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28/02/2014

Ingérence quand tu nous tiens ...

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Manlio DINUCCI

« Bien creusé, vieille taupe ! » : ainsi Marx décrivait-il le travail préparatoire de la révolution au milieu du 19ème siècle. La même image peut être utilisée aujourd’hui, en sens inverse, pour décrire l’opération conduite par l’OTAN en Ukraine.

Elle commence quand en 1991, après le Pacte de Varsovie, se désagrège aussi l’Union Soviétique : à la place d’un seul État, il s’en forme quinze, dont l’Ukraine. Les États-Unis et leurs alliés européens s’activent immédiatement pour tirer le plus grand avantage de la nouvelle situation géopolitique. En 1999 l’OTAN démolit par la guerre la Fédération Yougoslave, État qui aurait pu faire obstacle à la nouvelle expansion à l’Est, et englobe les premiers pays de l’ex Pacte de Varsovie : Pologne, République Tchèque et Hongrie. Puis, en 2004 et 2009, elle s’étend à l’Estonie, Lettonie, Lituanie (ex partie de l’Urss) ; Bulgarie, Roumanie, Slovaquie ; Slovénie et Croatie (républiques de l’ex Yougoslavie) et Albanie. L’Ukraine – dont le territoire de 600 000 Kms2 fait tampon entre OTAN et Russie, et est traversé par les couloirs énergétiques entre Russie et UE – reste par contre autonome. Mais elle entre dans le « Conseil de coopération nord-atlantique » et, en 1994, dans la « Partnership pour la paix », en contribuant aux opérations de « maintien de la paix » dans les Balkans.

En 2002 est adopté le « Plan d’action OTAN-Ukraine » et le président Kuchma annonce son intention d’adhérer à l’OTAN. En 2005, dans le sillage de la « révolution orange », le président Yushchenko est invité au sommet OTAN à Bruxelles. Immédiatement après est lancé un « dialogue intensifié sur l’aspiration de l’Ukraine à devenir membre de l’OTAN » et en 2008 le sommet de Bucarest donne le feu vert pour son entrée. En 2009 Kiev signe un accord permettant le transit terrestre en Ukraine des approvisionnements pour les forces OTAN en Afghanistan. Désormais l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN semble sûre mais, en 2010, le président nouvellement élu Ianoukovytch annonce que, tout en continuant la coopération, l’adhésion à l’UE n’est pas au programme de son gouvernement. Entre temps, cependant, l’OTAN est arrivée à tisser un réseau de liens à l’intérieur des forces armées ukrainiennes.

Des officiers supérieurs participent depuis des années à des cours du NATO Defense College à Rome et à Oberammergau (Allemagne), sur des thèmes concernant l’intégration des forces armées ukrainiennes à celle de l’OTAN. C’est dans ce cadre que s’insère l’institution, auprès de l’Académie militaire ukrainienne, d’une nouvelle « faculté multinationale » avec des enseignants de l’OTAN. Notablement développée aussi la coopération technico-scientifique dans le domaine des armements pour faciliter, à travers une plus grande interopérabilité, la participation des forces armées ukrainiennes à des « opérations conjointes pour la paix » sous conduite de l’OTAN. En outre, étant donné que « de nombreux Ukrainiens manquent d’informations sur le rôle et les objectifs de l’Alliance et gardent à l’esprit des stéréotypes dépassés de la guerre froide », l’OTAN a institué à Kiev un Centre d’information qui organise des rencontres et séminaires, et même des visites de « représentants de la société civile » au quartier général de Bruxelles. Et comme n’existe que ce qui se voit, il est évident que l’OTAN a un réseau de liaisons dans les milieux militaires et civils beaucoup plus étendu que celui qui est apparent. Comme le confirme le ton de commandement avec lequel le secrétaire général de l’OTAN s’adresse le 20 février aux forces armées ukrainiennes, en les avertissant de « rester neutres », sous peine de « graves conséquences négatives pour nos relations ». L’OTAN se sent désormais sûre de pouvoir accomplir un nouveau pas dans son extension à l’Est, en englobant probablement la moitié de l’Ukraine, tandis qu’elle continue sa campagne contre « les stéréotypes dépassés de la guerre froide ».

Édition de mardi 25 février 2014 de il manifesto,
Allargamento a Est sì. Ma della Nato
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

 

Source : Le*Grand Soir

 

- Pire que l'ingérence, l'interventionnisme systématique !

N'est-il pas dangereux de narguer ainsi Poutine ? L'aigle américain a t'il décidé de dépecer l'ours russe qui n'est pourtant pas un grand cadavre. Ne mésestimons pas les possibilités de la Russie car nous pourrions le payer très cher.

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15:46 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

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