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30/01/2014

Une simple rumeur ? ... ben, voyons !

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Les controversés « ABCD de l'égalité », censés lutter contre le sexisme, arrivent dans 600 classes. 

Les « ABCD de l'égalité » arrivent dans les classes de primaire. Le lancement a eu lieu ce lundi en grande pompe dans une école de Villeurbanne par le ministre de l'Éducation nationale, Vincent Peillon, et sa collègue des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, qui portent conjointement cette expérimentation.

Au total, dix académies volontaires*, soit plus de 600 classes, sont concernées par ce dispositif visant à « déconstruire les stéréotypes de genre » et à « transmettre, dès le plus jeune âge, une culture de l'égalité et du respect entre les filles et les garçons, en agissant sur les pratiques des acteurs de l'éducation et sur les préjugés des élèves ». Objectifs affichés : sensibiliser les élèves aux représentations et aux rôles assignés aux filles et aux garçons, et agir ainsi sur les orientations professionnelles que l'on sait sexuées.

Une initiative qui, pour la ministre des Droits des femmes, s'inscrit dans une démarche plus globale se proposant d'agir sur les mentalités, et dont l'école est un volet. Avant même d'avoir été lancée, l'expérimentation a déjà fait couler beaucoup d'encre, jugée nécessaire par certains, creuse pour d'autres, ou encore purement idéologique. Ainsi l'Observatoire de la théorie du genre, créé l'année dernière sur fond d'adoption de la loi sur le mariage gay par Olivier Vial, président du syndicat de droite UNI, invite-t-il à la vigilance. Tout comme des responsables de l'Association des familles catholiques (AFC), qui craignent à l'école une démarche de déconstruction des repères transmis par les parents.

Des heures de formation spécifiques

En 2014, plusieurs milliers d'élèves, de la maternelle au CM2, feront l'apprentissage de cette égalité, via des séquences pédagogiques mises en œuvre par les enseignants. En amont, ces derniers ont suivi, de septembre à la Toussaint, des heures de formation spécifiques les appelant à s'interroger sur leurs pratiques et à comprendre dans quelle mesure celles-ci ne pourraient pas contribuer à faire vivre les stéréotypes à l'école.

En juillet dernier, un rapport de l'Inspection générale de l'Éducation nationale, expliquant notamment que les enseignants n'avaient pas les mêmes attitudes à l'égard des deux sexes, concluait à une école entretenant les inégalités, malgré le volontarisme affiché. En cause, selon ses auteurs : notre tradition républicaine elle-même, qui peinerait à «voir des garçons et des filles, pour ne considérer que des élèves dans une conception désincarnée de l'égalité». Pour aborder la question dans les classes, les enseignants peuvent également s'appuyer sur un espace Internet dédié, ouvert le 1er octobre dernier par les deux ministères, où sont proposés « ressources » et « outils ».

Exemples : cette séquence pédagogique autour des « représentations esthétiques de l'enfant, de la femme et de l'homme » au fil des siècles, du portrait par Rigaud de Louis XIV portant des talons hauts, au smoking pour femme d'Yves Saint Laurent en 1966 ; ou cette réflexion sur « la figure de la belle » dans les contes. Objectifs : démontrer aux enfants que les notions de féminin et masculin évoluent suivant les sociétés et les époques.

Pour les deux ministères, le but est de « sensibiliser les élèves aux représentations, aux rôles assignés aux filles et aux garçons » et d'aider les enseignants dans cette tâche en offrant « des entrées au sein de programmes officiels existants: sciences, éducation physique et sportive, maîtrise de la langue, histoire… ». Ces séances autour de l'égalité peuvent donc être déclinées dans l'ensemble des disciplines, en fonction des choix de l'enseignant.

L'expérience sera évaluée au printemps 2014, avant d'être progressivement généralisée si elle se révèle concluante.

 

* Bordeaux, Clermont-Ferrand, Créteil, la Corse, la Guadeloupe, Lyon, Montpellier, Nancy-Metz, Rouen, Toulouse.

Source : LE FIGARO.fr

 

Une rumeur mensongère ? … Allons donc ! Quand donc ce gouvernement cessera t-il de nous prendre pour des imbéciles ? Un enfumage de plus, oui ! 

Il est certes inadmissible d'entendre des enfants qui pour s'insulter se traitent de pédés, (quand l'expression n'est pas plus précise) mais de là à leur fourrer dans le crâne que l'on ne naît ni homme ni femme, que seule la société nous construit … C'est en fait à une tentative de déconstruction de cette même société à laquelle nous assistons. Comme chaque fois qu'une maladresse est commise, " machine arrière toute " mais comme il est évident que c'est une fois de trop, on cherche à nous faire croire en une rumeur mensongère. Il est hélas notoire depuis très longtemps, que l'éducation nationale a perdu ses repères, que ses représentants incapables de gérer une situation qui leur échappe partent en vrille … 

Ce diplôme au rabais que l'on nomme " le bac " et qui ne correspond plus à rien ne constitue qu'une solution d'attente pour ne pas dire un constat d'échec.

Il y a quelques années, il fallait présenter un bac + 5 afin d'avoir une petite chance de se faire une place dans le monde du travail et maintenant on parle de bac + 8 pourquoi pas  + 15 ou + 20 ? Autant dire à jamais ! Notre société part en quenouille (afin de rester polie) preuve que l'on ne maîtrise pas les projets à venir dont la plupart d'entre nous n'ont pas l'ombre d'une petite idée. C'est bel et bien à un phénomène de décadence auquel nous assistons impuissants et navrés. Alors certes, en pareille circonstance les exagérations abondent, n'excluant pas certains détournements à des fins politiques mais l'idée première était là, bien là et ces apprentis sorciers récoltent ce qu'ils ont semé, c'est à dire la confusion et le chaos que cette dernière engendre. Il devient urgent de réviser la copie et de renvoyer tous ces incapables à l'anonymat dont ils n'auraient jamais dû sortir.

S. @

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27/01/2014

Jour de colère

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JDC.jpg Quelque 250 personnes ont été interpellées dimanche soir au cours de la dispersion de la manifestation anti-Hollande qui a rassemblé à Paris entre 17.000 personnes selon la police et 160.000 selon les organisateurs.

Le collectif «Jour de colère», rassemblement hétéroclite formé d’intégristes catholiques, d’opposants au mariage homosexuel, de partisans de Dieudonné, d’identitaires, de patrons en colère, de familles, a défilé contre «l’action gouvernementale» et pour demander la destitution du président de la République, jugé «incapable» et «impopulaire».

Des incidents entre quelques centaines de manifestants et les forces de l’ordre ont éclaté dimanche soir à la fin de la manifestation avant le retour au calme peu après 20H00, a constaté l’AFP.

La grande majorité des 250 personnes qui ont été interpellées «venaient au contact des forces de l’ordre au moment de la dispersion», a indiqué une source policière à l’AFP. Elles ont été acheminés dans les commissariats de la capitale en milieu de soirée.

Sur les 250, douze personnes ont été interpellées en début de manifestation dont cinq pour «port d’armes prohibées».

Au cours de la manifestation, 19 policiers ont été blessés, dont un «potentiellement gravement» après avoir reçu un pavé dans la mâchoire, a indiqué cette source policière.

Dans une déclaration à l’AFP, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a dit «condamner avec la plus grande fermeté les violences contre les forces de l’ordre commises par des individus, des groupes hétéroclites, de l’extrême et de l’ultra droite, dont le but n’est que de créer du désordre en n’hésitant pas à s’en prendre avec violence aux représentants des forces de l’ordre».

A l’issue de la manifestation, des centaines de personnes, cagoulées et portant des masques de ski pour certaines, ont lancé des projectiles, bouteilles, pétards, barres de fer, poubelles et fumigènes contre les forces de l’ordre qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes, a constaté l’AFP.

A l’arrivée du cortège place Vauban, une partie de la foule criait: «La France aux Français, bleu blanc rouge !», prévenant: «Ça va péter, ça va péter».

Les organisateurs de la manifestation ont attribué les violences de dimanche à «des provocateurs de la police, sans uniforme, agressant les forces de l’ordre elles-mêmes pour leur fournir un prétexte à la répression», dans un communiqué diffusé dans la soirée.

«Les unités de maintien de l’ordre ont fait preuve d’une attitude extrêmement agressive et ultra provocatrice», estiment les organisateurs pour qui «Manuel Valls répand des mensonges».

Pendant le défilé, beaucoup de manifestants arboraient des drapeaux tricolores, ou bretons, des bonnets rouges, des drapeaux à la fleur de lys, des banderoles de la Manif pour tous.

En queue de cortège, quelques centaines de sympathisants de Dieudonné criaient «Liberté d’expression», dans une allusion à l’interdiction faite à l’humoriste controversé de jouer son spectacle «Le Mur» en raison de sa tonalité antisémite. Des slogans anti-Israël, ou «CRS, milice des juifs», ont été entendus.

Des journalistes accusés d’être des «collabos» ont été pris à partie, avec des jets de projectiles, ont constaté des reporters de l’AFP.

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a condamné dans un communiqué «les slogans antisémites ainsi que des saluts nazis effectués» en marge du défilé. «Ce +Jour de colère+ s’est transformé en jour de haine», a estimé son président, Sacha Reingewirtz.

Interrogé un peu plus tôt sur Radio J, l’ancien ministre UMP Luc Chatel a assuré qu’il «comprenait» la démarche du collectif «Jour de Colère» même s’il ne «soutenait pas» sa manifestation. «Le président de la République élu ne cesse de fracturer la société française», a-t-il ajouté. 

Procédure de destitution

A la fin de la manifestation, des porte-parole sont montés sur un podium, la plupart sous couvert d’anonymat. Un homme a conspué «la France des oligarques» et loué «la France du pays réel rassemblée aux Invalides». Un autre, arborant un bonnet rouge, a donné rendez-vous «à bientôt pour tout brûler».

Les personnes qui ont défilé au micro ont fait huer tour à tour François Hollande, Manuel Valls, Christiane Taubira, «le lobby LGBT», «Leonarda», les journalistes. Des chants visaient aussi les francs-maçons.

Sur le podium, Béatrice Bourges, qui dirige le mouvement du Printemps français, a demandé que le Parlement entame une procédure de destitution de François Hollande «au nom de son impopularité et de son incapacité à gouverner». Elle a annoncé se mettre en grève de la faim en attendant cette éventuelle procédure.

Le Front national, le collectif breton à l’origine du mouvement des Bonnets rouges, La Manif pour tous, fer de lance contre le mariage homosexuel, avaient appelé à ne pas participer à cette manifestation.

Source :

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09:59 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

26/01/2014

Air du temps : " bon père de famille " EXIT !

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Ce mois de janvier vient à peine d'entamer son dernier tiers que l'année 2014 semble d'ores et déjà s'annoncer comme un grand cru dans le n'importe-quoi orwellien qui parasite l'esprit de la quasi-totalité de l'établissement politique français -et de la totalité de la fraction gauche de celui-ci. De Manuel Valls combattant les quenelles nazies sodomites avec toute la vaillance d'un Don Quichotte affrontant les moulins à vents -tandis que dans son dos la criminalité, la véritable, celle qui vole, qui viole et qui tue, explose- au soutien plus que jamais affirmé du Quai d'Orsay aux faux musulmans mais vrais dégénérés de la rébellion syrienne -les "anthropophages", comme les surnomme affectueusement Bassam Tahhan [1]- aux visions extatiques de Michel Sapin qui voit dans la hausse du chômage le signe de la reprise, sans oublier l'impayable tandem Belkacem-Peillon, les Shirley et Dino du Gender, qui à la rentrée prochaine imposeront le port de la robe pour les garçons dès la maternelle et une épreuve de masturbation obligatoire pour passer en sixième [2] ; bref, plus aucun doute n'est permis : en France, Ubu, réincarné en Flamby, est roi.

Chacun des exemples que j'ai cités plus haut se démarque par son exceptionnelle gravité : attaques en règles contre la liberté d'expression, complicité de crimes de guerre, volonté de laisser l'économie française, ou ce qu'il en reste, s'effondrer - des ruines que les Américains n'auront plus qu'à se baisser pour récupérer lorsque sera instauré le grand charnier transatlantique ; enfin destruction des structures, y compris héritées de la seule nature, soutenant l'existence même de la société. Il y aurait de quoi écrire sur chaque sujet.

Pourtant c'est sur une toute autre "réforme" que je me pencherai ici. Une réformette, même, oserai-je dire un point de détail, qui ne mériterait pas davantage qu'un entrefilet dans la rubrique nécrologique du sens commun, première victime de la modernité ; si ladite réformette ne portait le stigmate de l'origine -ou d'une origine- de tous les maux des sociétés dites "occidentales". 

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Crise d'acné féministe ?

Or donc, quelle est cette réformette ? Le 22 janvier, l'Assemblée nationale, débattant le fameux autant que fumeux projet de loi sur l'égalité homme-femme1 ont voté un amendement qui supprime de tous les textes l'expression "en bon père de famille", notion importante héritée du droit romain, désignant une personne -pas forcément un homme, d'ailleurs- "prudente et diligente, attentive, soucieuse des biens et/ou des intérêts qui lui sont confiés comme s'il s'agissait des siens propres".

L'argumentaire, lamentable et sophistique, à l'origine de cette révolution -car nous verrons que loin d'être une réformette comme je le prétendais plus haut, il s'agit d'une authentique destruction du patrimoine juridique, et au-delà, civilisationnel, français et même européen- ne surprendra personne : "dans ma vie, j'ai signé plusieurs contrats où je m'engageais à gérer le bien “en bon père de famille”. Ça m'a toujours dérangée : faut-il donc avoir un phallus pour bien gérer des biens ? Quand on doit signer cela, c'est particulièrement révoltant, car on renie son identité de femme et sa capacité de gestion en tant que femme" [2], déclare ainsi Brigitte Allain, élue écologiste apparemment plus préoccupée par la pollution machiste des lois que par celle, chimique et mortelle, de l'air, de l'eau et de la terre. Preuve surnuméraire de l'escroquerie que constitue l'écologie politique, mais passons.

Or donc, désormais, il ne sera plus demandé, par exemple, à un locataire d'user de la chose louée "en bon père de famille", mais "raisonnablement". Nul besoin d'être un juriste émérite qu'en comparaison de la définition à la fois complexe et complète donnée plus haut -" personne prudente et diligente, attentive, soucieuse des biens et/ou des intérêts qui lui sont confiés comme s'il s'agissait des siens propres"- l'adverbe "raisonnablement" témoigne déjà, à minima, de la pauvreté langagière de nos parlementaires. On aurait cependant tort de n'y voir qu'une énième manifestation de l'idéologie orwellienne sous-tend l'ensemble des mesures prises par la gauche depuis l'élection de François Hollande [3]. Car à cet appauvrissement du vocabulaire juridique correspond non seulement l'appauvrissement du droit lui-même, mais sa soumission à une logique nouvelle. De ce point de vue, que l'expression attaquée soit un legs de Rome n'a rien d'une coïncidence.

Il convient donc de dépasser les seule arguties ineptes des féministes. Rien de nouveau sous le soleil en ce qui les concerne : filles de la Modernité -et de son désir d'Ignorance-, elles s'attachent systématiquement à la forme au détriment du fond, à l'annexe plus qu'à l'essentiel. Car il en va des expressions idiomatiques type "bon père de famille" comme des règles de grammaire sur l'accord des adjectifs -autre cheval de bataille, pour ne pas dire destrier de guerre, de ces pourfendeuses sélectives d'inégalités- ; et il en va des contrats comme de n'importe que texte : quand on s'échine à y traquer le moindre héritage "patriarcal", on est obligatoirement condamné à négliger son contenu. La déclaration citée plus tôt de Mme Allain a en effet quelque chose de dérangeant et de délirant. À titre personnel, j'ai beaucoup de mal à imaginer qu'une adulte lisant un contrat puisse buter sur quelques mots au motif qu'ils renierait "son identité de femme". Comme si ces mêmes mots n'étaient précisément destinés qu'à rabaisser les femmes, quand ils véhiculent des notions fortes et indispensables à l'existence et au bon fonctionnement de la société. Bien évidemment, si l'on valide la vision féministe, je perds ici mon temps, car on quitte la sphère de l'analyse juridique pour rentrer de plein pied dans celle de l'égocentrisme pathologique. Je suis juriste, pas psychiatre.

Certes, l'expression "pater familias" renvoie effectivement à un système patriarcal... c'est-à-dire à un système où c'est le père qui dirige la famille et la représente aux yeux de la société. Mais il serait bon de se demander si c'est réellement cette notion de primauté masculine qui dérange nos élus de gauche. Pour répondre à cette question, il suffit d'imaginer ce qui se serait passé le 22 janvier dernier si Rome, au lieu d'être un patriarcat, avait été un matriarcat -la famille régentée par la mater familias- et que l'expression figurant dans le Code civil avait donc été "en bonne mère de famille".

 

Triomphe de l'individualisme

La réponse est hélas évidente. L'amendement aurait été proposé et voté de la même façon, et Brigitte Allain, au lieu de se plaindre que les textes de lois l'injuriaient en tant que femme, se serait offusqué qu'ils la renvoient à sa seule fonction sociale d'enfanter, le statut de mère étant bien évidemment infamant.

Dès lors, deux possibilités s'offrent à nous. Soit l'on se borne à considérer que le féminisme est une maladie mentale incurable qui devrait valoir à celles -voire à ceux, l'épidémie étant transmissible à l'homme- qui en souffrent le bénéfice d'un statut d'affection de longue durée et des soins remboursés par la Sécurité Sociale ; soit l'on admet que la question du genre exprimé dans l'expression idiomatique "en bon père de famille" n'est pas la vraie raison de cet acharnement à effacer l'héritage romain recelé par le Code civil. L'on ne peut pas non plus se contenter d'y voir une nouvelle attaque contre l'histoire et l'identité française, cette fois sur le front du Droit, bien que cet aspect soit éminemment présent dans certaines déclarations politiques ou médiatiques, par exemple lorsqu'on nous explique que cette expression serait "d'un autre temps". Éternel mépris du Moderne qui crache sur l'Ancien auquel, pourtant, il doit tout.

Vous l'aurez compris, c'est la seconde option que je validerai ici. Fort justement, quelle était donc, dans l'esprit de Benjamin Constant, la différence entre l'Ancien et le Moderne ? Le premier était avant tout un Citoyen, la part infime organique d'un Tout -la Cité- auquel il participait activement en vue du bien commun. Le second n'est qu'un jouisseur : les lois de la Cité n'ont pas vocation à assurer le bien commun, seulement la liberté individuelle de ses membres. L'Ancien aspire à faire partie de la Cité ; le Moderne ne rêve que de s'en affranchir.

Mais quel rapport avec l'amendement écologiste, me direz-vous ? On a déjà vu que, dans l'expression "bon père de famille", le mot "père" est en réalité contingent. Or c'est l'expression dans son ensemble qui a été supprimé. En effet, en admettant que Mme Allain aie raison, que ces mots portent une atteinte insupportable à la dignité de toutes les femmes, il eût été facile de remplacer "en bon père de famille" par "en bon chef de famille", "en bon responsable de famille", "en bon chargé de famille", voire, car j'ai failli oublier que nos députés ne disposaient que d'un vocabulaire limité, "en bon parent".

Or il n'en a rien été. Car davantage que le mot "père", c'était le mot "famille" qu'il fallait à tout prix éliminer de nos textes de lois, de même que toute notion susceptible d'y renvoyer un tant soi peu. Après la séquence abominable de l'abattage en faveur du mariage homosexuel, véritable déclaration de guerre à la société française [4], on ne s'étonnera même plus des diverses manifestations de cette hargne mortifère envers tout ce qui a trait à l'existence même de la famille et à ses fondements, qu'ils soient sociaux -le mariage- ou juridique -la filiation.

Cependant, il ne faudrait pas s'arrêter en si bon chemin. La réforme induite par l'amendement écologiste ne se cantonne pas à affirmer symboliquement la volonté de destruction de la famille et, au-delà de celle-ci, du lien social lui-même. La suppression de la référence au bon père de famille et son remplacement par la référence à la raison participent de cette déconstruction systématique du tissu de la société et des règles qui en constitue le maillage indispensable. Le pater familias -ou la mater familias-, le chef de famille, est un Ancien : il ressort nettement des termes de la définition juridique de cette notion qu'elle ne renvoie pas à la seule personne directement concernée par le contrat, mais à la collectivité, à la Cité. Celui ou celle qui gère en bon père de famille ne doit pas simplement agir comme si l'objet du contrat -le bien loué, pour reprendre le précédent exemple- lui appartenait momentanément, mais comme s'il devait être transmis à ses enfants. Les mots "en bon père de famille" renvoient donc à une véritable responsabilité. À l'inverse, la seule référence à la "raison" élimine de nos textes de lois cette idée de responsabilité, au profit d'une simple logique de l'intérêt individuel, d'où une réduction drastique des obligations à la charge du contractant. Gageons d'ailleurs que cette réduction ne sera pas sans effet sur l'interprétation des contrats dans les années à venir, avec à la clé quelques mauvaises surprises pour les cocontractants de la personne "raisonnable", car là où le bon père de famille renvoyait à des comportements objectifs et plutôt intangibles, la nouvelle notion paraît clairement subjective, et conduira probablement à relativiser l'appréciation du comportement "raisonnable" en se basant sur des standards actuels dont on sait pertinemment qu'ils se démarquent par leur extrême médiocrité [5].

 

Derrière l'apparent féminisme de la réforme se cache donc une nouvelle soumission à l'ordre libéral qui infecte la société française. Derrière la réfutation de la famille se dissimule le rejet viscéral de toute responsabilité, de toute obligation qui entraverait l'individu dans sa liberté de jouir, ici et maintenant, en le forçant à prendre en considération un ailleurs et un après qui ne le concerne en rien directement. Après moi, le déluge, et passez muscade. Là où la notion de bon père de famille correspondait à une logique collective, où chacun se sait nécessairement partie d'un tout supérieur, le renvoi à la seule "raison" implique un appauvrissement du lien social par la mise en avant exclusive de l'appréciation individuelle et subjective, ce qui promet, à tout le moins, un engorgement futur des tribunaux. Ces mêmes tribunaux dont Platon avait déjà écrit, dans la République, qu'avec les hôpitaux ils étaient le signe irréfragable d'une société malade, physiquement et mentalement.

Autant dire mourante.

 

Source : AGORAVOX

 

[1] Les gens de gauche authentiques attendent toujours la version patron-employé. M'est avis qu'ils devront attendre une vie future.

[2] :

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[3] Ainsi de la volonté de pousser les pères à prendre un congés parental, faute de quoi on réduirait celui de la mère. Pour Delphine Batho, il s'agit d'une incitation. En bon français, on appelle ça autrement. En l'occurrence du chantage.

[4] "Un hétéro, une balle ; une famille, une rafale" pouvait-on lire dans les manifestations favorables à la loi Taubira : si après ça vous n'avez pas compris, vous êtes irrécupérable

[5] On pensera par exemple au propriétaire lésé qui retrouvera son appartement laissé dans un état "raisonnablement dégueulasse" par le locataire.

06:58 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

24/01/2014

pause ... (en un monde de brutes)

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On a souvent envie de s'enfouir au plus profond de sa coquille, d'oublier tout ça !

Essayer, du moins ...