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04/08/2011

Mitridate, ré di Ponto de Mozart

 

Mithridate.jpgIl est de notoriété, et j’atteste que cela est fondé, que les Allemands sont un peuple musicien. Ce n’est donc jamais sans programmer quelque concert que je me rends dans ce pays, plus particulièrement en Bavière, à Munich, belle capitale posée un peu lourdement comme il sied à une ville riche de son histoire et de son poids économique.

J’étais vendredi dernier au Prinzregententheater pour entendre Mitridate , rè di Ponto de Mozart jeune, même fort jeune puisque cet opéra fut composé alors qu’il n’avait pas quinze ans.

Pour ceux qui connaissent un peu Racine ( Jean) Mithridate leur dit quelque chose, puisque c’est de sa tragédie que l’opéra est issu, à cela près que nous ne trouvons pas exactement les mêmes personnages dans les deux œuvres, bien que l’intrigue, en gros reste la même. Mit(h)ridate est cru mort et ses deux fils sont partagés, l’un ( Sifare chez Mozart, Xipharès chez Racine) qui aime la femme de son père ( qui, honneur sauf, n’est pas sa mère !) et l’autre Farnace, est ami des Romains, ennemis de son père.

Je vous laisse imaginer le retour du père injustement cru mort, et vous aurez un spectacle de trois heures de légèreté, d’intelligence, d’élégance et de beauté.

La mise en scène a usé de procédés modernes faits de projections et de dessins animés, dans des décors habiles et multi usages, les chanteurs évoluant dans des costumes modernes et astucieusement inventés.

Bien que je ne sois pas un forcené de ces procédés, j’ai été immédiatement séduit par ce visuel foisonnant, vif, enlevé, qui nous renvoyait dans un monde mythologique rêvé, à la manière des rêves enfantins des élèves de 5è découvrant les histoires grecque et romaine dans leur programme scolaire.

Pourquoi être allé entendre cette œuvre ? : Parce que c’était Patricia Petibon qui chantait Aspasia ( Monime chez Racine) et que cette artiste a une évolution de carrière admirable, sachant utiliser sa voix sans la brusquer et que je pense qu’elle est une grande artiste baroque et post baroque. J’irai de nouveau, avec la même joie, l’entendre au Théâtre des Champs Elysées la saison prochaine, dans Théodora de Haendel, en mars 2012.

Comme j’irai entendre le contre ténor qui chantait Farnace qui sera également dans Theodora ; il s’appelle Lawrence Zazzo, il est américain, sculptural et acteur formidable en plus d’être un chanteur extraordinaire.

Au vrai, tous les chanteurs étaient exceptionnels, et ce fut un beau et grand moment d’opéra. Mon seul regret est que le rôle de Sifare ait été tenu, fort bien néanmoins, par une soprano, Anna Bonitatibus, alors que là aussi, un haute contre eût été à sa place, mais ce n’est pas une vraie critique ni un reproche tant cette production était une réussite.

Ce qui était intéressant avec cette œuvre est que nous entendons Mozart, avec ses modernités annoncées, mais que le processus scénique est encore baroque, avec une alternante de récitatifs et d’airs chantés par des solistes.

Il n’y a qu’à la fin du second acte que nous entendons un duo, sublime, entre Sifare et Aspasia, et un petit chant choral de quelques minutes au finale.

C’est ce qui rend ce Mozart de presque avant Mozart si attachant, comprendre qu’il est en train de s’avancer vers la complexité et le foisonnement qui atteindra un niveau de perfection notamment dans les Noces de Figaro.

L’opéra de Munich clôturait son festival dimanche après midi avec Tristan et Isolde ; peu séduit par la médiocrité des idées de Wagner et les difficultés gratuites de son chant briseur de voix, j’ai préféré demeurer sur mon Mozart si délicieux.

Pour ceux qui aiment l’opéra baroque, j’attire leur attention sur la saison prochaine du TCE, mais faites vite, il ne reste plus beaucoup de places. Je puis d’ores et déjà m’engager à vous parler, en temps utile, de Jules César, Farnace et Théodora pour le début de la saison 2012. En septembre, je pourrai vous parler de Mozart dont La clémence de Titus sera produite au Palais Garnier.

Avant cela, ce seront quelques vacances.

Frédéric Arnoux ©

11:47 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0)

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