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29/02/2012

Au sujet de la Syrie ...

3881885508.jpegLe Monde.fr s’attache, sur un de ses blogs associés, aux critiques des internautes contre son traitement de l’actualité syrienne. Bien sûr, Le Monde, référence insoupçonnable de l’objectivité journalistique française et même occidentale, prend ces critiques et leurs auteurs avec les pincettes qu’on imagine. Il n’est pas certain, reconnait-il, que ces cyber-critiques sont des agents du gouvernement syrien. Mais, tranche-t-il, leur « objectif est le même : « verser à nouveau dans la propagande, en semant la confusion quant à la réalité des faits et des enjeux dans la guerre larvée en cours depuis des mois, à Homs et dans tout le pays. » En matière de « propagande » Le Monde est vraiment l’hôpital qui se moque de la charité !
A l’appui de sa démonstration, le blog reproduit une dizaine de ces (« nombreuses » reconnait-il) interventions d’internautes (très) critiques quant à la façon qu’a Le Monde d’informer ses lecteurs sur la Syrie : dans un style plus ou moins châtié et courtois, elles incriminent le manichéisme de l’« information », le maquillage de terroristes en résistants, la répugnance à admettre l’implication d’al-Qaïda, le déni du soutien populaire au régime ; elles pointent aussi l’arrière-plan géostratégique de la crise syrienne, avec la volonté des Occidentaux d’atteindre Téhéran à travers Damas, et rappellent au passage l’implication de la CIA, du Mossad ou de la DGSE dans le soutien aux groupes armés.
120 militaires français au secours du Monde
Bref, les internautes qui critiquent Le Monde le font à bon droit, et grattent celui-ci là où ça devrait lui faire mal – ou honte.
Mais pas question, évidemment, pour la Pravda du socialo-atlantisme de reconnaître la justesse de telle ou telle critique, ce serait se tirer une balle dans le pied. Alors, comme la meilleure défense est l’attaque, le journaliste-blogueur du Monde, un certain Szadkowsky, ressort l’histoire de ces 120 militaires français qui auraient été capturés par les Syriens voici une ou deux semaines du côté de Zabadani, selon une rumeur électronique qui a couru, entre autres, sur le forum de notre site. Et il se sert de cette légende comme du moyen de balayer toutes les critiques sur la désinformation que son journal pratique – avec nombre de ses confrères – au quotidien sur la Syrie. Et, assez vite, l’« homme du Monde » incrimine Thierry Meyssan et son réseau Voltaire : « Quelques recherches permettent également de retrouver les fondements idéologiques de ces déferlements de commentaires sur des sites comme Réseau Voltaire, animé par un Thierry Meyssan déjà connu pour ses remises en cause systématiques de l’impérialisme occidental et participant notoire aux fables des théories du complot ». Et M. Szadkowsky, noyant le bébé vérité avec l’eau du bain, s’autorise de cette histoire de militaires français pour remettre en cause le fond de la démarche de Meyssan qui, sur la Syrie, est aussi la nôtre : dénoncer, en effet, les « opérations de déstabilisation en Syrie ».
A Infosyrie, nous ne sommes pas toujours sur la même longueur d’onde que Thierry Meyssan, à qui il arrive de flirter avec un conspirationnisme que nous jugeons anti-politique, mais nous reconnaissons qu’on peut lire sur son site d’« alter-information » Voltairenet.org beaucoup de choses intéressantes, qu’on ne trouve pas ailleurs, pas de cette façon synthétique en tout cas : des points de vue non conformes – et souvent intéressants – sur les événements, des prises de positions de personnalités ou de communautés généralement non reprises par la grande presse française, des analyses, notamment sur la crise syrienne, qui nous paraissent lucides et argumentées. Et puis c’est quelqu’un qui a « mouillé sa chemise » pour ce qu’il considérait juste, bien plus que ne le feront jamais tous les blogueurs du Monde ou de Libération.
Mais pour en revenir à la rumeur instrumentalisée par Le Monde contre les esprits critiques, le problème, ce n’est pas Thierry Meyssan mais plutôt cette quête du sensationnalisme de nombre de cyber-résistants au Nouvel Ordre mondial : pour eux, la réalité quotidienne – ou son traitement médiatique – est tellement désespérante qu’ils se jettent sur le premier ragot électronique venu, pourvu qu’il aille « dans le bon sens ». Disons qu’on les comprend, mais qu’on ne les suivra jamais sur cette pente sans issue.  Et contre-productive.
Relayer sans attendre les « nouvelles » les plus invraisemblables – et l’histoire des 120 militaires français capturés était particulièrement invraisemblable – sous prétexte qu’elles sont « anti-Système », ça ne fait, comme on vient de le voir, que renforcer le Système en question.
Oui, l’instrumentalisation de ce « hoax » permet au Monde de rejeter dans le même sac de mépris toutes les critiques qui lui sont adressées – ô combien à juste titre – contre son manichéisme, ses mensonges par affirmations ou omission, son alignement systématique sur les gouvernements occidentaux, bref sa « propagande » pour reprendre ses propres mots.
Nous sommes d’autant plus à l’aise pour écrire ce que nous écrivons que…
-Nous ne lâchons pas les médias français sur la question de la désinformation, depuis neuf mois que nous « émettons » : il n’est que de lire les très nombreux articles que nous avons consacré à I-Télé, Arte, France 2, Libération, Le Figaro, L’Express et bien sûr Le Monde et leurs mensonges (voir, entre beaucoup d’autres, notre récent article « Quand Libération confond – sciemment – analyse et délire », mis en ligne le 21 février).
-Nous avons mis en garde tout de suite nos lecteurs sur le caractère extrêmement douteux de cette « info » sur les 120 Français, et sur le fait que la diffuser sur le site ne pouvait que nuire à la crédibilité de celui-ci (voir notre article « A propos d’une rumeur », mis en ligne le 22 février). Dans le même esprit, nous n’avons pas « démarré au quart de tour » quand ont circulé les rumeurs sur la capture du chef de l’ASL Ryad al-Asaad et la démission de la direction du CNS de Burhan Ghalioun, et bien nous en a pris.
Et c’est peut-être justement la raison pour laquelle l’article du Monde.fr ne nous incrimine pas. Ajoutons immédiatement que nous considérerions comme un honneur d’être pris à partie par Le Monde – c’est déjà arrivé du reste – mais uniquement sur ce que nous écrivons nous !
Tiens, puisqu’on est sur Le Monde, restons-y cinq minutes : le rédacteur du blog, avec la tranquille bonne conscience, ou inconscience, qui est le propre de ces nomenklaturistes médiatiques, ose écrire ceci : « Notre ligne éditoriale, dégagée de toute idéologie, ne varie pas : la volonté de rendre compte de ce que les journalistes indépendants observent en Syrie, en se fondant sur des faits avérés. » Pas mal de la part de gens qui ont transformé le « quotidien de référence français » en porte-parole zélé de l’OTAN, du Département d’Etat américain et du Quai d’Orsay sous influence sarko-atlantiste ! De ceux qui ont présenté l’ASL et les bandes de tueurs salafistes associées comme des combattants de la liberté, et le Qatar et les Etats-Unis comme des défenseurs et des promoteurs de la démocratie. De gens qui relayent imperturbablement les cyber-bidonnages et les cyber-bilans invérifiables de l’OSDH, officine liée au gouvernement britannique et source quasi-unique de nos journalistes soi disant indépendants ! Comme diraient les jeunes Occidentaux : « Lol » !
Mais revenons au fond de notre affaire :  en transformant en informations positives de simple bruits invérifiables rapidement, on s’expose à être violemment démenti par les faits et par l’ennemi, et l’on nuit à la cause qu’on prétend défendre. Le sensationnalisme n’est pas le journalisme – et ça vaut, évidemment pour Le Monde, Arte ou I-Télé -, et le conspirationnisme est, comme eut pu dire Lénine, « la maladie infantile » de l’esprit critique.
Tout ça ne nous empêchera de continuer à dénoncer, de la façon la plus argumentée possible et dans la mesure de nos  moyens, les quotidiennes falsifications du Monde et de ses épigones de droite et de gauche : il y a déjà de quoi faire !
Ca ne nous empêchera pas non plus de parcourir la revue de presse de Thierry Meyssan.

(fin de citation)



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