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05/08/2013

Du bout des doigts de Sarah Waters

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C'est un complet hasard qui me fit découvrir cet(te) auteur(e) un jour où j'avais décidé de me perdre parmi les rayonnages de la Fnac et la beauté du graphisme figurant à la couverture fit sans nul doute le reste. Il m'arrive parfois de jeter mon dévolu sur un ouvrage dont je ne sais rien, dont je n'ai absolument pas entendu parler au préalable. Souvent la chance m'accompagne en pareille circonstance. Puis je ramène mon butin à domicile et mets le livre en question de côté ... pour plus tard ! Cela peut durer parfois des années. Je crois savoir que tous les amateurs de livres agissent ainsi. On thésaurise ... Un jour, c'est le déclic sans raison ou presque. Il ne suffit pour cela que d'avoir un peu de temps devant soi, la perspective d'un voyage durant lequel il faudra meubler l'attente. Alors on s'installe confortablement et si la nuit précédente fut complète, le bruit des roues du train ne constituera pas un danger risquant de mettre en cause la vigilance ...

Un livre, cela protège aussi des importuns, je sais cela depuis longtemps. Irait-on interrompre quelqu'un que l'on voit plongé dans la lecture ? Cela arrive mais justifie du même coup la rebuffade et puis heureusement à défaut de gens " bien élevés " il existe des timides et moins nombreux sont ceux qui utilisent ce prétexte pour engager la conversation. 

Donc, je m'immergeai dans cette lecture un peu à la façon dont on pratique la pêche sous-marine : à la recherche d'images que l'on sait ne trouver nulle part ailleurs. 

Sarah Waters fait mentir le dicton par lequel on affirme que " nul n'est prophète en son pays " mais peut-être aussi parce qu'elle a choisi d'évoquer une époque révolue, celle où Wilde s'illustra tant par ses moeurs que par son élégance. On l'a dit héritière de Dickens car elle dépeint ces quartiers miséreux de l'Angleterre du 19ème siècle avec un sens de l'imagerie certain. Si les écrits de Marx eurent le succès que l'on sait en une société où n'existait pas de classe intermédiaire (ou si peu) où l'appât du gain coudoyait la profonde misère et si l'époque actuelle dérive en direction de la copie conforme, nous comprendrons mieux ce que fut cette période victorienne tout aussi puritaine que dépravée. Ces 750 pages se lisent aisément et pourtant le style n'en est pas pour autant dépouillé. Certes, un certain parti-pris n'est pas absent ce qui explique aussi le succès en des réseaux où la culture ne fait pas défaut autant qu'en d'autres dits plus normaux. Personnellement, je ne regrette pas d'avoir lu ce livre, bien au contraire ! Maintenant, si vous voulez en savoir plus ... vous savez ce qu'il vous reste à faire. Allez, j'irai même (sans me renier) jusqu'à vous accorder un indice :  après Les Mystères de Paris, les Mystères de Londres (même le Chourineur (au féminin) n'a pas été oublié mais là, j'en dis déjà presque trop et vous connaissez mon principe de ne jamais raconter. Ah ! les rognes que je pique en lisant des chroniques par trop explicites ... raison rédhibitoire pour ne pas faire de même ! 

 

S. @

10:27 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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