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26/04/2012

Une très longue nuit : 5 ans ! (La nuit des morts vivants)

vote.jpgA Bruxelles, Londres ou Berlin, officiels et médias prennent déjà acte de la défaite de Nicolas Sarkozy qu’ils ne regretteront pas. Mais tous ont été surpris par le score de l’extrême droite.

Bruxelles

Rares seront ceux qui, à Bruxelles regretteront Sarkozy. En cinq ans, sa volonté de marginaliser les institutions communautaires au profit des Etats, son mépris des petits pays, mais aussi son agressivité lui ont attiré beaucoup d’ennemis, même si chacun salue son engagement dans le sauvetage de l’euro. «L’Europe tirera profit de l’élection de François Hollande : il sera moins intergouvernemental et plus inclusif vis-à-vis de ses partenaires petits ou grands, et il y aura moins d’agressivité autour de la table du Conseil européen» des chefs d’Etat et de gouvernement, se réjouit un responsable européen de haut niveau. «Il sera plus équilibré et moins excessif que Sarkozy»,surenchérit un diplomate européen. Même si personne ne veut parler officiellement, par crainte d’interférer avec la campagne, chacun y va de son commentaire. «Une réélection de Nicolas Sarkozy serait désastreuse pour l’Europe», martèle un diplomate de haut rang : «Il serait renforcé dans son populisme, puisqu’il gagnerait sur les thèmes antieuropéens et anti-immigration qui ont été au centre de sa campagne. Comme ce serait son dernier mandat, plus rien ne pourrait le freiner dans sa dérive intergouvernementale. Même la chancelière allemande, Angela Merkel, qui est fédéraliste, ne pourrait pas faire grand-chose, car elle doit affronter des élections en septembre 2013.»

Bref, à Bruxelles, on estime que Sarkozy aurait les mains libres pour imposer l’Europe des Etats, celle dont rêvait le général de Gaulle… Pour autant, le candidat socialiste reste un mystère : «Si on sait ce que Sarkozy voulait défaire, on ne sait toujours pas ce que Hollande veut faire», grince-t-on dans les couloirs du Parlement européen. Car, la campagne électorale française «n’a pas porté sur l’Europe, alors même que son avenir se joue en Europe», ironise un dirigeant d’un pays de l’Union. «De toute façon, la marge de manœuvre économique et budgétaire de Hollande sera étroitement limitée par les engagements européens de la France et par la pression des marchés», souligne un haut fonctionnaire communautaire.

Londres

Le Sunday Times s’était fendu hier d’une caricature sur «the frog race»(la course des grenouilles), figurant une énorme grenouille verte à l’effigie d’un Hollande souriant sautant au-dessus d’un plus petit batracien, au visage grimaçant de Sarkozy. «Pour les Britanniques, il n’y a que deux élections au monde qui valent le coup d’être suivies, les américaines et les françaises. La France est le grand voisin, ce qui s’y passe peut avoir un impact chez nous», note David Rennie, éditorialiste à The Economist. Et pour les journaux dominicaux, les jeux sont déjà faits. Du «triomphe annoncé» dans le Sunday Telegraph(conservateur) à un «adieu Bling, bonjour les piques contre les riches»du Sunday Times (centre droit), l’ensemble de la presse britannique a depuis plusieurs jours déjà enterré Sarkozy, rappelant qu’en cas de défaite au second tour, il serait «le premier président à ne remplir qu’un seul mandat depuis Valéry Giscard d’Estaing, battu par François Mitterrand en 1981».

La campagne électorale française a pourtant été jugée fade, et, après avoir fait connaissance avec Hollande, quasi-inconnu avant le début de la campagne, les Britanniques se sont penchés sur le cas Mélenchon, perçu comme un ovni ayant pourtant apporté «sens du théâtre et enthousiasme» dans la campagne. Si le Times estimait que la «victoire de Hollande ce soir est embarrassante pour David Cameron [Premier ministre britannique, ndlr], qui avait explicitement apporté son soutien à Nicolas Sarkozy», Chris Adams, éditorialiste au Financial Times,jugeait que la «grande affaire de ce premier tour, c’est l’énorme score de l’extrême droite !» Pour le député travailliste Denis MacShane, ancien ministre des Affaires européennes, «l’extrême droite du FN a remplacé l’extrême gauche du PCF des années 70».

Berlin

Depuis des semaines déjà, presse et cercles politiques allemands se préparent à un passage du Merkozy au «Merkollande». Tonalité en Allemagne : la France - qui a perdu de longue date tout sens de la réalité - sera dans les prochaines semaines rattrapée par la loi des marchés monétaires et financiers. «La zone euro ne peut se permettre de compter en son centre une nation - la France - qui continue à mettre en péril sa note auprès des agences de notation», en refusant les réformes devenues inévitables du marché du travail et du système de protection sociale, estime le quotidien Tagesspiegel dans un commentaire.

Paris se trouverait donc à la veille d’un choc qui pourrait faire du prochain président - quel qu’il soit - un partenaire peu commode pour l’Allemagne. «Si Hollande gagne, il cherchera la confrontation avec Angela Merkel sur le sauvetage de l’Euro», estime-t-on à la chancellerie. La seule surprise pour les Allemands est le score des extrêmes et de Marine Le Pen. «Cette élection aura compté davantage de suspense que les démocrates ne l’auraient souhaité, avec un vote de protestation ayant atteint des proportions effrayantes», estime le quotidien allemand Frankfurter Rundschau.

Source : Libération. " l'Europe enterre déjà Nicolas Sarkozy " 

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08:24 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

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