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06/10/2012

cui-cuit !

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LE CERCLE. Il y a deux leçons à tirer de cette « affaire des pigeons » qui se termine par une victoire KO des jeunes chefs de start-up et donc une capitulation en rase campagne du gouvernement. Qui n’avait pas besoin d’une telle humiliation.

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La première tient à l’image calamiteuse que donne la concoction du projet de loi de Finances 2013 : a-t-on jamais vu plus chaotique exercice que celui qui consiste à relever la taxe sur la bière en même temps que le prélèvement sur les retraites pour financer (partiellement) la dépendance ? Oui, bien sûr. Chaque année, la cuisine fiscale est à peu près la même, ressemblant furieusement à l’émission de TF1 « Masterchef ». Mais cette fois, la liturgie et la litanie sont différentes : il s’agit du premier budget de la gauche au pouvoir. Et l’exercice est encore plus périlleux car il s’agit de décliner une kyrielle d’impératifs pas forcément compatibles, sauf lorsqu’il s’agit de faire rentrer coute que coute les quelques 30 milliards qui manquent pour boucler 2013.

Jusque là, la performance - car c’en est une -  pourrait simplement rester d’ordre technique. Mais les choses se gâtent quand il s’agit aussi d’honorer les promesses électorales du candidat Hollande : quand on entend par exemple le Premier ministre – qui blanchit à vue d’œil sous le harnois – affirmer que 9 foyers sur 10 ne sont pas concernés par les hausses d’impôts, on reste perplexe devant tant d’angélisme.

Deuxième leçon. C’est cette « affaire des pigeons » qui a mis le feu aux poudres car elle a révélé plusieurs défauts dans la maigre cuirasse du pouvoir. Il s’est par exemple dit que c’est le fils aîné du président, Thomas, qui, en geek chevronné, a alerté son père sur les dégâts de la fronde des jeunes patrons de start-up qui entendaient protester contre l’augmentation de la taxation sur les plus-values réalisées en cas de revente d’une entreprise. Il n’y avait pourtant pas de quoi fouetter un chat : les buveurs de bière, les retraités et les fumeurs ne se sont pas révoltés contre les augmentations qu’ils subissent pour renflouer les comptes de la Sécurité sociale. Ils ne se sont pas révoltés parce qu’ils ne sont pas aussi malins ni aussi sympathiques que les créateurs de start-up qui, il faut bien l’avouer, ont magistralement joué leur partition. Ils ont réussi, outre le fait d’obtenir l’annulation de l’alourdissement de cette taxe qui passait de 33% à plus de 60% (charges comprises) à faire passer le gouvernement (et l’Elysée) pour une assemblée de ringards de gauche archéo qui n’ont rien compris à la modernité de l’entreprise et, en passant, donné du grain à moudre à une opposition (qui va bientôt ne plus savoir qu’en faire) qui n’attendait que ça pour dénoncer la résurgence de la détestation pathologique que la gauche vouerait à l’entreprise. Vrai, faux ?

Peu importe : la polémique s’est installée et le résultat est désastreux. Comment en effet le président de la République qui s’est dévoué, raconte-t-on, mettant son régime à rude épreuve, en multipliant les déjeuners de réconciliation avec les grands patrons, peut-il trouver ou retrouver quelque crédibilité avec un corps social rendu d’autant plus chatouilleux qu’il a du essuyer les rodomontades bien imprudentes d’un pétulant ministre du « Redressement productif » ? Bilan : beaucoup de vaisselle cassée, une accusation de « matraquage fiscal » qui, avérée ou non, est désormais tenue pour argent comptant, une impression désastreuse d’improvisation et d’incrédulité. C’est toute la politique économique du gouvernement qui morfle. Pour avoir cru que la réalité se plierait aux injonctions des promesses et du dogme, le pouvoir paie aujourd’hui le prix fort de son inconséquence et, il faut bien le dire, de son amateurisme.

Hervé Karleskind

Les Echos.fr

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Lu ce matin, quelque part sur le web,

"les français ont du sang de navet, on est dans les choux, les carottes sont cuites."

14:39 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

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