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04/07/2012

Un peu d'Histoire ? (en ces temps dérisoires ...)


sm-sarko.jpgCamille Pollet

Enseignant

Publié le 28/05/2012 à 16h03

Les premiers jours de la présidence de François Hollande se caractérisent notamment par une forte volonté de rééquilibrer les institutions. En nommant à Matignon un leader parlementaire en la personne de Jean-Marc Ayrault, et en rendant hommage à Jules Ferry (et à Marie Curie), le nouveau président, dans sa conception de la République, cultive le contraste avec son prédécesseur.

Cette transition en rappelle une autre qui, à une époque bien différente, se définissait aussi par une relecture des pouvoirs : l’après-Louis XIV.

Centralisme et « coups de majesté »

« Délié des lois », tel est le sens d’ « Ab solutus », qui qualifie la monarchie française au XVIIe siècle depuis le règne d’Henri IV. Alors que les Etats généraux ne sont plus convoqués depuis 1614-1615, cette monarchie absolue atteint son paroxysme sous Louis XIV.

Son règne personnel débute en 1661. Rapidement, les arcanes du pouvoir se limitent au Conseil d’En Haut, composé d’une poignée de ministres. Non sans lorgner sur la monarchie parlementaire anglaise, mise en place après la glorieuse révolution de 1688-1689, les parlements revendiquent un droit de remontrance sur la monarchie, mais aussi un contrôle des finances, les caisses de l’Etat étant alors souvent percées par les fers de la guerre. Depuis 1673 ces parlements n’ont d’ailleurs plus la possibilité de discuter les lois avant leur enregistrement.

 

La révocation de l’édit de Nantes, 1685 

A ces évolutions institutionnelles s’ajoutent les « coups de majesté » qui, dès cette époque, donnent de Louis XIV l’image d’un tyran : l’arrestation de Fouquet, la persécution des jansénistes, la révocation de l’édit de Nantes qui, en 1685, oblige les sujets protestants à se convertir au catholicisme, ou encore, sur le plan militaire, le sac du Palatinat.

Après les échecs de la Fronde et de plusieurs conjurations, les opposants à cette dérive de la monarchie devaient s’armer de patience. Souvent membres de l’ancienne noblesse et des « premières Lumières » (citons Fénelon, Saint-Simon et Boulainvilliers), ils se résignent à attendre la fin du plus long règne de l’Histoire de France.

Après le Roi-Soleil, vive la polysynodie !

Dès 1715, le Régent Philippe d’Orléans rompt avec l’absolutisme de Louis XIV, en rétablissant le droit de remontrance des Parlements. Il instaure la « polysynodie », qui associe l’aristocratie au gouvernement du royaume, et ce au sein de conseils d’experts.

Portrait de Philippe d’Orléans, par Jean-Baptiste Santerre

Inspirées du système anglais théorisé par Locke, et ce bien avant Montesquieu, quelques plumes des « premières Lumières » saluent ce renouveau institutionnel. C’est le cas de Saint-Simon, mais aussi de Boulainvilliers, qui insiste sur la nécessité d’associer le savoir au pouvoir :

« L’ignorance a été le grand et le principal défaut de la nation française […] C’est toujours à cette cause qu’il faut rapporter l’inattention à la constitution du gouvernement et la mobilité des opinions que nous nous reprochons nous-mêmes avec autant de raison que nous blâmons dans nos monarques les altérations si fréquentes qu’ils ont apportées aux lois du royaume et aux prérogatives des peuples. »

Ce rééquilibrage s’avère toutefois très passager : dès 1718, la polysynodie prend fin. Le royaume reprend la voie de l’absolutisme.

Dans les années et les décennies qui suivent, ni l’économiste John Law, ni les philosophes des Lumières ne parviennent à résoudre l’endettement de l’Etat et le déséquilibre des institutions.

Trois siècles plus tard, dans des circonstances très différentes, l’équipe de François Hollande succède à un « omni-président » et à un quinquennat où les limites du pouvoir parlementaire et du dialogue social ont été particulièrement soulignées.

Si le discours officiel valorise l’éducation et la recherche scientifique, la mise en œuvre d’une « politique des connaissances » risque fort de buter sur l’ampleur de la dette publique.

INFOS PRATIQUES

Louis XIV

Joël Cornette

Le Chêne, Paris, 2007

Bandeau les échos de l'histoire rue89.jpg

Depuis hier, totalement en boucle, les médias nous répètent que les trois domiciles de l'ancien chef d'Etat viennent d'être perquisitionnés. Cette formalité obligatoire au bon déroulement de la procédure ne devrait rien apporter. En effet, comment supposer un seul instant que l'intéressé ait pu conserver des preuves susceptibles de le condamner ? L'envoi de son agenda était certes un peu naïf d'autant que là aussi, on ne saurait noter quelque chose qui soit susceptible de porter préjudice lorsqu'on se sait en défaut. De la part d'un avocat, c'est exclu, même si Sarkozy n'avait pas l'envergure d'un Tixier-Vignancourt … il y a quand même un minimum d'erreurs à ne pas commettre !

A part ça, j'ai écouté attentivement hier, Ayrault-la-bafouille … que dire ? Les intentions sont bonnes, il ne s'agit plus que d'attendre leur mise en application.

Hier soir (assez tard) sur iTélé, une perle magnifique au sujet d'un commentaire portant sur la Syrie je crois (?) l'écran affichait en toutes lettres le texte suivant, 

" voeu pieu " (apparemment, ils se sont plantés) -

Effectivement, l'éducation nationale a du pain sur la planche ...

07:38 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

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