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31/05/2014

Mais on n'va pas en rester là ! ...

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Christophe Alévêque aime les happenings et la politique. Après avoir, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, organisé chaque 6 mai devant le Fouquet's le mouvement de résistance récréatif  Les mille colombes, voilà que l'humoriste, en ces temps de rigueur hollandaise, veut fêter la dette. De manière sérieusement drôle et avec un leitmotiv: halte à la sinistrose !

 

Samedi 31 mai, dans la grande nef du Centquatre à Paris, le comédien (dont je vous ai parlé ici) se targue d'organiser "une première mondiale": Le tour de la dette en 80 minutes suivi d'un bal. Objectif: "Aborder le problème de la dette autrement, sans angoisse, sans peur, avec humour et lucidité, pour mieux comprendre". Bref, un rassemblement festif pour décortiquer notre ardoise publique.


De "Super Rebelle" à "la dette pour les nuls"

Cette idée, en apparence saugrenue, est née il y a deux ans, lorsque Christophe Alévêque, dans son personnage burlesque de Super Rebelle, sillonnait les villes de France à la rencontre des électeurs. Un road trip qui a donné lieu au documentaireSuper Rebelle président réalisé par Eric Guéret . "J'ai été frappé par l'inculture économique, toutes classes sociales confondues, et par la résignation généralisée. On aurait pu appeler le film "l'avenir est un concept"!", se souvient l'humoriste. Puis il a rencontré le réalisateur Vincent Glenn, auteur de plusieurs documentaires fustigeant le libéralisme (Indices, consacré au PIB et Davos, Porto Alegre et autres batailles) .

"Nous voulons essayer de vulgariser le sujet, de faire une sorte de dette pour les nuls, de donner quelques clés de compréhension", explique Christophe Alévêque, qui a passé, dans sa jeunesse, trois années en école de commerce. "Ce n'est pas un bon souvenir mais j'ai appris des choses qui me sont restées". Lui qui, sur scène, dans chacune de ses revues de presse, fait de l'économie un sujet incontournable, constate depuis longtemps que "l'on peut faire rire avec le sujet le moins sexy du monde, en mettant le doigt sur des paradoxes, en forçant - à peine - le trait".

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 "Ni partisan, ni militant" ? A voir....

Dans ce spectacle "ludique, populaire et éducatif", qu'ils ont conçu et écrit ensemble, Christophe Alévêque et Vincent Glenn promettent de n'être "ni partisan, ni militant mais de susciter débats et discussions autour d'un problème qui mine notre quotidien". Ni partisan, ni militant... mais quand même franchement à gauche ! Pour ce tour de la dette en 80 minutes, plusieurs personnalités apporteront - pour la plupart sous forme de vidéos - leur contribution: notamment Pierre Larrouturou, fondateur du parti Nouvelle donne, Thomas Coutrot, économiste et co-président d'Attac, Henri Sterdyniak, signataire du manifeste des économistes atterrés, Annick Coupé, syndicaliste et porte-parole de Solidaires, Patrick Viveret, philosophe et essayiste altermondialiste. C'est promis, on comprendra tout. "Nous leur avons demandé d'être le plus clair possible et de répondre à des questions très simples: combien on doit, à qui on doit, depuis quand la dette augmente, comment peut-on continuer à emprunter, etc", explique Christophe Alévêque. Le comédien Philippe Toretton lira un texte sur la peur et Guy Bedos sera le parrain de la fête.

 

Ras le bol du "on ne peut pas faire autrement"

 

"A notre petit niveau, il s'agit de se poser, de prendre un peu de distance; cela fait trop longtemps qu'on nous fait penser au pire pour nous faire avaler le mauvais. Il y a en a ras le bol de l'angoisse de cette dette. Tout n'est pas noir, tout n'est pas foutu", insiste l'humoriste engagé. Il y a surtout une furieuse envie de casser le discours ambiant selon lequel une  seule voie est possible: la rigueur. "Ce qui m'énerve vraiment, ne cache pas Christophe Alévêque, c'est cet évangile selon le CAC 40 que l'on nous sert depuis des décennies; cette vision comptable à six mois du monde. Sur ce sujet comme sur d'autres, je n'ai jamais supporté  la rengaine selon laquelle "on ne peut pas faire autrement". Mais je suis contre le "tous pourris", c'est le pire des discours".

Après le spectacle, ce sera l'heure du "bal de la dette" avec lampions, fanfares et chansons. Cet évènement est, en toute logique, à but non lucratif et a pu voir le jour grâce au soutien logistique du Centquatre, de la ville de Paris et au bénévolat. Tous les bénéfices seront reversés au Secours populaire. Les organisateurs espèrent "multiplier, par la suite, des petites fêtes de la dette à travers le pays".

Sandrine Blanchard

 

Fête de la dette, samedi 31 mai à 19 heures, au Centquatre, 5, rue Curial, 75019 Paris. Tarifs (pour le spectacle et le bal): 23,80 euros (tarif réduit 15,60 euros). réservation: 01 53 35 50 00

 

Source : Le Monde.fr

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10:08 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

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