Une mesure qui se veut lutter contre les délocalisations et qui, en même temps, peut rapporter énormément d’argent au budget de l’Etat.

J’imagine déjà les conversations entre les membres du gouvernement : « Eurêka, nous avons trouvé ! Nous allons pouvoir donner des gages aux marchés financiers. Nous leur dirons bien sûr que nous augmenterons davantage le produit de la TVA que nous ne baisserons les cotisations sociales des entreprises. Du côté des entreprises, ce sera toujours un petit gain supplémentaire et le MEDEF aura ainsi son os à ronger jusqu’à la présidentielle. Enfin, pour l’opinion, nous expliquerons que cette mesure permettra de lutter contre les produits importés sans bien sûr leur dire qu’avant tout il s’agit d’un impôt supplémentaire. Bien évidemment il faudra expliquer pourquoi nous faisons soudain ce que nous avons refusé de faire pendant 5 ans. Mais l’opinion n’est plus à une volte-face près ».

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy restera dans les annales. Des réformes au cours des 2 premières années, le détricotage de ces réformes au cours des 2 années suivantes et enfin, juste avant l’élection, tout ce qui avait été refusé au cours des 4 premières années est mis en œuvre : du moins en paroles.

En vérité, la TVA sociale est une chose trop importante pour être appliquée dans la précipitation. Faire croire que le seul transfert de quelques points de cotisations sociales vers 2 points de TVA peut sauver la compétitivité des entreprises françaises est très largement exagéré.

Surtout quand, dans ce cas précis, il s’agit avant tout d’un impôt supplémentaire qui va pénaliser un peu plus les classes moyennes et populaires et casser définitivement la croissance.

En vérité, il ne s’agit ni plus ni moins qu’un troisième plan de rigueur déguisé. Un troisième plan pour sauver un système fou qui ruine nos entreprises et les conduit à toujours plus délocaliser. Car, la vraie cause de l’asphyxie économique de la France c’est bien le libre échange déloyal qui ne joue pas, lui, sur 2 ou 3% de coût de production mais sur des différentiels de coût allant tant pour les salaires que pour les normes environnementales de 1 à 10.

L’autre cause de perte de compétitivité est bien connue. C’est l’euro trop cher : suicide organisé de l’Europe face au yuan chinois sous-évalué de 50% ou au dollar qui donne un avantage aux entreprises américaines de l’ordre de 20%.

Faire croire aux Français qu’une légère baisse des cotisations sociales et la taxation à la consommation de tous les produits qu’ils soient importés ou fabriqués en France va arranger les choses, est une imposture.

Bien sûr cela ne veut pas dire qu’il ne faudra pas, dans le cadre d’un plan cohérent et réfléchi d’ensemble, baisser les charges sociales des entreprises. Ce que j’ai toujours proposé. Mais, dans ce cas précis, il faut compenser pour les salariés toute augmentation éventuelle du taux de TVA.

Ainsi, la baisse des charges sociales doit surtout concerner les charges salariales de manière à augmenter les rémunérations des Français. De surcroît, la TVA étant un impôt très injuste, il faudrait augmenter sensiblement l’imposition des plus riches ce que se refuse à faire bien sûr le gouvernement.

Enfin, la baisse des charges n’a de sens que si, parallèlement, la sortie de l’euro et la taxation des produits importés de pays qui trichent avec toutes les règles, sont mis en œuvre.

En vérité, les soubresauts désespérés du Président de la République pour faire croire qu’il agit ne tromperont personne. Nos compatriotes attendent un plan cohérent, sérieux, sur une longue période pour redonner de la compétitivité à nos entreprises et donc de la croissance et de l’emploi à nos concitoyens.

 

NB - Comme je n'adhère à aucun parti, je me réserve par conséquent le droit de citer ceux qui paraissent dire la vérité !