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21/11/2010

Le baiser au lépreux de François Mauriac.

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Envie de relire Mauriac ... allez savoir pourquoi ?


En réalité je sais : il a suffi pour cela d'une plaisanterie formulée par un ami à qui j'avouais avoir contracté un rhume en déjeunant avec une de nos connaissances, lequel commenta le fait par une phrase du style,

- " ça t'apprendra à donner un baiser aux lépreux ! " 

(dans son esprit le terme était au singulier mais je l'ai transcrit au pluriel car c'était vraiment trop vache !) 
On n'a pas d'esprit sans être un peu méchant. C'est même une vieille coutume française hélas tombée en désuétude.


Oh ! miracle, je trouvai le livre presque immédiatement. Ma première lecture remontant à plusieurs dizaines d'années, je ne risquais pas d'être dérangée par le souvenir que j'en avais conservé. En revanche, le nom : Jean Péloueyre me fut immédiatement familier.


Quelle est la part d'implication personnelle de l'auteur au moment de l'écriture de ce livre ? Il est évident qu'elle fut grande, d'autant qu'une première version utilisait le " je " -

De là à conclure que Mauriac a vécu personnellement certains épisodes, la tentation est grande bien sûr mais contrairement à son piètre héros, lui a survécu et eut des enfants.

Il y a quelques années, une biographie dénonça son homosexualité. La formule n'est certes pas très élégante ... Il eut été possible d'écrire la même chose sans le nommer. " paix à ses cendres " comme on dit. S'il s'est donné autant de mal sa vie durant à cacher ce qui aurait été sa véritable nature, le révéler après sa mort constitue à mes yeux une trahison.


Ce livre écrit au début des années 20 décrit une société provinciale où le catholicisme pèse lourdement sur les moeurs bourgeoises. Pour tout dire, l'église régit tout et tous. (sauf les anticléricaux, bien sûr ! ...)


Or, Jean et Noémi, cette épouse choisie par le curé seront les deux victimes expiatoires de la religion. On se mariait encore - une fois pour toutes - à l'époque ! Non seulement le divorce n'était pas envisageable mais le remariage non plus. La veuve finira donc ses jours parmi les voiles noirs ...


François Mauriac maîtrisait parfaitement son art et l'ouvrage se lit d'une traite, composé de chapitres courts et de descriptions aussi impitoyables qu'imagées.
Car on peut ne pas partager les convictions de l'auteur et apprécier son style bien sûr.

Je crois même que puisque j'y ai repris goût, je vais poursuivre avec GENITRIX ...

le livre de poche n° 1062 -

© Bernard Grasset, 1922

21:04 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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