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19/05/2012

Perfide Albion

"Le Rotweiller a atterri": cette gentillesse du Daily Mail donne le ton. On s'attendait à ce que le président américain doive jouer les médiateurs entre François Hollande et Angela Merkel. C'est en fait face au torpillage en règle du Premier ministre britannique David Cameron contre la France que Barack Obama doit se situer.

Quelques heures avant l'arrivée de François Hollande à Washington, le responsable de la BBC pour l'Amérique du nord n'a pas manqué de manifester l'état de très mauvaise humeur dans lequel se trouve actuellement le Royaume-Uni contre la France. Il a donc expliqué : « Les Français, le président Barack Obama aime à le rappeler, sont les plus anciens alliés de l'Amérique. Le nouveau président socialiste, François Hollande, peut se révéler ainsi un nouvel ami précieux. Il sera accueilli à la Maison Blanche avant que la Conférence du G8 ne débute. Il ne fait aucun doute que ce sommet sera dominé par le dernier épisode effroyable et passionnant de la tragédie grecque. M. Obama n'est pas le seul à vouloir plus d'action en urgence pour arrêter la crise avant qu'elle ne soit encore plus hors de contrôle, écrase l'économie européenne et envoie ses ondes de choc à travers l'Atlantique. M. Hollande est quantité négligeable à Washington, bien que la Maison-Blanche a envoyé une équipe à Paris la semaine dernière pour apprendre à connaître ses plus proches conseillers. J'ai l'impression qu'ils ont aimé ce qu'ils ont entendu. Comment les deux hommes s'entendront personnellement aura beaucoup d'importance. Mais M. Obama aime les idées plus que le bavardage et ils sont, au moins en surface, alliés idéologiques. »

Malheureusement pour nos amis Anglais, la toute premère rencontre qui s'est déroulée ce vendredi, à la Maison Blanche, entre Barack Obama et François Hollande, a balayé d'emblée les interrogations qui planaient de part et d'autre. Le Washington Post, une heure après cet entretien, rapportait sans émoi la déclaration du nouveau Président français : « J'ai rappelé au président Obama que j'ai fait une promesse au peuple français, à savoir que nos troupes de combat seraient retirées d'Afghanistan d'ici la fin de 2012 (...) Cela étant dit, nous allons continuer à soutenir l'Afghanistan d'une manière différente. Nous allons rechercher un format différent. Et tout cela sera fait en bonne compréhension avec nos alliés. » Le quotidien constatait que les deux hommes étaient tombés d'accord pour « maintenir (leur) engagement à aider les Afghans à renforcer la sécurité et poursuivre sur la voie du développement. » et soulignait également la convergence de vue des deux hommes sur le dossier iranien et sur le maintien de la Grèce dans la Zone Euro.  

Mais Londres ne l'a pas entendu de cette oreille.

"LE ROTWEILLER A ATTERRI..."

Business Week à titré dans la foulée de la conférence de presse donnée par François Hollande à sa sortie de son entretien avec Barack Obama, sur la déclaration du président concernant l'Espagne : « Le président français François Hollande a déclaré que les banques espagnoles devraient être recapitalisées avec l'aide de l'Europe, contredisant ainsi le Comissaire de l'Union économique et monétaire, Olli Rehn, qui avait déclaré que le pays pouvait le faire de lui-même. » Simultanément, le quotidien britannique The Guardian a immédiatement allumé un contrefeu en annonçant l'opposition frontale du Premier ministre David Cameron à l'autre proposition énoncée par le président français durant son entretien à la Maison Blanche : « Barack Obama a été pris entre deux visions concurrentes de l'Europe sur la façon de résoudre la crise financière au sommet du G8 quand David Cameron a rejeté d'emblée une proposition française visant à lever 57 milliards d'Euros (46 milliards de Livres) par une taxe sur les transactions financières. » Et David Cameron d'adresser un nouvel "avertissement" à François Hollande après le précédent sur le volet afgan la veille. 

De son côté, et c'est suffisamment rare pour le souligner, le New York Times, qui aime à rappeler le souvenir du prédécesseur de François Hollande, fait preuve, pour une fois, d'ouverture : « L'administration Obama avait généralement des relations chaleureuses avec le prédécesseur de M. Hollande, Nicolas Sarkozy, pour coopérer étroitement sur la Libye, la Syrie et l'Iran, et (sur) la réponse européenne à la récession économique mondiale. Mais il n'y a aucune raison de s'attendre à des tensions avec le gouvernement Hollande ; sur le front économique, la Maison-Blanche n'est pas hostile à la relance économique, et les différences sur la façon de se retirer d'Afghanistan ne sont pas profondes. Dans une brève allocution à la presse après la réunion, M. Hollande a dit qu'il s'était engagé à fournir une assistance à la sécurité en Afghanistan, et que ce serait discuté lors de la réunion au sommet de l'OTAN. M. Hollande a dit pendant sa campagne électorale qu'il préférait que les forces françaises quittent l'Afghanistan avant le calendrier convenu par l'OTAN. Il a déclaré que les dirigeants des deux pays avait des "points de vue partagés" sur l'Iran et qu'ils allaient "démarrer la conversation." M. Obama et M. Sarkozy avaient "une relation incroyablement productif et constructif", avait déclaré Tom Donilon, le Conseiller à la sécurité nationale, à la Maison Blanche jeudi. "Nous allons construire le même genre de relation avec le président Hollande." » A bon entendeur... 

Face à tant de satisfaction, la coupe était pleine côté londonien. Dans la soirée, l'autre quotidien britannique le Daily Mail n'a pas hésité à sortir l'artillerie sur un autre front : « Le Rottweiler a atterri : Obama accueille le nouveau président français pour sa première visite officielle aux Etats-Unis ... mais que fera Michelle de sa petite amie formidable ? »

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- Et puisqu'en France, tout finit par des chansons ...


08:24 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

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