un client, cet avocat médiatique et narcissique, fin lettré, aimait provoquer et déstabiliser.
  • A LIRE AUSSI : Le portrait de Jacques Vergès paru en 2002 en dernière page de Libération

La liste de ses clients était impressionnante. Il a notamment défendu le nazi Klaus Barbie, le «révolutionnaire» Carlos ou le khmer rouge Khieu Samphan mais aussi les membres des mouvements d’extrême-gauche européens (Fraction armée rouge, Action directe), les activistes libanais Georges Ibrahim Abdallah et Anis Naccache, le dictateur serbe Slobodan Milosevic, etc. Il était aussi disposé à défendre le dirigeant libye Mouammar Kadhafi.

Jacques Vergès lors du procès du nazi Klaus Barbie (derrière lui), à Lyon en 1987.

Jacques Vergès lors du procès du nazi Klaus Barbie (au second plan), à Lyon en 1987.

On peut encore citer la famille Boulin, la fille de Marlon Brando, le capitaine Barril, le jardinier marocain Omar Raddad, le tueur en série Charles Sobrhraj, des dirigeants africains etc.

Engagé à 17 ans dans les Forces françaises libres

Jacques Vergès est né le 5 mars 1925 - mais un an plus tôt selon un biographe - dans l’actuelle Thaïlande (à Ubon Ratchathani), d’un père français de la Réunion et d’une mère vietnamienne, morte lorqu’il avait trois ans. La famille s’installe à la Réunion, où le père devient député communiste et où son frère jumeau Paul créera le PC réunionnais.

Il s’engage à 17 ans dans les Forces Françaises Libres, à Londres. Démobilisé, il s’inscrit au PCF, devient président de l’association des étudiants coloniaux et rencontre Pol Pot, le futur Khmer rouge. Puis il séjourne à Prague de 1951 à 1954, avant de rentrer à Paris fin 1955 et d’y suivre de brillantes études d’avocat.

Engagé à fond dans la guerre d’Algérie, il devient l’avocat du FLN et quitte le PCF en 1957, le jugeant «trop tiède» sur ce dossier. En 1963, il épouse - en secondes noces - la militante du FLN Djamila Bouhired, après l’avoir sauvée de la peine de mort.

Il embrasse ensuite le maoïsme en créant le périodique Révolution et soutient le FPLP palestinien.

De 1970 à 1978, Jacques Vergès disparaît. Au retour, il laisse planer le mystère sur cette période, se bornant à dire qu’il a passé des vacances«très à l’est de la France», et reprend ses activités d’avocat.

Jacques Vergès a monté au théâtre un plaidoyer intitulé «Serial plaideur» et a publié une vingtaine de livres, dont «Dictionnaire amoureux de la justice», «Le salaud lumineux», «Justice pour le peuple serbe», «Beauté du crime», «La démocratie à visage obscène», «Sarkozy sous BHL» etc. En 2007, Barbet Schroeder lui a consacré un film intitulé «L’avocat de la terreur» (lire la critique de Libération du 6 juin 2007).

Source : Libé

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08:30 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

28/07/2013

La lumière ne peut venir que de la discussion !

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"Hello, Mister Ramadan ! Alors, qu'est-ce que j'entends ? Une grave atteinte a été portée à votre réputation ?" Hilare, David Miliband, ancien chef de la diplomatie britannique, traverse l'une des somptueuses salles du Palazzio Vecchio, à Florence, ce vendredi 10 mai, et se dirige la main tendue vers Tariq Ramadan pour le saluer. Tariq Ramadan est, en France, notre pestiféré préféré, mais pour les Britanniques, y compris ceux de l'establishment, il est d'abord professeur d'études islamiques contemporaines à Saint Antony, l'un des meilleurs collèges de l'université d'Oxford.

Tariq Ramadan sourit. Tout va bien pour lui. Loin d'être écorné, son statut de star a été renforcé par la décision du ministre de l'intérieur français, Manuel Valls, d'annuler à la dernière minute sa participation à la conférence "L'état de l'Union" organisée à Florence par l'Institut universitaire européen (EUI), en raison de la présence de l'islamologue suisse parmi les orateurs invités. S'alignant sur la position de son collègue, Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes, a, comme lui, renoncé à venir. Ni l'un ni l'autre ne devait partager une tribune avec Tariq Ramadan, qui intervenait aux côtés du chercheur français Olivier Roy et d'autres experts européens dans un panel restreint sur le thème "Migration, identité et intégration". Mme Vallaud-Belkacem devait intervenir en séance plénière sur la question de la gouvernance démocratique en Europe aux côtés, notamment, de David Miliband et du nouveau vice-premier ministre portugais Miguel Maduro. M. Valls avait été invité, lui, à s'exprimer sur les questions de migration et de citoyenneté en compagnie de l'ancien premier ministre italien Giuliano Amato et de la commissaire européenne pour l'intérieur Cecilia Malmström.

Selon des sources associées à la préparation de la conférence et de la visite des deux ministres, le cabinet de M. Valls avait bien noté la présence de M. Ramadan et avait validé la participation du ministre à cette conférence, dont Le Monde et le Financial Times étaient partenaires, et dont le programme était public depuis plus d'un mois. C'est Manuel Valls qui, découvrant le nom de l'islamologue trois jours avant la conférence, aurait décidé qu'il n'était pas souhaitable pour lui d'y aller. Pourquoi ? Faute d'une explication claire – sollicités, ni M. Valls ni son cabinet n'ont souhaité répondre à nos questions – on ne peut que spéculer : lorsque l'on est en première ligne en politique avec, au bout du chemin, des ambitions présidentielles, on vise le sans-faute. Et en France, faire un sans-faute, c'est ne pas prendre le risque, fût-il minime, d'un échange de propos provocateurs avec Tariq Ramadan. Ne pas tenter les twittos.

Plusieurs membres de gouvernements européens ont participé à cette conférence. Le président de la Commission européenne (qui finance l'EUI), José Manuel Barroso, était là. Le président du Parlement européen, Martin Schulz, la ministre italienne des affaires étrangères, Emma Bonino, et sa collègue chargée de l'intégration, Cécile Kyengé, Italienne d'origine congolaise, ont pris la parole.

Débattre plus, pas moins


En l'absence des deux ministres, l'économiste Jean Pisani-Ferry, récemment nommé commissaire à la stratégie à Matignon, et Bruno Le Maire, l'un des rares politiques français à fréquenter régulièrement les forums européens, ont représenté la France. Ni l'un ni l'autre n'a d'ailleurs rencontré Tariq Ramadan à Florence, mais tout le monde s'est gratté la tête : il n'était venu à personne l'idée de ne pas venir à cause de lui. "Alors, s'est amusé un participant, perplexe, la France va renoncer à ses missions commerciales en Arabie saoudite ?"

Tariq Ramadan est, à lui tout seul, une exception française. En France, il sent le soufre, en Grande-Bretagne, on lui confie une chaire à Oxford (cofinancée par le Qatar). Manuel Valls peut débattre avec Marine Le Pen, mais il ne veut pas risquer de côtoyer Tariq Ramadan.

Intellectuel au ton de prédicateur, Ramadan n'est pas un personnage simple. Ses positions en faveur d'un moratoire sur la lapidation ou sur le traitement des femmes dans l'islam sont tortueuses. Son site, Tariqramadan.com, offre un parfait exemple de l'ambiguïté que lui reprochent ses détracteurs : il affiche, à première vue, des déclarations et interviews parfaitement défendables, mais les commentaires des lecteurs, pourtant soumis au filtre d'une modératrice, dérapent facilement sur des attaques contre les personnalités issues de l'immigration maghrébine qui ont accepté des postes gouvernementaux ou la prétendue judaïté de Nicolas Sarkozy.

Mais rien n'est simple dans ce débat : c'est une des raisons pour lesquelles il n'existe toujours pas de politique européenne de l'immigration. Aux Etats-Unis, on peut être pour ou contre, vouloir plus ou moins d'immigration, mais les termes du débat sur l'intégration sont clairs. En Europe, on a toute la gamme, du modèle assimilationniste au multiculturalisme débridé. Parce qu'elle représente une forte tradition d'assimilation culturelle, parce qu'elle abrite la plus grosse communauté musulmane et la plus grosse communauté juive d'Europe, la France compte dans ce débat. Et ce débat est crucial, avec, en toile de fond, le déclin démographique européen : l'immigration est appelée à s'intensifier plutôt qu'à diminuer. Il faut débattre plus, pas moins. Il faut débattre dans le cadre et l'espace européen, qui sont une réalité, pas se recroqueviller dans l'Hexagone. Il faut inclure les voix perturbatrices dans la discussion, pas les exclure.

Sylvie Kauffmann

Source : Monde / Idées (13 Mai 2013)

Bien qu'étant loin de partager son point de vue (je suis agnostique et l'ai suffisamment répété pour que ce ne soit un mystère pour qui que ce soit) chaque fois que j'ai eu l'occasion d'entendre T.R. sur un plateau télévisuel, mes neurones en frétillaient d'aise … Peu d'interlocuteurs sont aussi intelligents que lui, raison pour laquelle une certaine paresse intellectuelle incite à l'écarter. Ce n'est pas ainsi que les idées progressent. Je comprends que l'homme fasse peur mais rien n'interdit de chercher à atteindre son envergure ! Croyez vous qu'un intellect tel que le sien s'est forgé en deux jours ? Seulement voilà, l'Européen, que dis-je ? le Français  est devenu paresseux. L'acuité et la malice d'un Voltaire feraient tache à notre époque ! ... Nos politiques plus à l'aise dans la pensée unique, préfèrent fuir la confrontation. Oh ! certes, on lui oppose de temps à autre une féministe roulant des mécaniques laquelle s'attaque à ses mollets tel un roquet hargneux (pléonasme) ce qui ne saurait faire avancer le discours. Inutile de la nommer, tout le monde sait de qui je parle. Ne nous leurrons pas, les êtres supérieurement intelligents ne sont jamais écoutés. Malraux pour d'autres raisons était inaudible, Rocard (première version) de même … nous préférons de loin les propos simplistes d'une Marine Le Pen que nous n'approuvons pas mais que beaucoup acceptent de suivre par une sorte de facilité, pente savonneuse sur laquelle la plupart s'engagent depuis longtemps. Je ne mésestime pas les risques encourus face à un certain laxisme en matière d'immigration. Nous n'intégrons plus depuis longtemps les populations venues d'ailleurs, lesquelles refusent de se couler dans le moule en place tout en l'investissant. Ce n'est pas paradoxal puisqu'il s'agit d'une politique à long terme. En choisissant la démocratie qui comme chacun sait est la loi du plus grand nombre, nous ouvrions toutes grandes les portes destinées à un jour se refermer sur nous au risque de nous broyer. Subissons donc puisque nous ne savons plus objecter.

02:54 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

24/07/2013

" A ma guise " ? (ironie habituelle)

Grazia oyez oyez.jpg

" Oyez, Oyez, Oyez !" Cloche à la main et en tenue d'apparat, c'est à Tony Appleton, crieur public, qu'est revenu la lourde tâche d'annoncer publiquement la naissance du fils de William et Kate : "En ce jour, le 22 du mois de juillet de l'année 2013, nous avons accueilli un futur roi. Il est le premier né de leurs Altesses Royales le Duc et la Duchesse de Cambridge. Puisse-t-il vivre longtemps dans la joie et la gloire et régner un jour. Dieu sauve la Reine."Si c'est d'abord par un communiqué officiel et via les réseaux sociaux que la naissance du petit prince a été annoncée (et Twitter a permis à nombre de personne de féliciter les jeunes parents), la tradition n'a pas été totalement abandonnée. Une note a bel et bien été posée sur un chevalet installé devant la grille du Palais de Buckingham. Permettant ainsi à tous les badauds présents (et ils étaient nombreux) à accéder à l'information. Sont indiqués le sexe et l'heure de naissance du bébé. Le tout étant dûment signé.Pour envoyer ses meilleurs vœux à William et Kate, c'est facile, il suffit de faire comme Clarence House le propose : signer une carte virtuelle via Google+. Pour plus de visibilité pour les tweets, on peut utiliser le hashtag #WelcometotheWorld. On n'arrête pas le progrès...La Grande Roue de Londres en bleu, blanc, rouge pour célébrer la naissance du fils de William et Kate.Locaux et touristes ont très tôt commencé à affluer devant Buckingham Palace pour vivre au plus près cet événement historique.Après des jours, voire des semaines d'attente, c'est enfin l'heure de faire la fête. Devant le St Mary Hospital où Kate a accouché, les fans du couple ont célébré la naissance du petit prince comme il se doit. Sans modération.Un membre de la sécurité de William et Kate a été aperçu à l'hôpital avec deux cartons de pizzas. Après l'effort, le réconfort ?Couvert de cadeaux, le petit prince est déjà un enfant gâté. Retrouvez cet article sur Grazia.fr
"Oyez, Oyez ! Un futur roi est né !"

Depuis deux jours, les médias nous rebattent les oreilles avec la naissance du prince de Cambridge. ( Ou quand Monarchie rime avec idolâtrie.) On en a moins fait au moment de la naissance de l'enfant Jésus ! A supposer qu'il ait réellement existé, bien sûr car les humains ont un besoin désespéré de légendes ...

L'autre événement du jour se déroulait à Rio où le nouveau pape s'exhibe pour 350 millions de réals soit 118,5 millions d'euros en direction de 120 millions de brésiliens. Dans le même temps, un peu partout sur la planète, un nombre grandissant d'êtres humains s'enfonce dans la précarité. L' Ordre du Monde n'est pas près de se modifier.  

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< Les iconoclasteries de Mickey >

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