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04/07/2011

Un week-end.


Vendredi soir, « Otello » de Verdi à l’Opéra Bastille


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J’étais circonspect au moment de prendre une place, parce que je ne connaissais personne de cette distribution, fors la délicieuse, délicate et merveilleuse Renée Fleming (Desdémone bien sûr !) et que je restai sur une version admirable entendue l’an dernier à Berlin, à la fois pour Anja Harteros et pour José Cura . Ce fut une belle soirée alors, dans un opéra de Berlin ex-ouest fort laid et assez vieillissant. Passons, le spectacle fit oublier ce désagrément.

Certes Mademoiselle Harteros possède une voix plus jeune, plus forte, mais Renée Fleming est une Desdémone plus mûre, plus douce, plus amoureuse, pour tout dire plus émouvante.

Bref, j’y fus, et sans regret aucun car ce fut un grand moment d’opéra, dans un Bastille très plein et très enthousiaste, jeune aussi, ce qui me surprit car d’ordinaire, je trouve le public assez âgé, et il faut bien reconnaître que le prix des places n’a rien pour inciter le public peut être très amateur, mais peu fortuné à investir dans un fauteuil.

Le ténor qui chantait Otello était magnifique de puissance et de fragilité mêlées; il s’appelle Aleksandrs Antonenko, il est lituanien et possède une voix exceptionnelle que l’orchestre, malheureusement couvrait parfois, mais seulement parce que le chef, Marco Armiliato ne le retenait pas suffisamment.

Jago était aussi LE personnage, tout de félonie rentrée et de perversité. Lucio Gallo tenait le rôle à merveille.

Beau et bon spectacle, de qualité indiscutable, ce qui n’est pas le cas des décors, trop présents, trop nombreux, parfois inutiles, mais bon, passons, ce n’est que point mineur.

Otello reste une grande œuvre, 124 ans après sa création et Verdi est toujours aussi grand, sachant offrir un drame ramassé (l’oeuvre dure 2h20), dans une partition sans faille. Et Renée Fleming a répondu à mes attentes, émouvante, poignante, belle, moderne. Cette artiste est une merveille de sensibilité. Je l’avais entendue jadis dans Manon du regretté Massenet, et déjà elle rendait toute l’émotion de ces femmes fragilisées, pas dupes de leur sort ni de leur condition, lucides sur l’existence.



Certes Desdémone est différente, mais l’art de Madame Fleming la rend plus grande encore qu’elle n’est.

 

 



Je ne pouvais décemment rester sur une seule impression de musique et de drame, aussi ai-je décidé de me rendre hier à Giverny, pour voir les toiles et les dessins, dont je suis fort friand, de l’exposition « Bonnard en Normandie » présentées par le musée des impressionnismes.

Bon, d’accord Bonnard n’est pas un impressionniste, il est plutôt nabi, avant de rompre, et justement, je préfère les nabis et les fauves aux impressionnistes.

Grande idée donc que d’y aller hier car outre que ce musée est gratuit le premier dimanche du mois, ce que j’avais oublié, c’était le dernier jour de l’exposition !


J’eusse été fort marri de la rater, car c’était une belle, grande et forte présentation, intelligente et aérée, tout en couleurs, tout en tendresse pour Vernon, Giverny et Vernonnet.

Il m’a fort réjoui d’y rencontrer la foule des grands jours, parce que le lieu est plus souvent désert, en dépit des ses innombrables qualités.

On peut ne pas aimer chez Bonnard son sens des perspectives fausses, son dessin perdu parfois au profit de la couleur ; c’est néanmoins un artiste touchant, attachant, très attentif à la fois aux scènes d’intérieur, familiales, parfois très intimes et d’extérieur ( et sa manière d’encadrer ce qu’il voit par la fenêtre à travers laquelle il regarde, saisit le paysage, et par laquelle l’extérieur envahit les intérieurs est très significative). Cette exposition avait le mérite de présenter un lot d’oeuvres de toutes provenances ( surtout privées) que nous avons peu vues, hormis celles issues d’Orsay.

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J’ai eu le sentiment de parcourir un peu de ce coin de l’Eure en compagnie de la famille Bonnard et ses amis, embarqué sur la Seine, ou regardant l’orage sur Vernon, dans un jardin multicolore et agité.. Durant une heure, j’ai fait partie de ce cercle brillant et vif.

Après avoir vécu à Vernonnet, Bonnard est définitivement parti s’installer sur la côte d’azur, au Cannet ; cette dernière ville y organise actuellement une exposition de son peintre dont la publicité décore certains murs de Paris.

Je ne puis que conseiller d’y aller ; pour ce qui me concerne, je ne la pourrai point voir en me consolant de celle vue à Giverny.

Frédéric Arnoux ©

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