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19/05/2011

concert à Pleyel

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C’est toujours un plaisir d’aller au concert, au moins c’est un plaisir que l’on se promet, mais « on promet à la hauteur de ses espoirs et on tient à celle de ses craintes ».

Mardi c’était à Pleyel, salle historique du Faubourg Saint Honoré, magnifiquement restituée en un état dont on peut présumer que, au moins pour l’accueil, il est celui d’origine, début XXème, une mosaïque de sol admirable, une décoration et des accessoires Arts déco de rêve, bref un écrin à concerts.

J’y allais entendre le seul opéra de Camille Saint-Saëns qui soit passé à la postérité, « Samson et Dalila », par les chœurs et l’orchestre du Capitole de Toulouse, sous la direction de son chef attitré, Tugan Sokhiev.

Cette musique du XIXe a quelque chose d’émouvant et on ne peut entendre cela sans songer à Wagner, et Samson était chanté par une grande voix wagnérienne, Ben Heppner, un peu fatigué, en deçà des attentes…

Pour autant, ici, Saint-Saëns démontre quel talent est le sien, au-delà  du compositeur pour enfants auquel on a voulu le réduire avec « Le Carnaval des animaux » et quel harmoniste il a su être.

Certes seuls un ou deux airs de « Samson et Dalila » sont passés à la postérité et qui n’a pas entendu Maria Callas chanter que son cœur s’ouvrait à sa joie, gagne à découvrir un jour un moment d’intense émotion , mais pour autant, cette musique pleine, généreuse, passant de la légèreté à la plus grande vigueur nous console de bien des mollesses romantiques, de ces musiques langoureuses et chichiteuses où il est plus important de faire pleurer que de surprendre.

Je ne citerai pas le nom de la Dalila de cette soirée, car outre que je ne la connaissais pas, et qui était une grande dame blonde (qui n’a pas manqué, pour son rôle, d’évoquer sa chevelure d’ébène…) c'était une remplaçante.

Si l’orchestre et les chœurs étaient magnifiques d’harmonie, de force et d’intelligence, en revanche, les solistes étaient étrangement en retrait et déparaient cette production néanmoins plaisante.

Cela pour dire qu’une soirée au concert, c’est comme un moment de théâtre, il faut tout en attendre car il y toujours d’heureux moments.

Je n’avais que des espoirs en entrant ; en sortant je gardais la musique en tête, ayant déjà oublié tout ce qui m’avait paru être en retrait, et cela, c’est le pouvoir mêlé de la musique vivante et d’un optimisme forcené.

Frédéric Arnoux ©

11:01 Publié dans Concerts | Lien permanent | Commentaires (0)

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