Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

30/08/2013

Où va le monde ? ... (5 bonnes raisons de ne pas faire la guerre)

Bandeau Le Point.fr Où va le monde Syrie5.jpg

PIERRE BEYLAU

"Punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents." Mardi 27 septembre, devant les ambassadeurs réunis à Paris à l'occasion de leur grand-messe annuelle, François Hollande a choisi le registre de la morale pour évoquer la tragédie syrienne. Un ton et un vocabulaire qui rappelaient curieusement celui de George Bush et des néoconservateurs américains tentant de justifier la calamiteuse expédition d'Irak. Quelques excellences ont discrètement haussé un sourcil interrogateur devant cette rupture avec l'approche cyniquement réaliste dont se réclame traditionnellement la diplomatie française. L'indignation, la compassion et les bons sentiments ne sont pas des vertus en matière de politique étrangère. Le gazage probable de civils par les troupes de Damas constitue un pas de plus dans l'échelle de la barbarie, même s'il reste à démontrer qu'il est préférable d'être envoyé ad patres par un obus plutôt que par des moyens chimiques. La guerre de Syrie a déjà fait 100 000 morts, tués par des armes tout à fait conventionnelles.

L'usage des gaz est-il un motif suffisant pour se lancer dans une aventure hasardeuse aux objectifs flous ? Cinq raisons, au moins, auraient dû inciter François Hollande à ne pas s'associer à une frappe contre la Syrie.

Première raison : il s'agit d'une guerre civile. La société syrienne est une mosaïque religieuse et ethnique : sunnites, alaouites, chrétiens, Druzes, Kurdes. Elle est profondément divisée. Les alaouites (environ 12 % de la population) constituent le coeur du pouvoir et le fer de lance de l'appareil répressif. Mais beaucoup de Syriens qui ne portent pas nécessairement Assad dans leur coeur redoutent une prise de pouvoir des islamistes radicaux. Les chrétiens ont peur. La grande majorité d'entre eux sont orthodoxes et considèrent la Sainte Russie comme leur protecteur historique. La bourgeoisie sunnite s'inquiète devant la multiplication des exactions dans les zones "libérées". Résultat : Assad a sans doute encore 30 ou 40 % des Syriens qui le soutiennent ou s'accommodent de sa présence.

Deuxième raison : c'est une confrontation régionale sunnites-chiites. Même si les alaouites sont de curieux chiites (ils croient à la réincarnation, vénèrent Aristote et Alexandre le Grand), ils appartiennent cependant à la grande famille de ceux qui se réclament de la descendance de Mahomet. Par opposition aux sunnites qui voient dans l'oumma, la communauté des croyants, la seule légitimité. La fracture entre frères ennemis de l'islam remonte à la nuit des temps. Au VIIe siècle (680) plus exactement, quand Hussein, petit-fils du prophète, périt à la bataille de Kerbala face aux troupes de Yazid, calife de Damas. Depuis, les chiites ont pris leur revanche. Ils gouvernent la Syrie par alaouites interposés, ont un poids politique crucial au Liban avec le Hezbollah. Grâce aux Américains, ils ont pris le pouvoir à Bagdad, où l'Iran exerce désormais une influence déterminante. Une montée en puissance mal supportée par le monde sunnite. Si l'Arabie saoudite et le Qatar apportent une aide active aux insurgés syriens, ce n'est pas pour promouvoir la démocratie et les droits de l'homme, mais pour renverser un gouvernement chiite allié de l'Iran

Troisième raison : la France n'a pas la maîtrise du jeu. Les rodomontades de François Hollande ne peuvent occulter une triste réalité : ce sont les États-Unis qui sont maîtres de la manœuvre. Au Mali, la France pouvait conduire les opérations militaires et veiller à la mise en place d'une solution politique. En Syrie, elle est, pour des raisons militaires et politiques, à la remorque de Washington. Dans le sillage du général de Gaulle, Paris a longtemps cultivé une singularité dans l'Orient compliqué. Ce qui lui permettait de jouer un rôle non négligeable entre Nil et Euphrate. L'alignement sur les États-Unis prive la France de tout espace politique et expose dangereusement le bataillon français déployé au Liban dans le cadre de la Finul.

Quatrième raison : un séisme régional n'est pas à exclure. Si les frappes programmées sont très limitées, l'incendie sera peut-être vite circonscrit. Mais si l'on entre dans un cycle de bombardements-représailles, le pire est à redouter. La Syrie est sur la ligne de fracture d'une sorte de tectonique des plaques géopolitiques. L'ébranlement peut s'étendre au Liban, à Israël, à l'Irak, au détroit d'Ormouz où transite une partie importante du pétrole mondial. Si les frappes surviennent dans les tout prochains jours, le G20, samedi 5 septembre à Saint-Pétersbourg, risque d'être mouvementé, une majorité de participants étant hostiles à une action militaire en Syrie. Les Russes pourraient bien être poussés à aider encore davantage Assad et à se dissocier des Occidentaux sur le dossier nucléaire iranien.

Cinquième raison : l'hostilité des opinions publiques. Le bon peuple ne voit pas très bien pourquoi et pour quel objectif il est urgent d'aller guerroyer en Syrie même par le truchement de simples tirs de missiles. Les sondages confirment que les Français, les Britanniques, les Américains sont tous à peu près sur la même longueur d'onde. Échaudées par le précédent irakien, les opinions publiques sont très sceptiques. Elles n'ont pas tort : mercredi 28 août, une douzaine d'attentats ont encore fait 60 morts en IrakLe bilan est d'environ 1 000 tués en juillet, soit 3 700 victimes depuis le début de l'année. Certes, c'est un peu moins qu'en Syrie, mais enfin...

Source : Le Point

Une réflexion élémentaire se pose, que je n'entends évoquée nulle part - On veut PUNIR les auteurs de l'utilisation d'armes chimiques à la seule condition que ces derniers se situent dans le camp de Bachar-el-Assad et on ne parle pas d'agir de même si cela provient du camp des insurgés (et pour cause ! ) et puis enfin ... l'utilisation massive de dioxine durant la guerre du Vietnam est-elle oubliée ?  Cette fois, ce sont les américains qui condamnent, quel cynisme !

CE N'EST PAS L'UTILISATION D'ARMES CHIMIQUES QU'IL FAUT INTERDIRE MAIS LA GUERRE. 


Bandeau Allain Jules terroristes avouent.jpg

 

10:46 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

29/08/2013

Valse hésitation : ouf ? ...

Bandeau le Grand Soir Mentir sur la Syrie.jpg

David SWANSON

À la une du Los Angeles Times, le titre suivant : « Les États-Unis se préparent à l’éventualité de frappes de représailles contre la Syrie », bien que la Syrie n’ait attaqué, ni les États-Unis, ni aucun de ses territoires occupés, ou aucune de ses forces impériales, et n’ait aucune intention de le faire.

Comme le dit l’article :

« Le Président n’a pris aucune décision, mais le sujet a été abordé à très haut niveau, tandis qu’au même moment le Pentagone reconnaissait avoir mis en place des forces armées dans la région ».

Je vous prie de m’excuser, mais qui, dans cette « situation normale, c’est le bordel », a pris la décision ? Le commandant en chef a-t-il simplement voix au chapitre ? Est-ce qu’il lui revient de faire des discours pour expliquer à quel point attaquer la Syrie constituerait une erreur terrible, d’avoir des réunions avec des officiers du plus haut niveau, qui en sortent pour préparer des attaques contre la Syrie, avant d’entrer dans l’histoire pour s’être désengagé de sa propre politique, voire s’y être opposé ?

Menacer d’attaquer la Syrie, et mettre une flotte en position de le faire, constituent des actes d’une grande portée, immoraux autant qu’illégaux. Le Président peut bien déclarer que la décision d’appuyer sur le bouton n’était pas la sienne, il ne peut prétendre avoir aussi peu d’influence sur les préparatifs en cours pour le faire, que sur la météo. Ou plutôt, il ne pourrait pas, si les journaux faisaient leur travail.

(Illégaux, parfaitement. Lisez la Charte des Nations Unies : Dans leurs relations internationales, tous les Membres s’abstiendront d’avoir recours à la menace d’utiliser, ou à l’utilisation de, la force, pour porter atteinte à l’intégrité territoriale, ou à l’indépendance politique d’un état, quel qu’il soit, ainsi qu’à tout autre procédé qui contreviendrait aux Objectifs poursuivis par les Nations Unies ».)

Le soi-disant Ministre de la Défense a déclaré : « Il est de la responsabilité du Ministère de la Défense, de proposer au Président plusieurs choix, afin qu’il puisse faire face à toutes les éventualités », mais est-ce qu’une seule de ces éventualités concerne la défense des États-Unis ? Est-ce qu’une seule d’entre elles évoque la signature d’une paix ? Si tel n’est pas le cas, n’est-il pas inexact de mentionner « toutes » les éventualités ?

En fait, Chuck Hagel détient cette « responsabilité », uniquement parce qu’Obama lui a donné pour instruction, non pas de lui proposer tous les choix, mais tous les choix militaires.

Les rebelles syriens comprennent que, dans le cadre de toutes les politiques que les États-Unis sont susceptibles de mener, ils ont de bonnes chances d’obtenir des armes s’ils simulent l’utilisation d’armes chimiques contre eux, tandis qu’il y a de fortes chances qu’on ignore leur existence, comme celle de Bahreïn (Ba-qui ?), s’ils décident d’adopter une stratégie de résistance non violente.

D’après le L.A. Times, « Obama a également appelé David Cameron, le Premier Ministre britannique, pour discuter des évènements syriens. Tous deux sont ‘unis’ dans leur opposition à l’utilisation d’armes chimiques, selon les termes d’une déclaration que la Maison Blanche a faite à la suite de la communication téléphonique ». Oui … à l’exception du phosphore blanc, ou encore du napalm. Ces armes chimiques sont de gentilles armes chimiques, d’ailleurs le gouvernement est contre les méchantes armes chimiques, donc votre quotidien ne vous raconte aucun mensonge.

Qu’a déclaré Obama, sur C.N.N. jeudi dernier ?

« Il arrive qu’on accorde trop d’importance à l’idée selon laquelle les États-Unis pourraient résoudre, d’une manière ou d’une autre, à l’intérieur même de la Syrie, un problème complexe, motivé par le sectarisme ».

Nan, tu crois ?

Chris Cuomo (le fils de Mario), journaliste à C.N.N., plaida en faveur de la guerre :
« Plus on attend, plus il risque d’y avoir de morts, ne pensez-vous pas, monsieur le Président ? »

Obama répliqua qu’il continuait à vérifier les dernières conneries sur les armes chimiques. Cuomo repoussa l’objection :

« Il existe des preuves solides qu’ils les ont déjà utilisées, même si c’était par le passé ».

Obama ne répondit pas à ce mensonge, se contentant de débiter une rhétorique inepte quelconque.

Cuomo, peut-être parce que sa soif de chair syrienne morte était un peu contrariée, se saisit du John McCainisme ordinaire. Il déclara que le sénateur McCain pense que les États-Unis perdraient leur ‘crédibilité’ si la Syrie n’est pas attaquée. (Et si le gouvernement des États-Unis devait tout à coup déclarer n’être pas une institution ayant pour but le massacre, avant de joindre l’acte à la parole – qu’adviendrait-il alors de sa crédibilité ?).

Obama ne se laissa pas décourager, et commença à prêcher contre ce qu’il s’apprêtait à faire : « Parfois, on s’aperçoit que les gens exigent une action immédiate, ils démarrent au quart de tour, puis les choses tournent mal, nous nous retrouvons embourbés dans des situations délicates, ce qui a pour conséquence de nous entraîner dans des interventions coûteuses, économiquement autant qu’humainement, qui ne font qu’engendrer un ressentiment plus fort dans la région ».

Cuomo se mit à geindre, mais vous aviez promis que l’utilisation d’armes chimiques équivaudrait à franchir la Ligne Rouge !

Obama rétorqua qu’il fallait se soumettre à la législation internationale. (À l’intention des non-initiés : en fait, la législation internationale interdit que l’on attaque les gouvernements d’autres nations, pour les renverser – même celui de la Lybie). D’ailleurs, ainsi qu’Obama le fit remarquer, l’option militaire n’est pas la seule envisageable.

Ah bon ?!

J’ai remarqué que, dès qu’Obama commence à parler avec la voix de la raison, comme ici, cela veut dire qu’en réalité il part à toute allure dans la direction opposée. Plus il passe de temps à expliquer à quel point une attaque contre la Syrie serait injuste, illégale, stupide, et immorale, plus vous pouvez être sûrs que c’est précisément ce qu’il s‘apprête à faire.

Telles que je les ai déjà publiées auparavant, voici les 10 raisons principales pour ne pas attaquer la Syrie, même dans le cas où les derniers mensonges en date sur l’utilisation d’armes chimiques seraient, en fait, des vérités :

1. Un tel prétexte ne rend pas une guerre légale. On ne le trouve, ni dans le Pacte Kellogg-Briand, ni dans la Charte des Nations Unies, ni même dans la Constitution des États-Unis. Il figure, en revanche, dans la propagande de guerre des États-Unis, millésime 2002. (Qui prétend que notre gouvernement ne fait pas campagne en faveur du recyclage ?).

2. Les États-Unis possèdent, et utilisent eux-mêmes, des armes que la législation internationale condamne, notamment le phosphore blanc, les bombes à fragmentation, et l’uranium appauvri. Vous pouvez faire l’éloge de ces pratiques, éviter d’y penser, ou vous joindre à moi pour les condamner, peu importe, elles ne peuvent servir de justification, légale ou morale, à une nation étrangère quelconque pour nous bombarder, ou pour bombarder tout autre nation où l’armée des États-Unis effectue des opérations. Tuer des gens, pour leur éviter d’être tués par le mauvais type d’armes, une telle politique ne peut provenir que d’une forme quelconque de dérangement mental. Appelez le trouble de stress pré-traumatique.

3. Si la guerre s’intensifiait en Syrie, elle pourrait s’étendre à la région, voire au monde, et ses conséquences échapperaient à tout contrôle. La Syrie, le Liban, l’Iran, la Russie, la Chine ; les États-Unis, les états du Golfe, les états de l’O.T.A.N., . . . cela ressemble-t-il au type de conflit que nous appelons de nos vœux ? À un conflit qui laissera des survivants ? Pourquoi diable prendre un tel risque ?

4. La simple mise en place d’une « zone d’exclusion aérienne », ne s’effectuerait qu’au prix du bombardement de secteurs urbains, et donc, inévitablement, d’un grand nombre de morts. C’est ce qui s’est produit en Lybie, et nous avons détourné le regard. Mais en Syrie, cela se produirait sur une échelle bien plus grande, étant donnés les emplacements des sites destinés à être bombardés. Créer une « zone d’exclusion aérienne » ne revient pas à faire une annonce, mais à lâcher des bombes.

5. En Syrie, les deux camps utilisent des armes épouvantables, commettent des atrocités épouvantables. Je suis sûr que, même ceux qui s’imaginent qu’on devrait tuer des gens pour leur éviter de se faire tuer par des armes différentes, sont capables de comprendre ce qu’il y a de dément à armer les deux camps, afin que ces deux camps se protègent l’un de l’autre. Dès lors, pourquoi ne semble-t-il pas tout aussi dément, d’armer un camp dans un conflit au cours duquel les eux camps ont commis des exactions similaires ?

6. Si les États-Unis sont dans le camp de l’opposition syrienne, on leur imputera les crimes de cette opposition. En Asie Occidentale, la plupart des gens haïssent Al Qaïda, ainsi que les autres terroristes. Ils en viennent également à haïr les États-Unis et leurs avions téléguidés, leurs missiles, leurs bases, leurs bombardements aériens nocturnes, leurs mensonges, leur hypocrisie. Imaginez le niveau de haine auquel on parviendra, lorsque les États-Unis auront fait équipe avec Al Qaïda pour renverser le gouvernement syrien, avant de le remplacer par un enfer de type irakien.

7. D’habitude, lorsqu’une force étrangère appuie l’arrivée au pouvoir d’une rébellion impopulaire, cette dernière ne prend pas la forme d’un gouvernement stable. En fait, il n’existe toujours pas un seul exemple avéré, d’une guerre humanitaire étatsunienne dont l’humanité ait tiré profit, ou d’une politique de construction d’une nation, ayant effectivement abouti à la construction d’une nation. Pourquoi donc la Syrie, qui semble encore moins prometteuse que la plupart des cibles potentielles, constituerait-elle l’exception qui confirme la règle ?

8. Cette opposition ne s’intéresse pas à la mise en place d’une démocratie, d’ailleurs recevoir des ordres des États-Unis, ne l’intéresse pas plus. Au contraire, avec de tels alliés, il y a tout lieu de s’attendre à un retour de flammes. Tout comme nous aurions déjà dû retenir la leçon de nos mensonges sur les armes, cela fait bien longtemps que notre gouvernement aurait dû retenir la leçon que lui a enseignée le fait d’armer l’ennemi de l’ennemi.

9. Les précédents que constituent les autres actes des États-Unis, perpétrés en dehors de tout cadre légal, qu’il s’agisse de faire la guerre par procuration ou d’attaquer à découvert, donnent un exemple dangereux, au monde, mais aussi à ceux de Washington, pour lesquels l’Iran est le prochain nom sur la liste.

10. En dépit des efforts prodigués par les médias jusqu’à ce jour, une confortable majorité d‘américains s’opposent à la fourniture d’armes aux rebelles, ainsi qu’à l’entrée en guerre pure et simple. Au contraire, une majorité d’entre eux, toutes tendances politiques confondues, sont favorables à un apport d’aide humanitaire.

En somme, ce n’est pas en aggravant la situation du peuple syrien, que nous l’aiderons.

Mais – vous savez quoi ? – les preuves semblent indiquer, très clairement, que les dernières déclarations sur l’utilisation d’armes chimiques, sont tout aussi bidons que les précédentes.

Qui donc aurait pu le prédire ?

David Swanson 

Source : Le Grand Soir -

Agoravox Syrie ou l'essouflement des empires.jpg

08:32 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

28/08/2013

La France manipulée (NDA)

Debout La République la France manipulée.jpg

Ces prochaines heures vont être décisives pour la France et le monde. Les récents mouvements de troupes à Chypre font penser que ce n'est qu'une question d'heures avant que les premières bombes occidentales tombent sur la Syrie.

Soit la France fait entendre sa voix haute et forte maintenant, soit elle finira aux oubliettes de l'Histoire.

Comment accepter de participer à une telle aventure sans savoir de manière certaine qui du régime de Bachar el-Assad ou des groupes islamistes sont les auteurs de tirs d'armes chimiques ?

Ce qui se prépare en Syrie aura des conséquences immenses sur le cours du monde. Partout où les Occidentaux ont tenté d'imposer par la force leur démocratie, cela s'est terminé en fiasco. Les attentats quotidiens en Irak ou la mainmise d'islamistes radicaux en Libye sont là pour nous le rappeler. Une intervention en Syrie a de grandes chances de faire basculer toute la région dans le chaos absolu. Nous allons encourager la radicalisation du régime syrien et l'opposition syrienne risque de se permettre toutes les exactions, notamment sur la communauté chrétienne locale. Et tout ça pour quoi ? Pour installer peut-être les groupuscules terroristes que nous avons combattus avec raison au Mali...

Il est du devoir de la France de tenir son rang. Or depuis plusieurs mois, à force de suivre aveuglement les Américains, la voix de la France est inaudible. Sur ce dossier syrien, nous avons été en-dessous de tout. Notre politique étrangère indépendante depuis Charles de Gaulle était l'occasion de jouer les médiateurs entre une Russie fidèle au régime de Bachar el-Assad, et des États-Unis sous l'influence de l'Arabie Saoudite.

Non seulement la France doit s'abstenir de prendre part à cette aventure hasardeuse, mais elle doit en plus peser de tout son poids pour qu'une solution diplomatique et politique soit trouvée à ce conflit. L'honneur de la France est de ne faire parler les armes qu'en dernier ressort lorsque tous les recours diplomatiques et politiques auront été épuisés. Comme député de la nation et membre de la Commission des Affaires étrangères, je m'étonne du silence de la France au Conseil de Sécurité de l'ONU. Je suis stupéfait par cette précipitation de la diplomatie française alors qu'une Conférence de conciliation, dite Genève 2, a été prévue entre les différentes parties.

Déjà, la fermeture de l'ambassade de France à Damas en mars 2012 fut une erreur tactique. Depuis, nous nous enfonçons dans un déni diplomatique gravissime. En participant à cette intervention occidentale en Syrie, la France va mettre le bras dans un engrenage terrible mais va en plus abimer sa voix dans le monde.

La France doit être la France. C'est ce que le monde attend d'elle. C'est ce que Jacques Chirac et Dominique de Villepin avaient incarné au moment de la guerre en Irak.

Alors que François Hollande semble être sur le point d'engager nos armées dans cette guerre civile, il est indispensable que l’Assemblée nationale se réunisse sous les 48 heures pour un débat public. Je demande donc à Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, et à Claude Bartolone, le Président de l'Assemblée nationale, de prendre immédiatement les dispositions afférentes.

Nicolas Dupont-Aignan
Député de l'Essonne
Président de Debout la République

" La responsabilité de protéger " (sic) ... en mettant la France et l'équilibre du monde entier en danger ? ... C'est bien au contraire de l'irresponsabilité !

SOLKO s'en va-t-en-guerre.jpg

09:52 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

27/08/2013

Qui croire ? ...

Courrier International Syrie pas marionnette.jpg

DOCUMENTBachar El-Assad : "La Syrie ne deviendra jamais la marionnette de l'Occident"

Le quotidien russe Izvestia a recueilli une longue interview du dictateur syrien plus que jamais droit dans ses bottes. Intervention américaine, utilisation d'armes chimiques, relations avec la Russie, conférence Genève-2... En voici les principaux moments.

"Il ne faut pas être pour le terrorisme en Syrie et contre au Mali, le soutenir en Tchétchénie et le combattre en Afghanistan" - A Damas, Bachar El-Assad donne une interview au quotidien russe Izvestia. - AFP / HO / SANA"Il ne faut pas être pour le terrorisme en Syrie et contre au Mali, le soutenir en Tchétchénie et le combattre en Afghanistan" - A Damas, Bachar El-Assad donne une interview au quotidien russeIzvestia. - AFP / HO / SANA
Monsieur le président, la question d'actualité la plus brûlante aujourd'hui est la situation en Syrie. Quels sont les territoires qui restent sous le contrôle des insurgés ?

Notre terre n'est occupée par aucun ennemi. Nous avons affaire à des terroristes qui pénètrent dans nos villages et la périphérie de nos villes. Ce sont des criminels qui tuent des citoyens innocents et détruisent des infrastructures. L'armée et la police tentent de les déloger des agglomérations, et de les anéantir. Ceux qui parviennent à survivre passent sur d'autres territoires et se joignent à d'autres bandes de criminels. Les combats ne cessent à cause du nombre impressionnant de terroristes qui débarquent en permanence sur le territoire de la Syrie. Chaque mois, ils sont des dizaines de milliers à affluer, et leur financement et leur armement depuis l'étranger ne se tarissent pas non plus.

Notre entretien va être traduit dans de nombreuses langues, de nombreux chefs d'Etat, dont certains sont vos adversaires, vont le lire. Que voulez-vous leur déclarer ?

Parmi les chefs d'Etat, il y a aujourd'hui de nombreux politicards, et peu de dirigeants. Le fait est qu'ils ne connaissent pas l'histoire et n'en tirent pas les leçons. Certains oublient même le passé très récent. Ont-ils appris quelque chose des cinquante dernières années ? Ont-ils seulement feuilleté les documents de leurs prédécesseurs qui ont perdu toutes les guerres depuis celle du Vietnam ? Ont-ils compris que toutes ces guerres n'ont apporté que destruction et instabilité au Proche-Orient et dans d'autres régions du monde ?

C'est précisément à ces hommes politiques que je voudrais expliquer que le terrorisme n'est pas un atout que l'on peut sortir de sa poche, l'utiliser comme bon vous semble, puis le remettre en place. Le terrorisme, c'est comme un scorpion qui pique n'importe quand. Par conséquent, il ne faut pas être pour le terrorisme en Syrie et contre lui au Mali, le soutenir en Tchétchénie et le combattre en Afghanistan. Certains chefs d'Etat occidentaux feraient bien de ne pas s'immiscer dans les affaires d'autres pays en y instaurant leurs régimes fantoches, mais de prêter l'oreille à leur opinion publique.

Puisque vous insistez pour que je m'adresse au monde, alors j'affirme que si quelqu'un rêve de faire de la Syrie une marionnette de l'Occident, c'est perdu d'avance. Nous sommes un Etat indépendant et nous combattrons le terrorisme, nous serons libres d'avoir des relations avec qui bon nous semble, dans l'intérêt du peuple syrien.

La Syrie est accusée d'avoir employé des armes chimiques. Que répondez-vous à cela ?

Les déclarations de politiciens américains, occidentaux et d'autres pays sont des insultes au bon sens et trahissent leur mépris pour leur opinion publique. C'est absurde : d'abord, on brandit des accusations et ce n'est qu'après qu'on rassemble des preuves. Et cela est le fait d'un pays puissant, les Etats-Unis. Mercredi, nous sommes accusés et, deux jours plus tard, le gouvernement américain annonce le début de la collecte des preuves. On accuse notre armée d'avoir utilisé des armes chimiques dans la région qui se trouverait sous le contrôle des insurgés. Mais, en fait, il n'y a pas de ligne de front nette entre l'armée et les insurgés dans cette région. Pensez-vous vraiment qu'un Etat puisse utiliser des armes chimiques ou toute autre arme de destruction massive dans un lieu où sont concentrées ses troupes ?

En ce qui concerne les enquêtes sur les crimes de guerre en Syrie, nous avons été les premiers à demander l'arrivée d'une commission internationale. Lorsque les terroristes ont lancé une roquette au gaz toxique sur Alep, nous avons demandé la visite d'experts étrangers. Nous nous étions mis d'accord avec la Russie pour que les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne se convainquent eux-mêmes que ce n'était pas nous, mais nos adversaires qui avaient utilisé des armes chimiques. Ces dernières semaines, nous avons négocié avec les Nations unies la création d'une commission, et des spécialistes sont enfin arrivés. Les résultats de leur travail seront présentés à l'ONU. Nous espérons que la Russie n'autorisera pas d'interprétation de ces documents favorable à la politique américaine et occidentale en général.

Les Américains n'excluent pas de mener des opérations militaires en Syrie. Permettrez-vous que les Etats-Unis agissent comme ils l'ont fait en Irak, en essayant de trouver un prétexte pour intervenir ?

Depuis le début de la crise, les Etats-Unis, la France, et la Grande-Bretagne ont tenté d'intervenir militairement mais, malheureusement pour eux, l'affaire a pris un autre tour. Ils ont essayé de convaincre la Russie et la Chine de changer de position au Conseil de sécurité, mais ils n'y sont pas parvenus. Ils n'ont pas pu convaincre leur opinion publique, ni le reste du monde. Il est apparu aussi que la situation ici est bien distincte de celle de l'Egypte et de la Tunisie. Ils ont compris qu'ils ne contrôlaient pas leur scénario. Il y a encore un obstacle à cette intervention : tout le monde a compris que ce qui se passe en Syrie, ce n'est pas une révolution populaire, ni l'expression de la volonté de réformes. C'est du terrorisme. Les dirigeants occidentaux ne peuvent pas dire à leur population : ''Nous allons en Syrie pour soutenir le terrorisme."

A quoi se heurteront les Etats-Unis s'ils se décident tout de même à frapper la Syrie ou même à y intervenir ?

Les Etats-Unis doivent s'attendre à un échec, comme dans toutes les guerres qu'ils ont déclenchées depuis celle du Vietnam. L'Amérique n'a pu ni convaincre sa propre population multiethnique du bien-fondé de ces guerres, ni imposer son idéologie à d'autres contrées.

Que se passera-t-il si la Russie cède à la pression des Américains ? Avez-vous envisagé un tel scénario ?

Il ne faut pas examiner les relations russo-américaines d'aujourd'hui uniquement à travers le prisme de la crise syrienne. Les divergences de position à ce sujet ne représentent qu'un des motifs de leurs désaccords. Après la chute de l'URSS, les Américains ont pensé que la Russie était finie. Mais, à la fin des années 1990, avec l'arrivée de Vladimir Poutine, la Russie a repris du poil de la bête et s'est mise à défendre plus âprement ses positions. Une nouvelle guerre froide a commencé pour l'influence politique. Les Etats-Unis avançaient sur plusieurs fronts, s'efforçant de bloquer les intérêts russes à travers le monde.

La Russie n'est pas en train de défendre le président Bachar El-Assad ou son gouvernement. Elle défend des principes qui sont les siens depuis au moins cent ans : des principes d'indépendance et de non-ingérence dans les affaires intérieures d'autres Etats. Par ailleurs elle défend ses intérêts dans la région, et c'est son droit. Ses intérêts ne se limitent pas au port de Tartous [deuxième port de Syrie, où la Russie possède une base navale], ils sont beaucoup plus larges : le terrorisme met en péril la stabilité de l'ensemble du Proche-Orient. Et cette instabilité peut avoir des répercussions sur la Russie.

Menez-vous des pourparlers avec la Russie sur des livraisons de carburant, armes et autres marchandises ? Les systèmes russes de missiles sol-air S-300 vous ont-ils été livrés ?

Je tiens à dire que tous les contrats signés avec la Russie sont honorés. Ni la crise, ni la pression des Etats-Unis, de l'Europe ou des pays du Golfen'ont empêché qu'ils le soient. La Russie livre à la Syrie tout ce qui est nécessaire à sa défense et à la défense de son peuple. Les sanctions économiques actuelles privent les citoyens syriens de produits de première nécessité, indispensables à la survie – aliments, médicaments et carburant. Et par conséquent tous les contrats que signe l'Etat syrien avec la Russie et d'autres pays alliés visent à pallier ce manque.

Monsieur le président, qui pouvez-vous qualifier de principaux alliés et de principaux adversaires ?

Nos principaux alliés sur la scène mondiale sont la Russie et la Chine ; au niveau régional, l'Iran. Mais je peux vous dire qu'une évolution positive se dessine dans le monde : certains pays qui étaient radicalement contre nous sont en train de changer de point de vue, d'autres renouent carrément leurs relations avec la Syrie. Et il y a aussi des pays qui nous soutiennent indirectement.

En revanche, le Qatar est le sponsor des terroristes, et la Turquie les entraîne et leur ménage des points de passage. L'Arabie Saoudite a pris le relais du Qatar comme sponsor du terrorisme. C'est un Etat qui ne possède que de l'argent. Or celui qui ne possède que l'argent ne peut créer de société civilisée, ni soutenir la paix. Malheureusement, un grand pays comme la Turquie, jouissant d'une position stratégique et d'une société progressiste, est dirigé par l'un des pays du Golfe. Et le Premier ministre Erdogan est le seul responsable de cette situation. Pas le peuple turc, avec lequel nous partageons beaucoup de traditions et un même héritage historique. 

Qu'attendez-vous de la conférence Genève-2 ?

Qu'une pression soit exercée sur les pays qui soutiennent le terrorisme en Syrie. Ils doivent arrêter la contrebande d'armes et l'envoi de terroristes-mercenaires. Quand ce pas aura été franchi, il sera beaucoup plus facile d'entamer la discussion avec toutes les parties syriennes sur un nouveau modèle d'Etat, de législation et de Constitution.

Paru le 26 août

Source : Courrier International

hollandanguerre.jpg

07:00 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)