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20/04/2012

Limites de la démocratie représentative.

j.ranciere.jpgDans son principe comme dans son origine historique, la représentation est le contraire de la démocratie. La démocratie est fondée sur l'idée d'une compétence égale de tous (*) Et son mode normal de désignation est le tirage au sort, tel qu'il se pratiquait à Athènes, afin d'empêcher l'accaparement du pouvoir par ceux qui le désirent.

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(Actuellement) ... le peuple démocratique délègue son pouvoir à une classe politique créditée d'une connaissance particulière des affaires communes et de l'exercice du pouvoir.

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L'élection d'un président comme incarnation directe du peuple a été inventée en 1848 contre le peuple des barricades et des clubs populaires et réinventée par De Gaulle pour donner un " guide " à un peuple trop turbulent. Loin d'être le couronnement de la vie démocratique, elle est le point extrême de la dépossession  électorale du pouvoir populaire au profit des représentants d'une classe de politiciens dont les fractions opposées partagent tour à tour le pouvoir des " compétents. " 

 

... la fonction présidentielle est celle qui rend inutile la parole du peuple, puisque celui-ci n'a qu'à choisir silencieusement, une fois tous les cinq ans, celui qui va parler à sa place. 

Une vraie campagne de gauche serait une dénonciation de la fonction présidentielle elle-même.

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En 2005, le Traité constitutionnel européen fut lu, commenté, analysé, une culture juridique partagée s'est déployée sur internet, les incompétents ont affirmé une certaine compétence et le texte a été rejeté. Mais on sait ce qu'il advint ! 

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Jacques Rancière, philosophe (ancien élève de Louis Althusser) 

lequel s'interroge sur les limites de la démocratie représentative et s'insurge contre la confiscation du pouvoir du peuple.

 

extraits de " L' élection, ce n'est pas la démocratie " - 

Le Nouvel Observateur : 19 avril 2012 - n° 2476

 

(*) c'est même là que le bât blesse ...

10:14 Publié dans A ma guise | Lien permanent | Commentaires (0)

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