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26/07/2011

Notes de lectures ...

 

Quelques notes de lecture.

 

Je voulais parler d’un ouvrage paru le mois dernier chez Actes Sud intitulé « le Magicien d’Aix. Les Souvenirs de Gabriel Dussurget », dont nous déduirons du titre le nom de son auteur.

 

Dussurget.jpg

Je l’ai lu presque entièrement entre Paris et Nîmes, soit 3 heures de TGV, tant c’est davantage raconté qu’écrit.

 

Je m’aperçois que G. Dussurget, qui fut fondateur du festival d’Aix et l’un des patrons de l’Opéra de Paris sous l’ère Malraux, n’est connu que de quelques aficionados et que loin du monde des musiciens, il est totalement inconnu, ou oublié. Sic transit gloria mundi…

 

C’est pourquoi je ne m’étendrai pas sur l’ouvrage mentionné supra qui est surtout un témoignage d’une époque la « juste avant » et « l’après guerre », et des mœurs de la société du spectacle. Il y a fort peu sur le Festival d’Aix et hormis un « name dropping » forcené d’artistes quelque peu oubliés aujourd’hui, ce livre est un peu un livre pour rien, ou pas grand-chose .

 

On disait M. Dussurget homme d’esprit. Il combat cette approche par son texte et les propos prétendument légers qu’il rapporte ; pour maintenir la réputation, les ayants-droits et le préfacier ont cru bon de placer in fine une petite somme de ses bons mots. Pour 92 ans d’existence de l’auteur, elle est assez maigre !

 

Pour me remettre de cette déception, je suis allé me jeter dans une autre en lisant « Canines » de la toujours délicieuse et intéressante Anne Wiazemsky.

Canine.jpg

 

Ce livre ( prix Goncourt des lycéens 1993, ce qui ne signifie pas grand-chose et aurait dû m’alerter tant j’accorde de crédit à Paul Léautaud pour qui un écrivain récompensé est un écrivain déshonoré) évoque la prise de conscience à l’existence d’une comédienne à l’issue d’un spectacle monté par un metteur en scène caractériel dans le cadre du festival d’Avignon.

 

Après Aix, Avignon, à tout le moins ai-je des lectures saisonnièrement opportunes !

 

Si on comprend vite que l’auteur connaît bien le biotop dans lequel elle fait vivre ses personnages pour avoir été elle-même comédienne, pour Bresson, Pasolini et Téchiné notamment, et on peut penser que le metteur en scène de « Canines » est une sorte de composé de ceux-là plus quelques autres, on peine beaucoup à s’intéresser à cette « Penthésilée », d’après Kleist ( et mon goût pour le théâtre me fait fuir tout ce qui est « d’après », comme les relectures qui sont le plus souvent d’approximatives découvertes par des ânes arrogants, à la manière de ces cuisiniers qui détruisent des mets remarquables sous couvert de les « revisiter ». Passons sur ce florilège de médiocrité, il est déjà suffisant de devoir vivre avec…) que Lucerne, le caractériel metteur en scène produit sans trop savoir comment.

 

Le livre est le tracé de ce moment de vie de l’héroïne, assez molle odalisque qui manque de corps et gémit sur tout, ; sans misogynie, je la classerai volontiers dans la catégorie des emmerdeuses, pas très loin des emmerdantes et des emmerderesses…

 

On préfèrera les œuvres postérieures de Anne Wiazemsky comme « Hymnes à l’amour » et plus récemment « Mon enfant de Berlin ». C’est un auteur qui marque les esprits de sa petite musique nostalgique, assez grise, mais jamais jusqu’à la noirceur des personnages de son talentueux grand père, François Mauriac, qu’on ne lit plus assez en se privant de grand moments de littérature. 

 

Ces deux épreuves passées, je me suis tourné vers un auteur dont j’aime l’optimisme innocent et critique, un peu vachard sans avoir l’air d’égratigner, mais qui nous dépeint assez finement. Je me suis donc emparé de « La Rebelle » de Benoît Duteurtre ( que vous pouvez entendre le samedi matin sur France Musique où il officie avec intelligence à propos de la musique dont il est un spécialiste dans « Etonnez-moi, Benoît », clin d’œil à une variété qui en revanche, ne me dit rien de bon).

La-rebelle.jpg

 

Cette rebelle est l’histoire d’une ancienne professeur qui se prend pour une journaliste et qui occupe les médias ( du câble…) avec une émission qu’elle veut pleine de toupet et d’audace, et qui est surtout complaisante. Cela prouve qu’elle a conservé un certain esprit enseignant…C’est aussi l’histoire assez caricaturale de JMM et sa pitoyable aventure industrielle.

 

C’est drôle et assez finement vu, comme souvent avec Duteurtre qui n’est dupe ni de lui-même, ni de ses contemporains.

 

Je ne puis qu’appeler à lire cet auteur assez prolixe qui parle si bien de la côte normande, de Sainte Adresse, d’Etretat (voir « Les pieds dans l’eau »), de New York ( in « Le Voyage en France » ), de certaines mœurs citadines ( in « Gaieté parisienne »). C’est un homme curieux et gentil, cultivé et nostalgique d’une époque qu’il n’a pas vraiment connue, ce qui le rend attachant, parce que nous pouvons partager ce rêve éveillé.

 

Il est édité, comme Anne Wiazemsky, chez Gallimard et tous les deux sont publiés en format de poche, ce qui est une excellente raison pour les lire à bon compte et sans contrainte.

 

Frédéric Arnoux ©

 

11:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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