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03/07/2013

Va petit mousse, le vent te pousse ...

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Delphine Batho à l’Assemblée nationale, avant sa convocation à chez le Premier ministre, hier en fin d’après-midi.  Photo AFP

Delphine Batho à l’Assemblée nationale, avant sa convocation à chez le Premier ministre, hier en fin d’après-midi. Photo AFP

 

Elle n’avait pas apprécié que les crédits de son ministère soient rabotés… Delphine Batho a été remerciée dans la journée hier et remplacée par Philippe Martin. Le signe d’un profond désaccord avec le gouvernement sur l’écologie.

 

Hier soir, le président de la République mettait fin à ses fonctions. Il nommait Philippe Martin, 59 ans, bête noire des semenciers, pour lui succéder. Avec le passage express de Nicole Bricq l’an dernier, le député PS du Gers devient ainsi le troisième ministre de l’Écologie du gouvernement Ayrault. Pour la première fois, le gouvernement fait montre d’autorité à l’égard d’un ministre critique à son égard. Une façon aussi de sanctuariser la rigueur budgétaire. Cette ligne politique-là est intouchable.« C’est un mauvais budget ! » Hier matin sur RTL, Delphine Batho a critiqué le projet du gouvernement de baisser de 7 % les crédits de son ministère en 2014. Hier après-midi, elle était sommée de se rendre à Matignon et de quitter la séance des questions à l’Assemblée, où elle intervenait, pour rendre des comptes à Jean-Marc Ayrault. Une convocation rendue publique par le compte Twitter du chef du gouvernement.

Pourtant, jusqu’ici, l’ex-ministre s’en était tenue à la ligne du gouvernement, soutenant ainsi la nécessité de poursuivre le projet controversé d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ou le projet de stockage des déchets nucléaires les plus dangereux à Bure (Meuse).

Le gaz de schiste, pierre d’achoppement

L’arbitrage budgétaire a-t-il été le seul élément déclencheur ? Tranchant avec son effacement – des ONG lui reprochaient ces derniers temps de « passer sous les radars » – la députée PS des Deux-Sèvres s’est demandé, hier matin, si l’écologie était « bien une priorité » du gouvernement. Un questionnement qui trouve écho chez les Verts, qui n’ont jamais fait leur deuil de ce ministère. Ils devront ronger leur frein, puisque, autre acte d’autorité, François Hollande a immédiatement choisi un socialiste. Les deux ministres EELV du gouvernement, Pascal Canfin et Cécile Duflot, devaient se réunir hier soir avec Pascal Durand, numéro un du parti, pour analyser la situation. « Les Verts ne quitteront pas le gouvernement » , annonçait la députée écologiste Barbara Pompili, députée. Certains, comme Noël Mamère, le demandent pourtant.

Sur plusieurs dossiers, les désaccords étaient profonds entre Delphine Batho et plusieurs membres de la majorité. L’alignement de la fiscalité du diesel sur celle de l’essence provoquait ainsi des échanges plutôt vifs avec Arnaud Montebourg, chantre des automobiles « made in France ». Soumise à l’arbitrage de Matignon, la question n’a pas été tranchée.

Autre pierre d’achoppement avec le ministre du Redressement productif : l’exploitation des gaz de schiste. S’il n’est officiellement pas question de revenir sur la loi du 13 juillet 2011, le Conseil constitutionnel pourrait bientôt être saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité sur l’interdiction de la fracturation hydraulique, à la demande d’une compagnie américaine.

Sur la transition énergétique enfin, Delphine Batho en sera restée au stade des discours. Entamé en décembre, l’inaudible débat national n’a pas réussi à rapprocher associations de protection de l’environnement et représentants du monde de l’entreprise. L’heure est à la difficile synthèse des propositions. Le projet de loi était prévu à la rentrée. Mais c’était avant que la ministre ne soit remerciée.


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Source : L' Alsace.fr

Aude Gambet

Peut-être que si Delphine B. avait arboré une marinière " made in France " le capitaine de pédalo l'aurait épargnée ? 

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08:11 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

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