Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

26/12/2010

Le libraire de Kaboul de Asne Seierstad

libraire-Kaboul.jpg

Editeur : Jean-Claude LATTES

Le livre de poche n° 30078

 

Le traitement que les talibans faisaient subir aux femmes a servi de prétexte à l'engagement des français en Afghanistan; cette fausse raison fut un temps, mise en avant et en priorité avant même de mettre l'accent sur le terrorisme et les trafics de drogue. Je n'ai jamais fait mystère d'être depuis toujours et farouchement contre l'ingérence, persuadée que je suis, qu'il faut laisser aux peuples le soin de trouver leur rythme. La mondialisation veut tous nous contraindre à vivre de même sorte, décider de notre expansion ou même nous obliger à régresser. Là, je pense plus précisément au nivellement des cultures et des salaires  ...
Asne Seierstad est scandinave et à ce titre ne se permet pas de juger une ethnie dont les moeurs diffèrent radicalement de la sienne, elle se contente donc de témoigner et il convient de lui rendre hommage pour cela.
N'importe, pouvons nous comprendre ce qui se passe dans la tête d'une femme afghane, victime à nos yeux de l'éducation reçue et de l'esprit de clan qui règne en ces familles ? Une seule règle en vigueur là-bas, le patriarcat duquel - il faut bien le reconnaître - nos sociétés occidentales ne sont pas complètement libérées ! Qui peut avoir le front d'affirmer qu'homme et femme sont égaux en droits ce, même au pays des droits de l'homme. Enfin, ... ce qui fut avant que la régression ait lieu !
Une femme n'est libre que lorsqu'elle subvient seule à ses besoins. Peut-on déclarer que ce soit exactement le cas en ce qui concerne les femmes mariées ?
J'en doute tellement que je suis restée célibataire jusqu'à ce jour et n'entend pas que les choses changent en ce domaine.
Evidemment, la religion a en la matière une lourde responsabilité. Ici nous sommes monogames (du moins officiellement) et là-bas un homme peut avoir légalement plusieurs femmes. Cela dit, il est également censé pourvoir à leurs besoins matériels. Ici, nous divorçons et là-bas des familles aux multiples ramifications se créent. Autre lieux, autres moeurs.
Ce livre véhicule beaucoup de personnages et parfois on a tendance à s'y perdre un peu ... la fin est abrupte parce que précisément il n'y a pas de fin puisque cette forme de société perdure. Il y eut (à nos yeux) pour les afghans  un âge d'or dans les années 60-70 période durant laquelle les femmes circulaient librement à visage découvert et puis la guerre lancée par les soviétiques eut d'évidence pour conséquence le repliement sur les valeurs ancestrales. Il ne faut jamais parier sur l'évolution des peuples car ce qui est acquis un jour peut se défaire le lendemain. Gardons nous de juger à l'aune de notre comportement occidental puisque les valeurs varient d'un pays à l'autre et le nivellement s'effectue presque toujours par la base. Et puis de quel droit imposerions nous notre culture à un peuple qui a la sienne et ce, depuis longtemps ? Une évolution n'est valable que du dedans car lorsqu'elle vient de l'extérieur, c'est une contrainte mal vécue par ceux à qui elle est imposée et de ce fait, non pérenne.

11:08 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.