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24/06/2011

Festival d'Auvers sur Oise

 Festival d’Auvers sur Oise, programme du 23 juin 

 C’est actuellement et jusqu’au 7 juillet prochain que se déroule le Festival d’Auvers sur Oise, et nous en sommes à la 31ème édition.

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Peu attiré par le programme de cette année, et encore que j’aie, à tort, refusé de retenir des places pour le concert du toujours excellent Philippe Jaroussky , qui donnera le concert de clôture le 7 juillet à 21 h en l’église que tout le monde connaît, grâce à Van Gogh, Notre Dame d’Auvers , j’avais choisi d’aller entendre la re création de l’oratorio de Saint François d’Assise, du regretté Charles Gounod par la Maîtrise de Paris et l’ensemble vocal Aedes, avec José Manuel Zapata ( que je ne connais pas mais dont le nom m’inspire des envies d’entendre des oeuvres baroques sud américaines – et je vous confirme que cela existe !) ténor plutôt léger mais à la voix puissante, Alain Buet, basse qui , le pauvre, a totalement raté sa courte prestation, ce qui est une manière d’abréger les souffrances, l’orchestre Pelleas ( ensemble des jeunes gens enthousiastes et brillants) sous la baguette de Patrick Marcon.

 

Naturellement l’orgue était tenu par Jean Guillou, immarcescible et indétrônabe titulaire de l’orgue de Saint Eustache où se donnait le concert, car Auvers s’était délocalisé pour profiter de ce remarquable instrument, l’un des meilleurs de France et certainement le meilleur de Paris.

 

L’œuvre de Gounod, courte et intense fut une surprise merveilleuse en dépit de ce que j’ai dit plus haut sur la basse en méforme, et l’intensité mystique dans l’église Saint Eustache dans une semi pénombre conférait à ce moment un caractère particulièrement émouvant. On se sentait entrainé, seul, alors que nous étions plusieurs centaines à écouter. C’est vraiment là une œuvre forte dont il faudra rechercher, s’il existe, un enregistrement.

 

Mais nous avions bien mérité ce moment car il avait été précédé d’une improvisation aussi oubliable que dénuée d’intérêt, sauvée uniquement par sa brièveté, de Jean Guillou, vieux monsieur fort alerte et très talentueux, mais qui s’est laissé allé à une ennuyeuse improvisation. Il lui sera néanmoins pardonné, car son rôle dans le Gounod et son interprétation de la fantaisie et fugue sur Bach de Liszt  furent éblouissants, bien que cette dernière soit une oeuvre non indispensable à votre discothèque…

 

Pour finir, fut joué de Liszt le Psaume XIII, pièce typique de la musique sacrée du XIXè siècle et à ce sujet, je trouve que Bizet est trop négligé au profit de sa seule Carmen tout au long des spectacles parisiens. Vive la musique sacrée ( je rêve du festival de Fès…).

 

A côté du programme, il faut bien dire un mot du public des festivals. C’est le pire qui soit, plus acharné à jouer au petit jeu des civilités et des saluts, se précipitant dans les bras les uns des autres, à cette manière américaine de s’embrasser au sens propre, celui du Néron de Britannicus ( « J’embrasse mon rival, mais c’est pour l’étouffer »…), parlant beaucoup pour ne rien dire, se plaignant sans fin du temps consacré à la vie professionnelle, car ils sont naturellement les forces vives de notre économie, mais le bonheur de s’échapper pour entendre la musique… Un tas d’insupportables fadaises de personnes qui se croient bien élevées parce qu’elles sont de même mœurs, mais qui arrivent en retard, restent debout pour se chercher des yeux et échanger des saluts aussi inutiles que ridicules, brefs qui ne viennent pas écouter, mais se faire entendre dans leur pépiage stupide et se faire voir.

 

C’est justement ce que je leur conseillerais, d’aller se faire voir, mais ailleurs…

 

Frédéric Arnoux ©

11:46 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0)

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