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26/09/2011

La clémence de Titus à l' Opéra Garnier.

La clémence de Titus

 

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J’en fus le témoin attristé vendredi soir, à l’Opéra Garnier.

 

Cette œuvre, très tardive puisqu’elle fut la dernière de Mozart, composée après La Flûte enchantée, mais représentée avant, ne présente à la vérité que peu d’intérêt musical. En la forme seria, c’est dire une suite de monologues entrecoupés d’airs plus ou moins récitatifs, cela ne contribue pas à donner beaucoup de vie à l’ensemble et si chez Vivaldi ou Haendel, dont c’est la forme classique d’écriture d’opéra, on le perçoit mieux, c’est simplement parce que ces deux grands baroques intègrent des airs déments et des difficultés inouïes à leurs partitions.

 

Ici, tout est plat, assez fade, ennuyeux. Pour ce qui est de l’histoire, je vous renvoie à vos classiques littéraires du lycée.

 

Seule dans la distribution, Stéphanie d’Oustrac, dont la lecture du dernier numéro de la revue « Diapason » nous apprend qu’elle est l’arrière petite nièce du grand, et injustement méconnu, Francis Poullenc, tient sa place avec brio, force et talent. Dans un rôle masculin, Sesto, elle rend magnifiquement les tourments du personnage et ses changements de caractère tout au long de l’œuvre, animé qu’il est entre sa passion amoureuse pour Vitellia et sa fidélité affective à l’égard de Titus. Cette jeune femme qui est une des promesses de la scène devrait de nouveau pouvoir nous surprendre ; elle est à suivre de très près.

 

Le reste de la distribution était plus digne d’une scène de second rang que de l’Opéra de Paris et rien ne venait racheter ce spectacle approximatif, ni la mise en scène désespérément plate et sans imagination de Willy Decker, ni les décors fades et peu maniables, qui amenaient les chanteurs à devoir avancer sur le devant de la scène pour que le rideau baissé pût dissimuler les machinistes en action durant le déroulé de l’œuvre, car deux actes ne permettent pas de grands jeux de décors, ni les costumes, sombres comme ceux des Espagnols de la Cour d’Espagne de Philippe II, quand Rome eût appelé l’éclat du blanc et de l’or, la puissance et la profondeur de la pourpre.

 

Heureusement il restait l’entracte pour profiter du foyer sentant la cire et éclatant de sa folie  toute « ludwigienne », la terrasse ouverte nous ayant permis de profiter de la douceur du soir face à une avenue de l’Opéra impériale, à l’inverse du spectacle.

 

Frédéric Arnoux ©

10:47 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0)

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