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17/04/2012

Un procès qui n'a rien de kafkaïen ...

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La première journée du procès d'Anders Behring Breivik s'est déroulée ce lundi sans heurts, mais avec beaucoup d'émotion. Et à la surprise générale, l'auteur du double attentat qui a coûté la vie à 77 personnes le 22 juillet 2011 a éclaté en sanglots. Non sans une pointe de provocation : cela n'avait rien à voir avec des remords. Alors que le procureur faisait défiler la vidéo de propagande que Breivik avait lui-même réalisée et postée sur YouTube - quelques heures avant de partir pour sa mission funeste -, il n'a pu retenir ses larmes quand la musique s'est faite plus pompeuse, sur des images de chevaliers templiers.

Tout au long de cette journée d'audience, qui s'est terminée vers 15 h 30, le terroriste a fait preuve d'une froideur surprenante, avec même à certains moments un petit rictus ressemblant à un sourire. Il est resté impassible lorsque le procureur a diffusé la communication téléphonique d'une jeune fille avec la police, au moment où Breivik était déjà arrivé sur l'île d'Utoyea, peu après 17 h 15, ce 22 juillet, moins de deux heures après l'explosion de la bombe qui venait de tuer huit personnes à Oslo. 

Scène effroyable

Breivik, déguisé en policier, avait ouvert le feu sur cette petite île où près de 600 jeunes sociaux-démocrates étaient rassemblés pour leur université d'été. Arrivé dans la cafétéria où déjeunent des dizaines de jeunes, Breivik commence à tirer partout. La communication téléphonique est terrible. La jeune fille supplie les policiers, elle pleure, elle semble terrorisée. Les policiers ne comprennent pas ce qui arrive, ou n'en croient pas leurs oreilles. Les coups de feu se poursuivent, rapprochés. "Vous voyez ce qui se passe ?" demande le policier. "Non, je suis dans les toilettes", répond la jeune fille. Sa voix se fait ensuite chuchotante. "Il vient." Puis le silence. "Vous êtes encore là ?" demande le policier. "Oui", répond la voix assourdie. On entend que les tirs continuent. "Il vient." On saura par la suite que la jeune fille a survécu, sans blessure physique. Mais la scène est effroyable. Dans cette cafétéria, 13 jeunes ont été abattus en trois minutes.

Le procès va se poursuivre pendant dix semaines. À partir de mardi, c'est Breivik qui aura la parole, et ce, durant cinq jours. Dès le début du procès, lundi, il avait annoncé la couleur : il plaide non coupable et déclare avoir agi en état de légitime défense. "Je ne reconnais pas ce tribunal, a-t-il déclaré. Vous êtes nommés par des partis politiques qui soutiennent le multiculturalisme." Breivik pourra expliquer ses actes, lui qui se voit comme un templier en lutte pour le conservatisme culturel, et contre l'islamisation rampante de l'Europe

Source : Le Point (sans jeu de mots)                                                              

Ce procès nous donne un aperçu de ce qu'aurait été celui de Hitler s'il avait pu se dérouler. A aucun moment ce dernier n'aurait fait preuve de repentance puisque sa conviction était d'avoir raison. Toute la question qui se pose en dehors de l'horreur des faits est de savoir si les mythomanes sont ou non des malades mentaux. En ce cas, plus d'un chef d'Etat pourrait être mis en accusation. Breivik s'est arrogé un droit qui est exclusivement celui des gouvernements quand ils se croient en péril, d'où son commentaire sur la légitime défense. Nous allons juger celui-là et il le mérite bien sûr mais les guerres continueront à se déclencher ici ou là et paraîtront légitimes aux yeux de beaucoup. Quelles que soient les circonstances, TUER ne saurait se justifier : JAMAIS !

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< Les iconoclasteries de Mickey >

(attention : ici la souris va être plutôt moins rigolote !…)


"Toute la question qui se pose en dehors de l'horreur des faits est de savoir si les mythomanes sont ou non des malades mentaux."
- "Toute LA question" ? Ah ? C’est vraiment la seule qui "se pose" ? Chez qui ? pour qui ? pour les médias ? Ils la posent, en effet, jusqu’à plus soif… mais nous ont-ils habitués à poser les bonnes questions ?
- "En dehors de l’horreur des faits" ? Pourquoi "en dehors" ? Horribles ou non, les faits sont là, têtus : c’est même parce qu’ils sont horribles qu’il y a jugement. Sinon, à l’évidence ils n’intéresseraient personne. Y aurait-il eu seulement un seul blessé léger –ou même simplement des dégâts matériels-, les faits sont déjà là : justifiant la saisine de la justice (ici, la question se pose plutôt à propos de la publicité qui en est effectuée : cf. débat lancé ici, à ce sujet précis…). Alors, 77 morts ! Difficile de poser la moindre question "en dehors", non ?
- Maintenant, à poser néanmoins "LA" question ("de savoir si les mythomanes sont ou non des malades mentaux"), à y répondre par oui ou par non, les morts en seront-ils moins nombreux… ou moins morts ? Cela ne change toujours pas un iota de faits moins que jamais à placer "en dehors".
"En ce cas, plus d'un chef d'Etat pourrait être mis en accusation." Certes. Mais posons ici une nouvelle question (un rien cynique…) : en cas de oui… ou de non ? À soumettre à un referendum, peut-être ?…


"Je ne reconnais pas ce tribunal, a-t-il déclaré."
Nouvelle question qui, elle, se pose "
en dehors de l'horreur des faits". Déjà parce qu’elle est posée par quelqu’un qui est non seulement en dehors du coup, mais qui a zéro mort à son actif : pas même de la déprédation matérielle… et pas seulement un poing dans la gueule de quiconque (pourtant, il y a des jours où ce n’est pas l’envie qui manque !…). Qui peut le plus peut le moins : à partir de l’instant où l’on reconnaît à un tueur (fier de l’être) le droit de dire en plein tribunal… qu’il ne reconnaît pas la légitimité dudit tribunal (!), on devrait pouvoir reconnaître à un autre le droit de :
1°) poser la question de savoir si  la "maladie mentale"©[1] n’est pas en soi une somptueuse mythomanie, permettant d’occulter les vraies questions : en cela, le Breivik est gênant parce qu’il la pose… mais en lui substituant ses mythomanies à lui, sur lesquelles se braquent les projecteurs
2°) ne pas reconnaître une once de légitimité à la présence hégémonique au sein des tribunaux (aussi bien en Norvège que partout ailleurs…) des pseudo-"experts"©[2][2bis] de la question soulevée ci-dessus… dont le monde entier a pu constater (une nouvelle fois !) au travers de cette sinistre affaire [3][3bis][4][4bis][5][6] combien leur prétendue "scientificité"© est égale ou inférieure à celle de la girouette.


"En ce cas, plus d'un" tribunal "pourrait être mis en accusation"… lorsque s’abritant frauduleusement derrière la "somptueuse mythomanie" suggérée plus haut, il se croit autorisé à juger des non-faits… si peu faits qu’il se heurte alors à des non comparants non "en fuite", mais simplement parce qu’ils n’ont en rien à "se justifier" de non-faits ! Il s’agit alors pour eux de la même déclaration que celle de Breivik, exprimée non par la parole mais par l’absence physique. Ceci sans délit, sans une goutte de sang sur les mains, est-il besoin de le rappeler ?
En voilà une AUTRE question intéressante à soulever… par définition "en dehors de l'horreur des faits" puisqu’il n’y en a pas ! Breivik, déguisé en policier ?  Et alors ? D’autres se déguisent bien en "experts"©, en "justiciers"©… bref, en mythomanes de première ! À cet égard, pas besoin d’aller jusqu’en Norvège, décidément…

 

(Ne comparons pas l'incomparable.) Il est évident que le Tribunal au nom de la démocratie vient de lui offrir une tribune et c'est exactement ce qu'il cherchait. Raison pour laquelle on a liquidé Ben Laden qui aurait eu bien trop de choses à dire, n'en doutons pas. Idem concernant Kadhafi ... En dehors de cela, la mythomanie de l'individu me paraît incontestable raison de plus pour ne pas surmédiatiser le procès comme cela semble vouloir être le cas. Ne serait-ce que par égard pour les familles des victimes ... Et voilà qu'il écrit un livre, lequel sera un best-seller, n'en doutons pas. Décidément, le monde marche sur la tête ! 



- Gentil, Mickey, gentil ! ...

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11:03 Publié dans actualité | Lien permanent | Commentaires (0)

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