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16/10/2013

Abattage rituel (c'était hier)

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Des associations condamnent l’abattage sans étourdissement, pour la viande halal ou casher. A pas de loup : elles craignent l’amalgame et la récupération.

L’Aïd-el-Kébir est célébrée ce mardi 15 octobre. En Belgique, l’association de défense animale Gaia a programmé un spot radio pour demander à ce que l’étourdissement des animaux soit désormais la règle lors de l’abattage rituel pratiqué par les juifs et les musulmans. Mais en France, les associations ont du mal à se faire entendre. Car ce thème est un terrain miné.

Cet été, la sénatrice UDI Sylvie Goy-Chavent en a fait la cuisante expérience. Rapporteuse de la mission sénatoriale d’information sur la filière « viande »,elle a proposé la mise en place d’un étiquetage obligatoire sur le mode d’abattage « selon des modalités non stigmatisantes ».

Accusée aussitôt d’antisémitisme, la sénatrice de l’Ain a fait l’objet d’une campagne de dénigrement sur de nombreux sites juifs comme sur JSS News ou sur Israël Flash. Les insultes n’ont pas manqué et même les menaces de mort.

Amalgame et récupération

Pourquoi un tel déchaînement ? Trois motivations se percutent dans les débats sur l’abattage sans étourdissement :

  • la protection des animaux ;
  • la politique identitaire ;
  • et les intérêts économiques.

Depuis 1964, un décret impose d’étourdir les animaux d’élevage avant de les saigner. Concrètement, ils sont insensibilisés soit par décharge électrique (électronarcose) soit par perforation crânienne (pistolet d’abattage) juste avant d’être saignés. Quand ils se vident de leur sang, ils sont toujours vivants mais inconscients. (*)

Une dérogation permet de saigner les animaux sans insensibilisation dans le cadre de l’abattage « rituel », juif ou musulman. Les animaux sont conscients lorsqu’on les égorge, se vident ensuite de leur sang et mettent en moyenne quinze secondes à mourir pour un mouton et deux minutes pour un veau ou un bœuf.

Les associations de défense animale condamnent ce mode d’abattage pour les souffrances ainsi infligées aux animaux. Mais elles y vont parfois à pas de loup, tant elles craignent l’amalgame et la récupération.

Plus xénophobes que sensibles au respect animal

Sur le sujet de l’abattage sans étourdissement, de nombreux militants se présentant comme défenseurs des animaux s’avèrent être affiliés à l’extrême droite. Et plus xénophobes que sensibles au respect animal. C’est le constat d’Aurore Lenoir, présidente du collectif Non à l’abattoir rituel de Guéret(NARG), un mouvement créé pour dénoncer un projet d’abattoir exclusivement sans étourdissement.

Ancienne soigneuse animalière et fondatrice d’une association de protection, elle s’est mobilisée sur cette cause parce qu’aucune autre structure ne voulait y aller. Au cours des premiers mois, elle a remarqué que son mouvement attirait beaucoup de personnes plus intéressées par d’autres questions que la protection animale :

« Cela m’a demandé un vrai travail d’investigation. Dans les e-mails de contacts et sur les comptes Facebook, j’ai appris à repérer les commentaires douteux qui parlent d’islam ou d’identité française. Je vérifie les profils, je lis toutes les publications et, s’il y a lieu, j’indique à la personne qu’elle se trompe de mouvement.

Pourtant, dès le début, nous avons bien communiqué sur le fait que notre collectif était apolitique, en rien opposé aux différentes pratiques religieuses et préoccupé par le bien-être animal. »

Malgré les précautions et la mise à l’écart systématique des adhérents xénophobes, le NARG. n’a pas échappé à l’amalgame. Lors de la manifestation du 13 avril 2013, un reportage de France 3 Limousin réduit le rassemblement aux risques de noyautage.

Les organisateurs avaient pourtant pris soin de rappeler leurs consignes : les drapeaux et slogans ne doivent concerner que la cause animale. La présidente du NARG regrette :

« Même s’il n’y avait aucun militant FN dans le reportage, la chaîne a voulu faire un amalgame. Le FN a été le seul à s’engager sur cette cause. Pour la prochaine manifestation, je prévois un service d’ordre de 50 personnes pour contrecarrer les éventuels manifestants extrémistes. Filtrer et encadrer, c’est un vrai travail à mener. »

De gros intérêts financiers en jeu

Si l’abattage sans étourdissement est devenu un sujet si sensible, c’est aussi parce qu’il met en jeu de gros intérêts financiers. Pour augmenter la productivité et la rentabilité, nombre d’abattoirs ont converti toutes leurs lignes de production au « sans étourdissement ». Que la demande soit casher ou halal, plus importante que prévue ou pas, le risque de perte de marché est éliminé.

CE QU’ON NE DIT PAS

En novembre 2011, un rapport du Conseil général de l’alimentation révélait que 40% des bovins et 60% des ovins étaient abattus de manière rituelle. Or, le marché de la viande casher et halal représenterait moins de 10% des ventes. Une partie des viandes issue des animaux ainsi abattus se retrouve donc dans le circuit classique.

Pourtant, les Français non concernés par ces pratiques religieuses ne veulent pas consommer ce type de produit. Selon un sondage Ipsos [PDF], 85% d’entre eux considèrent l’insensibilisation comme un élément primordial ou nécessaire de l’abattage et 71% souhaitent retrouver l’indication de l’insensibilisation sur la viande ou les produits contenant de la viande qu’ils achètent.

Avec le tout « sans étourdissement », la viande peut être vendue quel que soit le circuit de distribution et remise dans le marché normal si elle n’a pas trouvé preneur dans le « rituel ».

« Alors qu’il était dérogatoire, l’abattage sans étourdissement devient une pratique courante », observe le Dr Jean-Pierre Kieffer, vétérinaire et président de l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA).

Selon Michèle Striffler, député européenne (UDI) et vice-présidente de l’intergroupe « Protection et préservation des animaux » au Parlement européen, ce sont surtout les lobbys de la filière viande qui travaillent à contrer l’étiquetage des modes d’abattage :

« On en revient toujours au même point. Les industriels ne se souciant ni de la souffrance animale, ni du droit d’information des consommateurs. Leur seule motivation concerne leur rendement et leurs marges.

Et leurs lobbys sont très puissants auprès des politiques. Déjà, en 2010, l’amendement du Parlement européen sur l’étiquetage des viandes avait été retoqué par le conseil des ministres. Les politiques n’ont pas le courage d’affronter les choses et laissent le champ libre au FN sur le sujet. »

Principe de laïcité

Effectivement, nos grands élus semblent bien ennuyés sur le sujet. Alors qu’elle avait saisi le président du Sénat sur les menaces de mort dont elle faisait l’objet et d’éventuelles fuites du rapport « viande » avant sa publication officielle, Sylvie Goy-Chavent vient de recevoir la réponse de Jean-Pierre Bel.

« Il me rappelle que ce sujet nécessite un traitement serein et responsable comme si je stigmatisais les consommateurs de viande halal ou casher en demandant que l’on étiquette le mode d’abattage. Mais justement, la laïcité est un principe fondamental de notre société et c’est en s’occupant de ces sujets que l’on aidera les Français à vivre sereinement ensemble selon leur liberté de conscience. »

Cet automne, Michèle Striffler a décidé de soutenir l’exigence de transparence sur les modes d’abattage. « On m’alerte sur les risques en me prédisant une cuisante défaite électorale », observe cette eurodéputée basée à Mulhouse. « Mais je connais bien le phénomène des lobbys au Parlement européen et il faut savoir se mouiller dans notre métier d’élu. Nous devons entamer un dialogue constructif avec les communautés religieuses sur le sujet. »

Selon elle, il est également temps de déconnecter le sujet de ses aspects identitaires. Car dans d’autres pays, l’absence d’étourdissement est moins systématiquement exigée.

« La viande halal n’est pas forcément obtenue sans insensibilisation de l’animal, confirme le Dr Jean-Pierre Kieffer. Une partie de celle consommée en Arabie saoudite provient de Nouvelle-Zélande et d’Australie alors que ces pays pratiquent l’abattage industriel avec étourdissement. »


 (*) c'est déjà limite ...

Source : Rue89

Je vous fais grâce des photos horrifiques ! ! !

Ce n'est certes pas de la xénophobie de ma part encore moins du racisme mais quand on vient s'installer dans un pays autre que celui dans lequel ses ancêtres sont nés, c'est que l'on avait de bonnes raisons pour cela, non ? ... Or si on a choisi ce lieu, on devrait également adopter ses coutumes et ses lois, non imposer celles du pays d'où l'on vient. C'est une question de respect pur et simple, de reconnaissance aussi peut-être pour ce droit d'asile dont on bénéficie. Les politiques qui par démagogie acceptent de se plier à des règles venues d'autres civilisations sont non seulement des lâches mais des êtres vénaux. Ne pas respecter les animaux conduit à ne pas respecter les hommes. Beaucoup de gens refusent de manger de la viande en suspectant la façon dont l'animal a été tué. Personnellement, vous ne me ferez pas avaler une bouchée de mouton ! Pauvres bêtes ...

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11:06 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

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