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14/06/2011

Van Dongen.

 

 

 

Musée d’Art Moderne Palais de Tokyo, jusqu’au 17 juillet 2011


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L’exposition « Van Dongen, Fauve anarchiste et mondain » à laquelle il convient de se rendre toutes affaires cessantes désormais est une des belles expositions de la saison, sans trop de tapage ni d’esbroufe, et qui sait réunir aussi bien les plus jeunes, néophytes, que les plus anciens, dont on peut caresser l’espoir qu’ils aient de bonnes connaissances de l’artiste.

Certes, faiblement, je marque une très nette préférence pour le fauve et le mondain, car j’émets quelque doute sur le véritable côté anarchiste du peintre, et sur ce plan, je pense que Maximilien Luce est allé lui, au bout de ses convictions, Sa peinture en témoigne.

Et puis Van Dongen s’est assez discrédité lors du voyage de juillet 1941, à l’initiative de Arno Brecker pour rencontrer le chancelier Hitler en compagnie de Othon Friesz, André Derain et Maurice de Vlaminck notamment. Ces artistes se sont quelque peu compromis même si l’alibi n’était que culturel ( le rapprochement entre artistes) Il est des moments où culture et politique sont si proches qu’il vaut mieux savoir opérer des choix plus nets. Matisse et Bonnard ne s’y sont pas trompés qui ont refusé ce déplacement funeste. Donc se prétendre anarchiste et manquer à ce point de clairvoyance me semble davantage relever  de la posture ( et de l’imposture) que de la conviction.

Néanmoins, il n’en demeure pas moins que Kees Van Dongen est un grand artiste, pionnier du fauvisme, cet art pictural où la couleur emporte tout et nous avons encore en mémoire cette formidable exposition sur le fauvisme tenue en ce même lieu en 1999.

L’exposition actuelle évoque surtout la période parisienne de Van Dongen et on voit quel portraitiste il fut, dans la ligne de ces auteurs mondains que furent Boldini, La Gandara, Domergue ou Blanche ( Jacques Emile) dont, s’agissant de ce dernier,  le musée de Rouen présente en collection permanente un assez bel ensemble.

On trouvera d’utiles reproductions de ce genre dans un ouvrage préfacé par Karl Lagerfeld, qui en matière de mondanité a un passé et un présent qui le fondent à intervenir, «  La peinture mondaine de 1870 à 1960 » par Patrick Chaleyssin, édition Bibliothèque de l’Image et paru à nouveau en 1999.

De ces tableaux, dessins et céramiques, on ressort assez ébloui, et un peu insatisfait aussi, parce que lorsque c’est bien, intelligent, et beau, on trouve toujours que cela finit trop vite.

S’il est important de laisser à tous et à chacun le plaisir de la découverte ou de la re découverte de l’oeuvre, il convient néanmoins de saluer l’intelligence muséographique de cette brève exposition, la qualité synthétique des cartouches, bilingues pour une fois, ce qui n’est pas si fréquent à Paris, et qui témoigne d’une vraie volonté d’attirer des touristes visiteurs.

C’est enfin un vrai bonheur que se promener dans l’œuvre d’un seul artiste, un vrai, un reconnu et salué, qui a toujours été à sa place, plutôt que de tenter de découvrir un inconnu qui aurait tous les motifs de le rester ou de croiser les regards sur l’analyse comparée de deux, ou plus, peintres, comme ces expositions où on tente de rapprocher des extrêmes en nous faisant croire que c’est logique.

Allez voir cette exposition, parce que Van Dongen est un vrai peintre, avec ses évolutions, ses affections, ses faiblesses mais surtout ses couleurs, toujours et encore des couleurs.

Frédéric Arnoux ©

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