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08/09/2013

Le pape et la paix

L'EXPRESS Syrie pape François.jpg

En marge d'une veillée de prière pour la Syrie, le souverain pontife s'est clairement positionné contre toute intervention militaire occidentale dans le pays de Bachar el-Assad. Et a appelé a chercher "une autre voie". 

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Pour le pape François, une intervention militaire occidentale en Syrie serait "une défaite de l'humanité".

REUTERS/Tony Gentile

Il persiste et signe. Le pape François a lancé un vibrant appel au monde entier samedi pour conjurer la guerre, "défaite de l'humanité", en Syrie, lors d'une grande veillée de prière sur la place Saint-Pierre, à l'issue d'une journée de jeûne à laquelle ont participé des fidèles de toutes confessions et des non croyants. 

En présence de représentants de l'Eglise orthodoxe et de l'Islam et devant environ 100 000 personnes, selon le Vatican, le pape argentin a exhorté à "parcourir une autre voie" que la guerre. "Dans la bien-aimée nation syrienne, au Moyen-Orient, partout, travaillons pour la réconciliation et pour la paix", a recommandé le souverain pontife, l'expression très grave. 

Aucune mention aux Etats-Unis ou à la France

Dans une longue méditation sur la "bonté" de la création de Dieu et le chaos que provoque la violence entre frères, le pape a fait remarquer: "aujourd'hui aussi, nous levons la main contre celui qui est notre frère (...) Et cette attitude continue: nous avons perfectionné nos armes, notre conscience s'est endormie, nous avons rendu plus subtiles nos raisons pour nous justifier". 

"Ce soir, je voudrais que de toutes les parties de la terre nous criions: Oui, c'est possible à tous! Ou mieux, je voudrais que chacun de vous, du plus petit au plus grand, jusqu'à ceux qui sont appelés à gouverner les nations, réponde: oui, nous le voulons!", a dit François, dans un appel aux chefs d'Etats tentés de choisir une solution militaire dans le conflit syrien, sans toutefois citer nommément les Etats-Unis et la France.

Source : L'Express

05:53 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

07/09/2013

Les grandes manoeuvres ...

 

bellaciao le congrès américain s'engage.jpg

 
 

de : Andre Damon 
vendredi 6 septembre 2013 - 15h10
 

Obama et la ligne rouge Creseveur.jpgLes chefs de file du Congrès américain se sont vite mobilisés pour déclarer leur soutien à la résolution proposée par le Président Barack Obama qui permet l’usage de la force contre la Syrie.

La démarche pour obtenir une autorisation du Congrès vise à donner une apparence de légitimité à une guerre impopulaire qui s’appuie sur des mensonges. En cela, elle est semblable à l’Authorization of Use of Military Force accordée en 2001, qui est devenue le fondement des attaques militaires lancées aux quatre coins du monde et de la répression à l’intérieur du pays.

Après un entretien à huis-clos entre Obama et les principaux membres du Congrès mardi matin, le président républicain de la Chambre des députés, John Boehner, a déclaré qu’il « soutiendrait l’appel à agir du président. » Il a ajouté, « C’est quelque chose que les États-Unis, en tant que pays, doivent faire. […] Je crois que mes collègues devraient soutenir cet appel à agir. »

La chef de file des démocrates à la chambre des députés, Nancy Pelosi, a ajouté son soutien, en disant, « du point de vue de la sécurité nationale, nous devons envoyer un message très clair à ceux qui ont des armes de destruction massive de quelque type qu’elles soient, qu’ils feraient mieux de ne pas songer à s’en servir, » ajoutant que « c’est vraiment quelque chose qui, du point de vue humanitaire, ne peut pas être ignoré, sinon on ne peut pas dire ’plus jamais ça’. »

Les membres du Congrès des deux partis politiques ont entièrement accepté les mensonges présentés par le gouvernement Obama, surtout l’affirmation que l’action prévue en Syrie sera « limitée. » Avant de rencontrer Boehner et Pelosi, Obama lui-même avait réitéré cette affirmation, insistant sur l’idée que ce qui est prévu n’est pas « l’Irak ou l’Afghanistan » et qu’il n’y aura pas de « présence sur le terrain. »

En fait, le gouvernement cherche à obtenir ce vote en partie parce qu’il prévoit une opération militaire majeure pour renverser le cours de la guerre civile en Syrie et faire tomber ou tuer le président Syrien Bashar el-Assad. Ce n’est qu’un prélude à une action contre le principal allié de la Syrie, l’Iran, et derrière l’Iran, la Russie.

Tout en insistant sur l’idée que ses plans sont limités afin de vendre cette guerre plus facilement au peuple américain, les responsables du gouvernement ont clairement dit à plusieurs reprises qu’ils veulent « dégrader » l’arme syrienne – c’est-à-dire, détruire d’importantes parties de sa force aérienne et « mieux équiper » l’opposition en lui fournissant directement des armes mortelles.

Les dirigeants des deux partis ont accepté dans sa totalité le prétexte employé par le gouvernement pour justifier la guerre : la supposée utilisation par Assad des armes chimiques. Cet état des choses a été résumé dans les commentaires d’Adam Schiff, un démocrate de Californie qui siège à la Commission de la chambre des députés sur les services de renseignement qui a déclaré à la presse en début de journée, « Le débat s’écarte de "a-t-il utilisé des armes chimiques ?" et devient "qu’est-ce qu’on doit faire par rapport à ça ?" »

Les objectifs de la course à la guerre ont été développés au cours d’une audience de l’après-midi de la Commission du Sénat sur les affaires étrangères, dans lequel le ministre des Affaires étrangères John Kerry, le ministre de la Défense Charles Hagel, et le président du Comité des chefs d’état-major interarmées Martin Dempsey, ont présenté leurs arguments pour bombarder la Syrie.

Kerry a commencé par dire « Certaines personnes ici ou là, étonnamment, ont remis en question la preuve de cette atteinte à la conscience. Je répète ici encore une fois aujourd’hui que seul le désir le plus obstiné d’éluder la réalité peut affirmer que cela ne s’est pas passé de la manière décrite ou que le régime n’en est pas l’auteur. Cela s’est bien passé, et le régime d’Assad l’a fait. »

La déclaration de Kerry visait non pas les membres de la Commission, mais la population américaine, qui est sceptique sur les affirmations du gouvernement et qui est très largement opposée à l’action militaire. Les Sénateurs ont accepté les affirmations vagues et infondées selon lesquelles le président Syrien Bashar el-Assad a utilisé des armes chimiques alors même qu’aucune preuve nouvelle n’a été présentée. Toutes les questions mineures sur les affirmations du gouvernement ont été renvoyées par les membres de la commission à une session à huis-clos qui se tiendra mercredi.

Les membres de la commission ont cherché à renforcer encore l’affirmation d’Obama qu’il veut un engagement militaire limité, et ont tenté d’exclure tout type d’invasion au sol. Kerry a insisté, « Que ce soit bien clair : le président Obama ne demande pas à l’Amérique de partir en guerre […] Nous sommes tous d’accord, il n’y aura aucune présence terrestre américaine. » Pour le ministre des Affaires étrangères américain, lancer des attaques militaires visant à détruire l’armée d’un pays étranger n’est pas une « guerre. »

Ces affirmations ont été démentis par les déclarations mardi du chef de la majorité à la Chambre des députés, Eric Cantor, qui a décrit la proposition d’Obama de « guerre limitée » dans un contexte bien plus large. « Le conflit syrien n’est pas une simple guerre civile ; c’est une guerre sectaire menée par procuration et qui exacerbe les tensions dans tout le monde musulman, » a-t-il dit. « Il est clair que l’Iran est un des principaux combattants de ce conflit, et que son implication directe fait partie intégrante de la volonté de l’Iran d’établir une hégémonie régionale. Si Assad et ses commanditaires iraniens en sortaient vainqueurs ce serait une victoire stratégique pour l’Iran, cela encouragerait le Hezbollah, et convaincrait nos alliés qu’ils ne peuvent pas nous faire confiance. »

Dans le témoignage au Congrès, Kerry a lui-même présenté un scénario dans lequel les troupes américaines envahissent la Syrie au prétexte de sécuriser les réserves d’armes chimiques au moment où le pays « implose. » Il a dit qu’il serait « préférable de ne pas » avoir une interdiction d’avoir des soldats sur le terrain. Kerry a plus tard fait marche arrière disant que le gouvernement se suffisait d’une résolution qui n’autoriserait pas les troupes au sol. « Il n’y aura pas de présence sur le terrain en ce qui concerne la guerre civile, » a-t-il dit, d’une manière étudiée qui évite de dire ce qui se passera après.

Le gouvernement, en tout cas, considère toute résolution passée au Congrès comme autorisant l’action sans toutefois la limiter. C’est-à-dire que rien de ce que le Congrès votera ou ne votera pas, ne sera interprété comme interdisant une quelconque action du président. Au cours de l’unique échange réellement conflictuel avec Kerry, le sénateur républicain Rand Paul a dit, « vous allez probablement gagner ; allez-y et dites que c’est vrai. Et ayons un vrai débat dans ce pays et non pas un débat qui ne veut rien dire que finalement vous allez perdre tout en disant, oh, de toute façon nous en avons le droit. »

En réaction, Kerry a réaffirmé la position du gouvernement disant que le président a le droit de ne pas respecter un vote du congrès. « Je laisserai à l’homme qui a été élu président des États-Unis la responsabilité de vous dire quelle est sa décision, si et quand ce moment viendra. »

Tout au long de cette audience, les manifestants qui dénonçaient les projets de guerre ont été exclus sans ménagement de la chambre du Sénat.

L’on s’attend à ce que le vote de la Commission des affaires étrangères du Sénat, qui devrait avoir lieu aujourd’hui, passe à une large majorité.

 

Source : Bella Ciao

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Vous ne trouvez pas étrange que les médias ne nous rebattent pas les oreilles avec l'anniversaire du 11 Septembre, comme chaque année qui a suivi 2001 ? ... 

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30/08/2013

Où va le monde ? ... (5 bonnes raisons de ne pas faire la guerre)

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PIERRE BEYLAU

"Punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents." Mardi 27 septembre, devant les ambassadeurs réunis à Paris à l'occasion de leur grand-messe annuelle, François Hollande a choisi le registre de la morale pour évoquer la tragédie syrienne. Un ton et un vocabulaire qui rappelaient curieusement celui de George Bush et des néoconservateurs américains tentant de justifier la calamiteuse expédition d'Irak. Quelques excellences ont discrètement haussé un sourcil interrogateur devant cette rupture avec l'approche cyniquement réaliste dont se réclame traditionnellement la diplomatie française. L'indignation, la compassion et les bons sentiments ne sont pas des vertus en matière de politique étrangère. Le gazage probable de civils par les troupes de Damas constitue un pas de plus dans l'échelle de la barbarie, même s'il reste à démontrer qu'il est préférable d'être envoyé ad patres par un obus plutôt que par des moyens chimiques. La guerre de Syrie a déjà fait 100 000 morts, tués par des armes tout à fait conventionnelles.

L'usage des gaz est-il un motif suffisant pour se lancer dans une aventure hasardeuse aux objectifs flous ? Cinq raisons, au moins, auraient dû inciter François Hollande à ne pas s'associer à une frappe contre la Syrie.

Première raison : il s'agit d'une guerre civile. La société syrienne est une mosaïque religieuse et ethnique : sunnites, alaouites, chrétiens, Druzes, Kurdes. Elle est profondément divisée. Les alaouites (environ 12 % de la population) constituent le coeur du pouvoir et le fer de lance de l'appareil répressif. Mais beaucoup de Syriens qui ne portent pas nécessairement Assad dans leur coeur redoutent une prise de pouvoir des islamistes radicaux. Les chrétiens ont peur. La grande majorité d'entre eux sont orthodoxes et considèrent la Sainte Russie comme leur protecteur historique. La bourgeoisie sunnite s'inquiète devant la multiplication des exactions dans les zones "libérées". Résultat : Assad a sans doute encore 30 ou 40 % des Syriens qui le soutiennent ou s'accommodent de sa présence.

Deuxième raison : c'est une confrontation régionale sunnites-chiites. Même si les alaouites sont de curieux chiites (ils croient à la réincarnation, vénèrent Aristote et Alexandre le Grand), ils appartiennent cependant à la grande famille de ceux qui se réclament de la descendance de Mahomet. Par opposition aux sunnites qui voient dans l'oumma, la communauté des croyants, la seule légitimité. La fracture entre frères ennemis de l'islam remonte à la nuit des temps. Au VIIe siècle (680) plus exactement, quand Hussein, petit-fils du prophète, périt à la bataille de Kerbala face aux troupes de Yazid, calife de Damas. Depuis, les chiites ont pris leur revanche. Ils gouvernent la Syrie par alaouites interposés, ont un poids politique crucial au Liban avec le Hezbollah. Grâce aux Américains, ils ont pris le pouvoir à Bagdad, où l'Iran exerce désormais une influence déterminante. Une montée en puissance mal supportée par le monde sunnite. Si l'Arabie saoudite et le Qatar apportent une aide active aux insurgés syriens, ce n'est pas pour promouvoir la démocratie et les droits de l'homme, mais pour renverser un gouvernement chiite allié de l'Iran

Troisième raison : la France n'a pas la maîtrise du jeu. Les rodomontades de François Hollande ne peuvent occulter une triste réalité : ce sont les États-Unis qui sont maîtres de la manœuvre. Au Mali, la France pouvait conduire les opérations militaires et veiller à la mise en place d'une solution politique. En Syrie, elle est, pour des raisons militaires et politiques, à la remorque de Washington. Dans le sillage du général de Gaulle, Paris a longtemps cultivé une singularité dans l'Orient compliqué. Ce qui lui permettait de jouer un rôle non négligeable entre Nil et Euphrate. L'alignement sur les États-Unis prive la France de tout espace politique et expose dangereusement le bataillon français déployé au Liban dans le cadre de la Finul.

Quatrième raison : un séisme régional n'est pas à exclure. Si les frappes programmées sont très limitées, l'incendie sera peut-être vite circonscrit. Mais si l'on entre dans un cycle de bombardements-représailles, le pire est à redouter. La Syrie est sur la ligne de fracture d'une sorte de tectonique des plaques géopolitiques. L'ébranlement peut s'étendre au Liban, à Israël, à l'Irak, au détroit d'Ormouz où transite une partie importante du pétrole mondial. Si les frappes surviennent dans les tout prochains jours, le G20, samedi 5 septembre à Saint-Pétersbourg, risque d'être mouvementé, une majorité de participants étant hostiles à une action militaire en Syrie. Les Russes pourraient bien être poussés à aider encore davantage Assad et à se dissocier des Occidentaux sur le dossier nucléaire iranien.

Cinquième raison : l'hostilité des opinions publiques. Le bon peuple ne voit pas très bien pourquoi et pour quel objectif il est urgent d'aller guerroyer en Syrie même par le truchement de simples tirs de missiles. Les sondages confirment que les Français, les Britanniques, les Américains sont tous à peu près sur la même longueur d'onde. Échaudées par le précédent irakien, les opinions publiques sont très sceptiques. Elles n'ont pas tort : mercredi 28 août, une douzaine d'attentats ont encore fait 60 morts en IrakLe bilan est d'environ 1 000 tués en juillet, soit 3 700 victimes depuis le début de l'année. Certes, c'est un peu moins qu'en Syrie, mais enfin...

Source : Le Point

Une réflexion élémentaire se pose, que je n'entends évoquée nulle part - On veut PUNIR les auteurs de l'utilisation d'armes chimiques à la seule condition que ces derniers se situent dans le camp de Bachar-el-Assad et on ne parle pas d'agir de même si cela provient du camp des insurgés (et pour cause ! ) et puis enfin ... l'utilisation massive de dioxine durant la guerre du Vietnam est-elle oubliée ?  Cette fois, ce sont les américains qui condamnent, quel cynisme !

CE N'EST PAS L'UTILISATION D'ARMES CHIMIQUES QU'IL FAUT INTERDIRE MAIS LA GUERRE. 


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10:46 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

29/08/2013

Valse hésitation : ouf ? ...

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David SWANSON

À la une du Los Angeles Times, le titre suivant : « Les États-Unis se préparent à l’éventualité de frappes de représailles contre la Syrie », bien que la Syrie n’ait attaqué, ni les États-Unis, ni aucun de ses territoires occupés, ou aucune de ses forces impériales, et n’ait aucune intention de le faire.

Comme le dit l’article :

« Le Président n’a pris aucune décision, mais le sujet a été abordé à très haut niveau, tandis qu’au même moment le Pentagone reconnaissait avoir mis en place des forces armées dans la région ».

Je vous prie de m’excuser, mais qui, dans cette « situation normale, c’est le bordel », a pris la décision ? Le commandant en chef a-t-il simplement voix au chapitre ? Est-ce qu’il lui revient de faire des discours pour expliquer à quel point attaquer la Syrie constituerait une erreur terrible, d’avoir des réunions avec des officiers du plus haut niveau, qui en sortent pour préparer des attaques contre la Syrie, avant d’entrer dans l’histoire pour s’être désengagé de sa propre politique, voire s’y être opposé ?

Menacer d’attaquer la Syrie, et mettre une flotte en position de le faire, constituent des actes d’une grande portée, immoraux autant qu’illégaux. Le Président peut bien déclarer que la décision d’appuyer sur le bouton n’était pas la sienne, il ne peut prétendre avoir aussi peu d’influence sur les préparatifs en cours pour le faire, que sur la météo. Ou plutôt, il ne pourrait pas, si les journaux faisaient leur travail.

(Illégaux, parfaitement. Lisez la Charte des Nations Unies : Dans leurs relations internationales, tous les Membres s’abstiendront d’avoir recours à la menace d’utiliser, ou à l’utilisation de, la force, pour porter atteinte à l’intégrité territoriale, ou à l’indépendance politique d’un état, quel qu’il soit, ainsi qu’à tout autre procédé qui contreviendrait aux Objectifs poursuivis par les Nations Unies ».)

Le soi-disant Ministre de la Défense a déclaré : « Il est de la responsabilité du Ministère de la Défense, de proposer au Président plusieurs choix, afin qu’il puisse faire face à toutes les éventualités », mais est-ce qu’une seule de ces éventualités concerne la défense des États-Unis ? Est-ce qu’une seule d’entre elles évoque la signature d’une paix ? Si tel n’est pas le cas, n’est-il pas inexact de mentionner « toutes » les éventualités ?

En fait, Chuck Hagel détient cette « responsabilité », uniquement parce qu’Obama lui a donné pour instruction, non pas de lui proposer tous les choix, mais tous les choix militaires.

Les rebelles syriens comprennent que, dans le cadre de toutes les politiques que les États-Unis sont susceptibles de mener, ils ont de bonnes chances d’obtenir des armes s’ils simulent l’utilisation d’armes chimiques contre eux, tandis qu’il y a de fortes chances qu’on ignore leur existence, comme celle de Bahreïn (Ba-qui ?), s’ils décident d’adopter une stratégie de résistance non violente.

D’après le L.A. Times, « Obama a également appelé David Cameron, le Premier Ministre britannique, pour discuter des évènements syriens. Tous deux sont ‘unis’ dans leur opposition à l’utilisation d’armes chimiques, selon les termes d’une déclaration que la Maison Blanche a faite à la suite de la communication téléphonique ». Oui … à l’exception du phosphore blanc, ou encore du napalm. Ces armes chimiques sont de gentilles armes chimiques, d’ailleurs le gouvernement est contre les méchantes armes chimiques, donc votre quotidien ne vous raconte aucun mensonge.

Qu’a déclaré Obama, sur C.N.N. jeudi dernier ?

« Il arrive qu’on accorde trop d’importance à l’idée selon laquelle les États-Unis pourraient résoudre, d’une manière ou d’une autre, à l’intérieur même de la Syrie, un problème complexe, motivé par le sectarisme ».

Nan, tu crois ?

Chris Cuomo (le fils de Mario), journaliste à C.N.N., plaida en faveur de la guerre :
« Plus on attend, plus il risque d’y avoir de morts, ne pensez-vous pas, monsieur le Président ? »

Obama répliqua qu’il continuait à vérifier les dernières conneries sur les armes chimiques. Cuomo repoussa l’objection :

« Il existe des preuves solides qu’ils les ont déjà utilisées, même si c’était par le passé ».

Obama ne répondit pas à ce mensonge, se contentant de débiter une rhétorique inepte quelconque.

Cuomo, peut-être parce que sa soif de chair syrienne morte était un peu contrariée, se saisit du John McCainisme ordinaire. Il déclara que le sénateur McCain pense que les États-Unis perdraient leur ‘crédibilité’ si la Syrie n’est pas attaquée. (Et si le gouvernement des États-Unis devait tout à coup déclarer n’être pas une institution ayant pour but le massacre, avant de joindre l’acte à la parole – qu’adviendrait-il alors de sa crédibilité ?).

Obama ne se laissa pas décourager, et commença à prêcher contre ce qu’il s’apprêtait à faire : « Parfois, on s’aperçoit que les gens exigent une action immédiate, ils démarrent au quart de tour, puis les choses tournent mal, nous nous retrouvons embourbés dans des situations délicates, ce qui a pour conséquence de nous entraîner dans des interventions coûteuses, économiquement autant qu’humainement, qui ne font qu’engendrer un ressentiment plus fort dans la région ».

Cuomo se mit à geindre, mais vous aviez promis que l’utilisation d’armes chimiques équivaudrait à franchir la Ligne Rouge !

Obama rétorqua qu’il fallait se soumettre à la législation internationale. (À l’intention des non-initiés : en fait, la législation internationale interdit que l’on attaque les gouvernements d’autres nations, pour les renverser – même celui de la Lybie). D’ailleurs, ainsi qu’Obama le fit remarquer, l’option militaire n’est pas la seule envisageable.

Ah bon ?!

J’ai remarqué que, dès qu’Obama commence à parler avec la voix de la raison, comme ici, cela veut dire qu’en réalité il part à toute allure dans la direction opposée. Plus il passe de temps à expliquer à quel point une attaque contre la Syrie serait injuste, illégale, stupide, et immorale, plus vous pouvez être sûrs que c’est précisément ce qu’il s‘apprête à faire.

Telles que je les ai déjà publiées auparavant, voici les 10 raisons principales pour ne pas attaquer la Syrie, même dans le cas où les derniers mensonges en date sur l’utilisation d’armes chimiques seraient, en fait, des vérités :

1. Un tel prétexte ne rend pas une guerre légale. On ne le trouve, ni dans le Pacte Kellogg-Briand, ni dans la Charte des Nations Unies, ni même dans la Constitution des États-Unis. Il figure, en revanche, dans la propagande de guerre des États-Unis, millésime 2002. (Qui prétend que notre gouvernement ne fait pas campagne en faveur du recyclage ?).

2. Les États-Unis possèdent, et utilisent eux-mêmes, des armes que la législation internationale condamne, notamment le phosphore blanc, les bombes à fragmentation, et l’uranium appauvri. Vous pouvez faire l’éloge de ces pratiques, éviter d’y penser, ou vous joindre à moi pour les condamner, peu importe, elles ne peuvent servir de justification, légale ou morale, à une nation étrangère quelconque pour nous bombarder, ou pour bombarder tout autre nation où l’armée des États-Unis effectue des opérations. Tuer des gens, pour leur éviter d’être tués par le mauvais type d’armes, une telle politique ne peut provenir que d’une forme quelconque de dérangement mental. Appelez le trouble de stress pré-traumatique.

3. Si la guerre s’intensifiait en Syrie, elle pourrait s’étendre à la région, voire au monde, et ses conséquences échapperaient à tout contrôle. La Syrie, le Liban, l’Iran, la Russie, la Chine ; les États-Unis, les états du Golfe, les états de l’O.T.A.N., . . . cela ressemble-t-il au type de conflit que nous appelons de nos vœux ? À un conflit qui laissera des survivants ? Pourquoi diable prendre un tel risque ?

4. La simple mise en place d’une « zone d’exclusion aérienne », ne s’effectuerait qu’au prix du bombardement de secteurs urbains, et donc, inévitablement, d’un grand nombre de morts. C’est ce qui s’est produit en Lybie, et nous avons détourné le regard. Mais en Syrie, cela se produirait sur une échelle bien plus grande, étant donnés les emplacements des sites destinés à être bombardés. Créer une « zone d’exclusion aérienne » ne revient pas à faire une annonce, mais à lâcher des bombes.

5. En Syrie, les deux camps utilisent des armes épouvantables, commettent des atrocités épouvantables. Je suis sûr que, même ceux qui s’imaginent qu’on devrait tuer des gens pour leur éviter de se faire tuer par des armes différentes, sont capables de comprendre ce qu’il y a de dément à armer les deux camps, afin que ces deux camps se protègent l’un de l’autre. Dès lors, pourquoi ne semble-t-il pas tout aussi dément, d’armer un camp dans un conflit au cours duquel les eux camps ont commis des exactions similaires ?

6. Si les États-Unis sont dans le camp de l’opposition syrienne, on leur imputera les crimes de cette opposition. En Asie Occidentale, la plupart des gens haïssent Al Qaïda, ainsi que les autres terroristes. Ils en viennent également à haïr les États-Unis et leurs avions téléguidés, leurs missiles, leurs bases, leurs bombardements aériens nocturnes, leurs mensonges, leur hypocrisie. Imaginez le niveau de haine auquel on parviendra, lorsque les États-Unis auront fait équipe avec Al Qaïda pour renverser le gouvernement syrien, avant de le remplacer par un enfer de type irakien.

7. D’habitude, lorsqu’une force étrangère appuie l’arrivée au pouvoir d’une rébellion impopulaire, cette dernière ne prend pas la forme d’un gouvernement stable. En fait, il n’existe toujours pas un seul exemple avéré, d’une guerre humanitaire étatsunienne dont l’humanité ait tiré profit, ou d’une politique de construction d’une nation, ayant effectivement abouti à la construction d’une nation. Pourquoi donc la Syrie, qui semble encore moins prometteuse que la plupart des cibles potentielles, constituerait-elle l’exception qui confirme la règle ?

8. Cette opposition ne s’intéresse pas à la mise en place d’une démocratie, d’ailleurs recevoir des ordres des États-Unis, ne l’intéresse pas plus. Au contraire, avec de tels alliés, il y a tout lieu de s’attendre à un retour de flammes. Tout comme nous aurions déjà dû retenir la leçon de nos mensonges sur les armes, cela fait bien longtemps que notre gouvernement aurait dû retenir la leçon que lui a enseignée le fait d’armer l’ennemi de l’ennemi.

9. Les précédents que constituent les autres actes des États-Unis, perpétrés en dehors de tout cadre légal, qu’il s’agisse de faire la guerre par procuration ou d’attaquer à découvert, donnent un exemple dangereux, au monde, mais aussi à ceux de Washington, pour lesquels l’Iran est le prochain nom sur la liste.

10. En dépit des efforts prodigués par les médias jusqu’à ce jour, une confortable majorité d‘américains s’opposent à la fourniture d’armes aux rebelles, ainsi qu’à l’entrée en guerre pure et simple. Au contraire, une majorité d’entre eux, toutes tendances politiques confondues, sont favorables à un apport d’aide humanitaire.

En somme, ce n’est pas en aggravant la situation du peuple syrien, que nous l’aiderons.

Mais – vous savez quoi ? – les preuves semblent indiquer, très clairement, que les dernières déclarations sur l’utilisation d’armes chimiques, sont tout aussi bidons que les précédentes.

Qui donc aurait pu le prédire ?

David Swanson 

Source : Le Grand Soir -

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