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16/07/2013

ON/OFF de Ollivier Pourriol - Editions Nil -

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Ou " de l’art et la manière de mettre à plat les raisons d’une participation incongrue." D’autres ont résumé avec " mais que diable allait-il faire dans cette galère ? " Nous citons " Les Fourberies de Scapin ", ce qui aurait dû mettre la puce à l’oreille de l’intellectuel de service. 

Il était même de service minimum le malheureux Pourriol, si on l’en croit, dans cette vaste étendue de l’inculture moderne et du clinquant revendiqué que constituait l’heureusement défunte émission " le grand journal " qui n’avait rien de grand et n’était en rien un journal. 

Mais il a accepté la chaine de l’argent et il évoque une rémunération de l’ordre de 10 à 15 000 euros mensuels pour ne rien dire ou si peu. Cela n’a pas perturbé ses comparses installés depuis jolie lurette, les JMA, MA, AM et a fortiori le producteur MD, toutes initiales transparentes que l’auteur explique en fin d’ouvrage. Il est de notoriété qu’aucun de ces personnages, qui n’ont d’importance que pour ce qu’ils en croient et ne sont que l’image du support qui les héberge, n’est en lice pour un Nobel…sauf à créer des valeurs inverses. 

Le livre de Pourriol est lourd, long, répétitif, lent, ennuyeux. Il avait à ce titre parfaitement sa place dans cette émission qui a succédé à celle de Philippe Gildas  "  Nulle part ailleurs " et qui aurait pu s’intituler "  Nulle, par ailleurs ". 

Les états d’âme d’un réputé intellectuel, qui ne nous démontre pas vraiment cette qualité au travers de son pensum, sauf à parfois, tenter des digressions pesantes et chercher des citations opportunes, ne sauraient faire un livre, mais il est vrai que composer un ouvrage intéressant à partir de rien relevait de la gageure. 

M. Pourriol nous clame son admiration de Blaise Cendrars et de Jacques Prévert, qualifiant même ce dernier de plus grand poète. On peut ne pas être d’accord, et il y a  une sorte de pédanterie à se penser capable de tels classements.  A-t-il lu tous les livres pour presque citer Mallarmé, autre poète, et pas des pires non plus ? 

Découvrir que la télévision est une vaste entreprise de décervellisation ne relève pas de l’exploit. Il eût fallu qu’il s’en rendît compte avant et sa position de " Petit chose " au milieu des vampires est sur le fond plutôt risible. 

Reste à mettre au crédit de ces plus de 300 lassantes pages quelques vérités, néanmoins feutrées, assénées sur ses affligeants compagnons de tablée. 

Mais qui pouvait penser que ces gens pouvaient constituer un sujet, gens qui rient de tout mais qui sont à pleurer, qui reçoivent tout le monde et ne connaissent personne, qui parlent mais ne disent rien, qui décident mais ne tranchent pas, qui entendent mais n’écoutent qu’eux-mêmes, tous gonflés de leur médiocrité, de leur noire inculture, pauvres petits porte-manteaux de qui les subventionne et qui contribuent à vendre aux annonceurs du temps de cerveau disponible ? Chez eux, la vacuité est de 24h par jour.  

Il eût fallu en prendre conscience avant, et pour cela, il suffisait de regarder cette émission une fois ou deux avant que d’accepter d’en être. 

Le livre n’aurait pas été écrit, et cela aurait permis de ne pas ajouter l’inélégance à l’indigence.

 

Frédéric Arnoux ©

09:18 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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