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20/07/2011

Stefan Zweig : Le Voyage dans le passé.

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Grasset 2008, traduction française de Baptiste Touverey

 Le livre de poche n° 31718 

Tiens, encore un Zweig inconnu, me suis-je dit en prenant visuellement possession de ce petit volume qui silencieusement m'interpellait, posé sur son présentoir. Une nouvelle jusqu'alors inédite ... Comment cela est-il encore possible ? En gros, 80 pages suivies du texte original en langue allemande, histoire de justifier les 6 € sans doute ? ... Ne soyons pas mesquine, un Zweig ne s'ignore pas ! Analyse subtile de sentiments comme toujours. Contradiction des âmes. 

Très bizarrement, la femme ici semble immuable, presque d'un bloc, c'est l'homme qui est torturé, instable, versatile en dépit de son envie de rester fidèle à l'image qu'il s'est créée. Jeune homme pauvre, il tombera secrètement amoureux de la femme de son employeur. Issu d'un milieu modeste il cherchera un temps à se dérober (par fierté diront les uns, par orgueil diront les autres) à ce confort bourgeois qui lui est offert mais l'ambition aura raison de lui et finira par endormir ses scrupules.  Il partira même au Mexique remplir une mission de confiance, laissant derrière lui celle qu'il aime. Jamais nous ne saurons si l'époux a voulu l'éloigner de sa femme car après tout, les hommes ont bien le droit à avoir de l'intuition eux aussi ? ... La guerre viendra aggraver la durée de l'éloignement. 

Le mari mort en tout début du conflit, neuf ans plus tard, l'ancien amoureux qui s'est marié dans l'intervalle, reviendra vers celle qu'il avait un temps convoitée et puis l'évidence se révélera à eux. Le temps a rempli son oeuvre dévastatrice, ils ont changé l'un et l'autre et ce vers de Verlaine prendra toute la place entre eux,

 

" Qu'il était bleu, le ciel, et grand l'espoir !

- L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. " 

 

Moralité : ne jamais remettre au lendemain ce que l'on peut faire le jour même ! 

 

Là, je m'en sors par une pirouette, ce qui est une façon comme une autre de justifier un apparent survol dont personne, espérons le, ne sera dupe ...

 

S.@ 

16:00 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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