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31/01/2013

Risque d'enlisement

DÉCRYPTAGE27/01/2013 à 12h39

Bandeau rue89 nouvelobs la guerre du Mali n'aura pas lieu.jpg

Pierre Haski | Cofondateur Rue89
 

Des soldats maliens en patrouille à Diabaly samedi (Eric Feferberg/AFP)

" La guerre du Mali n’aura pas lieu, pourrait-on dire, en paraphrasant Jean Baudrillard, (*) qui publiait en 1991 une tribune dans Libération titrée « la Guerre du Golfe n’a pas eu lieu ».

La chute de Gao entre les mains des forces françaises, et celle, lundi, de Tombouctou, montre que ce conflit ne ressemble à aucun autre, et s’inscrit dans un espace temporel et géographique plus complexe.

Les combattants jihadistes ont bien lu « Sun Tzu pour les nuls », et ils savent, avec ce stratège chinois du VIe siècle avant J.-C., qu’il ne sert à rien de mener une bataille perdue d’avance. Inutile de « mourir pour Gao », face à une armée française supérieure en armement et en moyens : contrairement à ceux d’In Amenas, la semaine dernière, ces combattants-là ne sont pas des kamikazes.

Ils se sont évaporés dans un désert grand comme la France (si l’on considère sa seule partie malienne), sans doute en partie vers les montagnes situées plus au nord. La région de Kidal, bombardée dimanche par les jets français, leur offre pléthore de refuges imprenables. Et ils n’ont assurément pas dit leur dernier mot.

Toutefois, cette entrée en douceur des troupes françaises à Gao, aussitôt suivies de soldats maliens aéroportés pour faire de cette opération un succès « franco-malien », scénario répété le lendemain à Tombouctou, montre que la deuxième phase du conflit est en phase d’achèvement.

Mais ce n’est pas la fin de la guerre.

1

Un tour de force militaire... et un coup de bluff

 

L’issue militaire qui se dessine sera intervenue bien plus vite que quiconque l’avait prévu.

Reste Kidal, dans le nord-est, la ville natale du chef d’Ansar Dine Iyad Ag Ghali, dont la maison a été détruite dimanche par un raid aérien français. Si les troupes au sol poussent jusque là, dans la foulée de leur succès actuel, elles risquent de s’exposer la zone étant moins facile à contrôler.

Quoi qu’il en soit, l’état-major français a su inverser rapidement le rapport de force : en stoppant le premier jour, par des moyens aériens, les colonnes jihadistes en route vers le Sud, et en acheminant au Mali des moyens matériels et humains considérables, il a montré qu’il ne comptait pas s’arrêter à l’ancienne ligne de démarcation Nord-Sud.

Les jihadistes en ont tiré la conclusion logique, et, malgré quelques escarmouches, n’ont jamais opposé de résistance à l’avancée des Français. Ce n’est ainsi qu’ils font la guerre.

En deux semaines, les troupes françaises ont donc quasiment réduit à néant près d’un an d’avancées des jihadistes, avec un retour à la case départ sur le plan militaire – à condition que l’armée malienne parvienne à se réinstaller dans les zones urbaines du nord.

C’est un tour de force militaire qui n’était pas acquis d’avance, mais qui a su combiner la dimension psychologique des frappes aériennes initiales avec une détermination à avancer sans attendre que l’aide du reste du monde. Il y avait une part de bluff, et il a marché.

Pour autant, aucun des problèmes qui ont créé cette crise n’a été réglé.

2

Deux pièges politiques pour la France

 

Le succès des troupes françaises dans la reconquête du nord pose au moins deux problèmes majeurs :

  • Le risque de représailles et d’exactions vis-à-vis des populations touaregs soupçonnées d’avoir participé au côté des jihadistes à l’élimination de l’armée et de l’administration maliennes du nord l’an dernier.

    Dès la semaine dernière, les premières informations faisant état d’exactions contre des Touaregs ont circulé à Sévaré, une ville du centre au cœur des combats.

    Comment assurer que le retour des soldats maliens à Gao et Tombouctou ne sera pas marqué par de nouvelles exactions contre les Touaregs et les autres ethnies du Nord soupçonnées de complicité jihadiste ?

    Les organisations de défense des droits de l’homme alertent sur ce sujetdepuis le début de l’intervention française, sans réponse satisfaisante jusqu’ici.

  • Le retour au « statu quo ante “ se fait à une telle vitesse qu’aucune solution politique n’a encore été esquissée, ni à Bamako où le flou institutionnel règne entre les militaires putschistes et le gouvernement par interim, ni dans le Nord, où les revendications des populations locales sont à l’origine de trois décennies d’instabilité.

    Si la victoire militaire n’est pas doublée d’une solution politique, elle ne sera qu’une parenthèse dans un conflit éternellement renouvelé.

Face à ces deux défis, les intentions françaises ne sont pas des plus claires.

  • D’une part, si des massacres étaient commis contre les Touaregs, la responsabilité française serait clairement engagée. De l’autre, bonne nouvelle, la poussée française a fissuré le front jihadiste : les rebelles historiques du MNLA avaient déjà pris leurs distances et fait une offre de service aux Français, voici désormais une nouvelle scission au sein d’Ansar Dine.

    C’est le plus local des trois principaux mouvements jihadistes qui se dit prêt à négocier. Il y a une opportunité à la fois d’affaiblir le front jihadiste qui n’a jamais été monolithique, et d’engager la discussion politique sur l’avenir des Touaregs.

  • Quant à la confusion politique à Bamako, la France a sans doute manqué de temps pour y remédier, décidant de répondre en urgence à l’appel à l’aide du président malien par interim Dioncounda Traoré. Mais Paris devra un jour ou l’autre s’exprimer plus clairement qu’il ne l’a fait jusqu’ici.

    Le retour à un cadre institutionnel démocratique à Bamako, brutalement interrompu par les hommes du capitaine Amadou Haya Sanogo le 21 mars, peut-il être un objectif de guerre explicite ? La France ne l’a jamais dit clairement.

    Mais si la victoire militaire se traduisait par la perpétuation du flou institutionnel actuel, ou pire par le renforcement d’une armée putschiste, cela serait un échec politique pour la France.

3

Hollande doit expliquer les objectifs de cette guerre

 

Et voilà reposée la question des buts de guerre, flous depuis l’entrée en guerre.

  • S’agissait-il de stopper l’avancée jihadiste vers le sud ? Cet objectif a été atteint... et dépassé.
  • S’agissait-il de reconquérir le Nord, comme cela a été publiquement énoncé ? Assurément, et c’est en cours de réalisation.
  • S’agit-il de ‘lutter contre le terrorisme’ ? Large et flou, cet objectif-là ne peut pas être atteint par la seule éviction des groupes armés islamistes des grandes agglomérations du Nord. Pire, il risque d’entraîner la France dans une guerre sans fin, qu’elle ne pourra espérer mener seule.

II est temps que François Hollande revienne devant les Français pour préciser ses objectifs. C’est le seul moyen de conserver le consensus relatif qui s’est manifesté dans le pays autour de cette intervention d’un type nouveau." 

(*) lequel paraphrasait Jean Giraudoux : " la guerre de Troie n'aura pas lieu " ...

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Il faut se demander pour quelles raisons les chefs d'Etat en difficulté se lancent dans des guerres qui bien loin de résoudre les problèmes, les aggravent, au contraire. Toutes les guerres sont coûteuses et " la dette " fait boule de neige ... Est-ce vraiment cela, que nous étions en droit d'attendre ?

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08:09 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

28/01/2013

réflexion parmi le barouf actuel.

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" Mariage pour tous " ... mesure destinée à favoriser les gays sans les nommer mais au fait, c'est qui, les autres ? (ces ... " tous " là) 

Car l'expression dans sa superbe imprécision, constitue d'évidence une formidable porte ouverte ! 

Je me voyais déjà - non pas en haut de l'affiche - mais me pointant dans une mairie, un sourire goguenard aux lèvres , mon matou sous le bras disant au maire, 

- " et bien voilà, comme je voudrais que mon chat soit à l'abri du besoin s'il me survit, je vous demande officiellement de nous marier " 

Après tout, pourquoi pas ? Même si nous n'avions pas de rapports sexuels et pour cause, mon dernier matou partageait ma couche chaque nuit ce qui devrait suffire à justifier amplement ce privilège. (Passé les bornes, y' a plus d' limites) 

Je m'étonne du reste, du silence assourdissant de certaines communautés habituées à pratiquer la polygamie, lesquelles visiblement attendent que cette mesure passe pour pouvoir revendiquer à leur tour. 

Et qui a suggéré cela ? ... Un acharné de l'union libre, récidiviste de surcroît. Ne se paierait il pas un peu notre tête en douce ? ... A la façon de ces jésuites accoutumés à dire " faites ce que je vous dis de faire mais ne faites surtout  pas ce que je fais" ...

Que les gays se marient ou pas, je m'en tamponne le coquillard (comme aurait dit ma grand-mère) puisque cela n'apporte aucun préjudice à ma liberté personnelle mais j'avais cru comprendre que vivre autrement était en quelque sorte une posture libertaire or il faut bien admettre que je me suis trompée ou que les mentalités ont bizarrement changé dans l'intervalle ...

Dire que le mariage gay (nommons un chat, un chat) est une galéjade serait faire preuve d'homophobie mais non, on veut simplement empêcher ceux qui veulent se marier de faire une grosse bêtise c'est tout. Nous vivons une crise, un mariage coûte cher, un divorce également et puis le " pour vivre heureux vivons cachés " s'est toujours confirmé. 

Plaisanterie mise à part, là je pense aux enfants car ne l'oublions pas c'est le noeud gordien du problème et il me semble que la démarche reste un peu égoïste.

Depuis toujours les adultes décident de ce qui doit arriver. Jamais les intéressés ne sont consultés et pour cause, l'âge de raison se situant un peu plus tard alors que l'âge de déraison quant à lui est illimité. En outre, cette démarche consiste à nier les liens du sang, pire à les annuler car n'importe qui, homme ou femme (en la circonstance des identiques) s'octroieront les rôles de père et mère en une parodie du couple dit normal. Cette mesure préconisée par un président qui revendiquait la normalité ne manque pas de saveur, vous ne trouvez pas ? ... 

Société, tu es tournée en ridicule et tu ne t'en rends même pas compte ! 

 

C'était quoi, déjà les paroles de la chanson ? ... Ah ! oui ... 

- " marions les, marions les, je crois qu'ils se ressemblent, marions les, marions les, ils seront très heureux ensemble " - 

 

Et puis si ce n'est pas le cas, on pourra toujours ajouter " tu l'as voulu, tu l'as eu ! " 

 

Pendant ce temps là, la population souffre au Mali et en d'autres endroits du globe également en guerre ce qui me paraît autrement préoccupant.

 

S. @

 

N.B. - Je me suis souvent demandé pourquoi durant les années 40, les juifs avaient été assez naïfs pour aller se faire répertorier et ensuite accepter de porter l'étoile jaune.  Or, nous savons pourtant que l' Histoire se répète presque toujours ... 

Avec l'instauration des réseaux sociaux nous vivons une époque d'auto-délation. Imaginez qu'un régime fasciste prenne un jour la place de l'actuel (cela n'arrive pas qu'aux autres et la montée de l'extrême-droite ajoutée à celle des intégrismes religieux est évidente) qu'ensuite une chasse aux déviants soit décrétée ... certains s'en mordront cruellement les doigts mais il sera trop tard, les listes officielles seront à leur disposition pour ne pas avoir vu plus loin que le bout de leur nez, pauvres crétins manipulés par des politiques prêts à tout pour faire parler d'eux en masquant leurs carences par des mesures spectaculaires.

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27/01/2013

Avec Cassez, ils nous les cassent ! ...

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EDITO
26/01/2013 à 14h55
 
Blandine Grosjean | Redchef adj Rue89

Florence Cassez, Valérie Trierweiler, François Hollande et Laurent Fabius à l’’Elysée vendredi (Hamilton/Pool/Sipa)

" Ce n’est pas absurde ni déprimant que la France ait déroulé le tapis rouge pour Florence Cassez. C’est écœurant.

Florence Cassez est télégénique. Florence Cassez est LA cause du moment d’un microcosme parisien qui l’utilise politiquement. Elle incarne depuis des années pour de nombreux (ses) journalistes l’héroïne « so frenchy », tombée par amour pour un voyou. Certes, elle a été victime d’une manipulation médiatique – la mise en scène reconstituée de son arrestation –, mais celle-ci a occulté tout le reste du dossier.

Florence Cassez n’est cependant pas une otage, ni une militante des droits de l’homme ou des femmes, ni une volontaire d’ONG. Elle n’est surtout pas une femme qui aurait souffert en ayant défendu une cause que l’on estime juste.

Coupable ou innocente – aucun journaliste français ne s’est encore coltiné, que je sache, les 14 000 pages du dossier –, si elle s’est retrouvée en prison, c’est parce qu’elle avait choisi de partager la vie d’une crapule, Israel Vallarta Cisneros, un des chefs du gang des Zodiacos, spécialisé dans la séquestrations contre rançons. Des otages dont la famille avait payé la rançon sont morts entre leurs mains. On n’est pas dans une telenovela.

« Une détenue, pas une otage »

Nous avons échappé à un accueil sur le tarmac par le chef de l’Etat, qui a attendu le lendemain pour la recevoir. « Il s’agit d’une détenue, pas d’une otage » se sont défendus des conseillers de Hollande, face à des journalistes au bord de leur reprocher une faute politique.

La nuance a échappé aux rédacteurs ou rédactrices en chef qui ont dépêché leurs journalistes à l’aéroport. Sans oublier ceux envoyés à Mexico pour suivre le procès et sa diffusion à la prison de Florence – en direct, on disait « Florence » –, ceux qui ont rendu compte des larmes de sa mère à Paris et de la joie des people du comité de soutien. Si vous n’avez pas tout suivi, le site officiel de ce dernier tient une revue de presse quasiment en direct.

C’est donc Laurent Fabius qui s’est montré aux JT de 20 heures et sur les télés d’infos en continu, avec tant de bonne volonté qu’on aurait pu croire qu’il était le héros, et Cassez la ministre des Affaires étrangères. En France, donc, cela fait partie des attributions d’un ministre des Affaires étrangères (en guerre) de recevoir les détenus de droit commun libérés à l’étranger.

Certains ont pu croire que c’est par décence que François Hollande n’a pas souhaité apparaître immédiatement sur les écrans. Ses conseillers, ai-je pensé, ont envisagé que la séquence ne supporterait pas la comparaison avec celles orchestrées par ses prédécesseur.

Les images sont encore fraîches : en 2008, Nicolas Sarkozy serrant dans ses bras Ingrid Betancourt, notre dernière otage madone télégénique ; avant elle, notre consœur Florence Aubenas serrée dans ses bras par Jacques Chirac.

La différence, elle a dû échapper à de nombreux téléspectateurs-lecteurs-auditeurs mal informés, c’est que ces deux femmes avaient été enlevées en faisant leur boulot, politicienne pour l’une, journaliste pour l’autre.

Si elle est coupable, elle a payé

Qu’on s’entende bien : je me réjouis que cette jeune femme soit en liberté. Si elle est innocente, c’est une grande victoire contre l’erreur judiciaire, la plus violente des injustices. Si elle est coupable de quelque chose, elle a payé : sept ans de détention, un tarif bienveillant en France pour complicité de crime crapuleux.

Quoi qu’elle en dise et répète, sans qu’aucun journaliste n’ait l’envie de gâcher la fête en la contredisant, Florence Cassez a été libérée pour des fautes de procédure, elle n’a pas – encore – été innocentée. "

Source : Rue89

Complètement écoeurée, j'avais dit que je ne commenterais pas mais il y a quand même certaines choses qui méritent d'être dites, voire soulignées (on fait du buzz avec n'importe quoi) et il semble que nous ayons perdu depuis longremps tous nos repères moraux. S. @

07:50 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

25/01/2013

Le cynisme de l'information ... (2 poids, 2 mesures)

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Ecoeurée, outrée, je préfère ne pas commenter d'autant que les images en disent parfois plus que les mots.

06:29 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (0)