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24/06/2012

Faust, le film d'Alexander Sokourov

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Film russe (2011) Durée : 2h.14 - Adaptation : Youri Arabov - Réalisation et scénario : Alexander Sokourov

avec Johannes Zeler (Faust) - Anton Adansinskiy (L'usurier) - Isolda Dychauk (Margarete) - Anna Schygulla (la femme de l'usurier) - plus ...

 

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Par le biais de ce film, Alexander Sokourov flirte autant avec Goethe qu'avec Dante. Ce monde dans lequel il nous fait plonger d'entrée est cauchemardesque.

Nous assistons à l'autopsie d'un corps au bord de la putréfaction. Pour un peu, nous imaginerions l'odeur qui du reste est mentionnée. Un certain nombre de spectateurs (une demi-douzaine) ont quitté la salle avant la moitié du film. Toute répulsion surmontée (je me demandais si j'allais fermer les yeux ou me forcer à les garder ouverts) nous ne tardons pas à être happés par l'atmosphère qui n'est pas sans rappeler Jérome Bosch tandis que les images faites de clairs-obscurs évoquent certains tableaux de Rembrandt. 

Faust à la recherche naïve de l'âme en ce corps écartelé ne va pas tarder à vendre la sienne contre une seule nuit d'amour avec Margarete, jeune fille au teint de nacre et aux lèvres en forme de coeur qui d'un seul regard s'est emparée du sien.

Les images sont tout à la fois dérangeantes et grandioses, on passe de la presque bestialité, du trivial à l'onirique sans oublier le mysticisme guerrier.

Faust revêtu d'une armure adopte alors une allure de héros wagnérien et quand on le voit se pencher au dessus de ce cratère duquel sortent d'immenses et brûlants geysers on frémit, convaincus que son sort sera celui d' Empédocle. 

Après avoir lapidé l'infâme et difforme usurier - répugnant et grotesque Méphisto - il s'élancera vers les cimes enneigées desquelles il sera persuadé de pouvoir dominer le monde. On ne ressort pas intact d'une telle séance de projection et un pesant malaise se mélange à l'admiration que l'on a pour cette réalisation.

Le film remporta à juste titre, le Lion d'Or de Venise en 2011 clôturant ainsi cette tétralogie consacrée au pouvoir (après Moloch, Taurus et Le Soleil)

Quelle oeuvre ! ...

 

S. @

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N.B. Sans oublier Anna Schigulla (femme de l'usurier autrement dit, du diable) laquelle créée ici un personnage d'une extraordinaire présence. 

09:53 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

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